Analyse : Deal Okafor / Chandler

C’est désormais officiel, les Bobcats accueillent Tyson Chandler et envoient Emeka Okafor aux Hornets. Ce swap de pivots de 26 ans aux salaires équivalents peut sembler inutile, et pourtant, il rentre dans une logique sportive pour les Hornets et une logique plus financière pour les Bobcats. Explications.

Les Hornets pensent — enfin — au sportif.

Souvenez vous, le 17 février dernier, les Hornets envoient Tyson Chandler au Thunder pour Chris Wilcox, Joe Smith et les droits de DeVon Hardin. Le deal est finalement annulé pour des problèmes de pied, au plus grand soulagement des fans des Hornets.

Aujourd’hui, la donne est différente, Tyson Chandler n’est plus bradé, les Hornets récupèrent même un intérieur qui parait plus compétitif. Dans les chiffres, en carrière, Okafor est meilleur scoreur (14 points contre 8.2 à Chandler), meilleur rebondeur (10.7 contre 9 rebonds) et meilleur contreur (1.8 contre 1.4). Au-delà des chiffres, Okafor est surtout plus talentueux et plus mature que Chandler.

Si les fans regretteront la Crescent City Connection, qu’il formait avec Chris Paul, et la pluie de alley-oop qui allait avec, ils apprécieront probablement davantage l’arrivée d’un pivot capable de leur faire franchir un cap.

Okafor apparait aussi complémentaire de West que ne l’était Chandler. L’ancien pivot d’UConn gobe tous les ans plus de 10 rebonds par match, défend mieux, notamment sur l’homme où il est bien plus rugueux que Chandler, et diversifiera le jeu des Hornets, trop axé sur la connexion Paul – West. Si l’ancien Bull convertit des alley-oop, Okafor est un scoreur plus consistant. Sans être un tueur, le second nommé peut faire la différence, par sa puissance et son jeu post-bas.

Physiquement, Okafor n’a pas forcément bonne réputation, mais il reste sur 2 saisons à 82 matchs. Faut-il reparler de l’humiliation subie par Chandler à OKC ?

Emeka Okafor est donc la réponse des Hornets, aux Artest des Lakers, Jefferson des Spurs, Miller des Blazers, Marion des Mavs…

Financièrement, ça a l’air d’aller mieux en Louisianne, puisqu’Okafor a un contrat de 62.5M$ jusqu’en 2014 alors que le contrat de Chandler expire en 2010, avec une player option en 2011. A salaire équivalant, la durée du contrat pèsera lourd dans les finances des Hornets. Mais sportivement, Okafor est un plus. C’est aussi l’avis de John DeShazier, insider au New Orleans Times Picayune.

J’adore Tyson Chandler, ce qu’il a apporté aux Hornets quand il était en bonne forme, son attitude sur le parquet et dans le vestiaire, sa loyauté envers ses coéquipiers. Mais je préfère ce trade amenant Emeka Okafor.

Les Bobcats réduisent la voilure.

Les Bobcats récupèrent un joueur plus grand, mais c’est peut-être le seul « + » sportif de ce deal. Moins autonome, moins solide, moins dur qu’Okafor, le réserviste numéro 1 de Pékin aura bien du mal à faire oublier le 12e homme de la sélection d’Athènes.

Surtout qu’Okafor était le premier choix de la franchise, en 2004. En plus du symbole, il avait gagné une place à part au pays du basket universitaire. Bien qu’il ne venait pas d’UNC, il était respecté par son investissement de tous les instants sur et en dehors du parquet. En cinq saisons, il tournait chaque année à un double double de moyenne, ce qui n’est pas rien.

Pourtant, Rod Higgins, le GM des Bobcats, estime que ce trade va faire progresser son équipe.

Nous voyons ce trade comme une opportunité de faire progresser notre équipe. Tyson apporte un niveau athlétique unique pour un 7-footer, qui nous met en position de lutter tous les soirs contre les pivots de la league.

Evidemment, en bonne forme, Chandler sera un titulaire incontournable des Bobcats. Il défend suffisamment bien pour être apprécié par Larry Brown et compensera les rebonds d’Okafor. Mais il n’offre pas une vraie alternative à DeSagana Diop, le sénégalais est un défenseur pur et dur. Chandler l’est moins, mais n’est pas un scoreur affuté pour autant.

Il s’inscrit aussi dans une logique de jeu rapide vers laquelle semble s’orienter les Bobcats. Avec deux tweeners sur les ailes (Diaw et Wallace) et deux meneurs rapides et vifs (Felton et Augustin), Larry Brown aura sous ses ordres une équipe au profil atypique, capable de devenir un nightmare matchup si la mayonnaise prend. La solidité défensive vu l’an passé sera conforté par l’arrivée d’un pivot actif de ce côté du terrain.

Mais l’intérêt numéro 1 est évidemment financier. Chandler a une année de contrat garantie et une en option. Autrement dit, il aura la possibilité d’être F.A. dès l’an prochain, ce qui n’est pas un luxe pour une équipe qu’on dit en grande difficulté financière.

Conclusion

Sportivement, les Hornets semblent les grands gagnants de ce deal. Il était dommage de voir une équipe numéro 1 de sa conférence il y a deux ans se saborder face à la crise. Les Bobcats ne donnent, par contre, pas l’impression de progresser grâce à ce deal. Si la santé suit, ils resteront un contender aux dernières places qualificatives des playoffs, sinon ce sera un nouveau lottery pick.