Antoine Rigaudeau – L’argent de Sydney, l’échec NBA.

Après une première partie basée sur sa formation française et son explosion européenne, abordons désormais le passage au 21e siècle d’Antoine Rigaudeau, avec deux temps forts, les jeux olympiques de...

Après une première partie basée sur sa formation française et son explosion européenne, abordons désormais le passage au 21e siècle d’Antoine Rigaudeau, avec deux temps forts, les jeux olympiques de Sydney et son aventure NBA.

La saison 1999-00 est à oublier. Il souffre d’une pubalgie qui le gêne durant la deuxième partie de saison. Il manque ainsi la finale de Coupe Saporta perdue contre l’AEK Athènes (75-67) et ne tourne qu’à 3.4 points en playoffs, où son club est balayé par Trévise (3-0).

Antoine Rigaudeau

Antoine Rigaudeau, médaillé d’argent à Sydney.

Antoine Rigaudeau est tout de même retenu pour les jeux olympiques de Sydney. Après un début de tournoi sans relief, il joue les sauveurs contre la Chine. La France, menée de 12 points, voit Rigaudeau prendre feu et inscrire 6 tirs primés consécutifs. Il termine le match avec 29 points.

« Il faut être opportunistes »

Lors du tournoi final, il score 15 points contre le Canada et 13 contre l’Australie. En finale, il est tenu à 10 points et ses perfs sont éclipsées par un Laurent Sciarra sur un nuage. Interrogé dans Le Mondeavant les J.O. de Londres, il est revenu sur cette aventure de Sydney.

Antoine Rigaudeau : Comme dans tous les tournois, il y a une grosse part de travail en amont, dans les entraînements, la concentration, et puis une petite part de chance. On a eu un premier tour difficile, notamment contre les États-Unis. Je me souviens qu’on avait eu beaucoup de mal contre les équipes européennes aussi, mais aussi la chance de jouer contre des équipes non européennes, ce qui nous avait permis de nous qualifier en quart de finale. Lors de la deuxième semaine, les choses se sont mises en place. Contre le Canada, en quart, on est très bon en défense pour bloquer Steve Nash. L’Australie, en demi-finale, c’est pareil, on contrôle bien leurs shooteurs pour éviter qu’ils prennent feu devant leur public. Il y a toujours des petites fenêtres qui s’ouvrent à certains moments d’une compétition et il faut être opportunistes pour s’y engouffrer.

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De retour à Bologne, il voit son club recruter du lourd après une saison compliquée, ponctuée par la retraite de Predrag Danilovic. Matjaz Smodis, Manu Ginobili, Marko Jaric et le massif pivot US Rashard Griffith. Cette équipe domine l’Italie, remportant le titre sans la moindre défaite en playoffs et la Coupe nationale, et l’Europe. La Virtus dispute l’Euroleague au moment de la scission ULEB/FIBA et remporte la compétition au détriment de Vitoria.

Antoine Rigaudeau : C’est un des plus beaux souvenirs de ma carrière. Ce n’était pas facile, car le contexte était particulier. Nous n’avions pas bien débuté la saison et c’était compliqué, surtout pour nos nouveaux joueurs. Il devait s’adapter à une nouvelle équipe. Nous avons réussi à jouer à un niveau que je n’avais jamais vu ailleurs. Nous avions tout, le physique, les fondamentaux, la tactique, le talent… tout ! C’était vraiment dur de jouer contre nous. Nous avions réalisé une très longue série de victoires cette année-là. Je ne sais plus combien. C’était un réel plaisir d’aller travailler avec l’équipe chaque jour.

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Peu avant l’EuroBasket 2001, il annonce sa retraite internationale, évoquant « une usure mentale et physique. » Derrière cette justification terne se cache surtout un vrai malaise vis à vis de l’ambiance en sélection. L’année suivante, le Final Four se dispute à Bologne. Antoine Rigaudeau et son équipe atteignent ce stade mais perdent la finale face au Panathinaikos. Cette saison-là, le club ne remporte que la coupe d’Italie.

Antoine Rigaudeau : C’est toujours difficile de perdre la finale de l’Euroleague à domicile. C’est difficile à jouer également car il y a bien plus de pression sur votre équipe. Je me souviens que la Virtus n’était pas au même niveau cette saison-là. Nous avions des blessures et l’ambiance n’était pas la même qu’en 2001.

L’échec en NBA

Antoine Rigaudeau

Antoine Rigaudeau sous le maillot des Mavs.

A l’intersaison, Ettore Messina quitte Bologne pour Trevise et de nombreux joueurs sont priés de faire leurs valises (Ginobili, Jaric, Griffith…) en raison des difficultés financières que connait le club. Donnie Nelson, le GM des Mavs, lui propose un contrat de 3 ans et environ 1M$ par saison. A 28 ans, le pari est risqué mais il s’agit, probablement, de sa dernière opportunité de découvrir la NBA.

Fin janvier, après des débuts délicats, il se montre encore positif dans une interview donnée à NBA.com.

Antoine Rigaudeau : Lorsque j’ai fait le choix de venir à Dallas pour vivre de l’intérieur une expérience NBA, je savais que ça allait se passer comme ça. Je ne suis pas là pour jouer 30-35 minutes, je ne pense pas en avoir les capacités. Je veux juste aider cette équipe sans la déséquilibrer. Ce n’est en aucun cas un surcroît de pression. C’est maintenant à moi de mériter cette confiance au niveau des joueurs, des coaches. Faire ce que j’ai à faire aux moments opportuns.

Mais l’aventure tourne au vinaigre. Il est en concurrence avec Steve Nash et Nick Van Exel et évolue le plus souvent à l’aile. Maladroit (8/35 au tir, 22.9%), il ne joue que 11 matchs pour 1.5 points, 0.7 rebond et 0.5 passe par match entre le 19 janvier à Seattle et le 21 février, à Houston. Le 27 février, il est scotché au banc de touche pour la dernière fois lors d’une défaite à domicile contre les Kings. Il est ensuite mis sur l’IL qu’il ne quitte plus.

Durant l’été, il fait partie d’un deal entre les Mavs et les Warriors. Il est envoyé en Californie avec Evan Eschmeyer, Avery Johnson, Popeye Jones et Nick Van Exel contre Danny Fortson, Antawn Jamison, Chris Mills et Jiri Welsch. Le 5 septembre, il est coupé et s’engage à Valence où il devient immédiatement El Rey. Toutefois, une blessure au tendon d’Achille le tient éloigné des parquets pendant 6 mois et fait même craindre la fin de sa carrière.

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