Andre Miller, bientôt 34 ans, a finalement trouvé une équipe qui lui accorderait un salaire honorable pour apparemment 21 millions de $ sur trois ans à Portland. Petite analyse de cette arrivée qui pourrait passer inaperçue vu à quel point le joueur est sous-coté.
UN JOUEUR DISCRET MAIS SOLIDE
Sélectionné à l’origine par les Cleveland Cavaliers en huitième position de la draft NBA 1999, Miller se montre directement à son avantage dans la ligue avec la seizième meilleure moyenne au passing de l’histoire de la NBA avec 7.4 passes par matchs et quatrième parmi les joueurs encore en activité. Il a également joué 530 matchs consécutifs, la plus longue série d’un joueur en activité dans la grande ligue, pour l’information, Miller n’a manqué que trois petits matchs dans toute sa carrière NBA, ça en dit long sur la fiabilité du bonhomme sur un parquet.

Donc, Miller, qui tire sur ses 34 ans et commencerait donc à se faire vieux, a affiché dans son année 2001/02 des statistiques de star en compilant dans cette année-là une moyenne de 16.5 pts et 10.9 assists (leader de la saison) et en réalisant 174 double-double en carrière. Sans faire une biographie complète, le joueur s’est un peu perdu par la suite malgré un talent resté intact, une année aux Clippers où l’équipe était digne d’un contender au titre mais fût un échec patent, quatre ans au Nuggets où il a assuré le poste de meneur quelqu’en soient les conséquences, il est finalement tradé pour Allen Iverson durant la saison 2006/07 où il tournait à 13 pts 9 assists en 23 rencontres. On pense alors que le steal est réalisé par Denver qui récupère un arrière multiple all-star, scoreur à foison et toutes les qualités/défauts qui vont à The Answer, on parle presque d’un deal sans contre-partie mais c’est faux, Andre Miller est dans le package et Ed Stefanski réalise un gros coup. Andre Miller va tout simplement réaliser ses deux meilleures saisons au scoring de sa carrière, après une année de transition 06/07, avec les Sixers (17 pts 6.9 assists en 07/08 puis 16.3 pts 6.5 assists) tout en étant un joueur très propre, ne dépassant pas les 2.5 pertes de balles et proches des 50% de réussite au shoot (49.2% puis 47.3%) malgré un pourcentage longue distance douteux.
UN DEPART INEVITABLE, UNE VERITABLE ARLESIENNE
Durant la saison 2008/09, Miller tourne à 16.3 pts 4.5 rbds 6.5 assists (+21.17 d’efficiency), 1.33 steals et 47.3% au shoot durant 82 matchs qu’il a tous débuté. Il est quatorzième meilleur passeur, quinzième au ratio assist/turnover (2.68) et quinzième également aux interceptions en NBA. Il réalise même un record personnel de douze double-double durant cette saison, incluant deux triples-doubles dans l’équation. Mieux, c’est en playoffs que le joueur se révèle totalement décisif et à l’aise. Il tournera à 21.2 pts 6.3 rbds 5.3 assists et 1.17 steals par match durant la campagne 08/09 lors de la défaite des Sixers au premier tour en 6 matchs face au Magic, sa top perf’ étant de 30 points (12/20) 7 assists. Il a tenu l’équipe à bout de bras à lui tout seul et il en a l’habitude puisqu’il est à 17 pts 4.7 rbds 4.8 assists et 1.3 steals en 27 matchs en playoffs, starter à chaque fois.
Pourquoi tout cet amas de chiffres en tout genre ? Pour comprendre qu’Andre Miller n’est pas un random player, ce n’est pas un role player, ni même un simple bon joueur, c’est un très bon joueur qui peut faire la différence dans une équipe et qui en tant qu’organisateur a toutes les qualités (hormis le shoot longue distance) lui permettant d’être efficace à souhait. Alors pourquoi les Sixers n’ont-ils pas tenté de retenir cette petite perle ? Pour des raisons financières essentiellement.
Toute l’histoire a débuté sur un mauvais pied dès la fin des playoffs 2009. Dés le premier mai, nba.com annonce déjà que le joueur est free agent et ne reviendra pas, une certitude qui s’est forgée du fait que lui et Theo Ratliff (maintenant un Spur) aient tous deux manqué une réunion importante avec le front-office sans se permettre de donner la moindre excuse de leur absence. Son agent essaye tout de même de rattraper le coup en parlant d’un « malentendu » pour l’absence de son client mais les germes sont déjà là. Le 2 juin, Andre Miller, représenté par Andy Miller, annonce son prix en tant qu’unrestricted free agent : 30 millions sur trois ans, donc 10 millions par saison. C’est là que les statistiques ressorties plus haut sont importantes : il les vaut ! Certains pensent qu’il en demande beaucoup pour un joueur de son « calibre » mais il a un calibre de top 10 point guard, rien de plus ! Qu’est-ce que 10 millions quand on sait que Kirilenko en touche 16, Lewis 19, Kenyon Martin 15 ou Larry Hughes presque 14 ?

Alors bien sûr, son âge peut prêter à des prudences mais que dire lorsque le joueur sort de ses deux meilleures saisons en carrière, n’est pour ainsi dire jamais blessé et tend à s’épanouir de plus en plus en avançant lorsqu’un collectif l’entoure et qu’il a la confiance du coach. Début juin on parle déjà de Miller aux Blazers, une des trois cibles avec David Lee et Lamar Odom. A l’inverse, les Sixers, qui se sont encombrés du salaire d’Elton Brand, tentent d’avoir une équipe jeune et ne veulent décidément plus du joueur. De plus, certains insiders murmurent que les chiffres (toujours discutables) demandés par Miller seraient trop extravagants pour un joueur de 33 ans qui n’a pas de shoot à 3 pt! Parce que Kidd et Parker sont des modèles dans le genre ? Vint alors les Knicks dans le problème. Ed Stefanski annonce être en mode « sign-and-trade » pour se débarrasser de Miller, les Knicks veulent un bon joueur d’expérience mais uniquement sur une année (2010 oblige) depuis que Kidd leur a tourné le dos, on parle d’un swap incluant Chris Duhon. Finalement, le mouvement achoppe, Donnie Walsh annonce qu’il n’y a jamais eu aucun négociations, même si le New York Post annonce que le Président des Knicks aurait offert la MLE au joueur c’est-à-dire 5.8 millions, sauf que Miller n’est pas con, il veut un engagement sur le long-terme histoire de ne pas être lourdé l’année prochaine, il refuse fin juillet.
Le 21 juillet, Portland, qui a perdu Millsap, s’assoit à la table de négociations avec Miller. Le joueur accepte de rejoindre Portland le 24 et remplacera Steve Blake dans la rotation de PG.
PORTLAND, UN CONTENDER?
Sans tomber dans l’optimisme abusif ou les commentaires dithyrambiques, il faut bien avouer que ce trade est une upgrade absolument énorme pour le back-court des Blazers. Steve Blake n’était qu’un bon role player, sans plus, capable de s’enflammer à l’occasion mais vite surmené. Là, les Blazers acquièrent un meneur d’expérience, qui ne souffre pas physiquement, qui est d’une solidité physique et statistique à toute épreuve. Cette arrivée devrait permettre le départ de plusieurs joueurs comme Jerryd Blayless définitivement bloqué et vient à point vu que Patrick Mills s’est gravement blessé durant l’été. Portland pourra aligner un cinq Miller – Roy – Batum – Aldridge – Oden/Przbilla avec des rotations plus que flatteuses en comptant des Rudy Fernandez, Travis Outlaw, Martell Webster et des jeunes comme Cunningham et Pendergraph.
Portland ne sera certainement pas un contender, la raison est simple : il manque un patron dans la raquette et tant que Greg Oden ne sera pas devenue la bête à 20 points 10 rebonds que tout le monde attend dans l’Oregon, le titre ne sera qu’un mirage à peine visible au loin. Par contre, l’équipe a un des meilleurs back-court de la ligue, voire même un des meilleurs duo de guards depuis Billups/Hamilton avec l’association qui devrait faire des étincelles entre Miller et Roy, tous deux jouant un jeu très proche du panier et tout en pénétration, avantage au second qui a un véritable shoot longue distance et qui pourra bénéficier des 15-20 points possibles par match d’Andre. Il s’agit donc au niveau sportif d’un renfort plus que considérable.

Financièrement parlant, 21 millions sur 3 ans soit 7 millions par saison, pour un joueur de cette trempe, c’est bien payé. On sait que le contrat de Darius Miles continue de peser encore une année sur le salary cap (9 millions et contrat le plus cher !!!) mais avec une masse salariale de 55 millions, il reste quelques deniers pour signer encore un ou deux joueurs peut-être afin d’étoffer la rotation intérieure (Primoz Brezec ?) mais le véritable challenge pour les Blazers sera en 2010 lorsque les contrats de Batum, Blayless, Fernandez, Oden, Roy etc…toucheront leur fin. Nul doute que Roy touchera bientôt le maximum sur 5 ans comme beaucoup d’insiders l’annoncent mais le joueur en a un peu marre aussi d’attendre, affaire à suivre.
ET LES SIXERS DANS TOUT CA?
Ed Stefanski a eu ce qu’il voulait: le départ d’un joueur âgé et qui voulait selon lui trop. Place donc aux jeunes. Philly perd encore une fois une de ses pièces maîtresse tandis qu’Elton Brand reste avec ses problèmes de santé récurrents et qu’Iguodala tarde à prendre du leadership. A.I devrait prendre une toute autre ampleur cette année vu qu’il aura tous les ballons et que les tickets shots seront peu nombreux dans l’escouade. L’équipe continue de « construire » en détruisant, les playoffs pourraient tranquillement leur échapper l’année prochaine et ce n’est pas l’arrivée d’un décevant Jrue Holiday en Summer qui va remplacer Dre. On devrait donc s’attendre à des numéros de soliste d’Iguodala, Young ou Brand s’il est servi car une mène confiée à Louis Williams ou Green dans le pire des cas, n’est pas très enthousiasmante.
Conclusion
J’avoue y mettre un avis personnel fort mais Andre Miller est un joueur somptueux, qui ne mérite pas l’indifférence générale à son égard et qui est une amélioration claire de l’effectif des jeunes Blazers avec son expérience et surtout ses florissantes statistiques, il en a encore sous le coude (même à 34 ans) et peut apporter énormément rien qu’en terme de leadership ou sur le terrain en montrant l’exemple. Maintenant, il est probablement certain que Portland sera son dernier club et qu’il donnera tout ce qu’il peut pour l’emmener en playoffs, ce qui devrait être une affaire rondement menée cette année. Quant à la possibilité de gagner un titre, face aux grosses écuries de l’Ouest (Lakers, Spurs, Nuggets, Dallas…) elle est très improbable, un beau parcours en postseason n’étant pas à exclure vu que Nate McMillan sait faire des merveilles de pas grand-chose. Nous suivrons donc avec attention l’évolution d’une jeune équipe qui en veut et qui n’a rien à envier à une grande majorité d’équipes.
Quant aux Sixers, un futur incertain, des joueurs de seconde zone, un Elton Brand sur une patte, je ne suis pas sûr des décisions d’Ed Stefanski.
Un petit mix du joueur pour vous montrer de quoi il est capable parce que les actions parlent plus que les mots





C’est sur que ce n’est pas aussi clinquant qu’un Artest, qu’un Jefferson mais c’est une putain de recrue pour une team aussi jeune !!
Nul doute qu’il saura apporter le plus qu’il fallait pour pouvoir continuer sur la lancée de l’année derniere !
Au final il n’y a que Phoenix qui ne s’est pas renforcée parmi les contender ?!
phoenix un contender?
sur cette signature, portland fait un gros coup, un joueur expérimenté, pas de fioritures mais de l’efficacité, c’est un vrai plus à la mène pour portland qui se retrouve avec une équipe type alléchante.
je comprends pas les sixers, il n’est plus tout jeune mais leurs jeunes sont moins bons, luis williams ne peut pas mener une équipe nba, miller a été de très loin leur meilleur joueur en p.o, c’est lui seul qui a tenu tête à orlando, iguodala est un liutenant, un bon lieutenant, mais seul il n’y arrivera pas, brand n’est pas non plus un leader, ça l’air partit pour une énième saison sans p.o pour les sixers.