Biographie : Chris Mullin

Dès le lycée, Christopher Paul Mullin se fait une réputation nationale. Le jeune ailier est connu dans tout l’Etat de New York pour son talent, sa polyvalence et son éthique...

Dès le lycée, Christopher Paul Mullin se fait une réputation nationale. Le jeune ailier est connu dans tout l’Etat de New York pour son talent, sa polyvalence et son éthique de travail. Il se dit même qu’il a demandé un double des clés du gymnase pour pouvoir s’entrainer avant et après les entrainements collectifs. Forcément, les facs se bousculent pour le recruter. Pour rester à New York, il choisira St.John’s University où il côtoiera notamment le 7-footer canadien Bill Wennington qui glanera quelques bagues à Chicago. Dès sa saison freshman, il montre de belles dispositions au scoring (16.6ppg). Il continuera sa progression avec 3 saisons au-dessus de 19 points par match, ce qui lui vaudra le John Wooden Award, trophée décerné au meilleur joueur universitaire, en 1985.

Grâce à ses bonnes prestations, Mullin est sélectionné dans l’équipe Olympique ’84. Pour rappel, l’équipe US était encore uniquement composée d’universitaires. Les JO étaient organisés à Los Angeles, les américains n’avaient donc aucun autre choix possible que de remporter l’or. L’équipe avait plutôt fière allure, Michael Jordan, Pat Ewing, Alvin Robertson, Sam Perkins, Joe Kleine ou encore Jon Koncak; le tout coaché par Bob Knight à l’époque coach d’Indiana University et aujourd’hui détenteur du record de nombre de victoires en NCAA. Tranquillement, l’équipe américaine ira chercher la médaille d’or (35pts d’écart en moyenne). Dans l’ombre de Jordan, Mullin devient la seconde option offensive avec 11.6 points par match.

Universitaire talentueux et reconnu, il se présente à la fin de son cursus, en 1985. La draft est dense, Ewing, McDaniel, Schrempf, Oakley, Malone, Dumars, Porter, AC Green… du beau monde! Il est choisi en septième position par les Golden State Warriors, une franchise moribonde qui n’a plus connu les playoffs depuis 1977. De plus, les précédents choix de drafts n’ont pas franchement percé (Sam Williams en 81, Lester Conner en 82, Russell Cross en 83 que des lottery picks anonymes…) Mullin arrive donc avec une petite pression sur les épaules.

Des débuts délicats

Ses débuts NBA sont pittoresques. En novembre, il n’a toujours pas trouvé d’accord avec les Warriors pour son contrat. Il ne peut donc pas participer aux training camps et manque les 6 premiers matchs de la saison. Finalement, il signera un contrat de 6.625M$ sur 4 ans et fait ses grands débuts le soir-même avec le panier de la gagne à 15 secondes du buzzer!

Sa saison rookie est honorable, 14 points à 46.3% et 89.6% aux lancers-francs, sur ce dernier point, seul Ernie DiGregorio a fait mieux lors de sa saison rookie, en 1974, avec 90.2% aux lancers! Son apport dans les autres secteurs est plus limité (2.1rpg, 1.9apg). Collectivement, les Warriors ne remportent que 30 matchs et individuellement, il loupe la All-Rookie Team (il n’y en avait qu’une) qui était composée d’Ewing, Oakley, Malone, McDaniel et Dumars, rien que ça!

Si Mullin semble bien parti, l’ambiance aux Warriors est malsaine, Johnny Bach est viré, George Karl débarque, remet l’équipe en playoffs mais Mullin ne se plait pas dans cet environnement. Il avouera quelques années plus tard, dans une interview au San Francisco Chronicle, que les Warriors «c’était comme une famille qui ne tournait pas rond », que ses coéquipiers avaient comme un bloquage avec lui, que ça allait même jusqu’à refuser de lui donner le ballon.

L’enfant de New York connait alors une période sombre. George Karl est à son tour viré, l’interim d’Ed Gregory sera un désastre et si Mullin plante 20 points par match, il manquera une partie de la saison 88 à cause de problèmes d’alcool. Chris se sent seul à l’autre bout des Etats-Unis, il sombre et s’apprête à foutre sa carrière en l’air. Il a besoin d’un électrochoc, il viendra avec la nomination de Don Nelson à la tête de l’équipe lors de l’été 88. Celui-ci le convaincra de suivre une thérapie. Durant 48 jours, il sera soigné et revient frais comme un gardon au début de la saison 1988-89.

Résurrection

Cette saison peut être considérée comme un nouveau départ pour Mullin. Il réalise une année de feu, 26.5 points, 5.9 rebonds et 5.1 assists, nommé dans la All-NBA Second Team et quatrième joueur de l’histoire des Warriors après Wilt Chamberlain, Rick Barry et son ex-coéquipier Purvis Short à passer le cap des 2000 points sur une saison. Le duo qu’il forme avec Mitch Richmond sème la terreur aux quatre coins du pays (48.6ppg à eux deux) Mullin réalisera également son premier triple-double, signe sa top perf en carrière, 47 points (16/25 et 15/15 aux lancers) face aux Clippers et fait ses débuts au All-Star Game où il inscrira 4 points en 14 minutes.

Septième de la league, les Warriors affrontent le Jazz, vainqueur de la Division Midwest. Le jeu ultra-rapide des Warriors a raison du jeu posé du Jazz… en 3 matchs!!! Au tour suivant, les Suns viennent à bout des Warriors (4-1) mais l’équipe semble sur la bonne voie, surtout qu’elle compte dans ses rangs deux jeunes joueurs dominants. En playoffs, Mullin montre qu’il peut élever son niveau de jeu, ses moyennes parlent pour lui: 29.4 points à 54% et 86.6% aux lancers francs.

En 1990, coup d’arrêt, malgré les arrivées de Tim Hardaway (draft) et Sarunas Marciulionis (drafté en 87), les Warriors ne gagnent que 37 matchs et manquent les playoffs. Le Run-TMC (Tim-Mitch-Chris) se forme et va devenir le trio le plus offensif de la league sous les ordres d’un coach, Don Nelson, qui leur offre toutes les libertés offensives. Démonstration dès novembre 90, pour le premier match de la saison, les Warriors battent les Spurs…162 à 158! Le trio s’éclate, ils mettent chacun plus de 22.9 points en passant près de 40 minutes sur le parquet, Mullin est le leader des troupes avec 25.7 points en 40.4 minutes. En playoffs, les Warriors réalisent le même coup que deux ans auparavant, en sortant le champion de la Division Midwest, les Spurs, mais en 4 manches cette fois-ci.

Mullin est alors au sommet de sa carrière, en 1992, il est nommé dans la All-NBA First Team et termine 6e à l’élection du MVP. Il est également le troisième scoreur de la league avec 25.6 points. Richmond parti, Marciulionis monte en grade et les Warriors remportent 55 matchs. Cette année-là, il signe sa meilleure perf au ASG, 13 points (6/7) en 24 minutes. En playoffs, malgré l’avantage du terrain, les hommes de Nelson seront sortis en 4 matchs par les Sonics dès le premier tour.

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A la fin de saison, Mullin repart en campagne olympique. Il fait partie de la Dream Team de Barcelone avec un « petit » rôle, dans l’ombre de Pippen. Son moment de gloire sera les quarts de finale, face à Porto-Rico où il plantera 21 points!

Fin de carrière

L’année 93 sera marqué par une blessure au pouce qui lui fera manqué 36 matchs et le All-Star Game. Les Warriors plongent, le bilan (34-48) leur offre le troisième pick, Penny Hardaway, qui sera échangé dans la foulée contre Chris Webber.

Le rendement de Mullin commence alors à diminuer, il partage les responsabilités avec Sprewell, puis Nelson quitte le navire et les blessures ne le lâchent pas. En 1997, il quitte les Warriors pour les Pacers coachés par Larry Bird.

Il joua 3 saisons à Indiana avec un temps de jeu oscillant entre 20 et 25 minutes. Un temps de jeu qui diminuera lors de sa troisième saison à cause d’une santé devenue précaire. Malgré tout, il jouera trois matchs lors des finales 2000, perdues face aux Lakers.

Il quitta les Pacers sur ces finales pour retourner aux Warriors où il ne jouera que 20 matchs pour 5.8 points et 2.1 rebonds par match. Il prend sa retraite et intègre le staff technique. A l’intersaison 2002, il devient le General Manager de l’équipe où il ne brillera pas toujours par ses décisions. Malgré tout, ses Warriors ont retrouvé les playoffs en 2007 sous l’impulsion du coach à qui il doit sa carrière NBA, Don Nelson.

Son maillot #17, choisi en l’honneur de son idole John Havlicek, n’a pas encore été retiré par les Warriors, mais ça sera certainement fait un jour. Il pourrait aussi devenir Hall of Famer sans que personne ne crie au scandale.

Sa fiche.

  • Né le 30/07/1963 à New York.
  • Poste: Ailier
  • Taille: 2.01m
  • Poids: 90kg
  • High School: Xaverian à Brooklyn, NY
  • College: St.John’s University
  • Drafté par les Golden State Warriors en 7e position, lors de la draft ’85.
  • Franchises successives:
    • Golden State Warriors (1985-97)
    • Indiana Pacers (1997-2000)
    • Golden State Warriors (2000-01)

Palmarès

  • 1 fois nommé dans la All-NBA First Team (1992)
  • 2 fois nommé dans la All-NBA Second Team (1989, 91)
  • 1 fois nommé dans la All-NBA Third Team (1990)
  • 5 fois All-Star (1989-93)
  • Double champion olympique (1984, ’92)

Stats en carrière

  • Points: 17911 soit 18.2 par match.
  • Rebonds: 4034 soit 4.1 par match
  • Assists: 3450 soit 3.5 par match
  • Matchs: 986 de saison régulière, 71 en playoffs.