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	<title>PassionBasket &#187; Chronique</title>
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	<description>Actualité, histoire, tout le basket américain et européen</description>
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		<title>[Retro] Le CSP sur le toit de l&#8217;Europe</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 17:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Max</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 15 avril 1993, Limoges entrait à jamais dans l&#8217;histoire du sport français. Le CSP Limoges devenait le premier club sportif français à être sacré champion d&#8217;Europe, un mois avant d&#8217;être imité par l&#8217;OM&#8230; Retour sur l&#8217;exploit réalisé cette année-là par les hommes de Coach Maljkovic.

La décennie 80 ou l&#8217;art de la perfection&#8230;
Les racines du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le 15 avril 1993, Limoges entrait à jamais dans l&#8217;histoire du sport français. Le CSP Limoges devenait le premier club sportif français à être sacré champion d&#8217;Europe, un mois avant d&#8217;être imité par l&#8217;OM&#8230; Retour sur l&#8217;exploit réalisé cette année-là par les hommes de Coach Maljkovic.<br />
</em></p>
<h2>La décennie 80 ou l&#8217;art de la perfection&#8230;</h2>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 232px"><img src="http://www.beaublanc.com/musee/photos/dac_livio.jpg" alt="" width="222" height="240" /><p class="wp-caption-text">Richard Dacouy (à droite) à son arrivée à Limoges en 1978 (Crédits: Beaublanc.com)</p></div>
<p>Les racines du titre de 93 sont à aller chercher au début des années 80. Le Cercle Saint-Pierre Limoges (CSP, pour faire court) rejoint la première division du basket français à l&#8217;issue de la saison 77-78. Richard Dacoury, arrivé au club à 19 ans lors de l&#8217;été 78, sera le moteur du club qui deviendra un des cadors de France et d&#8217;Europe lors de la décennie. Les Apollo Faye, Ed Murphy, Jacques Monclar, Greg Beugnot, Stéphane Ostrowski ou Don Collins conduisaient le CSP à 6 titres de champion de France (83, 84, 85, 88, 89, 90), 2 Coupes Korac (82 et 83, à chaque fois face au Sibenik de Drazen Petrovic + une finale perdue en 87 face au Barça de San Epifanio) et une Coupe des Vainqueurs de Coupe (88, face à la Joventut Badalone).</p>
<p>Sous les ordres d&#8217;André Buffière, de Pierre Dao et de Michel Gomes, le CSP était respecté et craint partout en Europe. En 1990, le CSP atteint même pour la première fois le Final Four de l&#8217;EuroLeague. Une expérience qui tournera court face à l&#8217;Aris Salonique, qui s&#8217;inclinera ensuite en finale face au Jugoplastika Split, qui signera là le deuxième succès de son Three-Peat européen. En dix ans, le CSP est passé de club de seconde division nationale à grand d&#8217;Europe. L&#8217;illustration de cette accession au sommet de l&#8217;Europe est l&#8217;arrivée du mythique Aleksandr Gomelsky aux commandes de l&#8217;équipe. Gomelsky, 62 ans à l&#8217;époque, c&#8217;est juste 4 titres de champion d&#8217;Europe (58, 59, 6, soit les trois premières Euroleague et 71), 15 titres de champion d&#8217;URSS, 4 médailles olympiques (or en 88, argent en 64 et bronze en 68 et 80), 5 médailles aux championnats du monde (or en 67 et 82, argent 78 et bronze en 63 et 70) et 6 titres de champion d&#8217;Europe (63, 65, 67, 69, 79 et 81). Mais la sauce ne prendra pas et le CSP se fera voler son titre de champion de France en 1991 (par Antibes) et 1992 (par Pau-Orthez).</p>
<h2>Le génie Maljkovic</h2>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 256px"><strong><strong><img src="http://www.b92.net/news/pics/2008/05/1569000581481cc3a9dfadf133598021_big.jpg" alt="" width="246" height="328" /></strong></strong><p class="wp-caption-text">Bozidar Maljkovic, architecte de la campagne 92-93</p></div>
<p><strong> </strong></p>
<p>Le renouveau viendra en 1992. Faute de résultat, Gomelsky quitte le club. Pour le remplacer, les dirigeants limougeauds vont aller recruter du lourd, du très lourd avec Bozidar Maljkovic. Le maître serbe, double-vainqueur de l&#8217;Euroleague 89 et 90 avec le Jugoplastika Split de Kukoc, Radja ou Ivanovic sort d&#8217;une expérience mitigée au FC Barcelone. Le Serbe arrive dans le Limousin en cours de saison 1991-92 et impose d&#8217;entrée de jeu sa vision du basket: défense, défense, défense. Le showtime déserte Beaublanc. La défense est la clé du jeu, tandis que l&#8217;attaque est utilisée pour fatiguer l&#8217;adversaire. Les attaques vont volontairement au bout des 30 secondes de possession. La défense en béton armé devient une marque de fabrique. La saison 1991-92 permet à Limoges de se replacer en ordre utile en France. Le club devient vice-champion de France,  suffisant pour se qualifier pour l&#8217;Euroleague 1992-93.</p>
<p>Avec Bozidar Maljkovic et leur nouveau maillot (exit le maillot vert d&#8217;Adidas sponsorié par Opel, bonjour le jaune et grenat de Nike sponsorisé par Casino), les Limougeauds retrouvent l&#8217;Euroleague le 30 septembre pour un déplacement à Guilforf dans le cadre du tour préliminaire II de la compétition. Et face aux Kings anglais, les Français sont à la peine et doivent se contenter d&#8217;un match nul 72-72. Le retour s&#8217;annonce tendu à Beaublanc. Mais sous l&#8217;impulsion du duo Michael Young (18 pts, 10 rebonds, 7 assists) &#8211; Jim Bilba (18 points, 8 rebonds), les Anglais sont dominés de la tête et des épaules, pour finalement s&#8217;incliner 71-57 (première victoire défensive) et ouvrir la voie des poules.</p>
<p>Le CSP se retrouve verser dans la poule A, en compagnie du PAOK,du Scavolini Pesaro, du Kinder Bologne, de Badalone, du Cibona Zagreb et du Maccabi Tel-Aviv. Un groupe très costaud, dans lequel les 4 premiers seront qualifiés pour les quarts de finale. Cette phase de poule commencera plutôt mal pour le Cercle, concédant deux défaites d&#8217;entrée de jeu face au PAOK et à Bologne. Et une première réaction d&#8217;orgueil se fait sentir: Badalone se fait balayer par les 31 points de Young (victoire 62-78), le Cibona repart de France avec une défaite 82-51 dans la besace, Jure Zdovc entre en démonstration à Pesaro (15 points, 4 rebonds, 5 steals dans la victoire 61-76), Michael Young est une nouvelle fois stratosphérique face au Maccabi (35 points, pour un succès 75-63), même le PAOK venait tomber à Beaublanc 60-58.</p>
<p>Avec un bilan de 5-2 après 7 matchs, les Limougeauds géraient la situation pour finalement tranquillement se qualifier pour les quarts de finale. Deuxième de leur groupe derrière le PAOK, le CSP terminait finalement avec un bilan de 7 victoires pour 5 défaites, se signalant principalement pour sa défense de fer (63 points en moyenne par match) et les coups de chaud de Michael Young, redoutable ailier de 2,00m, aussi bon aux rebonds que derrière  la ligne à 3-points.</p>
<h2>CSP, Just Do It</h2>
<p>En quart de finale, le CSP retrouve l&#8217;Olympiacos de Zarko Paspalj, Giorgios Sigalas, Dragan Tarlac et Walter Berry (meilleur joueur NCAA 85-86), un club qui sera désigné &laquo;&nbsp;meilleur club de la décennie 90&#8217;s&nbsp;&raquo;. Le challenge est de taille, mais les Limougeauds possèdent toutefois l&#8217;avantage du terrain et recevront donc les Grecs en cas de match d&#8217;appui. Une possibilité qui deviendra réalité: le CSP se fait dominer 70-67 au Stade de la Paix et de l&#8217;Amitié d&#8217;Athènes d&#8217;entrée de jeu. L&#8217;équation est donc simple pour les hommes de Maljkovic: soit vaincre deux fois à Beaublanc, soit dire <em>byebye </em>au Final 4 prévu à Athènes.</p>
<p>Le match retour tournera à la démonstration défensive. Les Grecs sont limités à 53 points (dont 27 pour le seul Paspalj et 16 pour Berry), tanids que les Limougeauds enquillent un 38-30 en seconde mi-temps pour s&#8217;imposer 59-53 et décrocher le droit de disputer un match d&#8217;appui à la maison. Et quel match d&#8217;appui! Tout simplement mythique: une référence de basket défensif et physique, conclu par un finale digne d&#8217;un thriller hollywoodien.</p>
<p>Les Grecs égalisent à 40 secondes du buzzer 58-58. Jure Zdovc monte la balle. Énorme pression défensive de la part des Athéniens qui ne laisse pas un millimètre d&#8217;espace. Zdovc décale sur la gauche pour Frédéric Forte qui prend en première intention un shot casse-croute à 10 mètres de l&#8217;arceau. La tentative échoue, grosse lutte pour le rebond qui atterrit dans les mains de Paspalj. Coup de sifflet: Paspalj a posé un doigt de pied sur la baseline lors de son rebond&#8230; La dernière possession sera donc française. Il reste une grosse vingtaine de secondes, les Limougeauds ont leur destin entre les mains. Jure Zdovc sera le sauveur. Le Slovène joue son un-contre-un seul, comme un grand. Il pénètre, petit cross-over, le défenseur est mis dans le vent. Il prend son shoot et le rentre à 2 secondes du buzzer. Folie à Beaublanc. Temps-mort grec suivi d&#8217;une perte de balle. Le CSP est au Final 4 et sera de retour à Athènes.</p>
<p><img class="alignleft" src="http://www.memosport.fr/wp-content/uploads/2009/09/csp.jpg" alt="" width="344" height="240" />Sur leurs routes se dresse alors le Real MAdrid d&#8217;Arvydas Sabonis et de José Biriukov. Mais même ce duo magique ne peut rien faire face à la furia française. Le grand Real, qui tournaitr en moyenne à plus de 80 points scorés par match, se retrouve limité à 52 points. ils s&#8217;inclinent 52-62 et ouvre la voie de la finale aux miraculés français. Le titre de champion d&#8217;Europe de basket se jouera donc entre le CSP Limoges et le Benetton Trévise de Toni Kukoc, dans un remake de David contre Goliath.</p>
<p>Le petit David français vaincra le Goliath italien. Mais là où la qualification face à l&#8217;Olympiacos s&#8217;était jouée sur un coup du sort (le pied de Paspalj) , la victoire face à Trévise sera incroyable de maîtrise. Maîtrise des nerfs, quand Zdovc et Butter rentreront leurs lancers-francs pour maintenir le CSP dans le coup face aux coups de boutoir de Kukoc. Self-control de la part de Jim Bilba quand il mettra le Cercle devant à 57-55 depuis la ligne des LF. Maîtrise défensive ensuite, avec l&#8217;incroyable interception de Frédéric Forte sur Toni Kuloc, au moment où le Croate prenait son envol pour crucifier le CSP depuis la ligne des trois-points. Et à nouveau, Jure &laquo;&nbsp;Big Clutch&nbsp;&raquo; Zdovc intervenait pour tuer le match, rentrant deux lancers-francs donnant 4 points d&#8217;avance à ses couleurs. Le CSP remportait finalement le match 59-55. Une défense incroyable (61 points concédés en moyenne sur l&#8217;ensemble de la compétition, et 57 points pris sur les 5 derniers matchs) et un esprit de groupe hors-norme ont permis à Bozidar Maljkovic de retrouver les sommets européens. Et Richard Dacoury de rentrer dans l&#8217;histoire en devenant le premier sportif français à soulever le trophée de &laquo;&nbsp;Meilleur club d&#8217;Europe&nbsp;&raquo;, toute discipline confondue.</p>
<p><strong>Le roster du CSP champion d&#8217;Europe</strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="308">
<col width="128"></col>
<col width="80"></col>
<col width="20"></col>
<col width="80"></col>
<tbody>
<tr>
<th>Joueur</th>
<th>Poste</th>
<th>Taille</th>
<th>Origine</th>
</tr>
<tr>
<td width="128" height="20">Frédéric Forte</td>
<td width="80">Meneur</td>
<td style="text-align: center;" width="39">1,92</td>
<td width="80">France</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Jimmy Verove</td>
<td>Ailier</td>
<td style="text-align: center;">1,98</td>
<td>France</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Richard Dacoury</td>
<td>Ailier</td>
<td style="text-align: center;">1,95</td>
<td>France</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Michael Young</td>
<td>Ailier</td>
<td style="text-align: center;">2,00</td>
<td>USA</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Jure Zdovc</td>
<td>Meneur</td>
<td style="text-align: center;">1,96</td>
<td>Slovénie</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Franck Butter</td>
<td>Centre</td>
<td style="text-align: center;">2,10</td>
<td>France</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Jim Bilba</td>
<td>Centre</td>
<td style="text-align: center;">1,98</td>
<td>France</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Willie Redden</td>
<td>Centre</td>
<td style="text-align: center;">2,08</td>
<td>USA/France</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Marc M&#8217;Bahia</td>
<td>Centre</td>
<td style="text-align: center;">2,00</td>
<td>Côte-d&#8217;Ivoire</td>
</tr>
<tr>
<td height="20">Coach</td>
<td colspan="2">Bozidar Majlokovic</td>
<td>Yougolavie</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>﻿<strong>Bonus: le résumé de la finale, en deux parties:</strong></p>
<p>Première mi-temps: <p><a href="http://www.passionbasket.fr/le-csp-sur-le-toit-de-leurope/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p>Deuxième mi-temps: <p><a href="http://www.passionbasket.fr/le-csp-sur-le-toit-de-leurope/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Shaq &#8211; Kobe : l&#8217;impossible entente</title>
		<link>http://www.passionbasket.fr/shaq-kobe-limpossible-entente/</link>
		<comments>http://www.passionbasket.fr/shaq-kobe-limpossible-entente/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 Dec 2009 00:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[NBA]]></category>
		<category><![CDATA[Kobe Bryant]]></category>
		<category><![CDATA[Los Angeles Lakers]]></category>
		<category><![CDATA[Phil Jackson]]></category>
		<category><![CDATA[Shaquille O'Neal]]></category>

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		<description><![CDATA[Shaquille O&#8217;Neal, Kobe Bryant, deux joueurs fantastiques, adorés à travers le monde, deux all-stars ultra-populaires, deux joueurs dominants qui ont régné sur la league ensemble. L&#8217;histoire aurait pû être belle&#8230; mais les deux se détestaient cordialement. Nous allons ainsi effectuer un retour chronologique sur cette relation mouvementée qui aura tout de même duré huit ans, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Shaquille O&#8217;Neal, Kobe Bryant, deux joueurs fantastiques, adorés à travers le monde, deux all-stars ultra-populaires, deux joueurs dominants qui ont régné sur la league ensemble. L&#8217;histoire aurait pû être belle&#8230; mais les deux se détestaient cordialement. Nous allons ainsi effectuer un retour chronologique sur cette relation mouvementée qui aura tout de même duré huit ans, entre 1996 et 2004.</em></p>
<h2>Construction du duo</h2>
<p>Eté 1996. Les Los Angeles Lakers de Del Harris refont peu à peu surface. Le début des années 90 n&#8217;a rien de catastrophique, le roster a une certaine qualité mais ça manque de stars et de paillettes. Eddie Jones, Elden Campbell, Vlade Divac, Cedric Ceballos, Nick Van Exel, la qualité est là, mais un leader charismatique fait défaut. De l&#8217;autre côté des Etats-Unis, la star plus qu&#8217;émergente de la league, Shaquille O&#8217;Neal, finaliste NBA dès sa troisième année, est en renégociation pour un contrat. L&#8217;histoire est connue, le front office du Magic proposera un contrat que le mastodonte jugea insultant. Dans le même temps, Jerry West, GM de Lakers de l&#8217;époque, débarqua avec un contrat immense, 122M$ sur 7 ans, avec la possibilité d&#8217;évoluer dans la ville la plus hype des USA, au sein d&#8217;une franchise mythique où il pourra prendre la succession de certains des plus grands pivots de l&#8217;histoire, Mikan, Chamberlain et Abdul-Jabbar. Le challenge est exitant. Shaq le relèvera!</p>
<p>Trois semaines plus tôt, à East Rutherford, se tenait la draft 1996. Une draft particulièrement dense où, pour l&#8217;anecdote, les Lakers ont récupéré Derek Fisher. Mais Jerry West avait une autre cible en vue, un teenager suffisamment confiant en ses possibilités pour sauter la case universitaire, où une bourse l&#8217;attendait à Duke, et intégrer le monde professionnel. Il s&#8217;agit évidemment de Kobe Bryant, sélectionné en 13e position par les Charlotte Hornets. Le gamin n&#8217;a que 17 ans mais il sait déjà ce qu&#8217;il veut&#8230; et ce qu&#8217;il ne veut pas. En l&#8217;occurence, jouer à Charlotte ne fait pas partie de son plan de carrière. Il préférerait jouer dans une franchise plus prestigieuse, dans une ville plus classe et ça tombe bien, lors des workouts de pré-draft, Jerry West est tombé sous son charme. Les négociations dureront une quinzaine de jours et Divac sera finalement sacrifié. West récupère ainsi un talent brut, un joyau que le coaching staff devra polir.</p>
<p>En une semaine, Jerry West a ajouté à son roster les deux joueurs qui ont fait des Lakers la top team de la league du début des années 2000. Ces acquisitions alimenteront évidemment les colonnes spécialisées tout l&#8217;été. Cependant, West avait un regret: il n&#8217;a pas réussi à reconstituer le duo Shaq/Penny.</p>
<p><img class="alignleft" src="http://img692.imageshack.us/img692/1566/philkobeshaq.jpg" alt="" width="300" height="351" />Le début de la cohabitation se passe sans embûche. La situation était claire, Shaquille O&#8217;Neal est arrivé en tant que star, Kobe Bryant en tant que prospect. Même si le jeune Kobe est ambitieux, il n&#8217;y a pas de conflit pour le leadership car ce dernier n&#8217;est que remplaçant. Les quatre premières saisons se passent sans encombre mais sont décevantes sportivement. De 1996 à 1998, la franchise progresse, le bilan passe de 53 à 61 victoires, chaque saison un nouveau tour de playoffs est passé mais l&#8217;équipe vise le titre, elle ne peut donc pas se contenter d&#8217;un sweep en finale de conférence.</p>
<h2>Titres et querelles</h2>
<p>Pour faire passer un nouveau palier à l&#8217;équipe, Jerry Buss, le propriétaire de la franchise, décide de licencier Del Harris au cours de la saison 1998-99 et engage Phil Jackson, 6 fois champion avec les Bulls, durant l&#8217;été suivant. Sportivement, le pari est réussi, les Lakers remportent 67 matchs, Shaq est nommé MVP et Kobe passe pour la première fois de sa carrière au-dessus des 20 points par match sur une saison. En finale de conférence, les Lakers jouent les Blazers. La série se joue en 7 matchs, un septième match restait dans les mémoires puisque les Lakers remonteront un déficit de 15 points dans le dernier quart-temps. Ce match fut gagné en équipe, une action symbolise bien cela, un alley oop avec passe de Kobe pour dunk du Shaq. Au-dessus du lot, les Lakers domineront les Pacers en finale pour un premier sacre depuis 9 ans.</p>
<p>En 2001, les Lakers réalisent le back-to-back, cependant durant la saison, les premières tensions apparaissent. Bryant (28.5ppg) prend de plus en plus d&#8217;importance mais le leader, sur le terrain comme dans les stats (28.7ppg) reste le Shaq. Leurs querelles d&#8217;égos ne sont pas encore vives. O&#8217;Neal disait même que Bryant était &laquo;&nbsp;son idole&nbsp;&raquo;. Il ira même plus loin après le Game 1 de finales de conférence contre les Spurs, déclarant que Kobe est &laquo;&nbsp;le meilleur joueur de la league, et de loin&nbsp;&raquo;. Lors de la saison 2001-02, la cohabitation dans le vestiaire n&#8217;est pas toute rose mais l&#8217;illusion médiatique perdure, O&#8217;Neal faisant campagne pour que le MVP soit attribué à Bryant. Il ne l&#8217;obtiendra pas mais en fin de saison les Lakers remportent un troisième titre consécutif.</p>
<p><img class="aligncenter" src="http://img30.imageshack.us/img30/5971/shaqnkobe.jpg" alt="" width="350" height="276" /></p>
<p>L&#8217;été suivant, Shaquille O&#8217;Neal, comme de coutume, n&#8217;a pas passé ses vacances à bosser sa condition physique. Au contraire, malgré une gêne à un orteil, il décida d&#8217;attendre avant de subir une intervention chirurgicale. Une décision regrettable puisqu&#8217;il devra tout de même se faire opérer, mais en début de saison, ce qui lui fera manquer le premier mois. La conséquence sportive est immédiate, les Lakers coulent. Ils seront longtemps sous la barre des 50% et le débat pré-All-Star Game à la mode était &laquo;&nbsp;les Lakers allaient-ils se qualifier pour les playoffs?&nbsp;&raquo; Ils accrocheront finalement la cinquième place et seront sortis au second tour par les Spurs. La perte de la couronne va définitivement faire basculer la relation des deux superstars de Los Angeles. Bryant aimerait être reconnu à sa juste valeur, comme le leader de l&#8217;escouade dont il fut pour la première fois le meilleur scoreur, en saison régulière (30ppg) comme en playoffs (32.1ppg)</p>
<p>Eté 2004, les Lakers effectuent le recrutement du siècle avec Malone et Payton. Ils deviennent ainsi les favoris logiques au titre, les médias se demandent s&#8217;ils vont atteindre le seuil des 70 victoires mais dans ce monde d&#8217;égo surdimensionné les ennuis ne sont jamais bien loin.</p>
<h2>Conflit ouvert</h2>
<p><img class="alignright" src="http://img31.imageshack.us/img31/791/shaqkobe.jpg" alt="" width="358" height="466" />Lors du camp de présaison, le conflit n&#8217;est plus larvé. En l&#8217;absence de Kobe, pour raisons judiciaires (accusation de viol) et médicales (opération au genou), le Shaq ouvre le bal des bons mots. En conférence de presse, il était interrogé sur le fait que l&#8217;ensemble de l&#8217;équipe ne soit pas là constituait un handicap. Il répondit, sans jamais nommer Bryant, que les absences n&#8217;étaient pas un problème et que leur rôle n&#8217;était pas si important que cela. Kobe n&#8217;était pas le seul absent, Rick Fox manquait aussi à l&#8217;appel, mais les piques du Big Daddy semblaient bien orientées. Quelques jours plus tard, au retour de Kobe, Shaq en remit une petite couche, conseillant à Bryant de se concentrer davantage sur les passes que le scoring. L&#8217;interessé apprécia modérément et répondit qu&#8217;il n&#8217;avait pas de conseil à recevoir d&#8217;O'Neal sur la manière de jouer à son poste. Réponse suivante, toujours dans les médias, O&#8217;Neal déclara qu&#8217;il continuerait à donner son opinion puisque les Lakers étaient son équipe. Et si Bryant n&#8217;est pas content, il n&#8217;a qu&#8217;à partir.</p>
<p>Dans une interview à Jim Gray d&#8217;ESPN, Bryant fit alors ses critiques les plus virulentes à l&#8217;égard de son pivot. Bryant commença par balancer sur l&#8217;état de forme d&#8217;O'Neal, &laquo;&nbsp;il est gros et hors de forme&nbsp;&raquo;, il a également dit qu&#8217;O'Neal exagérait régulièrement l&#8217;importance de ses blessures. Puis sur son autoritarisme, précisant qu&#8217;il n&#8217;hésitait jamais à rejeter la responsabilité des défaites sur ses coéquipiers. Il critiqua aussi le lobbying fait par O&#8217;Neal pour obtenir un nouveau contrat, alors que le sien expirait un an avant. Il dit aussi qu&#8217;O'Neal l&#8217;avait menacé de ne pas donner son maximum s&#8217;il n&#8217;avait pas plus souvent le ballon. Il continua en parlant de sa relation avec Shaq. Longtemps, celui-ci se présentait comme le &laquo;&nbsp;Big Brother&nbsp;&raquo; et Bryant était le &laquo;&nbsp;Little Brother&nbsp;&raquo; Or, lorsque Kobe a eu ses ennuis judiciaires, il avoua avoir reçu de nombreux témoignages de soutien, même l&#8217;oncle du Shaq l&#8217;avait appelé. Mais silence radio du côté du #34. Petite pique de Kobe: &laquo;&nbsp;Ceci, ce n&#8217;est pas ce qu&#8217;on attendrait d&#8217;un grand frère.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il conclua cette interview en critiquant &laquo;&nbsp;son manque de professionnalisme&nbsp;&raquo; qui nuit aux Lakers. Bryant, agent libre en fin de saison, précise qu&#8217;un facteur de sa décision sera &laquo;&nbsp;l&#8217;infantilité, l&#8217;égoisme et la jalousie&nbsp;&raquo; que peut avoir O&#8217;Neal envers lui.</p>
<p>Désormais, même les fans les plus candides savent ce qu&#8217;il se passe dans le vestiaire pourpre et or. Lors de l&#8217;opening night, les Lakers reçoivent les Mavs, Bryant est forfait alors O&#8217;Neal peut tranquillement montrer que les Lakers peuvent gagner sans lui. Interviewé, Kobe calma un peu le jeu: &laquo;&nbsp;On est cool. On a parlé ce matin. Il a dit ce qu&#8217;il a dit, j&#8217;ai dit ce que j&#8217;ai dit. C&#8217;est derrière nous. Shaq et moi allons de l&#8217;avant, on va être coéquipiers et aider cette équipe à gagner un quatrième titre.&nbsp;&raquo; Seulement, les blessures vont rythmer la saison des Lakers, Malone, le ciment de cette équipe, O&#8217;Neal et Bryant manqueront tour à tour à l&#8217;appel. Malgré cela, les Lakers remportent la Division Pacific mais tombe en finale face aux Pistons.</p>
<h2>Le départ du Shaq</h2>
<p>Après cette défaite, la fracture entre O&#8217;Neal et Bryant refait surface. Lors de la conférence de presse, après le dernier match, O&#8217;Neal s&#8217;inquiète, Phil Jackson est en fin de contrat et ne semble pas chaud pour revenir et Bryant est agent libre et maintient le suspense autour de ses intentions. &laquo;&nbsp;Chacun doit faire ce qui est le mieux pour lui. Moi y compris&nbsp;&raquo;, lacha le Shaq. Jackson ne recevra finalement pas d&#8217;extension et quittera l&#8217;équipe. La décision du front office est bien plus lourde de signaux qu&#8217;il n&#8217;y parait.</p>
<p>Phil Jackson était très proche d&#8217;O'Neal alors que Bryant avait critiqué à plusieurs reprises l&#8217;attaque en triangle. Ne pas conserver Jackson est donc un signe fort envers Bryant qui est courtisé par les Nuggets, les Suns et surtout par le voisin Clippers. O&#8217;Neal apprit le départ de son coach à la télévision. Son avis n&#8217;a jamais été sollicité et, évidemment, il l&#8217;a très mal pris. Sa réaction ne se fait pas attendre, conférence de presse et annonce sans appel.</p>
<blockquote><p><strong>Shaquille O&#8217;Neal : </strong>La direction choisie par les dirigeants ne m´intéresse pas. Je préfère partir. Lorsque je suis arrivé ici, il y avait un projet d´équipe. Là, les dirigeants cherchent à nous monter les uns contre les autres. Donc, vous pouvez l´écrire : si un GM cherche un pivot dur au mal, capable de scorer et qui veut gagner des titres, qu´il appelle Mitch Kupchak.</p></blockquote>
<p>Les Mavs et les Kings seront immédiatement sur les rangs. Dans le même temps, Bryant scrute ce qui se passe. Les médias annoncent que sa femme souhaite rester à Los Angeles, donc sa prochaine équipe sera soit les Lakers, soit les Clippers, en sachant que ces derniers ont la marge salariale pour réaliser l&#8217;opération. Kupchak doit donc faire un choix, il sera fait le 14 juillet, lorsqu&#8217;il envoie Shaquille O&#8217;Neal à Miami contre Lamar Odom, Caron Butler, Brian Grant et un first-round draft pick. Le lendemain, Kobe Bryant signait un nouveau contrat de 127M$ sur 7 ans!</p>
<p><img class="alignleft" src="http://img692.imageshack.us/img692/7194/aago064shaquilleonealko.jpg" alt="" width="361" height="450" />Les jours suivants ce trade seront propices aux petites piques. O&#8217;Neal ouvrait le bal, décrivant Bryant comme &laquo;&nbsp;un clown&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;un voyou&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;en fallait pas plus pour que Bryant se lache à nouveau, il questionna O&#8217;Neal sur un interrogatoire subi par O&#8217;Neal en 2003, au sujet de demoiselles aux moeurs légères grassement rémunérées. O&#8217;Neal a démenti ces accusations avec une formule toute trouvée, &laquo;&nbsp;il ne sait rien de mes affaires personnelles puisqu&#8217;on ne se parlait plus.&nbsp;&raquo; Avant d&#8217;ajouter, &laquo;&nbsp;je ne suis pas celui qui achète l&#8217;amour, Bryant est celui qui achète l&#8217;amour&nbsp;&raquo;, faisant référence à une bague de plusieurs million de dollars achetée pour sa femme.</p>
<p>La NBA ne se priva pas de surfer sur cet emballement médiatique en programmant les retrouvailles d&#8217;O'Neal et Bryant pour le jour de Noël. Ce match fut l&#8217;occasion d&#8217;un battage publicitaire quasiment sans précédent et fit les meilleures audiences pour une partie de saison régulière depuis 1998.</p>
<p>Une question était sur toutes les lèvres, dans tous les journaux, sur tous les sites web, dans quelle ambiance ce match va-t-il se dérouler ? Début de réponse lors du NFL Monday Night Football précédant le match, lorsque le Shaq déclara au micro d&#8217;Al Michaels sur ABC que Bryant était une &laquo;&nbsp;Corvette&nbsp;&raquo; et lui &laquo;&nbsp;un mur de brique&nbsp;&raquo;. Au début du match, Bryant pénétra deux fois sur les deux premières possessions, il prit un contre du Shaq et rentra l&#8217;autre tentative. O&#8217;Neal fut expulsé (6 fautes) dans le quatrième quart-temps, Bryant manqua le panier de la gagne et le Heat s&#8217;est imposé en prolongation.</p>
<p>Bryant et O&#8217;Neal se sont retrouvés à nouveau à deux reprises cette saison-là, au All-Star Game puis le 17 mars 2005 pour une victoire des Lakers.</p>
<p><img class="alignright" src="http://img30.imageshack.us/img30/7812/kobeshaqallstar.jpg" alt="" width="290" height="299" />Au fur et à mesure, l&#8217;ambiance se normalisa. Bryant s&#8217;engagea à ne plus faire d&#8217;attaque publique envers O&#8217;Neal et lui souhaitait &laquo;&nbsp;le meilleur&nbsp;&raquo; pour la suite. De son côté, O&#8217;Neal fit de même, montrant toutefois une certaine rancune en refusant régulièrement de citer le nom de son ancien équipier, préférant l&#8217;appeler &laquo;&nbsp;that guy&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;the other guy&nbsp;&raquo;. Et lorsqu&#8217;une question sur Bryant lui était posé, il l&#8217;ignorait.</p>
<h2>Réconciliation</h2>
<p>Le 16 janvier 2006 est la date &laquo;&nbsp;officielle&nbsp;&raquo; de l&#8217;enterrement de la hache de guerre. Avant le match opposant le Heat aux Lakers, O&#8217;Neal rendit un hommage chaleureux à Bryant. Il s&#8217;en suivra une poignée de main et une étreinte. O&#8217;Neal avouera que c&#8217;est le légendaire pivot des Celtics Bill Russell qui l&#8217;incita à se réconcilier avec Bryant.</p>
<p>Le 14 mai 2007, sur le réseau TNT, O&#8217;Neal déclarait que son favori pour le titre de MVP était Kobe Bryant. Celui-ci ne sera que troisième, derrière Nowitzki et Nash.</p>
<p>Conséquence de cette paix retrouvée, la NBA a déprogrammé l&#8217;affrontement de Noël entre les Lakers et le Heat. En 2007, les deux équipes étaient tout de même en tenue, les premiers face aux Suns, les seconds opposés aux Cavs. Le signe qu&#8217;une page s&#8217;est belle et bien tournée. Néanmoins, dans une NBA en manque de rivalité, les grands cerveaux de la league ont décidé de nous sortir le match pour ce Noël, profitant au passage de LeBron James.</p>
<p>Si les deux hommes ne se détestent plus, ils s&#8217;envoient tout de même des piques de temps à autre. En 2008, le Shaq va chatouiller Bryant dans un rap, chantant « <em>Kobe couldn&#8217;t do it without me</em> » en référence aux finales NBA perdues par les Lakers face aux Celtics.</p>
<p>En novembre, Shaquille O&#8217;Neal ira même jusqu&#8217;à dire que leur entente peu cordiale était de la faute de Phil Jackson, qui n&#8217;a pas su gérer l&#8217;égo des deux hommes. Il s&#8217;en excusera par la suite. Au All-Star Game 2009, réunis pour la première fois dans la même équipe depuis le départ d&#8217;O'Neal des Lakers, les deux hommes seront élus co-MVP. Comme un happy end.</p>
<p><img class="aligncenter" src="http://img696.imageshack.us/img696/6026/kobebryantandshaquilleo.jpg" alt="" width="417" height="357" /></p>
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		<title>Eurobasket, l&#8217;historique de 1935 à 2007</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 10:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Afin de lancer notre couverture de l&#8217;Euro, nous vous proposons un historique forcément non exhaustif des temps forts, d&#8217;anecdotes, et d&#8217;histoires quasi légendaires de l&#8217;EuroBasket. Des grands noms, de grandes équipes, des grandes surprises, tout ce que vous avez toujours voulu, espéré ou rêvé de savoir sur l&#8217;EuroBasket se trouve dans les lignes qui suivent.
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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Afin de lancer notre couverture de l&#8217;Euro, nous vous proposons un historique forcément non exhaustif des temps forts, d&#8217;anecdotes, et d&#8217;histoires quasi légendaires de l&#8217;EuroBasket. Des grands noms, de grandes équipes, des grandes surprises, tout ce que vous avez toujours voulu, espéré ou rêvé de savoir sur l&#8217;EuroBasket se trouve dans les lignes qui suivent.</em></p>
<p>Fondée le 18 juin 1932, la Fédération Internationale de Basket (FIBA) décide immédiatement de se lancer dans l&#8217;organisation d&#8217;une grande compétition internationale. Elle obtient l&#8217;affiliation du basket en tant que sport olympique pour Munich 1936 et, en guise de test, crée le championnat d&#8217;Europe qui se déroulera à Genève un an auparavant.</p>
<h4>Premier jet</h4>
<p>Onze équipes s&#8217;inscrivent, dix iront en Suisse, un match de qualification est organisé pour déterminer qui de l&#8217;Espagne ou du Portugal rejoindra les neuf autres qualifiés d&#8217;office. Joué à Madrid, les Espagnols remporteront le match sans difficulté (33-12) sous l&#8217;arbitrage bienveillant de Mariano Manent&#8230; un coach espagnol. Toutefois, la petite histoire dit que l&#8217;arbitre du jour a bien fait son travail et qu&#8217;il fut félicité par les deux équipes. Malgré une qualification acquise sur le terrain, l&#8217;Espagne a bien failli ne jamais voir la Suisse à cause de problèmes financiers. La fédération donna un coup de pouce au dernier moment afin de garantir sa participation. La Grèce connut le même type de problème.</p>
<p>Le format de la compétition est relativement étrange. Avec 10 équipes, et un premier tour en matchs aller-retour, difficile d&#8217;y voir clair. Pour ces premiers matchs, la Lettonie (46-12 contre la Hongrie) et la Suisse (42-9 contre la Roumanie) firent les meilleures impressions. La France est éliminée par la Tchécoslovaquie (21-23), l&#8217;Espagne dispose de la Belgique (25-17) et l&#8217;Italie prend le meilleur sur la Bulgarie (42-23). La décision fut alors arbitrairement prise d&#8217;organiser un match entre la Suisse et l&#8217;Italie, afin de ne pas se retrouver avec 5 demi-finalistes. La Suisse va remporter ce match. Mais au final, c&#8217;est la Lettonie qui décroche le titre, contre l&#8217;Espagne (24-18).</p>
<p>Le premier MVP est l&#8217;espagnol Rafael Martín et le premier top scoreur se nomme Livio Franceschini (16.6ppg pour l&#8217;Italie).</p>
<h4>Baltic power</h4>
<p>Il fut alors décidé que le vainqueur organisera la future édition. En 1937, la Lettonie accueille donc la seconde édition de l&#8217;Euro à Riga. Mais la capitale lettone ne disposait pas de salle couverte, tous les matchs furent donc jouer en extérieur. Sur le ciment, la Lituanie sera la plus forte et conservera son titre deux ans plus tard, à Kaunas. En trois éditions, trois victoires de pays baltes, trois pays absorbés par l&#8217;URSS&#8230;</p>
<p>La FIBA cherche encore sa formule, en 1937, on retrouve 8 équipes divisées en 2 groupes, puis la phase éliminatoire alors qu&#8217;en 1939, les 8 équipes sont dans une poule unique, et la Lituanie, qui a gagné ses 7 matchs, fut déclarée vainqueur.</p>
<p>En 1937, l&#8217;Égypte s&#8217;invite à l&#8217;Euro pour des raisons&#8230; pratiques. En effet, l&#8217;Égypte n&#8217;avait pas de concurrence sur son continent et fut autorisée à participer aux compétitions européennes. Elle participera à l&#8217;Euro jusqu&#8217;en 1953. D&#8217;autres pays géographiquement non-européens comme l&#8217;Iran, la Syrie ou le Liban ont également participé à l&#8217;Eurobasket.</p>
<p>Un autre sujet très actuel faisait déjà polémique au milieu des années 30 : <strong>la naturalisation de joueurs américains</strong>. Frank Lubin, un pivot US médaillé d&#8217;or à Berlin, avait joué l&#8217;Euro un an plus tôt sous le maillot lituanien, en tant que Pranas Lubinas. En 1937, la FIBA a demandé un certificat de naissance afin de s&#8217;assurer qu&#8217;il était bien lituanien. La fédération fournit le document exigé, prouvant que Lubinas était né à Kaunas&#8230; mais un autre document, provenant des États-Unis indiquait qu&#8217;il était né à Los Angeles. Ainsi Lubinas n&#8217;a plus pu évoluer sous le maillot lituanien.</p>
<h4>Après la guerre</h4>
<p>La seconde guerre mondiale a remodelé la carte du monde et a forcément changé la face du basket. Un championnat d&#8217;Europe fut organisé dès 1946, en Suisse. De nombreux pays ont déclaré forfait pour des raisons économiques, et la Lituanie et la Lettonie ont été annexées par l&#8217;URSS. A Genève, on retrouve 10 équipes mais cet Euro ne sera qu&#8217;un duel entre le pivot tchécoslovaque Harold Mrazek, 1.93m et le meilleur joueur des quinze années à venir, et l&#8217;esthète italien Giuseppe Stefanini, le premier joueur a utilisé le jump shot. En finale, c&#8217;est la Tchécoslovaquie qui sera sacrée, vainqueur 34-32 de l&#8217;Italie.</p>
<p>En 1947, un nouvel Euro fut organisé. L&#8217;URSS et la Yougoslavie font leur apparition. Si les Yougoslaves n&#8217;ont pas obtenu de médailles avant 1961, l&#8217;URSS de Joann Lossov (MVP de l&#8217;Euro &#8216;47) guida son pays à l&#8217;or dès son entrée en lice. La sélection, savant mélange de soviétiques, lituaniens, lettons ou estoniens remporta ses six matchs avec une marge moyenne de 25 points.</p>
<p>Cap sur l&#8217;Égypte en 1949! Eh oui, l&#8217;Euro s&#8217;est déroulé en Afrique. L&#8217;URSS a refusé d&#8217;organiser l&#8217;Euro et il fallut trouver une solution. Seconde, la Tchécoslovaquie avait déjà organisé l&#8217;Euro &#8216;47, alors, ce fut le médaillé de bronze, l&#8217;Égypte, qui eut cette responsabilité. De nombreuses équipes ont refusé de se rendre en Afrique, pour des raisons logistiques notamment. L&#8217;avion n&#8217;était pas un moyen de locomotion sûr &#8212; la catastrophe décimant l&#8217;équipe de foot du Torino était là pour le rappeler. L&#8217;URSS et la Tchécoslovaquie ont refusé de faire le déplacement. La France fut la seule grande nation à se rendre en Afrique du Nord, la Grèce, les Pays-Bas et la Turquie faisaient leurs premiers pas à ce niveau, et, pour éviter le désastre d&#8217;un Euro à 6, le Liban et la Syrie furent invités.</p>
<p>Sur un modèle championnat, l&#8217;Égypte remporta &laquo;&nbsp;son&nbsp;&raquo; Euro (6-0) devant la France (5-1) et la Grèce (4-2).</p>
<h4>URSS power</h4>
<p>Durant vingt ans, l&#8217;URSS va dominer l&#8217;Europe. De 1951 à 1971, ils vont remporter 10 Euros sur 11, seule la Hongrie, en 1955, va réussir l&#8217;exploit de décrocher l&#8217;or. Paris fut le premier théâtre des exploits soviétiques et de son leader Stipas Butautas. En 1955, Vladimir Kruminsh,  2 mètres 14 fit ses débuts. Ce géant n&#8217;a évidemment rien à voir avec les 7-footers athlétiques qu&#8217;on voit aujourd&#8217;hui, mais sa taille faisait déjà de lui un surhomme. A partir de 1959, les soviétiques pouvaient compter sur l&#8217;équipe la plus impressionnante d&#8217;Europe, avec Petrov (2.08m), Zubkov (2.04m) et Volnov et Korneev (2.01m) en plus de leurs tourelles.</p>
<p>Pour l&#8217;anecdote, de nombreux Euros vont alors se dérouler en extérieur, à l&#8217;exception de Paris, en 1951, qui organisa la compétition au Vel d&#8217;Hiv. Par la suite, Moscou, Budapest, Sofia et Istanbul vont utiliser des stades de foot, ce qui permis d&#8217;enregistrer des affluences records, 35 000 fans à Moscou (1953), 48 000 à Sofia (1957). En 1959, Istanbul organisa le dernier Euro en <em>outdoor</em>, la FIBA décida ensuite d&#8217;obliger l&#8217;organisateur à disposer de gymnases.</p>
<p>En 1955, la Hongrie remporta la médaille d&#8217;or, chez elle, dans un Euro plein de nouveauté. Premièrement, 18 nations ont participé, un record, pour 89 matchs en 12 jours. Ce fut aussi l&#8217;Euro de l&#8217;introduction des 30 secondes (ancêtre des 24 secondes), destinée à donner plus de rythme aux matchs. Les coachs se sont adaptés, et cela a permis de doper des scores, comme lorsque la Pologne a écrasé l&#8217;Angleterre 140-44&#8230; Les soviétiques se sont inclinés deux fois lors de cet Euro, contre la Tchécoslovaquie au premier tour (81-74) et contre la Hongrie (68-82).</p>
<p>Après cet accroc en Hongrie, l&#8217;URSS va remporter 55 matchs de rang !! Elle sera invaincue quatorze ans !! <strong>Alexander Gomelski</strong> devient le coach en 1961 et devint le meilleur coach de l&#8217;histoire du basket européen. Il avait l&#8217;équipe la plus talentueuse et savait la gérer à merveille. Il utilisait régulièrement ses 12 joueurs afin de les impliquer et montrer qu&#8217;ils étaient tous égaux. Cela lui permettait aussi de mettre en place une défense tout terrain durant 40 minutes. Disposant de joueurs grands dans la raquette (Kruminsh, Petrov, Zubkov&#8230;) et d&#8217;arrières déjà complets, comme Sergey Belov, Gomelski a construit la plus redoutable équipe de tous les temps.</p>
<h4>Le réveil de la Yougoslavie</h4>
<p>Parallèlement à la domination soviétique, la Yougoslavie commence à se faire une petite place dans le paysage du basket. Belgrade organise l&#8217;Euro 1961, réduit à 16 équipes. Le monde du basket découvre alors le pivot <strong>Radivoj Korac</strong>, drivé par le meneur Ivan Danue. Korac fut le meilleur scoreur des Euros &#8216;59 à &#8216;65. En 1967, Ranko Zeravica décida de se passer de Korac afin de lancer <strong>Kresimir Cosic</strong>, 2.10m et digne successeur de Korac. L&#8217;équipe yougoslave, 22 ans de moyenne d&#8217;age, termina 9e, mais le but était de se préparer pour les Jeux Olympiques de 1968. Cosic, probablement le premier big man mobile et capable de tirer dans toutes les positions, mena la Yougoslavie à une victoire historique sur l&#8217;URSS, au premier tour de l&#8217;Euro &#8216;69 (73-61). En finale, l&#8217;URSS dominera son rival yougoslave. Mais l&#8217;histoire du basket yougoslave était enfin lancée!</p>
<h4>Médias et récompenses</h4>
<p>A partir de 1967, en Finlande, la presse européenne et les télévisions ont commencé à suivre le tournoi, ce qui était une petite révolution.</p>
<p>Les récompenses ont commencé à être officiellement décerné par la FIBA en 1963, avec le MVP décerné à l&#8217;espagnol <strong>Emiliano Rodriguez</strong>. En 1967, la première All-Tournament Team était composée des soviétiques Modestas Paulauskas et Anatoli Polivoda, du polonais Mieczyslaw Lopatka, du finlandais Jorma Pilkevaara et de l&#8217;espagnol Emiliano Rodriquez.</p>
<h4>Rivalité derrière le rideau de fer</h4>
<p>Avec l&#8217;émergence de la Yougoslavie, les années &#8217;70s seront marqués par une forte rivalité entre l&#8217;URSS et la Yougoslavie. Cette dernière a remporté le Championnat du Monde 1970 et arrive gonflée à bloc en 1971, en Allemagne de l&#8217;Ouest. Les deux nations arrivent invaincues en finale, et la Yougoslavie a donné le sentiment de pouvoir vaincre son vieux démon durant la majeure partie du match. Mais Cosic n&#8217;a jamais trouvé l&#8217;accès au cercle (3/20&#8230;) face à l&#8217;invincible défense de Zarmukhamedov et l&#8217;URSS s&#8217;est imposé 69 à 64. Le huitième sacre d&#8217;affilée pour les soviétiques!</p>
<p>Mais en 1973, la Yougoslavie prend le leadership, profitant de la victoire de l&#8217;Espagne sur l&#8217;URSS (privée de Belov, Andreev et Zarmukhamedov) en demi-finale. En finale, la Yougoslavie ne fera pas de sentiment et s&#8217;imposera 78 à 67. En 1975, à Belgrade, un certain <strong>Mirza Delibasic</strong> débute à la mène yougoslave et mène son équipe au succès final. Cette fois-ci, le <em>Gold medal game</em> opposant la Yougoslavie à l&#8217;URSS tourne en faveur des premiers nommés (90-84), malgré 29 points de Belov. La Yougoslavie avait désormais la meilleure raquette d&#8217;Europe avec Cosic et Kicanovic. Deux ans plus tard, en Belgique, la Yougoslavie empoche un troisième titre de rang, toujours contre l&#8217;URSS (74-61) Alexander Gomelski déclara alors que cetté équipe « <em>est la meilleure équipe de basket possible. </em> »</p>
<p>En 1979, la Yougoslavie, championne du monde en 1978, se fait surprendre au second match par &#8230; Israël (76-77) et sa star Mickey Berkowitz. Cette défaite condamna la Yougoslavie à affronter l&#8217;URSS dès les demi-finales et, après onze défaites de suite, l&#8217;URSS va enfin re-dominer son vieux rival grâce à un jeune de 21 ans, Sergey Tarakanov, auteur de 21 points. Les soviétiques remporteront l&#8217;Euro contre cette surprenante équipe d&#8217;Israël&#8230; qui avait pourtant été battue en ouverture, par la France.</p>
<h4>A l&#8217;Ouest, le désert</h4>
<p>Jusqu&#8217;à la fin des années soixante-dix, aucune équipe de l&#8217;Europe de l&#8217;Ouest n&#8217;est parvenue à contester la suprématie de l&#8217;URSS, de la Yougoslavie ou de la Tchécoslovaquie. Quelques joueurs comme Emiliano Rodriguez (Espagne), Veiko Vainio (Finlande) ou Greg Beugnot (France) sont apparus, mais pas de quoi bouleverser la hiérarchie en place.</p>
<p>L&#8217;Italie va émerger au milieu des années 70, portée par les succès de Varese et le talent de ses intérieurs Dino Meneghin et Pierluigi Marzorati. Nos voisins transalpins remporteront notamment le bronze en 1975. L&#8217;Espagne aussi commence à se faire une petite place, grâce à ses américains naturalisés, Clifford Luyk et Wayne Brabender.</p>
<h4>Nouvelles stars</h4>
<p>Au début des années quatre-vingt, une nouvelle génération de joueurs apparaît. Des joueurs aussi différents que <strong>Drazen Petrovic, Arvydas Sabonis, Nikos Galis, Detlef Schrempf et Fernando Martin</strong> vont donner un nouvel élan au basket, et un nouvel intérêt. Lors de l&#8217;Euro 85, les premiers scouts US se font même voir&#8230;</p>
<p>Les équipes de l&#8217;Ouest commencent aussi à truster quelques titres. Si l&#8217;URSS et la Yougoslavie restent dominatrices, l&#8217;Italie décroche l&#8217;or en 1983 (contre l&#8217;Espagne), et le bronze en 1985 (toujours contre l&#8217;Espagne). En 1987, la Grèce de Nikos Galis, Panayotis Yannakis, Panagiotis Fassoulas et Fanis Christodolou remporte le titre face à l&#8217;URSS devant 17 000 fans acquis à leur cause. La Grèce a fait très fort lors de son Euro, en dominant coup sur coup l&#8217;Italie et la Yougoslavie avant l&#8217;URSS.</p>
<p>L&#8217;URSS connaît ses dernières heures avec une génération dorée comprenant Valdis Valters, Sarunas Marcuilionis, Arvydas Sabonis, Alexander Volkov et Rimas Kurtiniatis. Cette équipe empoche son dernier titre en 1985, avec Arvydas Sabonis, 21 ans, nommé MVP de la compétition. Signe précurseur, la All-Tournament Team &#8216;85 est composé de Sabonis, Petrovic, Schrempf, Martin, et Valters. Les quatre premiers iront par la suite en NBA. 1985 fut aussi le premier Euro incluant la ligne des 3-points.</p>
<p>La Serbie aligne aussi une équipe de rêve à la fin des années quatre-vingt avec Drazen Petrovic, Predrag Danilovic, Vlade Divac, Toni Kukoc, Stojan Vrankovic, Zoran Radovic, Juri Zdovc, et Zarko Paspalj, coachés par Dusan Ivkovic! Cette équipe sera sacrée en 1989, face à la Grèce (98-77). Petrovic, 28 points en finale, sera le MVP de la compétition.</p>
<h4>Politique et sport</h4>
<p>Les années quatre-vingt dix ont considérablement remodelé la carte du basket européen. Entre l&#8217;éclatement de l&#8217;URSS et celui de la Yougoslavie, le panorama basket allait forcément être bouleversé. La Yougoslavie a conservé son titre en 1991, à Rome, mais elle était privée de Drazen Petrovic et Stojko Vrankovic. Deux autres croates, Kukoc et Radja, ont participé. Mais en pleine compétition, la Slovénie a déclaré son indépendance, ce qui obligea Juri Zdovc a quitté l&#8217;équipe, alors qu&#8217;il avait participé aux deux premiers matchs.</p>
<h4>La surprise allemande</h4>
<p>En 1993, l&#8217;Allemagne organise l&#8217;Euro. Svetislav Pesic est le sélectionneur national mais ça ne suffit pas à faire des Allemands un potentiel candidat au titre. Surtout que Detlef Schrempf, qui évoluait en NBA, a décidé de ne pas prendre part au tournoi. Pesic a alors construit son équipe autour du pivot Christian Welp, de l&#8217;ailier Henning Harnisch et des arrières Michael Koch et Henrik Rodl. Donc on a, à la limite, un timide outsider&#8230;</p>
<p>La Yougoslavie était bannie à cause des sanctions prises par l&#8217;ONU, mais la Croatie, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine se sont qualifiées pour l&#8217;évènement. Par contre, la Lituanie, privée de nombreuses stars, n&#8217;a pu obtenir son billet.</p>
<p>Après un premier tour quelconque, terminé à la deuxième place, les Allemands ont affronté l&#8217;Espagne en quart de finale. Menés de 6 points à 1&#8242;30 de la fin, les hommes de Pesic vont inverser la vapeur en profitant d&#8217;erreurs adverses et de la vista de son pivot, Christian Welp. Parvenue à décrocher la prolongation, l&#8217;Allemagne va se qualifier pour les demi-finales. La Grèce se dresse alors sur la route allemande, les héros de &#8216;87 sont là mais vieillissants, Fassoulas est tenu à 1 point et l&#8217;Allemagne s&#8217;impose 76-73.</p>
<p>En finale, la jeune Russie affronte l&#8217;Allemagne. Le match est serré, Babkov donne deux points d&#8217;avance aux siens à 15 secondes du buzzer. Pesic prend un temps mort et dessine un système pour Welp. A la reprise, le pivot reçoit le ballon, drive ligne de fond et dunk avec la faute. Il rentre son lancer, devient champion d&#8217;Europe et reçoit en prime le titre de MVP.</p>
<p><strong>Ce sacre allemand est probablement la plus grosse surprise de l&#8217;histoire de l&#8217;Euro</strong>.</p>
<h4>Le retour des yougos</h4>
<p>L&#8217;équipe de Serbie-Monténégro, construite sur les ruines de la Yougoslavie, débarque en 1995 avec une grosse équipe, Sasha Djordjevic, Zarko Paspalj, Predrag Danilovic, Zoran Savic, Dejan Bodiroga, Vlade Divac et Zeljko Rebraca! Cette équipe va remporter trois des quatre Euros suivants. En Grèce tout d&#8217;abord, avec une finale extraordinaire où Djordjevic (41pts, 9/12 à 3-pts et un dunk sur Sabonis en bonus) et Marciulionis (32 points, 6 rebonds, 6 assists) vont se livrer un match dans le match époustouflant.</p>
<p>La seconde étape sera en Espagne, où la défense yougoslave va étouffer l&#8217;Italie en finale (61-49). Enfin, il y aura l&#8217;Euro turque et la finale remportée face aux locaux (78-69) grâce à 18 points de Bodiroga et 15 de Stojakovic.</p>
<h4>Alternance</h4>
<p>Depuis 2003, on ne retrouve plus une équipe dominatrice avec des victoires successives de la Lituanie, la Grèce et la Russie. En allant plus loin, en trois éditions, seules l&#8217;Espagne (deux secondes places) et la Lituanie (championne en 2003, troisième en 2007) ont figuré deux fois sur le podium. Forcément, le nombre d&#8217;européens privilégiant la NBA au détriment de leur sélection explique en partie ce manque de continuité dans les performances.</p>
<p>Ça n&#8217;a pas empêché <strong>Dirk Nowitzki</strong> de se révéler comme le joueur le plus dominant de la décennie. A lui tout seul, il a conduit l&#8217;Allemagne à la quatrième place en 2001 (28.7ppg et un match à 43pts et 15rbs) et en finale en 2005.</p>
<p>En 2003, <strong>Sarunas Jasikevicius et Arvydas Macijauskas</strong> conduisent la Lituanie à la victoire, une première pour une ancienne république soviétique. En finale, c&#8217;était l&#8217;Espagne de Pau Gasol (36pts! 25.3ppg sur l&#8217;ensemble du tournoi). Si la Lituanie n&#8217;a pas de star NBA, elle a une tradition de basket et une équipe formidable menée par Jasikevicius.</p>
<p>La France aura son heure de gloire en 2005, en sortant la Serbie puis la Lituanie en huitième et quart de finales. Mais on ne reviendra pas sur cette horrible demi-finale contre la Grèce, future vainqueur.</p>
<p>Le dernier souvenir marquant est évidemment ce tir à 2.1 secondes du buzzer de <strong>JR Holden</strong>, offrant à la Russie un sacre face à l&#8217;Espagne, en Espagne. Désormais, c&#8217;est en Pologne qu&#8217;on espère vivre de grands moments, voir des joueurs dominer, d&#8217;autres se révéler, et peut-être voir la France enfin sacrée!</p>
<h4>Recap.</h4>
<p>Afin de faire le point, rien de tel qu&#8217;un bon tableau pour retrouver qui a gagné quoi et quand.</p>
<table border="0">
<tbody>
<tr>
<th>Année</th>
<th>Pays d&#8217;accueil</th>
<th>Or</th>
<th>Argent</th>
<th>Bronze</th>
<th>MVP</th>
<th>Top scoreur</th>
</tr>
<tr>
<td>1935</td>
<td>Suisse (Genève)</td>
<td>Lettonie</td>
<td>Espagne</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Rafael Martín</td>
<td>Livio Franceschini (16ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1937</td>
<td>Lettonie (Riga)</td>
<td>Lituanie</td>
<td>Italie</td>
<td>France</td>
<td>Pranas Lubinas</td>
<td>Pranas Lubinas (13.8ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1939</td>
<td>Lituanie (Kaunas)</td>
<td>Lituanie</td>
<td>Lettonie</td>
<td>Pologne</td>
<td>Mykolas Ruzgys</td>
<td>Heino Veskila (16.5ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1946</td>
<td>Suisse (Genève)</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Italie</td>
<td>Hongrie</td>
<td>Ferenc Nemeth</td>
<td>Pawel Stok (12.6ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1947</td>
<td>Tchécoslovaquie (Prague)</td>
<td>URSS</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Egypte</td>
<td>Joann Lossov</td>
<td>Otar Korkia (14.7ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1949</td>
<td>Egypte (Le Caire)</td>
<td>Egypte</td>
<td>France</td>
<td>Grèce</td>
<td>Huseyin Ozturk</td>
<td>Huseyin Ozturk (19.3ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1951</td>
<td>France (Paris)</td>
<td>URSS</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>France</td>
<td>Ivan Mrazek</td>
<td>Ivan Mrazek (17.1ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1953</td>
<td>URSS (Moscou)</td>
<td>URSS</td>
<td>Hongrie</td>
<td>France</td>
<td>Anatoly Konev</td>
<td>Ahmed Idlibi (15.8ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1955</td>
<td>Hongrie (Budapest)</td>
<td>Hongrie</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>URSS</td>
<td>Janos Greminger</td>
<td>Miroslav Skerik (19.1ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1957</td>
<td>Bulgarie (Sofia)</td>
<td>URSS</td>
<td>Bulgarie</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Jiri Baumruk</td>
<td>Eddy Terrace (22ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1959</td>
<td>Turquie (Istanbul)</td>
<td>URSS</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>France</td>
<td>Viktor Zubkov</td>
<td>Radivoj Korac (27.5ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1961</td>
<td>Yougoslavie (Belgrade)</td>
<td>URSS</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Bulgarie</td>
<td>Radivoj Korac</td>
<td>Radivoj Korac (24.3ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1963</td>
<td>Pologne (Wroclaw)</td>
<td>URSS</td>
<td>Pologne</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Emiliano Rodríguez</td>
<td>Radivoj Korac (26.5ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1965</td>
<td>URSS (Moscou)</td>
<td>URSS</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Pologne</td>
<td>Modestas Paulauskas</td>
<td>Radivoj Korac (21.6ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1967</td>
<td>Finlande (Helsinki)</td>
<td>URSS</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Pologne</td>
<td>Jiri Zednicek</td>
<td>Georgios Kolokithas (26.2ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1969</td>
<td>Italie (Naples)</td>
<td>URSS</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Sergei Belov</td>
<td>Georgios Kolokithas (26.2ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1971</td>
<td>RFA (Essen)</td>
<td>URSS</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Italie</td>
<td>Kresimir Cosic</td>
<td>Edward Jurkiewicz (22.5ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1973</td>
<td>Espagne (Barcelone)</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Espagne</td>
<td>URSS</td>
<td>Wayne Brabender</td>
<td>Atanas Golomeev (21.7ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1975</td>
<td>Yougoslavie (Belgrade)</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>URSS</td>
<td>Italie</td>
<td>Kresimir Cosic</td>
<td>Atanas Golomeev (21.7ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1977</td>
<td>Belgique (Liège)</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>URSS</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Drazen Dalipagic</td>
<td>Kees Akerboom (26.4ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1979</td>
<td>Italie (Turin)</td>
<td>URSS</td>
<td>Israel</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Mickey Berkowitz</td>
<td>Mieczyslaw Mlynarski (26.4ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1981</td>
<td>Tchécoslovaquie (Prague)</td>
<td>URSS</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Valdis Valters</td>
<td>Mieczyslaw Mlynarski (23.1ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1983</td>
<td>France (Nantes)</td>
<td>Italie</td>
<td>Espagne</td>
<td>URSS</td>
<td>Juan Antonio Corbalan</td>
<td>Nikos Galis (33ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1985</td>
<td>RFA (Stuttgart)</td>
<td>URSS</td>
<td>Tchécoslovaquie</td>
<td>Italie</td>
<td>Arvydas Sabonis</td>
<td>Drazen Petrovic (25.2ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1987</td>
<td>Grèce (Le Pyrée)</td>
<td>Grèce</td>
<td>URSS</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Nikos Galis</td>
<td>Nikos Galis (37ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1989</td>
<td>Yougoslavie (Zagreb)</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Grèce</td>
<td>URSS</td>
<td>Drazen Petrovic</td>
<td>Nikos Galis (35.6ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1991</td>
<td>Italie (Rome)</td>
<td>Yougoslavie</td>
<td>Italie</td>
<td>Espagne</td>
<td>Toni Kukoc</td>
<td>Nikos Galis (32.4ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1993</td>
<td>Allemagne (Munich)</td>
<td>Allemagne</td>
<td>Russie</td>
<td>Croatie</td>
<td>Christian Welp</td>
<td>Sabahudin Bilalovic (25ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1995</td>
<td>Grèce (Athènes)</td>
<td>Serbie-Monténégro</td>
<td>Lituanie</td>
<td>Croatie</td>
<td>Sarunas Marciulionis</td>
<td>Sarunas Marciulionis (22.5ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1997</td>
<td>Espagne (Barcelone)</td>
<td>Serbie-Monténégro</td>
<td>Italie</td>
<td>Russie</td>
<td>Sasha Djordjevic</td>
<td>Oded Katash (22ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>1999</td>
<td>France (Paris)</td>
<td>Italie</td>
<td>Espagne</td>
<td>Serbie-Monténégro</td>
<td>Gregor Fucka</td>
<td>Alberto Herreros (19.2ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>2001</td>
<td>Turquie (Istanbul)</td>
<td>Serbie-Monténégro</td>
<td>Turquie</td>
<td>Espagne</td>
<td>Peja Stojakovic</td>
<td>Dirk Nowitzki (28.7ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>2003</td>
<td>Suède (Stockholm)</td>
<td>Lituanie</td>
<td>Espagne</td>
<td>Italie</td>
<td>Sarunas Jasikevicius</td>
<td>Pau Gasol (25.8ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>2005</td>
<td>Serbie (Belgrade)</td>
<td>Grèce</td>
<td>Allemagne</td>
<td>France</td>
<td>Dirk Nowitzki</td>
<td>Dirk Nowitzki (26.1ppg)</td>
</tr>
<tr>
<td>2007</td>
<td>Espagne (Madrid)</td>
<td>Russie</td>
<td>Espagne</td>
<td>Lituanie</td>
<td>Andrei Kirilenko</td>
<td>Dirk Nowitzki (24ppg)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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		<title>Le grand dossier NCAA</title>
		<link>http://www.passionbasket.fr/le-grand-dossier-ncaa/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 09:15:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[NCAA]]></category>

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		<description><![CDATA[La NCAA. Un vaste labyrinthe de 341 équipes&#8230; lorsqu&#8217;on se contente de la première division. Un événement largement médiatisé outre-Atlantique mais qui a tendance à sombrer dans l&#8217;oubli en Europe. Culturellement, nous ne sommes pas habitués à nous enthousiasmer pour des gamins qui apprennent le jeu tout en préparant (ou non) un diplome.
Mais la NCAA [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La NCAA. Un vaste labyrinthe de 341 équipes&#8230; lorsqu&#8217;on se contente de la première division. Un événement largement médiatisé outre-Atlantique mais qui a tendance à sombrer dans l&#8217;oubli en Europe. Culturellement, nous ne sommes pas habitués à nous enthousiasmer pour des gamins qui apprennent le jeu tout en préparant (ou non) un diplome.</p>
<p>Mais la NCAA est souvent synonyme d&#8217;incompréhension? Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est également que ce championnat? Une ligue mineure? Et d&#8217;ou viennent ces joueurs? Pourquoi les télés US se gargarisent devant les audiences des diffusions? Quels sont les liens avec la NBA?</p>
<p>Pour vous aider à situer le basket universitaire dans le panorama du basket mondial, nous avons constitué ce dossier. Vous y trouverez toutes les explications nécessaires à la compréhension du championnat, toutes les clés pour suivre au mieux la saison universitaire et le tournoi final, mieux connu sous la griffe <em>March Madness</em>.</p>
<p>L&#8217;autre but de ce dossier est de vous narrer l&#8217;histoire de ce championnat. Nous avons déjà répertorié l&#8217;historique des final four (et donc des champions), des awards et de nombreux chiffres en tout genre, que ce soit des stats de saison régulière ou du tournoi final.</p>
<p>Historiquement, quelles sont les équipes le plus régulièrement au sommet? Quels sont les coachs les plus victorieux? Quels sont les conférences majeures? C&#8217;est le genre d&#8217;infos que vous trouverez par ici.</p>
<p>Dans les semaines et les mois à venir, nous ajouterons régulièrement de nouvelles chroniques vous permettant de découvrir la carrière universitaire de vos idoles passées et actuelles, mais aussi celles de stars universitaires qui n&#8217;ont jamais su adapter leur jeu au professionnel.</p>
<p>Nous présenterons également les grosses facs du pays, des bios de légendes du coaching, des matchs de légende, des scandales, des rivalités&#8230; pour  que l&#8217;histoire de la NCAA n&#8217;est plus de secret pour vous.</p>
<p>Désormais le déroulement d&#8217;une saison NCAA n&#8217;aura plus rien de flou. Il vous suffira de regarder quelques matchs pour plonger définitivement dans l&#8217;univers du basket universitaire et y découvrir la ferveur entourrant les facs.</p>
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		</item>
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		<title>Les 100 points de Wilt</title>
		<link>http://www.passionbasket.fr/les-100-points-de-wilt/</link>
		<comments>http://www.passionbasket.fr/les-100-points-de-wilt/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 09:11:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 2 mars 1962 reste une date mémorable. Peu d&#8217;entre nous étions nés, peu peuvent se taguer de l&#8217;avoir vécu, ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas mon cas, ce jour-là, Wilt Chamberlain réalisait la performance individuelle la plus incroyable de l&#8217;histoire NBA: il scorait 100 points en un seul match. La recontre opposait les Philadelphie Warriors aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 2 mars 1962 reste une date mémorable. Peu d&#8217;entre nous étions nés, peu peuvent se taguer de l&#8217;avoir vécu, ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas mon cas, ce jour-là, Wilt Chamberlain réalisait la performance individuelle la plus incroyable de l&#8217;histoire NBA: il scorait 100 points en un seul match. La recontre opposait les Philadelphie Warriors aux New York Knicks à l&#8217;Hersheypark Arena.</p>
<h4>Contexte</h4>
<p>A l&#8217;origine, peu d&#8217;engouement entouré ce match. C&#8217;était un match de fin de saison, l&#8217;enjeu était minime car d&#8217;un côté, les Knicks étaient loin des playoffs, de l&#8217;autre, les Warriors (de Philadelphie) avait leur qualification acquise. La petite histoire dit que Chamberlain a passé la nuit à New York (alors que le match se jouait à Phily) en agréable compagnie, ce qui ne serait pas une surprise pour <em>l&#8217;homme qui a aimé 20000 femmes</em>, et qu&#8217;il est rentré le lendemain matin après une nuit blanche et une bonne cuite. A la gare, il a rencontré quelques amis avec qui il s&#8217;est offert un festin à midi. Amis de l&#8217;hygiène de vie drastique, passez votre chemin. Il manqua par la même occasion le rassemblement de l&#8217;équipe, ce qui agaçait ses coéquipiers. Mais comme personne n&#8217;avait l&#8217;impact d&#8217;un Chamberlain, comment se plaindre?</p>
<p>Ses coéquipiers n&#8217;étaient cependant pas plus préoccupé par le match que ça non plus. York Larese déclara ainsi: &laquo;&nbsp;<em>Le plus gros frisson, c&#8217;était de voir la fameuse chocolaterie de Hershey [la ville voisine de Philadelphie où les Warriors jouaient certains matchs] Il n&#8217;y avait rien d&#8217;excitant à jouer les Knicks pour les Warriors à Hershey. Le chocolat est plus excitant.</em>&nbsp;&raquo; Un autre Warrior, Tom Meschery, n&#8217;était pas plus enthousiaste: &laquo;&nbsp;<em>Les Warriors avaient un accord avec un promoteur local: ils mettaient à notre disposition une salle de gym gratuitement et nous devions jouer trois matchs par an dans cet endroit désolant&#8230; la ville de Hershey, construite autour d&#8217;une grande chocolaterie. Cette odeur de chocolat se répandait. C&#8217;était impossible de rester à l&#8217;intérieur, les gens étaient malades. J&#8217;étais juste entrain de rêver que je quitterai cet endroit dès que possible.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Malgré tout, lors de ce pluvieux vendredi soir, où seuls 4124 personnes avaient pris place dans la salle, le match aura bien lieu, dans cette ville, Hershey, que peu appréciaient. En levé de rideau, les Eagles et les Colts (2 équipes de foot US) ont disputé un match de basket pour le fun. Les Warriors étaient au complet, avec Chamberlain bien dans son short, par contre, les Knicks devaient se passer du pivot titulaire Phil Jordon, remplacé dans le 5 par Darrall Imhoff. Il ne se doutait alors pas qu&#8217;il passerait la soirée la plus compliquée de sa carrière.</p>
<h4>Le match</h4>
<p>Dès le début de la rencontre, les Warriors prenaient le contrôle du match. Après quelques minutes, les locaux menaient 19-3! Chamberlain affichait déjà 13 points au compteur. A la fin du premier quart-temps, pas de surprise, les Warriors dominent les débats, 42-26, <em>The Stilt</em> aussi. Il a déjà montré tout son arsenal, finger-roll, dunk et jump-shot au menu du pauvre Imhoff qui est déjà en foul trouble. Il termine le quart-temps avec 23 points.</p>
<p>A la mi-temps, le topo n&#8217;est pas différent bien que les Knicks refont peu à peu leur retard (79-68), Chamberlain a scoré 41 points. C&#8217;est une soirée presque banale, puisque l&#8217;ancien membre des Harlem Globetrotters est un habitué des matchs à plus de 60 points (à 32 reprises dans sa carrière) &laquo;&nbsp;<em>Je revenais souvent au vestiaire avec 30 ou 35 points auparavant, 41 points, ce n&#8217;était pas exceptionnel</em>&laquo;&nbsp;, expliquera-t-il plus tard. Mais le coach des Warriors, Frank McGuire, sentait que son pivot était intenable. La tactique mise en place dans le vestiaire est simple: &laquo;&nbsp;<em>Wilt est toujours seul, donc passez lui le ballon!</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p><img src="http://passionbasket.free.fr/photo/chamberlain/wilt_jump_100.jpg" alt="" hspace="4" align="right" /></p>
<p>La tactique est simple et presque habtituelle, elle se révelera diablement efficace, plus que d&#8217;habitude. Rapidement, <em>The Big Dipper</em> va passer la barre des 50 unités, ce qui enflammera le public endormi d&#8217;Hershey. Dave Zinkoff, le speaker de la salle, ne cesse d&#8217;exciter la foule pour qu&#8217;elle pousse <em>son</em> équipe. Les Knicks tentent tout, prise à trois, prise à quatre, rien n&#8217;y fait, Chamberlain n&#8217;est jamais déstabilisé, il est même relativement calme malgré le nombre de fautes qu&#8217;il subit. Par contre, McGuire s&#8217;énerve et demande aux arbitres d&#8217;être plus stricts avec les new yorkais. Chamberlain plante 28 nouveaux points durant la troisième période, portant son total à 69 (à 9 points de son précédent record) Au tableau d&#8217;affichage, les Warriors ont repris le large (125-104)</p>
<p>Dans le quatrième quart, Chamberlain passe la barre des 78 points, son précédent record (établi après deux prolongations) alors qu&#8217;il reste 7&#8242;51 à jouer. La foule devient folle. La fin de match est rythmée par les &laquo;&nbsp;<em>Give it to Wilt! Give it to Wilt!</em>&nbsp;&raquo; Les joueurs ont conscience qu&#8217;ils peuvent écrire une page de l&#8217;histoire du basket ce soir et abreuvent Chamberlain de ballon. Il touche le cuir à chaque possession. Al Attles expliquera, &laquo;&nbsp;<em>nous voulions que Wilt obtienne ce record, car nous l&#8217;aimions tous.</em>&nbsp;&raquo; La preuve par l&#8217;exemple avec un panier célèbre, Attles avait l&#8217;occasion de rentrer un layup facile, il décida de donner le ballon à Chamberlain pour ses 88 et 89e points.</p>
<p>Cependant, les Knicks ont de l&#8217;orgueil. Ils ne veulent pas subir l&#8217;humiliation de laisser un joueur, aussi exceptionnel soit-il, leur passer 100 points. Ils vont alors mettre en place une tactique bien connue, profiter des moments où Chamberlain n&#8217;a pas le ballon pour commettre des fautes sur les autres. Cela permet aussi aux Knicks de réduire l&#8217;écart. McGuire réagira en sortant ses titulaires Tom Meschery, Al Attles, Paul Arizin et Guy Rodgers (qui termine la rencontre à 20 assists)) et envoie sur le terrain ses remplaçants, Joe Ruklick, York Larese, Ed Conlin et Ted Luckenbill. Le but était de laisser les Knicks continuer à faire faute, mais les remplaçants avaient l&#8217;ordre de manquer les seconds lancers pour que les Warriors (et surtout Chamberlain) aient le ballon, tout en coupant le chrono de l&#8217;autre côté. La fin de match sera une succession de faute de part et d&#8217;autres.</p>
<p>Les opinions sont partagés à ce sujet, Tom Meschery critiqua l&#8217;attitude des new-yorkais: &laquo;&nbsp;<em>Ils ne voulaient pas entrer dans l&#8217;histoire. Durant les dernières minutes, le coach leur a dit de faire faute sur n&#8217;importe qui ayant le ballon, n&#8217;importe qui sauf Chamberlain. Donc nous devions jeter des ballons de derrière le panier à l&#8217;autre coté du terrain pour lui passer le ballon.</em>&nbsp;&raquo; Richie Guerin (39pts pour les Knicks) trouvait l&#8217;attitude des Warriors plus contestable: &laquo;&nbsp;<em>Les Warriors ont utilisé tous les moyens pour transmettre le ballon à Chamberlain. Ca n&#8217;avait plus rien à voir avec du basket.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il reste 2&#8242;45 à jouer, Chamberlain est à 94 points. Il réussit à placer un jump shot et un layup pour arriver à 98 avec moins d&#8217;une minute à jouer. Il doit faire face à des prises à 5, tous les Knicks sont sur lui et tentent de ne pas faire de faute. Sur la possession suivante, Chamberlain reçoit un ballon de Rodgers près du panier, il manque son premier shoot, Luckenbill récupère le ballon, repasse à Chamberlain, qui rate à nouveau, Luckenbill est encore là au rebond, passe à Ruklick qui peut monter pour un layup facile, mais non, il applique la consigne, fait une passe lobée à Chamberlain qui saute plus haut que tout le monde et dunke sur la défense pour atteindre les 100 points. La salle explose, environ 200 personnes iront même sur le parquet pour toucher le héros du soir. Ruklick ira lui vers la table de marque pour être sur que les statisticiens n&#8217;ont pas oublié de noter sa passe!</p>
<p>Dave Budd, l&#8217;habituel troisième pivot des Knicks, a résisté comme il a pu mais il dira après le match combien c&#8217;était difficile de contenir un joueur pareil: &laquo;&nbsp;<em>Vous ne pouvez pas jouer [Chamberlain] de manière conventionnelle car il est trop grand. La seule chose que vous pouvez tenter de faire est soit de défendre devant lui, et dans ce cas, ils essaient les passes lobées, soit de lui mettre des coups. Le mec pèse 120 ou 130 kilos, donc ce n&#8217;était pas facile.</em>&nbsp;&raquo; Darrall Imhoff ne dira pas autre chose: &laquo;&nbsp;<em>Il nous a littéralement détruit près du panier. Rien n&#8217;y a fait, même avec des prises à 5.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>La fin de match reste une énigme. Les 46 dernières secondes ont-elles été joués? Officiellement, le match fut interrompu et n&#8217;a jamais repris. Mais selon un journaliste allemand, Gunter Bork, le match a repris 9 minutes plus tard et Joe Ruklick inscrira même deux lancers. Le problème c&#8217;est qu&#8217;aucune vidéo de ce match existe, seule une bande radio (<em>cf ci-dessous</em>) est disponible. Robert Cherry, biographe de Chamberlain, a écrit que ces 46 secondes ont été disputées, Chamberlain serait alors resté au milieu du terrain, attendant la fin du match.</p>
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<h4>Records</h4>
<p>Au final, les Warriors se sont imposés 169 à 147. Wilt Chamberlain a donc planté 100 points mais a aussi gobé 25 rebonds. Il a établi des records <em>all-time</em> de shoots tentés (63) et rentrés (36), de lancers francs tentés (32) et rentrés (28), et de points marqués en un quart-temps (31) et une mi-temps (59) Seul le record de point en un quart-temps fut battu, par George Gervin (33pts) Notez que son 28/32 aux lancers est assez exceptionnel car Chamberlain fait partie de ces pivots qui rentraient plus ou moins 50% de ses lancers.</p>
<p>A coté de la perf de Chamberlain, il faut aussi mettre en valeur Guy Rodgers et Al Attles. Le premier nommé a délivré 20 assists et commentera, &laquo;&nbsp;<em>c&#8217;était le match le plus facile pour délivrer des passes, tout ce que j&#8217;avais à faire, c&#8217;est donner à Wilt</em>&nbsp;&raquo; Attles, plutôt réputé pour sa défense, finira le match à 8/8.</p>
<p><img src="http://passionbasket.free.fr/photo/chamberlain/wilt100.jpg" alt="" hspace="4" align="left" /></p>
<p>Les deux équipes ont combiné 316 points, sans prolongation. Ce record sera battu 20 ans plus tard lors d&#8217;un Spurs &#8211; Bucks (171-166, 3OT, le 6 mars 1982) Un an et demi plus tard, les Pistons feront encore mieux face aux Nuggets (186-184, 3OT, 13 décembre 1983)</p>
<h4>Epilogue</h4>
<p>En dehors de la Pennsylvanie, la perf de Chamberlain ne provoquera pas un enthousiasme débordant. Ses 100 points ne feront pas les premières pages des journaux spécialisés. Chamberlain avait déjà sa réputation de scoreur, ce n&#8217;était finalement qu&#8217;une perf de plus. <em>Sporting News</em> fut un des rare journal à prendre la mesure de la perf et titrera &laquo;&nbsp;<em>Chamberlain a réalisé l&#8217;impossible</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Frank McGuire avait un tout autre état d&#8217;esprit: &laquo;&nbsp;<em>C&#8217;était seulement une question de temps pour qu&#8217;il atteigne les 100 points, vous pouviez attendre pour ça. J&#8217;ai toujours pensé que c&#8217;était inévitable qu&#8217;il le ferait. Mais quand il l&#8217;a fait, j&#8217;ai pris du temps et j&#8217;ai pensé à tout ça. Je ne pouvais pas y croire.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Wilt Chamberlain déclara lui que ce match était un de ces préférés dans sa carrière, mais pas le numéro 1, son match favori, c&#8217;est celui où il a gobé 55 rebonds (un autre record all-time NBA) face à son vieux rival, Bill Russell.</p>
<p>Deux autres joueurs ont été profondément marqués par ce match. Premièrement, le pivot Darrall Imhoff, qui restera à jamais le gars qui s&#8217;est pris 100 points par Chamberlain, bien qu&#8217;il n&#8217;ait joué que 20 minutes et qu&#8217;il fut expulsé (nombre de fautes) dans le 4e quart-temps. Lors du match suivant face à Chamberlain, à New York, il recevra même une ovation pour n&#8217;avoir pris que 54 points, dur, dur&#8230; Deuxièmement, Joe Ruklick, remplaçant habituel qui a donné le ballon des 100 points. Des décénies plus tard, il dira dans le <em>New York Times</em> qu&#8217;il était fier d&#8217;avoir été &laquo;&nbsp;<em>un membre actif d&#8217;un des plus grands moments de l&#8217;histoire du basket.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dans le livre <em>Wilt, 1962</em>, publié par en 2005 par le journaliste Gary M. Pomerantz, ce dernier utilisa les 100 points de Chamberlain pour démontrer que des noirs pouvaient dominer des blancs. Wilt était le symbole de l&#8217;Amérique noire, Imhoff, son pendant de l&#8217;Amérique blanche. Une métaphore quelque peu maladroite.</p>
<p>Cet exploit ne sera jamais égalé. Celui qui s&#8217;en est le plus approché est Kobe Bryant, en janvier 2005, qui scora 81 points. Pour l&#8217;insider d&#8217;ESPN, Marc Stein, cette perf de Kobe est plus impressionnante que celle de Wilt, pour trois raisons, la qualité des défenses, la proportion des points inscrits par rapport au points de l&#8217;équipe (59% pour Wilt, 66% pour Kobe) et enfin, la mascarade qu&#8217;était le quatrième quart-temps du match des Warriors. La position générale est discutable.</p>
<p>Trente ans après l&#8217;exploit, Chamberlain commenta: &laquo;&nbsp;<em>Plus le temps passe, plus je ressens ce que c&#8217;est que d&#8217;avoir mis 100 points en un match. C&#8217;est ma propriété, et je commence à réaliser ce que j&#8217;ai fait.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<h4>100 points</h4>
<p>En NBA, Wilt Chamberlain est le seul joueur à avoir atteint le seuil des 100 points. Mais dans le monde du basket, d&#8217;autres joueurs ont fait aussi bien. Petit tour d&#8217;horizon:</p>
<ul>
<li>Frank Selvy est le seul joueur à avoir scoré 100 points dans un match de NCAA Division I. Comme Chamberlain, il est arrivé à 100 tout rond (41/66 et 18/22 aux LF), le 13 février 1954, lors de la victoire de Furman sur Newberry College (149-95)</li>
<li>Clarence &laquo;&nbsp;Bevo&nbsp;&raquo; Francis a planté 113 points dans un match de NCAA Division II, 11 jours avant la perf de Selvy. Il évoluait alors à Rio Grande.</li>
<li>Dans les lycées US, la perf est plus courante vu les grandes disparités de niveau. Selon les sources, 15 à 18 joueurs ont planté 100 pions ou plus. Le dernier en date est Dajuan Wagner, 100 points pour Camden High face à Gloucester Technical School (victoire 157-67) le 16 janvier 2001.</li>
<li>Le record des lycées est détenu par Danny Heater, 135 points pour Burnsville High lors d&#8217;une victoire 173-43 face à Widen High, le 26 janvier 1960.</li>
<li>Quatre filles ont également atteint la marque des 100 points au lycée Epiphanny Prince (113pts), Cheryl Miller (105), Lisa Leslie (101 en une mi-temps, l&#8217;équipe adverse déclarera ensuite forfait) et Linda Page (100).</li>
</ul>
<ul>
<li>Au niveau international, Luis &laquo;&nbsp;Lou&nbsp;&raquo; Salvador (des Philippines) a planté 116 points face à la Chine en finale des jeux asiatiques en 1923. C&#8217;est le record dans un match international.</li>
<li>Le plus célèbre après Chamberlain, est probablement Drazen Petrovic, qui a scoré 112 points le 10 octobre 1985 pour le Cibona Zagreb contre l&#8217;Olimpija Ljubljana.</li>
<li>Un autre yougo, Zdenko Babic, a scoré 144 points dans un match de Coupe Korac, face au club chypriote de l&#8217;Apoel.</li>
<li>L&#8217;actuel coach de Cholet Erman Kunter a planté 153 des 175 points du Fenerbahce en 1988 contre Hilalspor.</li>
</ul>
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