Analyse : les premiers moves de l’été

Une grosse semaine après le déclenchement des hostilités en NBA et le début de la saison des transferts et autres signatures de Free-Agents, je vous propose une première analyse des principaux mouvements, équipe par équipe.

Atlanta Hawks

Resignature de Joe Johnson pour 120M$ sur 6 ans.

Dans un été où tant de grands noms circulaient, celui qui touchera au final le plus d’argent est Joe Johnson… Johnson est un bon joueur de basket, habile shooteur et playmaker de haut niveau pour son poste de SG mais n’en reste pas moins relativement inconstant et surtout très léger pour mériter le contrat d’indiscutable Franchise Player qu’il vient de signer. Un contrat qui devient quasi instantanément l’un des pires de toute la NBA en compagnie de celui de Rashard Lewis  !

A la décharge des Hawks plusieurs équipes NBA comme les Knicks ou les Bulls étaient vraisemblablement prêtes à proposer un contrat similaire à Johnson, mais c’était en envisageant un rôle différent pour lui : celui de co-leader voir carrément lieutenant d’une autre star comme Derrick Rose ou Amare Stoudemire. Je trouve concevable de mettre autant d’argent dans un très gros marché pour demander à Johnson de soulager offensivement une star NBA et écarter les défenses avec son tir extérieur, beaucoup moins pour être le chef de file d’une équipe certes homogène mais composée de joueurs assez médiocres à l’échelle de ce qui fait de mieux en NBA et qui peine à remplir sa salle tout les soirs.

Si Johnson avait quitté l’équipe sans rien en échange, les Hawks auraient vraisemblablement reculé en niveau  mais c’était peut être un risque à prendre. D’autant qu’un départ hors sign and trade restait assez improbable et qu’Atlanta aurait pu chiper quelques joueurs, picks ou au minimum une très grosse trade exception utilisable pour chiper un bon joueur indésirable (Al Jefferson ?).

Note pour Atlanta : 8/20

Boston Celtics

Resignature de Paul Pierce (4 ans et 61M$) et Ray Allen (2 ans et 20M$), signature de Jermaine O’Neal (2 ans et 12M$)

Finalistes malheureux l’an passé, les C’s ont fait le choix d’un quasi statut quo en conservant Pierce et Allen puis en remplaçant le jeune retraité Sheed par Jermaine O’Neal.

Pierce a été le premier à s’engager, renonçant à une dernière année de contrat à 21M$ pour un nouveau deal plus long mais plus raisonnable (15M$ l’année). Une décision qui a permis à Boston de bénéficier d’un peu plus de flexibilité financière, suffisamment pour réaliser les deux deals suivants. Pierce a 33 ans mais comme ses deux coéquipiers de l’ex Big 3, désormais Big 4 avec l’explosion de Rondo, a vraisemblablement prolongé d’une ou deux saisons sa carrière de joueur de très haut niveau par le soutien dont il bénéficie à Boston : moins de responsabilités offensives, plus de repos en saison régulière…

Je serai surpris de voir Pierce s’effondrer totalement avant au moins 2 ans, des saisons où Boston pourra encore faire figure au moins d’outsider pour le titre. Le bémol du deal reste sa longueur, 4 ans faisant peut-être un peu beaucoup. L’idéal, je pense, aurait été de pouvoir coller aux deals d’Allen et Garnett via un contrat de deux ans, toutefois je n’ai pas connaissance des détails de l’opération (option d’équipe sur la 3e et ou 4e année de contrat ? Contrat au salaire dégressif ?).

Concernant Allen maintenant, ce contrat me paraît très bon. Une longueur idéale (il sera à nouveau FA en même temps que KG) et un salaire raisonnable (10M$ par an) pour un joueur toujours vital dans le système Celtics. Malgré les années, le tir extérieur d’Allen, comme pour Reggie Miller avant lui, est toujours là et permet à ses coéquipiers de bénéficier d’un peu plus de liberté pour jouer le jeu avec lequel ils sont le plus efficace.

Dernière décision et première vraie recrue Bostonienne : Jermaine O’Neal. L’ancien pivot du Heat n’a visiblement pas dégouté Boston par son niveau de jeu affligeant contre eux au premier tour des derniers POs, et sera en charge de remplacer dans la rotation le probable retraité Rasheed Wallace. S’il ne plantera pas de 3pts comme l’ancien Pistons, O’Neal sort de deux saisons relativement bonnes au niveau forme physique (70 matchs joués deux ans de suite, pas si courant depuis 5 ans pour lui) et devrait pouvoir apporter par séquence du rebond, de la défense et une solution offensive assez crédible aux Celtics. Un rôle important pour la saison prochaine compte tenu de la très grave blessure de Perkins qui aura sans doute du mal à retrouver rapidement son niveau de jeu.

Globalement une intersaison solide pour Boston et assez logique aussi avec le choix de tenter de garder ouverte une fenêtre de titre pour une ou deux saisons de plus. Les vieillissants Celtics ont suffisamment d’expérience et de talent pour se réveiller dans les moments chauds, même après une saison en roue libre comme on a pu s’en rendre compte l’année dernière, et même dans le cas de figure où les choses se passeraient très mal pour eux, les dirigeants ont évité de s’enfermer dans un enfer financier longue durée : Allen et Garnett via leurs contrats courts gardent une bonne valeur marchande et Rondo est là pour l’avenir.

Note pour Boston : 15/20

Chicago Bulls

Départ d’Hinrich, Signatures de Boozer (5 ans et 80M$), Korver (3 ans et 15M$) et Omar Asik

Pas mal de fantasmes autour de cette franchise des Bulls dès lors que le soir de la draft, Kirk Hinrich (et ses 9M$ annuels) a été envoyé aux Wizards. Un départ qui donnait la possibilité à Chicago de signer non pas un mais deux Agent Libres à contrat maximum !

La mythique franchise a ainsi été donnée favorite pour l’arrivée de Lebron James pendant quelques temps, voire même pour l’accueil d’un duo Bosh-James. Finalement rien de tout ça avec le départ de tout ce joli petit monde vers Miami.

Chicago s’est rabattu sur du second choix et engage Carlos Boozer. Cela faisait des longues années que les Bulls étaient à la recherche d’un point d’ancrage offensif dans la peinture (depuis le départ de Brand en fait), c’est enfin chose faite avec l’arrivée de l’ex star PF du Jazz d’Utah. Un joueur efficace sur pick and roll, pas manchot en transition ni sur le jeu de passe qui devrait enfin permettre à l’attaque des Bulls de s’équilibrer.

Il constituera également un duo phénoménal au rebond avec Noah et ses lacunes défensives devraient être supportables dans l’effectif des Bulls, surtout si le nouveau coach Tom Thibodeau parvient à être à la hauteur de sa réputation.

Thibodeau aura aussi du travail avec Kyle Korver surtout s’il doit jouer poste 2, mais comme Boozer, Korver répond à un besoin vital : le tir extérieur. Grosse faiblesse de Chicago jusque là (particulièrement en ayant tradé Hinrich), voir débarquer ce qui se fait de mieux en NBA (53% à 3pts) est forcément une excellente nouvelle surtout qu’avec une menace intérieure comme Boozer et un excellent joueur de pénétration comme Rose, Chicago a les moyens d’offrir des tirs ouverts à leur nouvelle recrue. Nouvelle recrue qui ne sera peut-être pas la dernière dans ce profil puisque J.J Redick a reçu une offre importante des Bulls (20M$ sur 3 ans), mais malgré le montant important, Orlando devrait s’aligner.

Dernière recrue en date, le pivot Turc Asik drafté en 2008. Je ne le connais pas suffisamment pour m’exprimer sur son arrivée mais ce sera au pire des centimètres et des fautes dans une rotation intérieure qui devrait perdre Brad Miller l’an prochain.

Pour l’instant, le bilan est assez correct même si après coup il semble que conserver Hinrich plutôt que de surpayer pour un remplaçant pas franchement supérieur (Redick) aurait été une meilleure affaire. Mais c’est très facile de juger après coup et il est indéniable que Chicago a eu raison de se mettre en position de réaliser une intersaison gigantesque, surtout que globalement l’équipe devrait parvenir à retomber sur ses pieds et à sortir considérablement renforcée de cet été (c’est déjà le cas objectivement). Il manque quand même encore une rotation poste 2, si possible performante défensivement.

Note pour Chicago : 14/20

Dallas Mavericks

Resignature de Dirk Nowitzki  (4 ans et 80M$) et Brendan Haywood (6 ans et 55M$)

135M$ pour un duo de vétérans, l’investissement est très lourd mais comme Boston, Dallas fait le pari de la stabilité et fait confiance à son groupe pour participer à la course au titre encore quelques saisons. Même si ce pari paraît encore bien plus incertain que pour les Celtics.

Garder Nowitzki est ce qu’on appelle un no-brainer. L’Allemand du haut de ses 32 ans est encore sacrément vert et  ne subit pour l’instant ni réelle baisse de productivité ni problèmes physique gravissimes, je pense qu’avec son style de jeu il devrait être en mesure de mériter son salaire pendant la majeure partie du deal.

Le contrat donné à Haywood soulève plus de questions. Non pas que ce soit un mauvais joueur, c’est même à mon sens l’un des tout meilleurs intérieurs défensifs de la ligue capable de défendre sur n’importe quel pivot en un contre un et de stabiliser le rebond et la défense collective de sa formation, mais de là à lui filer 55M$ sur 6 ans…

Je ne suis pas choqué par le salaire proposé, 9M$ de moyenne et un salaire de départ qui devrait légèrement excéder celui d’une MLE, si le contrat est structuré de manière classique (salaire augmentant d’années en années), c’est clairement la norme pour un pivot titulaire d’un bon niveau, surtout qu’on peut imaginer la production d’Haywood augmenter avec le départ programmé de Dampier.

Par contre c’est la durée qui m’interpelle. 6 ans pour un joueur de 31 ans c’est quand même très très long et j’ai du mal à imaginer une équipe apte à investir sur le marché quelque chose d’aussi long. Bien possible que Dallas ait surenchéri contre eux-même dans cette affaire et il y a je pense de grandes chances que sur la fin de son contrat, Haywood soit légèrement boulet mais on a vu pire.

Rien de scandaleux de la part de Dallas cet été. Les Mavericks conservent une ossature impressionnante, sûrement la meilleure de la ligue en terme de profondeur, mais une ossature sacrément vieillissantes et dont les têtes d’affiches (Dirk exclu) sont tout de même nettement en retrait par rapport aux tops players de la ligue, hors ce sont indiscutablement les 3 ou 4 meilleurs joueurs d’une équipe qui font son niveau réel. En l’état, Dallas est un outsider à l’Ouest qui aura bien des difficultés à gêner réellement les Lakers et qui devra aussi faire face à l’éclosion des jeunes Blazers et Thunder pour les prochaines saisons.

Attention quand même à la suite de l’intersaison car Cuban a dans sa manche le contrat expirant de Dampier (voir celui de Butler), si ce dernier se transforme en un très bon joueur.

Note pour Dallas : 13/20

Golden State Warriors

Trade de Randolph, Turiaf et Azubuike contre David Lee (80M$ sur 6 ans), Départ de Maggette

Après une draft surprenante et le choix d’Udoh, par ailleurs déjà annoncé out pour les 6 mois à venir comme quoi rien ne change vraiment aux Warriors; Golden State a réalisé ce qui sera sûrement son gros mouvement de l’intersaison mettant la main sur le New Yorkais David Lee dans le cadre d’un sign and trade qui verra Lee toucher 80$ sur les 6 prochaines années (13M$ par an).

Je ne suis vraiment pas fan de cette décision. Attention, Lee est un joueur vraiment productif, rebondeur féroce et scoreur assez rentable mais aussi un défenseur atroce. Les Warriors, par ce contra,t ont vraisemblablement misé sur un noyau Curry-Ellis-Lee et Biedrins sur le long terme, un quatuor absolument abjecte défensivement, trop juste en talent pour faire les POs régulièrement et à mon avis nettement moins efficace que ce que leurs chiffres, produits dans des systèmes ultra offensifs et sans la moindre défense, laissent croire.

Les Warriors reviendront bien un jour à un basket traditionnel et ce jour-là à peu près tout sera à refaire…

A noter aussi en début d’intersaison le départ de Maggette dans une purge financière. Départ logique pour un joueur cher et souvent néfaste à un collectif mais une nouvelle preuve de la gestion délirante de cette franchise qui vient quand même de se séparer contre pratiquement rien de Jason Richardson, Jamal Crawford, Stephen Jackson et maintenant Maggette.

Note pour Golden State : 8/20

Memphis Grizzlies

Resignature de Rudy Gay (5 ans et 80M$)

Après un été riche en rebondissements l’année dernière et une saison finalement assez réussie malgré l’absence de PO, le premier move des Grizzlies va dans le sens de la stabilité avec le maintien en place de Rudy Gay. L’ailier de Memphis qui décroche le jackpot et un contrat maximum, qui pour un joueur de son âge va chercher dans les 16M$ par saison.

Honnêtement, c’est beaucoup d’argent, certainement beaucoup trop. A 24 ans Rudy Gay a encore une marge de progression et en le signant pour 5 ans, Memphis vient de s’approprier ce qui constituera vraisemblablement les meilleures années du joueur (de 24 à 29 ans). Mais reste tout de même un constat inévitable, signer un joueur très loin du top niveau à son poste (James, Durant ou Anthony sont à des années lumières de Gay) au maximum salarial quand on est une équipe qui perd de l’argent à un taux hémorragique, n’est pas le meilleur moyen de prouver que le modèle économique de la NBA est sain…

Les Grizzlies ont vraiment agi de manière inexplicable dans cette affaire. Gay était restricted Free Agent et la stratégie classique, qui a largement fait ses preuves, est de laisser le joueur se démerder pour trouver une équipe intéressée par ses services et de matcher une offre éventuelle. Dans le pire des cas, Memphis aurait du s’aligner sur une offre de 80M$ sur 5 ans mais plus vraisemblablement il aurait été possible de le conserver pour nettement moins d’argent, surtout que les Wolves théoriquement les plus chauds sur le dossier se sont très rapidement exclus de la course en signant Milicic et Pekovic. Atlanta avait en agissant de la sorte par exemple pu garder Josh Smith pour 5 ans ans et un peu moins de 60M$.

Allez savoir pourquoi mais Memphis a préféré manifesté une confiance aveugle dans un joueur pas phénoménal et même pas spécialement complémentaire avec le groupe en place, car son tandem extérieur avec OJ Mayo est pour le moment assez médiocre.

Note pour Memphis : 8/20

Miami Heat

Resignature de Dwyane Wade (6 ans et 107M$), Signatures de Lebron James (6 ans et 110 M$), Chris Bosh (6 ans et 110M$) et Mike Miller (5 ans et 25M$)

Pas la peine de revenir là dessus, c’est absolument gigantesque.

Note pour Miami : 20/20

Milwaukee Bucks

Trades pour Corey Maggette et Chris Douglas-Roberts, resignature de Salmons (39M$ sur 5 ans) et signature de Gooden (5 ans et 32M$)

Après une saison très réussie pour les standards de la franchise sous la houlette de Scott Skiles marquée par un retour en PO et 7 matchs contre les Hawks, les proprios de Milwaukee ont sorti le carnet de chèques !

Première décision: l’arrivée de Corey Maggette contre Gazduric et Charlie Bell. Un choix qui sonnait comme le remplacement de Salmons mais on a vu plus tard qu’il n’en était rien, il ne s’agit donc que d’un renfort offensif. Un renfort potentiellement appréciable car Maggette est depuis toujours un joueur rentable en attaque en étant notamment l’un des plus grands spécialistes de la ligue pour ce qui est de l’obtention de lancers-francs. Reste un énorme doute : est-il un joueur pour le basket de Scott Skiles ? Le coach de Milwaukee prêche le travail défensif et a d’ailleurs obtenu des résultats inespérés avec son groupe l’an dernier, sur ce qu’il a montré dans sa carrière jusqu’à maintenant Maggette n’entre pas du tout dans cette philosophie.

A noter dans la foulée l’arrivée de Douglas Roberts, intéressant cette saison aux Nets, sur le même poste d’arrière ailier. Un renfort potentiel pour 1M$ l’année, RAS.

Un peu le même problème pour Gooden, pas réputé du tout pour sa défense ou plutôt si, réputé pour sa très mauvaise défense. Toutefois, au niveau du secteur intérieur, les Bucks ont déjà deux spécialistes avec Bogut et Mbah a Moute ce qui devrait atténuer en partie le problème. A côté de ça, Gooden est une belle pioche, dans la force de l’âge et vraie machine à rebond doublé d’un attaquant doué, la rotation des Bucks ne crachera sans doute pas là dessus.

Dernière décision en date la conservation de John Salmons pour 5 ans et une quarantaine de Millions de dollars. Pièce majeure de la belle deuxième partie de saison des Bucks, Salmons a donc convaincu ses dirigeants de mobiliser beaucoup d’argent pour le conserver. Une très grosse prise de risque très tôt dans l’intersaison que je trouve un peu inconsidérée. Salmons a 31 ans et les joueurs extérieurs de son calibre ne vieillissent que rarement bien, on parle également d’un joueur qui a été assez minable pendant la moitié de la saison passée lorsqu’il jouait aux Bulls. 8M$ par an jusqu’à ses 36 ans pour 4 mois convaincants c’est sûrement cher payé.

Et globalement, je trouve l’investissement massif de l’été des Bucks dangereux pour une équipe qui n’a pas forcément les reins très solides financièrement : 30M$ sur 3 ans restants pour Maggette, 40M$ sur 5 ans pour Salmons, plus de 30M$ pour Gooden sur 5 saisons ça commence à peser. A voir… Si Les dirigeants savent ce qu’ils font question dollars et qu’ils évitent de devoir faire une Richard Jefferson (autrement dit revenir sur leur décision un an après) dans quelques mois ET que Skiles arrive à intégrer tous ces joueurs à son schéma défensif, les Bucks se sont considérablement renforcés mais restent néanmoins bien loin de l’élite NBA.

Note pour Milwaukee : 12/20

Minnesota TimberWolves

Resignature de Milicic (4 ans et 20M$), signature de Pekovic (3 ans et 13M$), départ de Gomes et trade pour Webster et Beasley

Après un premier été d’une qualité très douteuse et le recrutement d’une triplette de meneurs, David Kahn persiste dans son concours consistant à rassembler le plus de joueurs de même niveau aux mêmes postes…

D’abord le poste 5, où 3 mois de basket à moitié décent ont convaincu les Wolves de signer Milicic sur le long terme avec un contrat de 4 ans et 5M$ par saison. La dernière fois qu’une demi-saison a convaincu une franchise de faire confiance à Darko c’était Memphis au sortir de quelques mois au Magic, l’enthousiasme n’avait pas mis longtemps à retomber. Reste quand même que sur le papier c’est un bon profil pour les Wolves avec un joueur de grande taille, potentiellement bon en défense.

Concernant Pekovic, c’est logiquement une affaire potentiellement intéressante même si mon suivi du basket européen est très limité. Le boulot effectué poste 5 n’est pas mauvais avec enfin des joueurs massifs et complémentaires de Love et Jefferson, mais j’aurai très clairement opté pour la draft de Cousins doublée de la signature de Pekovic plutôt que de miser sur Darko.

D’autant plus que le Rookie SF Wesley Johnson aura des batons dans les roues puisque Kahn a opté pour le recrutement de Martell Webster le soir de la draft (contre un SF cela dit donc décision assez neutre) mais également pour celui de Michael Beasley. Concernant ce dernier deal, il n’y a pas grand chose à dire en valeur pure puisqu’un second tour de draft contre un second choix de draft de 21 ans c’est absolument exceptionnel, même si ce dernier est visiblement un idiot de première à la limite de l’ingérable. reste quand même qu’aux Wolves il n’y a franchement pas de place pour lui : Poste 4 ? Pour l’instant occupé par Love et Jefferson. Poste 3 ? Il pourrait avoir les qualités pour y évoluer mais il y a déjà Webster, Johnson et même Brewer…

Je trouve la construction des Wolves terriblement bancale, avec une accumulation de bons joueurs à tous les postes (sauf le 2, pratiquement vide à l’heure actuelle) mais sans hiérarchie et avec un niveau plutôt faible pour des leaders de franchises NBA. Tôt ou tard, il faudra faire exploser ce groupe par des deals quantité pour qualité, sous peine de ne pas aller bien loin à mon avis.

Dernier point pour conclure, cette intersaison a réduit pratiquement à néant la valeur marchande d’Al Jefferson puisqu’ avec un investissement assez lourd poste 5 + l’arrivée de Beasley + la présence de Love, les Wolves n’ont pas vraiment d’autres choix que de se séparer de Big Al. Et je vois mal une franchise NBA proposer beaucoup mieux qu’une purge financière pour le PF des Wolves, jadis considéré comme le successeur de Garnett, ce qui est quand même dommage…

Note pour les Wolves : 14/20 en valeur pure mais un 9/20 en terme de construction

New Jersey Nets

Signatures de Travis Outlaw (35M$ sur 5 ans) et Johan Petro (10M$ sur 3 ans), départ de Chris Douglas-Roberts

Ne cherchez plus les grands vaincus de l’été, ils sont là…

Sauf grosse surprise, New Jersey va entamer la saison prochaine sans avoir recruté de joueurs d’impact autrement que via la draft de Favors. Et ce alors qu’ils préparent cet été 2010 depuis de longues années, multipliant les trades à but financier, et qu’un nouveau proprio richissime est arrivé à grand renfort de pubs.

Pas de James, Bosh, Wade, ni même de Boozer et David Lee. Pire encore, non contente de ne pas recruter de stars, les Nets ont fait l’erreur de recruter pour recruter en signant deux chèques d’un montant assez improbable pour des joueurs d’une qualité douteuse. 7M$ l’année pour un Outlaw de retour de blessure, plus de 3M$ par an pour un Petro chargé de jouer les miettes derrière Lopez… Honnêtement ce sont des choix très curieux.

Quitte à partir bredouille j’aurai plutôt fait le choix d’aligner une équipe de gamins toute la saison pour les faire progresser autant que possible et de reporter la flexibilité financière à l’été 2011, beaucoup moins concurrentiel.

Note pour New Jersey : 5/20

New York Knicks

Signatures d’Amare Stoudemire (100M$ sur 5 ans) et Raymond Felton, Trade de David Lee pour Anthony Randolph, Ronny Turiaf et Azubuike

Pas le grand splash annoncé mais les Knicks sont loin de repartir bredouilles.

Ils ont obtenu le premier coup de l’été avec l’arrivée de Stoudemire aux premières heures de l’intersaison. L’ex star des Suns constitue à mon sens un vrai upgrade par rapport à David Lee, particulièrement dans le basket de D’antoni : plus athlétique et plus efficace en attaque. C’est aussi un nom plus sexy, davantage à même de convaincre un joueur majeur de signer à New York dans un futur proche.

Ce qui est intéressant dans l’été New Yorkais c’est justement la gestion du cas Lee. Plutôt qu’une perte sèche ils ont pu négocier un sign and trade, et pas un sign and trade merdique ! Le seul Randolph peut valoir de l’or, il est très jeune, grand, long, athlétique et lors de sa saison Rookie était relativement monstrueux en terme de productivité. Sous réserve que son retour de blessure se fasse dans de bonnes conditions, les Knicks ont récupéré un joueur à très fort potentiel des deux côtés du terrain.

Et il ne vient pas seul en plus. Turiaf est une rotation intérieure assez sympathique et Azubuike est un excellent shooteur mais lui aussi de retour d’une saison blanche.

Pièce finale de l’intersaison New Yorkaise : la signature du meilleur meneur de jeu disponible avec Raymond Felton. Pas Chris Paul ni Steve Nash mais un gars compétent et explosif qui sort d’une saison plutôt pas mauvaise chez les Bobcats. On connait l’importance du PG dans le basket de D’antoni et Felton aura certainement l’occasion de montrer ce qu’il vaut. A noter que pour cette arrivée les Knicks ne se sont pas non plus saignés financièrement puisque le deal devrait osciller autour des 8M$ par an avec certainement deux saisons garantis uniquement.

Ce qui nous amène au dernier point concernant New York, la prolongation probable pour au moins une saison de l’opération Free-Agent ! Car mis à part Stoudemire, les recrues de l’été disposent de contrats courts et assez raisonnables, laissant théoriquement avec la fin du deal de Curry, assez de place pour un contrat maximum de plus l’été prochain ET il est même possible selon ce qui se passe avec les jeunes joueurs de l’équipe éligibles à des extensions de contrats que New York soit à même de proposer beaucoup d’argent à un joueur libre lors de l’été 2012 (celui de Chris Paul et Dwight Howard pour info).

Note pour les Knicks : 13/20