2000-2010 : les Decade Awards

Bientôt l’année 2010 ! L’occasion de revenir sur la décennie qui vient de s’écouler…Je vous propose donc un retour sur les hommes et équipes ayant marqué d’une façon ou d’une autre les années 2000.

Les meilleurs joueurs des années 2000

MVP-Tim Duncan (San Antonio Spurs)

3 titres NBA (2003, 2005, 2007)
2 fois MVPs (2002, 2003)
2 fois MVP des Finales (2003, 2005)
10 fois dans des teams All-NBA (7 1st, 3 2nd), 10 fois dans l’un des deux meilleurs 5 défensifs (7 1st, 3 2nd), 10 All-Star Games

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Pas mal de gens pensent sûrement à Kobe Bryant pour la première place mais je penche personnellement pour Duncan et sans beaucoup hésiter très franchement. Le natif des Iles Vierges a été un véritable monstre de constance et d’impact sur la décennie !

Dominant en défense tout en étant terriblement régulier au rebond et en attaque, Duncan s’est à mon sens imposé comme le meilleur PF de toute l’histoire du basketball d’autant plus que ses redoutables saisons individuelles ont aussi été quasi systématiquement des succès collectifs sans pour autant avoir pu bénéficier d’un effectif prodigieux. Il a clairement été le pilier d’une franchise assurant au moins 53 succès chaque saison (presque 58 de moyenne, meilleure perf sur la décennie) et étant systématiquement dans le top 5 en défense pour 3 titres NBA de 2000 à 2009.

Alors oui Duncan n’est pas un joueur très excitant (à l’image de son équipe en fait : fondamentaux et contrôle) mais il aura été assez indiscutablement le meilleur sur l’ensemble des années 2000 !

2-Kobe Bryant (LA Lakers)

4 titres NBA (2000, 2001, 2002, 2009), 2 Finales perdues (2004, 2008)
1 titre de MVP (2008)
1 titre de MVP des finales (2009)
10 fois dans les équipes All-NBA (7 1st, 2 2nd, 1 3rd), 9 fois en Team defensive (7 1st, 2 2nd), 10 All-Star Games

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Kobe a également profité des années 2000 pour s’imposer comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps : scoreur prodigieux aussi bien en volume (81pts dans un match, une saison à plus de 35pts de moyenne) qu’en technique avec une palette offensive pratiquement complète (petit bémol sur le tir à 3pts tout de même), joueur souvent présent dans les moments chauds et également (et c’est pas si fréquent chez les guards stars) efficace des deux côtés du terrain même si je trouve sa réputation de monstre défensif légèrement surfaite.

Collectivement le bilan est royal, 4 titres et 6 finales en 10 ans il n’y a que Robert Horry qui a pu faire mieux. Toutefois il a eu l’occasion de jouer dans des équipes vraiment outillées : le pivot le plus dominant de l’histoire moderne pendant la moitié de la décennie et depuis 2 ans une raquette royale avec Odom-Gasol et Bynum le tout avec un coach génial… En gros je le mettrai un bon cran en dessous de Duncan en terme d’impact dans les succès de son équipe, particulièrement durant le Three Peat.

3-Shaquille O’Neal (LA Lakers, Miami Heat, Phoenix Suns, Cleveland Cavaliers)

4 titres NBA (2000, 2001, 2002, 2006), 1 Finale perdue (2004)
1 titre de MVP (2000)
3 fois MVP des Finales (2000-02)
8 fois dans les équipes All-NBA (7 1st, 1 3rd), 3 fois dans le 2e 5 défensif, 9 All-Star Games

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Incontestable numéro un du classement si les années 2000 avaient pris fin en 2004… Shaq a été non seulement le meilleur pivot de la ligue avec une marge absolument colossale sur la première moitié de la décennie mais il a même été le plus dominant de l’histoire, démolissant littéralement tous ses « adversaires ». Shaq aux débuts des années 2000 c’est le joueur le plus indéfendable qui ait jamais foulé un parquet NBA pendant l’ère moderne (ère Chamberlain exclue donc), une combinaison effrayante de taille, de puissance mais aussi d’agilité et de coordination.

Son talon d’achille, le LF, ne doit pas occulter le fait qu’il a été l’un des scoreurs les plus efficients de l’histoire et d’une manière générale l’un des joueurs les plus productifs. Une production qui avait tendance à exploser en PO et à se traduire par des titres : 4 en 10 ans.

Quelque chiffres pour illustrer ce qu’a pu être Shaq il y a quelques années :

Moyennes en PO

2000: 30.7 pts, 15.4 reb, 3.1 ast, 2.39 blk
2001 : 30.4 pts, 15.4 reb, 3.2 ast, 2.38 blk

Moyenne en Finales

2000: 38.0 pts, 16.7 reb, 2.3 ast, 2.67 blk, .611 FG%
2001: 33.0 pts, 15.8 reb, 4.8 ast, 3.40 blk, .573 FG%
2002: 36.3 pts, 12.3 reb, 3.8 ast, 2.75 blk, .595 FG%

Et dire qu’un joueur pareil n’a pu rafler qu’un seul titre de MVP… Il pourrait facilement en avoir 3 ou 4 (2000 à 2002 et éventuellement 2005). Il ne pointe qu’en troisième position de ce classement pour avoir (et c’est normal vu son âge) très nettement décliné depuis 5 ou 6 ans, il n’était que le lieutenant de Wade lors du titre de 2006 et n’a pu passer un premier tour de PO depuis.

Le côté girouette de sa fin de carrière nuit également un petit peu à sa légende je trouve.

4-Kevin Garnett (Minnesota TimberWolves, Boston Celtics)

1 titre NBA (2008)
1 titre de MVP (2004)
8 fois en équipe All-NBA (4 1st, 3 2nd, 1 3rd), 10 fois en équipe défensive (8 1st, 2 2nd), 10 All-Star Games
Défenseur de l’année en 2008

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Si Duncan est le Yang, Garnett est sans aucun doute le Yin ! Lui aussi défenseur prodigieux, lui aussi énorme rebondeur mais deux personnalités radicalement différentes : KG est beaucoup plus spectaculaire, beaucoup plus expressif (pour le meilleur et pour le pire parfois) aussi.

Garnett est un véritable monstre de talent et ses meilleures années chez les Wolves ont été l’occasion de productions statistiques souvent assez surnaturelles comme lors de la saison 2004 (saluée par un très mérité trophée de MVP) : 24.2 pts, 13.9 reb, 5.0 ast, 2.2 blk ! Des stats de rêve donc mais un palmares longtemps vierge car Garnett n’est pas le joueur le plus clutch de sa génération et n’a pu que rarement être épaulé par des joueurs à la hauteur de son talent.

Il devra attendre son départ vers Boston pour goûter aux Finales et à la joie d’un titre NBA. Il sera d’ailleurs cette année là le patron de la meilleure défense de la décennie.

5-Dirk Nowitzki (Dallas Mavericks)

1 Finale perdue (2006)
1 titre de MVP (2007)
9 fois en team All-NBA (4 1st, 3 2nd, 2 3rd), 8 All-Star Games

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Difficile de choisir un 5e homme pour la décennie qui vient de s’achever : Lebron James affole tout les compteurs, Nash et Kidd ont été des chefs d’orchestres assez fascinants… Mais je vais me rabattre sur Dirk Nowitzki.

Leader d’une place forte des années 2000 (9 saisons au dessus des 50 victoires), l’Allemand possède vraiment un profil rare : corps de pivot mais un toucher de balle et une technique de shoot absolument royale qui lui permette d’afficher des pourcentages au tir hallucinants (47% au tir, 37% à 3pts et presque 88% aux LFs en carrière). Il a constitué un match-up infernal pendant l’ensemble des années 2000.

Il n’est pas le point d’ancrage en défense que sont Garnett et Duncan, pas non plus le joueur dominateur qu’a été Shaq et on peut lui reprocher son palmares vierge mais ça c’est la même chose pour presque tous les joueurs phares de la ligue. L’allemand a incontestablement marqué les années 2000 et s’impose comme le meilleur étranger de l’histoire de la NBA.

All-Decade First Team

C-Shaquille O’Neal
PF-Tim Duncan
SF-Kevin Garnett
SG-Kobe Bryant
PG-Jason Kidd

Je pense que trois positions ne soulèvent strictement aucun débat : Shaq en 5, Duncan en 4 et Bryant en 2.

Pour le poste 3 si on veut absolument respecter une logique de postes ça peut soulever une discussion. Les années où KG jouait SF se trouvent si ma mémoire est bonne dans la décennie précédente, on peut être du coup tenté de mettre Lebron James à sa place. Mais bon c’est pas comme si cette équipe allait fouler un parquet pour de vrai ! Entre l’actuel Celtics et le Chosen One il n’y a pas photo en terme d’impact sur la décennie, choisir Garnett me paraît extrêmement naturel.

Pour la mène c’est par contre très difficile de départager Kidd et Nash. Kidd est très au dessus en défense et au rebond, Nash peut être encore plus génial en terme de playmaking et un attaquant beaucoup plus doué. Collectivement les deux se tiennent : quelques parcours sympathiques mais jamais de titres, les finales de Kidd datent d’une époque où la conférence Est était lamentable tandis que Nash devait se farcir à chaque participation aux POs les très grosses machines de l’Ouest donc je pense pas que ça puisse faire la différence.

J’ai choisi Kidd au final mais franchement à ce niveau c’est une pièce en l’air.

All-Decade Second Team

C-Dwight Howard
PF-Dirk Nowitzki
SF-Lebron James
SG-Allen Iverson
PG-Steve Nash

Honnêtement établir la second-team a été beaucoup plus complexe que pour la première. Si là aussi trois joueurs s’imposent de manière évidente avec Dirk, James et Nash, choisir les deux autres joueurs est assez cauchemardesque…

D’abord le cas Iverson : évidemment un joueur emblématique de la dernière décennie mais aussi un joueur polémique ! Un gars aux mensurations de monsieur tout le monde qui mène une ligue de géants au scoring pendant des années, qui participe à la tête d’une équipe de joueurs de devoir à une finale NBA etc… Il y a des choses à saluer même si le tableau d’ensemble est finalement peu reluisant avec des parcours collectifs globalement pas bons, une incapacité à laisser une deuxième option s’exprimer, un niveau défensif très médiocre et un impact plutôt faiblard.

J’ai beaucoup hésité avec Dwyane Wade. Dans le même registre de soliste le joueur du Heat est plus efficace des deux côtés du terrain et collectivement dans sa courte carrière il a déjà connu davantage de succès qu’AI. Mais bon prime à l’ancienneté, même si je considère que Wade est le meilleur basketteur des deux il lui manque une ou deux bonnes saisons pour mériter d’éclipser un futur Hall of Famer comme Iverson.

Poste 5 c’est encore pire. Faut-il décaler Dirk pivot et intégrer un ailier de plus (Paul Pierce ?) ou bien miser sur un des pivots à peu près légitimes ?

J’ai choisi la deuxième voie et le jeune Howard. Pourquoi Howard alors qu’il a regardé la première moitié de la décennie à la TV ? Parce que la concurrence étant pas folichonne il est à mon sens le plus légitime…

Ben Wallace a été l’un des hommes de base d’une des équipes les plus performantes de la décennie, un énorme défenseur et rebondeur pendant ses meilleures années. Mais son indigence en attaque et un déclin net sur la deuxième moitié des années 2000 l’élimine de la course. Le Sheed alors ? Mouais… Le palmarès est là, les stats moins et puis il y a l’épisode Jailblazers. Yao Ming ? Côté stats pas grand chose à dire, médiatiquement il a pour le moins existé pendant la décennie qui vient de s’écouler mais on peut sérieusement douter de son impact sportif avec un bilan collectif aussi maigre.

Dwight Howard c’est un joueur dominant au rebond, performant en défense et qui fait du Shaq light en attaque. Alors il fait tâche dans la liste c’est évident mais je peine sérieusement à trouver mieux que lui…

Defensive Player of the Decade

Tim Duncan & Kevin Garnett

Impossible pour moi de séparer les deux hommes, deux véritables piliers en défense aussi importants pour la défense collective de leur équipe que capable d’éteindre un adversaire direct.

Les styles diffèrent quelque peu, Duncan est plus « traditionnel », un gros gabarit qui tient sa raquette et punit les pénétrations adverses tandis que Garnett évolue plus souvent dans le rôle du pot-de-colle qui persécute son match-up y compris loin du ballon, Garnett est aussi assez énorme en aide défensive. Duncan a peut-être été plus constant défensivement sur la décennie et Garnett plus impressionnant sur une saison unique (sa saison 2007-08 étant point de vue défense un véritable chef d’oeuvre) mais bon comme dit précédemment globalement je pense que c’est kiff-kiff.

Pourquoi ne pas élire Ben Wallace pourtant 4 fois défenseur de l’année pendant les années 2000 ? Parce que je le trouve pas spécialement supérieur défensivement au deux joueurs que je viens de citer tout simplement…Attention il a été un défenseur d’élite, c’est absolument incontestable, mais il a évolué au top dans ce secteur moins longtemps que TD et KG avec comme mentionné précédemment un déclin net sur la deuxième moitié des 10 dernières années et je crois aussi qu’il a bénéficié d’un effet loupe sur ses perfs défensives du fait de sa nullité en attaque.

Et justement face à un Wallace ne pesant que par sa défense je trouve les perfs de Duncan et Garnett d’autant plus admirables qu’ils ont toujours joué un rôle central offensivement.

Most Improved Player of the Decade

Chauncey Billups (Minnesota Timberwolves, Detroit Pistons, Denver Nuggets)

Sous cette appellation foireuse je souhaite récompenser un joueur qui a su progresser et s’imposer aux yeux du monde de la NBA comme un joueur d’élite alors qu’il n’était encore qu’un mauvais 3e choix de draft à la fin des années 90. Je pense évidemment à Chauncey Billups !

Obscure 6e homme chez des Nuggets guère performants il y a 10 ans, Billups s’affirmera un peu plus chez les Wolves pendant les deux années suivantes (12 pts, 5.5 passes en 28min par match en 2002) avant d’être engagé par Joe Dumars et les Pistons pour 6 ans et la MLE dans ce qui restera l’un des plus formidables coup de management de la décennie.

Son jeu physique colle parfaitement au basket des Pistons dont il deviendra le clutch player attitré. Tout doucement Billups devient un meneur de jeu performant au sein du collectif des Pistons, il ne sera définitivement considéré comme tel qu’après une très grande performance en Finales NBA face aux Lakers et leur quatuor de Hall of Famers : 21pts et 5 passes par match pour un succès finalement très aisé de son équipe. Les 3 saisons suivantes, marquées par une autre apparition en finales NBA où il sera de loin le meilleur joueur de Detroit, Billups est All-Star et ses stats s’améliorent encore considérablement.

Début 2008 Billups revient à Denver, l’occasion de confirmer son impact considérable en contribuant grandement au meilleur parcours en post-season de la franchise du Colorado depuis 25 ans.

Coach of the Decade

Phil Jackson (Los Angeles Lakers)

Le Michael Jordan des coachs NBA est un choix assez facile…6 finales, 4 titres, 9 participations aux POs en 9 saisons durant les années 2000 : le bilan est absolument inattaquable.

Alors bien sûr Jackson a eu la chance de coacher des joueurs parmi les plus grands de l’histoire tout au long de sa carrière et cette décennie n’a pas fait exception (les Lakers du duo Shaq/Kobe, puis de Kobe-Gasol-Odom-Bynum) mais ces mêmes joueurs ont eu autant de chances de l’avoir comme patron !

Jackson est un champion de la gestion d’égo : combien arriverait à confier un rôle plutôt limité à un Lamar Odom sans le moindre problème de vestiaires ? Combien aurait pu enchaîner d’énormes saisons régulières avec une franchise dont les deux stars cohabitaient difficilement ?

Et puis le Master Zen a également prouvé au début de l’après Shaq qu’il n’avait pas besoin d’un groupe bourré de talent pour bien faire son travail. Ainsi après une saison 2003/04 très délicate qui a consommée deux coachs chez les Lakers (Tomjanovich et Frank Hamblen) pour 37 petits succès, Jackson reprend l’équipe en main. Avec un effectif peut-être encore moins talentueux que l’année précédente après le trade pour Kwame Brown il parviendra à accrocher 45 victoires pour une défaite en 7 matchs au premier tour des PO contre le numéro 1 de la ligue à l’époque.

General Manager of the Decade

RC Buford (San Antonio Spurs)

Pas une foule de candidats crédibles pour cet award car peu ont réellement eu le temps de marquer la décennie. Des Morey (Rockets), Presti (Thunder) ou Pritchard (Blazers) ont (et c’est sans doute mérité) très bonne réputation mais qu’une poignée de saisons au compteur pour aucun résultat notable sur le plan collectif…

Il y a à mon sens 6 hommes qui sortent du lot :

- Kevin O’Connor (Jazz) qui s’est bien démerdé sans moyens démesurés et dans un marché peu attirant pour reconstruire un groupe de qualité après les départs des deux légendes Malone et Stockton. Des signatures de FAs bien senties (Boozer et Okur pendant l’été 2004), quelques pioches décentes à la draft (Brewer, Millsap, Maynor) et le choix de la stabilité côté coaching staff. Un boulot correct mais qui manque cruellement de performances en PO pour être consideré comme le meilleur.

- Donnie Nelson (Mavericks), contrairement à O’Connor il a pu bénéficier d’un proprio dépensier et en a fait plutôt bon usage ! Il a contribué à faire d’une des pires équipes de la décennie précédente une place forte de l’Ouest. Nelson a pu monter quelques trades costauds avec par exemple les arrivées de Jamison et Antoine Walker contre pas grand chose à l’époque, les deux mêmes hommes transférés un peu plus tard pour récupérer Jason Terry et Devin Harris. On doit aussi à Nelson la draft de Josh Howard en fin de premier tour 2003 ainsi que des embauches de coachs plutôt pas mal du tout (Johnson puis Carlisle). Bémols importants : aucun titre et un dernier trade majeur pas fameux (venue de Jason Kidd).

- Danny Ainge (Celtics), qui bénéficie évidemment beaucoup de son excellent taff en fin de décennie avec les venues combinées d’Allen et Garnett à l’été 2007. Mais ces trades n’ont été possibles que parce Boston comptait une belle collection de talent suite à des drafts généralement excellentes : Al Jefferson, Delonte West, Ryan Gomes et bien sûr les deux starters actuels Perkins et Rondo… Reste quand même que le parcours actuel de Boston ne compense à mon sens pas totalement une décennie plutôt moyenne dans l’ensemble avec de grandes difficultés pour Ainge pour encadrer correctement Pierce (départ de Walker, venue de Ricky Davis puis Wally Szczerbiak).

- Mitch Kupchak (Lakers). Un peu le même cas qu’Ainge avec la dernière décision en date (trade pour Gasol) qui sublime totalement un boulot pas extraordinaire le reste du temps : venue de Payton et Malone qui ne fonctionnera pas correctement, trade d’O'Neal assez moyen à court-terme, venue de Kwame Brown contre Butler… Mais bon forcément transformer ce même Kwame Brown en Pau Gasol ça fait des points bonus ! Les drafts de Bynum et Marc Gasol ont aussi été de très bons coups.

- Joe Dumars (Detroit Pistons). Là on a un sacré client ! Un quasi sans faute aux débuts des années 2000 : Ben Wallace récupéré comme filler dans le cadre du départ de Grant Hill à Orlando, drafts d’Okur et Prince avec des picks mal placés, signature de Billups en FA, trade de Stackhouse pour Rip Hamilton, signature de Larry Brown et enfin l’obtention du Sheed contre presque rien. Un enchaînement de supers décisions qui permettront la création d’un winner, une équipe au profil quasi inédit dans l’histoire : pas de tête d’affiche mais des joueurs travailleurs et revanchards on lui pardonne du coup quasiment l’ENORME bévue qu’a été la draft de Milicic. Les dernières saisons de Detroit et pas mal de décisions très moyennes lui coûtent cependant la première place (embauche de Michael Curry, sacrifice de Billups pour du cap-space finalement utilisé sur Gordon et Villanueva…).

- Première place que j’accorde à RC Buford des Spurs mais c’est presque un trophée collectif pour la franchise Texanne car Buford a bien été entouré dans ses choix, notamment par des assistants GM qui deviendront quasiment tous des GMs respectés en NBA (Ferry, Presti, Pritchard). Sans gros marché ni moyens déments les Spurs ont su se maintenir au top niveau durant toute la décennie, grâce à Duncan évidemment mais pas seulement et on retiendra évidemment le recrutement fabuleux de Tony Parker et Manu Ginobili. Ces deux joueurs constituent d’ailleurs les seuls coups spectaculaires de la dernière décennie, essentiellement marquée chez les Spurs par une terrible stabilité qui a fait la force de la franchise. Là où d’autres multiplient les gros deals au risque de se planter (Dallas avec Jason Kidd typiquement) San Antonio a toujours fait confiance à la même ossature, refusant de se séparer de certains éléments malgré des possibilités alléchantes (recrutement de Jason Kidd contre Parker) et ne modifiant son groupe que par petites touches (signature d’Horry, Finley, deal pour Mohammed etc…).

Buford et les Spurs n’ont pas marqué les années 2000 par des matchs et décisions particulièrement spectaculaires mais par une cohérence et une stabilité à toute épreuve, imposant au final leur business model comme ce qui se fait de mieux dans la ligue.

Bust of the Decade

Darko Milicic (Detroit Pistons, Orlando Magic, Memphis Grizzlies, New York Knicks)

Kwame Brown et Darko Milicic sont sur un bateau…La décennie venant de s’écouler nous a réservé quelques busts atomiques mais aucun n’arrive à la cheville des échecs de ces deux hommes.

Brown c’était un homme parmi les enfants au Lycée, son potentiel physique laissait pas mal d’espoir. Il zappe la case NCAA et se présente à la draft 2001, il sera sélectionné en première position dans le cadre de la première décision de Michael Jordan en tant que dirigeant. Il sera aussi le premier Lycéen sélectionné numéro 1 d’une draft de toute l’histoire ainsi qu’un bon gros bust qui tache…

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Mais bon malgré des briques à la place des mains et une technique affligeante Brown est un joueur NBA, qui est par moment relativement performant au rebond et en défense. Un joueur qui peut aussi en partie se réfugier derrière les nombreux échecs et demi-échecs de la draft 2001 (Eddy Curry, Eddie Griffin, Rodney White, Kedrick Brown…).

Milicic devra lui vivre à jamais comme le gars qui a été drafté devant Wade, Anthony ou encore Bosh, en 2e position d’une excellente draft 2003 qui en plus d’une poignée de futur Hall of Famers a accouché de plusieurs dizaines de solides starters et joueurs de rotation. Milicic n’est rien de tout ça. Son physique est impressionnant mais le bonhomme n’a strictement aucune passion pour le jeu, au final il restera un échec retentissant et un parfait exemple de scouting raté. En quelques workouts tout seul dans un gymnase à dribbler des chaises et envoyer des dunks Milicic a pu générer quelques phrases hallucinantes de la part de scouts :

Contrairement à Gasol, Nowitzki ou encore Divac, Milicic a quelque chose qui lui permettra de réussir au poste. Beaucoup d’européens sont des 3 en NBA, lui sera un vrai intérieur. Il a déjà des moves qui me rappellent Hakeem Olajuwon, le ciel est la limite pour lui.

Sa limite sera en fait un rôle de contreur-rebondeur à 20 min par match pendant 2 saisons à Orlando puis Memphis. Malgré une concurrence rude Darko est pour moi le plus gros bust de la décennie.

Best Franchise of The Decade

Los Angeles Lakers

Les deux favoris sont faciles à trouver pour cet award, il s’agit évidemment des Lakers et des Spurs. Les deux franchises ont gagné 7 titres et participé à 9 finales sur les 10 disputées ces 10 dernières années, les autres équipes sont très très loins de ce bilan !

Avantage aux Lakers malgré un creux de 3 saisons que n’a pas connu San Antonio, la faute à un palmarès supérieur mais aussi à une plus grande aura. Du fait de son histoire, de son style de jeu et des légendes qui ont participé (et participent toujours pour certains) aux grandes épopées de l’équipe, je pense que les Lakers des années 2000 ont davantage marqué la mémoire des amateurs de basket.

Most Improved Franchise of the Decade

Dallas Mavericks

Dallas avant 2000 et l’arrivée de Marc Cuban c’est l’une des pires équipes de la ligue avec 5 participations aux POs en 20 ans et une décennie 90 absolument affligeante marquée par aucune présence en post-season et un bilan moyen tournant autour des 20 succès (avec une descente à 11…).

Dallas au 21e siècle c’est comme on l’a déjà dit 9 POs en 10 ans avec à chaque fois au moins 50 victoires, un effectif pléthorique et une des équipes les plus solides en saison régulière de récente mémoire notamment lors des 2 premières saisons sous Johnson. Il manque le plus important à savoir un titre NBA mais force est de constater que les Mavericks sont devenus une équipe qui compte en NBA.

Equipe ayant le plus regressé de la décennie

Chicago Bulls

Citer les Bulls est une évidence. Dominant dans les 90′s et globalement pitoyable pendant la décennie suivante, personne n’a fait pire question chute que Chicago : 4 qualification en PO en 10 ans, un seul tour passé, pas mal de draft foireuses et encore davantage de mauvais trades (Brand contre Chandler, Brad Miller et Ron Artest contre Jalen Rose, Tyson Chandler contre que dalle…). Chicago attend toujours de pouvoir se déclarer reconstruit !

Deux autres équipes méritent au moins d’être citées dans cette catégorie : les Sonics de Seattle et les Knicks de New York.

Pour les Sonics la fin assez triste pour la franchise du Northwest, forcée de déménager vers OK City il y a deux saisons, rend le déclin sportif assez particulier. Pour plus de détails je vous renvois à l’article consacré au documentaire Sonicsgate.

Les Knicks sont eux passés de finalistes NBA à risée de la NBA en quelques années et comme Chicago on attend toujours la fin de la reconstruction (voire même le début en ce qui les concerne).

Worst Franchise of the Decade

New York Knicks

De toutes les équipes assez prodigieusement nulles ces 10 dernières années (Golden State, LA Clippers, Memphis Grizzlies ou encore Chicago Bulls) Atlanta est sûrement celle qui est actuellement dans la position la plus enviable mais en bilan pur les Georgiens restent les pires des années 2000 avec deux participations aux POs et 1 seule saison dans le positif. Les Hawks ont aligné des équipes proches de ce qui a pu se faire de pire dans l’histoire de la NBA (l’effectif de 2005 fait froid dans le dos).

Mais il en faudrait encore plus pour voler cet award aux Knicks de New York qui ont déjà loupé de peu celui de la plus forte regression. En nullité statistique les hommes de la Big Apple n’ont pas le pire bilan sur la période mais une telle collection de décisions délirantes combinée à un payroll incroyablement élevé rendent les Knicks intouchables…

  • Shandon Anderson et Howard Eisley signés au prix fort en 2001
  • Contrat de 5 ans et 50 millions de dollars pour Larry Brown qui ne restera qu’une saison
  • Trade pour Stephon Marbury, Steve Francis, Jamal Crawford, Malik Rose.
  • Prise en charge des contrats poubelles de Penny Hardaway, Jerome Williams, Jalen Rose ou encore Maurice Taylor.
  • Signature de Jerome James et Jared Jeffries pour des MLE complètes…

Aucune franchise n’approche d’une telle accumulation de bourdes aussi bien sur le plan sportif que financier, et les Knicks sont de plus encore à l’heure actuelle englués dans une situation peu favorable.

La meilleure transaction de la décennie

Les Lakers récupèrent Pau Gasol contre Kwame Brown, les droits sur Marc Gasol et deux picks

En 10 ans il y a évidemment eu pas mal de décisions ayant de très bonnes conséquences. On a déjà évoqué le fantastique début de règne de Joe Dumars comme GM des Pistons avec cette combinaison de FA (Billups) et trades pertinents (Hamilton, Wallace), on a aussi parlé du ticket Allen-Garnett recuperé par les Celtics, on peut ajouter la signature de Steve Nash par les Suns en 2004, le trade pour Jason Kidd effectué par les Nets de New Jersey en 2001 voir même l’arrivée du Shaq au Heat ponctuée d’un titre…

Mais à mon sens rien ne peut détrôner le trade pour Pau Gasol effectué par les Lakers de Los Angeles au cours de la saison 2007-08. Les Lakers ne sont pas passés loin de trader pour Garnett ou Jermaine O’Neal mais il aurait fallu pour cela céder Lamar Odom et/ou Andrew Bynum, un départ de Kobe a même été à l’ordre du jour ! Finalement quelques mois d’attente ont suffi à Kupchak pour dénicher la perle rare : un jeune PF All-Star sans perdre un seul joueur important de la rotation ! Gasol s’est depuis intégré à merveille à l’effectif Californien et son association avec Bryant est la garantie d’être un contender pour les années à venir.

Mieux encore ce transfert a déclenché des panic moves chez plusieurs des rivaux des Lakers. On verra ainsi les Suns puis les Mavericks chambouler grandement leur effectif, et contrairement aux Lakers au prix de lourds sacrifices sportifs, pour tenter de contrer ce renfort sans succès (au moins pour l’instant).

Le plus grand « What-If » de la décennie

La baston Pacers-Pistons en Novembre 2004

On termine en récompensant le plus grand « What-If » des dix dernières années, j’entends par là un évènement ou une décision sportive qui a changé la face d’une saison et peut-être de la NBA et pour lequel on peut vraiment se demander ce qui aurait pu se passer si les choses avaient évolué différemment.

Plusieurs choses me viennent en tête.

- Et si Joe Dumars ne prend pas Darko Milicic en 2003 mais plutôt Chris Bosh ? Aurait-il pu jouer davantage sous Larry Brown au point peut-être de ne pas inciter Detroit à faire venir le Sheed empêchant du coup les Pistons d’aller au titre ? Ou alors est-ce qu’il aurait permis à Detroit de rester au top encore plus longtemps ?

- Et si Seattle drafte Al Jefferson plutôt que Robert Swift ? A l’aube de la draft 2004 les Sonics s’apprêtent à sélectionner avec le 12e choix Al Jefferson, oui mais voilà de l’autre côté du pays Danny Ainge est complétement fou de Robert Swift et ne s’en cache pas. Rick Sund va alors tenter un pari fou en coupant l’herbe sous le pied de Boston, sélectionnant Swift sans JAMAIS l’avoir scouté. La suite on la connait, après quelques pépins physiques Jefferson deviendra un monstre statistique et la clé de voute du trade de Garnett tandis que Swift n’atteindra jamais les 100 matchs joués dans la grande ligue. Qu’aurait pu produire Seattle avec un point d’ancrage inside pour épauler les shooteurs fous Allen et Lewis ?

- Et si Kevin McHale conserve Brandon Roy en 2006 ? Kevin Garnett perd son temps aux Wolves et malgré des saisons prodigieuses ne parvient plus à amener sa formation en PO, il lui manque un lieutenant de haut niveau et la draft 2006 peut lui apporter cela. Son GM est convaincu que Randy Foye est l’homme de la situation et cède Brandon Roy, fraichement drafté en 6e position par Minny, aux Blazers contre Foye et un peu de cash. Roy deviendra immédiatement le patron à Portland, Foye miné par les blessures ne s’imposera jamais vraiment. Quid de l’avenir des Wolves et Garnett si le deal ne se fait pas ?

- Et si Kevin McHale cède Foye aux Sixers pour Iverson ? Foye encore lui ! Il aurait très bien pu lors de sa saison Rookie être transferé une deuxième fois car en début de saison 2006 un certain Allen Iverson demande à quitter Philadelphie, les Wolves sont favoris pour l’accueillir et un package centré autour de Foye conviendrait aux Sixers… Mais McHale refuse de céder celui qu’il pense être un joyau, tant pis si Iverson et Garnett sont ultra complémentaires et meurent d’envie de jouer ensemble.

- Et si la bagarre au Palace d’Auburn Hills n’a pas lieu ? L’un des moments les plus marquants mais aussi les plus affligeants de l’histoire de la NBA : Novembre 2004 les deux meilleures équipes de l’Est, Indiana et Detroit, s’affrontent, les Pacers mènent largement mais à une minute du terme une grosse altercation survient sur le terrain. Les hommes sont séparés mais un spectateur décide de jeter son soda au visage d’Artest, c’est l’explosion… Quelques marrons, jets de chaises et de sodas plus tard la sanction tombe et Artest est suspendu toute la saison, Stephen Jackson prend 30 matchs, Jermaine O’Neal 15 : les Pacers sont décimés et voilà une équipe qui vient de gagner 61 matchs et qui paraît au sommet de son art en ce début de saison qui ne fait plus partie des contenders.

Face à l’ampleur de l’évènement et des conséquences énormes sur les Pacers, et donc vraisemblablement sur le visage de la NBA des années 2000, je considère cette bagarre comme le fait marquant de la décennie. Indiana clairement traumatisé par l’incident va, à partir de là, complétement revoir sa stratégie sportive, cherchant à assainir coûte que coûte le vestiaire au détriment le plus souvent du talent. Tous les joueurs potentiellement à problèmes vont partir, souvent dans des transferts à la qualité douteuse et on attend encore le retour au premier plan des Pacers.

C’est fini ! Bravo à vous si vous êtes venus à bout de ce pavé, en espérant qu’il n’ait pas été trop indigeste. Je vous invite évidemment à réagir en proposant vos propres lauréats, voir même vos propres awards (car il m’a été impossible d’être exhaustif). Joyeuses fêtes à tous !