Allen Iverson – Des hauts, des bas, un pic.

La nouvelle est tombée dans la nuit. Entre surprise, confirmation et déception, tous les fans de basket ont un petit pincement au cœur aujourd’hui. Allen Iverson ne trimballera plus son...

La nouvelle est tombée dans la nuit. Entre surprise, confirmation et déception, tous les fans de basket ont un petit pincement au cœur aujourd’hui. Allen Iverson ne trimballera plus son mètre 83 sur les parquets après deux expériences plus que mitigées à Detroit et Memphis. Idole de la foule, formidable compétiteur mais bouffeur de ballon, il a fait parler en 13 ans de carrière pro. Ça valait bien un retour sur sa carrière.

Merci John Thompson.

Né le 07/06/1975 à Hampton, en Virginie, Allen Iverson est un gamin doué pour le sport. Dans son lycée, il est à la fois le Quaterback de l’équipe de foot US et le meneur de l’équipe de basket, et remportera le titre de champion dans les deux disciplines.

Mais sa vie de sportif aurait pu ne pas exister. Le 14 février 1993, Iverson et quelques amis sont impliqués dans une agression. Une grosse bagarre a éclaté, Iverson frappera une femme à la tête avec une chaise, et il sera arrêté avec 3 de ses comparses. Il n’a alors que 17 ans, il n’est pas majeur, mais une arrestation fait désordre lorsqu’on veut intégrer une université. Il passera 4 mois au Newport News City Farm, un établissement spécialisé pour jeunes en difficultés, avant d’être « amnistié » par le gouverneur de Viriginie, L. Douglas Wilder.

Heureusement, Iverson ne sombrera pas dans la délinquance, probablement grâce à John Thompson, le Coach de Georgetown. Au printemps 2004, il ira lui rendre visite en personne à son école. Une visite déterminante qui lui permettra d’intégrer les Hoyas à la rentrée suivante.

Allen Iverson : Le Coach était comme un père pour moi, immédiatement, ça a fonctionné. 90% de notre relation se passait en dehors du terrain. Il m’a beaucoup aidé. Je n’ai pas voulu venir à Georgetown pour faire n’importe quoi. Dès que j’avais un problème, j’allais chez lui et il m’écoutait. C’était plus qu’une relation joueur – coach entre nous.

A Georgetown, Allen Iverson se fait d’abord remarquer… pour sa défense. En 2 ans, il remportera deux fois le titre de Big East Defensive Player of the Year. Au tournoi final, il ne fera pas mieux que l’Elite 8, en 1996. Sa carrière universitaire se termine sur une saison à 25 points, 4.7 assists, 3.8 rebonds et 3.3 steals. Des moyennes qui lui permettent d’intégrer la AP All-America First Team.

A l’été ’95, il représentera les USA au Japon, pour les World University Games, il sera le leader de l’équipe (16.7ppg-6.1apg-2.9spg), terminant meilleur scoreur et passeur de l’équipe à chaque année. L’équipe n’était pas dégueulasse puisqu’on retrouvait Ray Allen, Tim Duncan, Kerry Kittles, Othella Harrington et Austin Croshere.

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Devenir un Franchise Player.

Numéro 1 de la draft 1996, Allen Iverson met le cap sur Philadelphie. Sa saison rookie sera de bonne tenue (23.5ppg-7.5apg-4.1rpg-2.1spg), il sera le rookie de l’année, mais le joueur alimente les polémiques. Génie ou racaille ? Soliste ou winner ? Il n’est que rookie, mais il divise déjà le microcosme NBA.

Charles Barkley : Appelez le Allen ‘Me-myself and Iverson.’

Phil Jackson : Je payerais pour le voir jouer.

Point d’orgue de la polémique, son cross sur Michael Jordan, vu par certains comme une marque d’irrespect d’un gamin qui voulait se « payer » Sa Majesté. La réponse du sophomore d’alors n’apaisera pas les tensions.

Allen Iverson : Je n’ai à respecter personne.

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Au fil des saisons, les Sixers se renforcent. Larry Brown débarque sur le banc en 1997 et le roster évolue, avec les arrivées de Theo Ratliff, Matt Geiger, Larry Hughes ou Eric Snow. Ainsi, il découvre les playoffs en 1999, après une saison à 26.8 points, meilleur scoreur de la league. L’aventure sera belle avec l’élimination du Magic, avant de tomber face aux Pacers.

Durant l’été ’99, Iverson signe une prolongation de 6 ans, contre 70M$. Il a un salaire de pasha, il va devenir une star incontournable. Sa moyenne de points augmente (26.2ppg), découvre le All-Star Game, s’invite dans la All NBA first team et fait un nouveau trip en playoffs. Les Sixers éliminent les Hornets, AI3 score 40 points lors du match 1, mais les Pacers font chuter à nouveau les Sixers au second tour.

Theo Ratlif (lors de l’annonce de la retraite d’Iverson) : Nous avons progressé ensemble. Nous étions au fond de la league, mais en trois ou quatre ans, nous sommes arrivés au top. C’était juste un processus de progression. [Allen Iverson] était un jeune joueur qui avait ses problèmes, mais il se donnait beaucoup pour sa famille, et ses coéquipiers étaient sa famille. Ce n’était pas un secret, il avait son entourage, avec qui il a grandi et il avait le sentiment d’avoir besoin d’eux. Il était au top de la league à ce moment-là. Il était la star numéro 1, le visage de la league.

MVP

2000-01 sera sa saison. Pourtant, durant l’été, les Sixers songent à le transférer car l’ambiance dans le vestiaire n’est pas au beau fixe, notamment entre le « old school coach » et le « hip-hop player ». Un deal à trois se met alors en place, entre les Sixers, les Pistons et les Clippers. Phily aurait récupéré Eddie Jones, Glen Rice, et Jerome Williams, mais le deal a capoté à cause de… Matt Geiger, qui avait un trade kicker dans son contrat.

Dans la ville de l’amour fraternel, Allen Iverson et Larry Brown vont donc devoir continuer à cohabiter, pour le meilleur avant le pire.

Surmotivé, The Answer envoie un gros message à ses dirigeants, menant son équipe à 10 victoires consécutives en début de saison. En février, il est à nouveau all-star et sera élu MVP, avec 25 points, 5 assists et 4 steals. En cours de route, il reçoit le soutien de Dikembe Mutombo et en fin de saison, le bilan des Sixers est excellent : 56V-26D, numéro 1 de la conférence. Il est aussi élu MVP.

Les playoffs vont alimenter sa légende. Au premier tour, les Sixers écartent leur vieille bête noire, les Pacers. En demi-finale, ce sera un affrontement dantesque entre Iverson et Carter, terminé en 7 matchs. Iverson claquera 52 points dans le G5 pour l’histoire, et livrera un match superbe au G7 (21pts-16pds), bien épaulé par McKie (22pts) et Mutombo (17rbs), remporté par Phily sur le fil (88-87). Les Raptors ne se relèveront jamais de cette élimination.
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Au tour suivant, les Bucks vont aussi tomber en 7 matchs, Iverson a inscrit 34 points au G1, manqué le G3 sur blessure pour revenir au G4 (28pts-8pds) et bouclé la série sur un match à 44 points !

L’aventure sera conclue par une défaite douloureuse contre les Lakers. Lors du G1, il plante 48 points dont un tir incroyable sur Tyronn Lue. Plus mobilisé, les Lakers vont écraser la série par la suite.
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La lente chute des Sixers

Cette énorme saison n’en appelera pas d’autre. Iverson va tourner à 31.4 points l’année suivante, mais les Celtics vont venir à bout des Sixers au premier tour des playoffs. Peu après cette élimination, l’inimitié entre Larry Brown et Allen Iverson va clairement remonter à la surface. Sur le ton de la plaisanterie, Brown déclara.

Larry Brown : Il n’était pas à l’entraînement aussi souvent qu’il a dit ‘practice’

Derrière cette blagounette se cache une part de vrai car LB a régulièrement critiqué les absences non justifiées de son leader aux séances collectives. Après une année supplémentaire de petites phrases, Larry Brown décida de quitter son poste et de prendre en main les Pistons. Ce départ normalisera quelque peu les relations entre les deux hommes, qui vont se réconcilier par la suite.

Durant l’été, Iverson va participer à la campagne de qualification pour les JO 2004 à Porto Rico. Un honneur pour le little big guy.

C’est un sentiment merveilleux de représenter les USA. C’est un honneur. C’est un hommage à tous les coachs que j’ai eu dans ma vie. Coach Brown, Coach Thompson et mon coach au lycée, Mike Bailey. Je suis heureux de pouvoir intégrer une équipe comme celle-là, vraiment, c’est une des plus belles choses que j’ai faites dans vie.

Si la première campagne se passera bien, avec notamment un match record contre le Canada, remporté 111-71 par les USA, et 28 points, 10/13 dont 7/8 à 3-points d’Iverson en seulement 23 minutes, la seconde sera moins réussie. En effet, il a fait partie de l’équipe qui n’a remporté « que » le bronze à Athènes. Son plus bel exploit sera probablement le tir de la gagne, du milieu de terrain, contre l’Allemagne… en match de préparation. Ses retrouvailles avec Larry Brown n’étaient donc pas victorieuses.

A Philadelphie, ses exploits ne suffisent plus. Le 12 février 2005, il réalise le carton de sa carrière, 60 points contre le Magic. En 2005-06, il a planté 33 points par match mais les Sixers n’ont pu aller en playoffs. L’arrivée de Chris Webber n’a pas rendu l’équipe plus compétitive. Son départ est alors à nouveau évoqué, Denver, Atlanta et Boston sont sur les rangs, mais rien ne sera conclu.
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Nouveau départ ? Nouvelle chute…

En novembre 2006, le vestiaire implose. Les défaites s’enchainent et Allen Iverson frappe à la porte de Billy King pour lui exposer son point de vue. Il était revenu dessus peu après son transfert.

Je suis allé voir Billy et je lui ai exprimé ma frustration. Nous avions perdu 12 matchs sur 14 et quelque chose n’allait pas. J’ai dit à Billy King que nous ne pouvions pas gagner comme ça. Je ne lui ai pas dit directement ‘Trade moi, je suis prêt à partir’.

Le 8 décembre 2006, il est définitivement écarté sera transféré 11 jours plus tard avec Ivan McFarlin aux Denver Nuggets pour Andre Miller, Joe Smith et deux premiers tours de draft. La réunion des deux meilleurs scoreurs de la league du moment, Anthony et Iverson, fait alors saliver. Il fera ses débuts le 23 décembre lors d’une défaite contre les Kings.

Mais en playoffs, l’association ne permettra jamais aux Nuggets de passer un premier tour de playoffs.

Iverson fera son premier retour à Philadelphie le 19 mars 2008, il recevra une standing ovation mais les Nuggets vont s’incliner 115-113.

Le 3 novembre 2008, il est à nouveau transféré, aux Pistons, contre Chauncey Billups, Antonio McDyess et Cheikh Samb. Une première polémique éclatera au sujet de son numéro, puisqu’il a dû abandonner son #3, détenu par Rodney Stuckey, pour le #1. Rien de bon ne sortira de son expérience aux Pistons, entre fausses blessures et vraie facherie avec Michael Curry. Ainsi, Joe Dumars a annoncé le 3 avril qu’Iverson était définitivement exclu de l’équipe.

Après un été où il se met à Twitter, il signe le 10 septembre un contrat d’une saison avec les Grizzlies.

Dieu a choisi Memphis comme l’endroit où je continuerai ma carrière. J’ai le sentiment qu’ils s’investissent pour monter une équipe qui gagne.

Là encore, les polémiques vont s’enchainer. Une blessure en présaison, une place sur le banc qui le gêne et un départ précipité de l’équipe, le tout en 2 mois. Son contrat sera rompu le 16 novembre, Iverson n’aura joué que 3 petits matchs avec les Grizzlies.

Une bien triste fin pour un arrière de 6 pieds, faux organisateur, vrai scoreur, vrai athlète, vrai manieur de ballon, vrai compétiteur mais peut-être mauvais leader, qui a fait rêver toute une génération de fan.
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Sa fiche

  • Né le 07 juin 1975 à Hampton, Virginia
  • Poste: Guard
  • Taille: 1.83m
  • Poids: 82kg
  • High School: Bethel High School
  • College: Georgetown
  • Franchise:
    • Philadelphie 76ers (1996-06)
    • Denver Nuggets (2006-08)
    • Detroit Pistons (2008-09))
    • Memphis Grizzlies (2009)

Awards

NCAA

  • Big East Rookie Of The Year (1995)
  • Big East Defensive Player Of The Year (1995, 1996)
  • AP All-America First Team (1996)

NBA

  • MVP (2001)
  • Rookie of the Year (1997)
  • 10x All-Star (2000–2009)
  • 2x All-Star Game MVP (2001, 2005)
  • 4x meilleur scoreur NBA (1999, 2001, 2002 et 2005)
  • 3x All-NBA First Team (1999, 2001, 2005)
  • 3x All-NBA Second Team (2000, 2002–2003)
  • All-NBA Third Team (2006)
  • All-Rookie First Team (1997)

Stats en carrière

  • Points: 24 020 soit 27 par match à 41.4% et 78% aux LF.
  • Assists: 5522 soit 6.2 par match
  • Rebonds: 3319 soit 3.7 par match
  • Steals: 1965 soit 2.2 par match
  • Matchs: 889, 71 en playoffs.