All-EuroBasket Team

Parmi les bons moyens de réaliser un bilan d’une compétition, les équipes types sont souvent appréciées. Je vous propose donc mes équipes, basées sur mes observations, et les joueurs qui m’ont fait vibrer durant cette compétition. La First diffère de la First officielle, puisque j’ai relégué Spanoulis et Fernandez dans la seconde équipe.

All-EuroBasket First Team.

Milos Teodosic. Peu de monde le connaissaient avant le début de cette compétition. Il a mis tout le monde d’accord pendant cet Euro. Discret au premier tour (9.6ppg-4.3apg), il réalise ses premiers carnages contre la Turquie (16pts-8pds-6rbs) puis la Lituanie (20pts-12pds). En fait, il a pris du volume au fil des jours, au fur et à mesure que sa pilosité s’est développée.

Arrive les matchs couperets, il expédie les affaires courantes contre la Russie (12pts-4rbs-3pds) avant de livrer LE match du tournoi, en demi-finale, contre la Slovénie : 32 points, 6/10 derrière l’arc, et 4 assists. Il sera surtout décisif avec le shoot de l’égalisation qui vient mettre fin à une série de 12 points en 3 minutes. Il sera encore décisif en prolongation, avec 2 paniers primés !

S’il était méconnu, c’est simplement parce qu’il n’est que le troisième meneur de l’Olympiacos. Il est considéré au Pyrée comme un espoir pas trop mûr, trop individualiste (un comble quand on a recruté Jannero Pargo), malgré ses 22 ans et une première expérience à l’Euro 2007. Ses 14.1 points et 5.2 assists durant cet EuroBasket l’ont replacé sur la carte du basket. Son départ était fortement annoncé avant l’Euro (Rome ? Valence ?) mais Panayotis Giannakis reverra peut-être son jugement après le mois de septembre réalisé par son poulain.

Tony Parker. Il est rentré dans cet Euro comme une fusée contre l’Allemagne (en scorant les 11 derniers points) puis la Lettonie (avec les 10 derniers points). On l’attendait plus patient — souvenez vous, c’était le débat à la mode avant l’Euro — il a su adapter son jeu pour impliquer ses partenaires. Cerise sur le gâteau, il a rentré ses lancer-francs (41/57 soit 71.9%).

Ce ne sera jamais le Calderon français — et c’est bien pour ça que je le mets en 2, au côté du meilleur passeur de la compétition — mais Tony Parker a réalisé un Euro de premier plan, en terminant second scoreur (17.8ppg), quatrième passeur (4.4apg) et second intercepteur (1.8spg)

Décisif contre la Croatie (24 points, dont la moitié dans le troisième quart-temps qui inverse les rôles), il a, comme ses partenaires, sombré contre l’Espagne, le seul match où il n’a pas dépassé les 10 points (6pts, 1/6), mais il a su se remettre en question pour sortir une perf de premier plan (28pts-10pds) face à la Turquie, lors du match qui nous envoie au Mondial.

Ersan Ilyasova. On attendait cela depuis 2004 et l’Euro U18 qu’il avait dominé. Il avait intégré la sélection turque dès 2006, à 19 ans, mais sans grande responsabilité. A l’Euro 2007, il n’apportait encore que 2.7 points et 3.3 rebonds, malgré son statut de joueur NBA. Son retour en Europe lui a fait du bien. Barcelone l’a fait progresser, il est devenu une arme incroyable sur le parquet.

Mi-3, mi-4 — c’est pour ça que je le place en 3, un poste où personne ne se détache vraiment — Ilyasova est devenu le leader d’une Turquie où Turkoglu n’a que déçu. Il a posé les bases au premier tour (17ppg-7rpg avec une régularité incroyable), puis des matchs de haute qualité au second tour (15pts-5rbs contre l’Espagne, 22pts-11rbs contre la Serbie, 16pts-7rbs-4pds contre la Slovénie). Finalement, c’est la Grèce qui aura raison de lui, Fotsis fera un travail énorme sur lui et le limitera à 9 points, 4/13.

Preuve de son importance sur le parquet, on ne le reverra plus lors des matchs de classement. Comme par hasard, la Turquie va prendre l’eau deux fois… Polyvalent, quatrième scoreur (16.1ppg, 53.8% inside, 44.8% outside, 18/20 aux lancers), quatrième rebondeur (7.4rpg), des contres, des interceptions, peu de déchet (1.3TOs en 29.9min), les Bucks ont eu le nez creux en le faisant revenir.

Erazem Lorbek. Le pivot slovène a confirmé en sélection l’étape qu’il a franchi cette saison au CSKA Moscou. A 25 ans, Erazem Lorbek est devenu un des pivots les plus complets d’Europe, comme le montre ses pourcentages au tir (52.9% à 2-points comme à 3-points) tout en grappillant de nombreux rebonds (7.4 dont 2.2 offensifs).

Lorbek est rentré dans cet Euro en mode cannibale, avec 19 points à 100% contre la Grande-Bretagne. La Lituanie (17pts-8rbs) ou la Pologne (20pts-9rbs-5pds) ont aussi beaucoup souffert face à sa polyvalence. Puis sont venus les quarts de finale où il détruit la Croatie avec 27 points et 8 rebonds, et les demi-finales où il a tout tenté, 25 points et 10 rebonds face à la Serbie.

Drafté par les Pacers en 2005, Lorbek n’a jamais été courtisé en NBA, mais il sera un des grands hommes de l’Euroleague l’an prochain. Avec 16.4 points, 7.4 rebonds, 2.3 assists et 1.4 steals, il a réussi son Euro. Il ne lui manque qu’une médaille.

Pau Gasol. Que dire sur Pau Gasol ? MVP logique de cet Euro, le pivot des Lakers a juste été incroyable. Après 4 matchs sans saveur (27pts-11rbs contre la GB quand même), il va passer à la vitesse supérieure, 19 points (8/10) et 8 rebonds contre la Lituanie, 20 points (9/11) et 5 rebonds contre la Pologne, 28 points (11/13) et 9 rebonds contre la France, 18 points (6/8) et 6 rebonds contre la Grèce, et enfin, 18 points (8/14) et 11 rebonds contre la Serbie.

Gasol est juste incontrôlable, il tourne à 66.3% au tir, se permet un 4/9 à 3-points, seuls les lancer-francs sont critiquables (34/61 soit 55/7%). Présent au rebond (8.3rpg, #2) et au contre (2.2bpg, #1), meilleur scoreur du tournoi (18.7ppg), Pau Gasol, au top, est le meilleur joueur européen du moment.

La question qu’on peut — malheureusement — se poser est : reverra-t-on Pau Gasol dans un championnat d’Europe ? A 29 ans, il jouera probablement en Turquie l’an prochain, et à Londres en 2012, mais sera-t-il en Lituanie ? Gasol était déjà incertain en Pologne car il clamait son envie de repos. Maintenant qu’il a l’or européen, on peut penser que 2011 sera son premier été « off » depuis 2005.

All-EuroBasket Second Team.

Jaka Lakovic. Marathonien (37.2 minutes par match, en raison notamment de la blessure de Dragic), véritable général sur le parquet, Jaka Lakovic est le second grand bonhomme de la Slovénie cet été. Présent dans le money time (quel shoot contre la Grèce, malgré la défaite au final), il n’a montré qu’une carence, ses choix de tir inside (7/23) alors qu’il présente un très joli 45.9% à 3-points. (28/61)

Son match référence, il le réalise contre la Lituanie, où il claque 24 pions, 6/9 à 3-points, avec la réussite totale dans ses 4 premières tentatives. Ce jour-là, la Slovénie écrase la Lituanie, ce qui renvoie les baltes quasiment à la maison après un premier tour chaotique.

Vasilis Spanoulis. Le leader grec a parfaitement assumé le rôle de meneur au sein d’une sélection privée de ses principales options à ce poste. Très présent au scoring (14.1ppg, 47.7% inside, 43.6% outside, 82.9% aux LF), présent aussi à la création (4.2apg) malgré du déchet (3.9 TOs et des passes lignes de fond franchement casse gueules),

S’il a un peu flanché dans la dernière ligne droite (7pts-6TOs contre l’Espagne puis 3pts, 1/11, 1/4 aux lancers, dont deux loupés incroyables en fin de match contre la Slovénie), Kill Bill a réalisé, malgré tout, un bel Euro, avec une belle envie de gagner contre la France (c’était le seul), et un 3-points du milieu de terrain, les pieds dans le ciment, qui restera un des paniers de cet Euro.

Rudy Fernandez. Seconde option des champions du monde, Rudy Fernandez est surtout un joueur incroyablement rentable vu son style de jeu (13.6 points, 61.8% à 2-pts, 36.6% à 3-pts, 22/25 aux lancers). Le Blazer a réalisé un Euro sans réel temps fort mais très régulier, avec un seul match sous les 11 points.

Décalé au poste d’ailier ou rotation de Navarro, Rudy reste toujours efficace. Solide, athlétique, il compense facilement son manque de poids par une grande mobilité et une grande polyvalence (3.5 rebonds, 2.1 assists, 2.1 steals par match).

Nenad Krstic Eclipsé par la fin de tournoi de Teodosic, Nenad Krstic a réalisé un excellent tournoi. Décisif contre l’Espagne lors du premier match (17pts), il a offert un tournoi de bonnes factures, avec 13.4 points (51.1%), 4.8 rebonds et 1.6 assists.

En demi-finale, derrière Teodosic, il score 18 points à 8/12, et en finale, il est un des seuls à surnager, avec 12 points à 50%. Très technique, très bon finisseur et devenu plus dur avec l’expérience, Krstic est devenu un très bon pivot européen.

Sofoklis Schortsanitis Le bulldozer grec a fait son grand retour sur la scène européenne. Porté disparu après le Mondial 2006, Big Sofo est revenu à un niveau physique décent (150kgs quand même) et Coach Kazlauskas a su s’en servir. Sur un temps de jeu limité (ou pas, 32 minutes contre la Slovénie), il a scoré, enfoncé, bourriné, travaillé et provoqué des fautes.

Scoreur efficace, 11.8 points à 58.6%, 60% aux lancers (#1 au nombre de lancers tirés), il est un animal incontrôlable en attaque et a montré quelques progrès en défense et dans le jeu. Est-ce que l’Olympiacos saura désormais l’utiliser ?

All-EuroBasket Third Team.

On pourrait continuer longtemps avec des mentions honorables, mais nous vous proposons plutôt une Third Team, qui a encore fière allure.

PG : Roko-Leni Ukic. On l’a assez souligné au quotidien, la Croatie a franchement déçu durant cet Euro. Mais en tant que sixième, elle méritait bien son joueur dans un top 15. Roko Ukic, bon leader et sharpshooter dans les quatrièmes quart-temps, est un bon représentant, surtout qu’il est monté en puissance au cours du tournoi (18pts contre l’Allemagne, 21 contre la Slovénie, 18 contre la Russie, 16 assists sur les 3 matchs).

SG : Nicolas Batum. Poste 2 ou 3, on a réellement apprécié sa polyvalence et les responsabilités qu’il a appris à assumer. Un peu en retrait lors du premier tour, il fut très bon contre la Macédoine, excellent contre la Croatie et aérien contre la Turquie. Spectaculaire, ce qui ne gâche rien, Batum a pris une nouvelle dimension durant cet Euro. Ca tombe bien, les Blazers ont regardé tout ça attentivement.

SF : Kelly McCarty. Rookie en sélection, à 34 ans, Kelly McCarty était, malgré ce statut, la caution expérience de David Blatt durant ce tournoi. L’ailier US se montre décisif dès le premier match, lors de la victoire russe sur la Lettonie (24pts-9rbs, 60% au tir). Il se montrera encore décisif lorsque les russes surprennent les grecs (17pts-9rbs). Véritable facteur X, il sera cadenassé dans les matchs couperets, la Serbie et la Croatie ciblant bien le danger.

PF : Marijonas Petravicius. Le pivot lituanien est la seule satisfaction de sa sélection. A 29 ans, on le connaissait role player, besogneux, talentueux aussi, mais pas leader. Leader offensif contre la Turquie au premier match (21pts), il a aligné, avec une certaine régularité, les matchs à 13 points par la suite (4 sur 5). Seule la Slovénie réussira à le contrôler.

C : Marcin Gortat. Il aurait été injuste de ne pas mentionner un polonais dans ces équipes, vu le très bon premier tour — et la bonne résistance fournie au second tour — des rouges et blancs. Sixième scoreur (14.3rpg) de la compétition, meilleur rebondeur (10.8rpg, numéro 1 aux rebonds défensifs comme offensifs), et second contreur (2bpg), le pivot du Magic a parfaitement réussi son premier gros test en sélection. La victoire sur la Lituanie restera un grand temps fort collectif, comme personnel (15pts-17rbs)