Celtic-type players, la définition par Red Auerbach

Aucune équipe ne peut se vanter d’avoir une identité aussi forte que les Celtics. Cette identité fut bâtie par Red Auerbach. En 1985, dans son livre Let Me Tell You...

Aucune équipe ne peut se vanter d’avoir une identité aussi forte que les Celtics. Cette identité fut bâtie par Red Auerbach. En 1985, dans son livre Let Me Tell You a Story, l’historique fumeur de cigare apportait une définition au Celtic-type players.

A chaque fois que j’entends quelqu’un parler du joueur type des Celtics, je me sens bien, car j’aime à penser que nous représentons plus que des bannières et des bagues, bien que ce soit aussi important. Elles symbolisent la réalité de ce que nous avons prêché durant des années.

Les Celtics représentent une philosophie qui, dans sa forme la plus simple, insiste sur le fait que la victoire appartient à l’équipe. Les honneurs individuels sont sympas mais aucun Celtic n’a jamais oublié comment y parvenir. Nous n’avons jamais eu le meilleur scoreur de la league. En fait, nous avons gagné 7 titres sans jamais placer un Celtic dans le top 10 des scoreurs. Mais dans 12 de nos équipes titrées, nous avions 6 (et à 4 occasions, 7) joueurs en double figures.

Notre fierté était de n’avoir jamais été guidé par les statistiques. Notre fierté était notre identité en tant que Boston Celtics. Être un Celtic signifiait que vous étiez quelqu’un de spécial, car tout le monde savait que les Celtics jouaient intelligemment, de manière excitante et pour le titre. Mais tout cela démarrait avec l’acquisition du bon type de joueurs.

Assimiler le coaching

Mon type de gamin avait la capacité à assimiler le coaching. Il devait réagir à tout ce que je lui disais. Il était un bon gars sur et en dehors du terrain, pas quelqu’un qui se plaindrait tout le temps. Beaucoup de gamins ont eu mal aux fesses une fois qu’ils ont goûté à la célébrité. Je voulais des jeunes qui était bien, et qui n’arrêterait pas de l’être. Plus que tout, je voulais un gamin qui acceptait de payer le prix, et de travailler pour gagner. Je voulais un gamin qui voulait tellement gagner qu’il n’y réfléchirait pas à deux fois et qu’il donnerait tout ce qu’il avait. Ça, c’est le Celtic type à mes yeux. C’était Frank Ramsey. C’était John Havlicek. C’est Larry Bird. Mais c’était aussi le cas pour d’autres grands joueurs qui n’ont jamais reçu de belles ovations, qui n’ont jamais fait les gros titres, mais qui, cependant étaient absolument indispensable à nos succès. KC Jones, Satch Sanders, Don Chaney, ils étaient mon type de joueurs aussi.

Nous étions la première franchise à populariser le concept de « role player », le joueur qui entreprend volontairement le travail ingrat qui devait être fait pour arriver à notre but.

Quand je parle des role players, je ne parle pas du tout du sixième homme, et je vais te dire pourquoi. Le rôle de sixième homme est quelque chose de différent. Nous l’avions inventé en 1957 avec Ramsey; puis Havlicek a pris ce rôle à la retraite de Frank en 1964. Paul Silas en a hérité quand il nous a rejoint en 1972 et il nous a aidé à gagné deux championnats avec les boosts qu’il nous a apporté en sortie de banc. Aujourd’hui, Kevin McHale a repris ce rôle, et ça lui convient aussi bien qu’aux autres.

Sixième homme: un rôle prestigieux à Boston

L’égo moyen des joueurs lui dit qu’il doit être dans le starting five s’il veut se sentir important. Mais mon starting five n’était pas nécessairement les joueurs sur le parquet quand le match débutait; c’était les gars sur le terrain à la fin du match, lorsque ça comptait le plus pour moi, car c’est quand tu as besoin de tes têtes froides et de tes mains les plus sûres. La plupart des équipes débutent avec leur cinq meilleurs joueurs. Mais j’ai arrêté de faire ça. J’ai alors commencé par titulariser 80% de mes meilleurs joueurs. Qu’est qui se passait après ?

Après cinq, six ou sept minutes, tout le monde sur le terrain était un peu fatigué. C’est là que les remplacements débutent. Donc, alors que les adversaires diminuent leur efficacité en diminuant le talent, j’augmentais le notre en faisant entrer un Ramsey qui allait maintenir le tempo que nous avions au début sans baisse de régime. Psychologiquement, cela faisait mal à nos adversaires qui, au lieu d’avoir un peu de répit, se retrouvaient à travailler encore plus dur pour rester avec nous.

Loin d’être méconnu, le sixième homme est devenu un rôle prestigieux à Boston. Mais quand tu parles des role players, il s’agit de quelque chose de différent.

Être un role player signifiait simplement jouer sur ses forces individuelles. Cela n’avait pas seulement du sens pour le club, cela avait aussi un sens pour les joueurs, s’ils arrêtent de penser à cela.

Prenez Don Nelson. Les Lakers l’avaient viré en 1965. C’est comme ça que nous l’avions acquis, alors que tous les autres avaient eu leur chance et avaient refusé. Il était résigné car sa carrière était terminée, jusqu’à ce que nous l’avions choisi et montré qu’il pouvait s’intégrer aux schémas des Celtics. Il a finalement joué 11 saisons à Boston et quand il a arrêté, nous avions retiré son numéro. Aujourd’hui, il détient cinq bagues de champion.

Qu’est que nous avions fait avec lui ? Nous avions utilisé son intelligence, sa capacité à tirer après une ou deux feintes, sa force sur les écrans retards. Si nous lui avions juste permis de vivoter et de faire des trucs banals… Hey, c’est pourquoi L.A. l’avait laissé partir. Il n’était pas productif comme ça.

Nelson, Loscutoff, Sanders…

Regardez un gars comme Jim Loscutoff. Il a joué neuf saisons avec nous. Il était notre ‘flic’ après le départ de Bob Brannum, mais ce n’était pas assez pour le garder dans la league aussi longtemps. Loscy a réussi grâce à sa défense, ses écrans retards, la pose d’excellents écrans en attaque. Si je lui avais dit: « Ne t’inquiète pas du reste, inscrit juste quelques points. » cela aurait un peu augmenté ses moyennes, mais le reste de son jeu en aurait tellement souffert que nous l’aurions laissé partir.

Prenez Satch Sanders. Avec d’excellents shooteurs comme Tommy Heinsohn, Bill Sharman, Bob Cousy, Frank Ramsey, John Havlicek et Sam Jones autour de lui, je n’avais pas besoin de points de Satch, comme je n’avais pas besoin de points de Russell. Bien sur, je voulais qu’il prenne le tir si l’autre équipe l’insultait en lui laissant trop d’espace mais ce que je voulais vraiment de lui, c’est son excellente défense, forte, dure, avec une pression sans faille sur des joueurs comme Elgin Baylor, qui pouvait vous tuer si vous le laissiez tout seul.

J’ai une histoire à raconter sur Satch, qui a fuit la lumière. Cela montre comment nous nous sentions en tant qu’équipe.

A un moment, lors de sa troisième ou quatrième année avec nous, il a commencé à penser que ce serait sympa de scorer quelques points pour lui-même. Donc, sans être trop démonstratif à ce sujet, il a commencé à prendre plus de tirs. Un soir, il a inscrit 15 points. Un autre, il a réussi à atteindre les 18. Là, personne ne disait rien. Notre politique était que la balle appartenait à tout le monde. Personne n’avait un droit exclusif dessus. Si tu pensais que tu avais un bon tir, tu n’étais pas seulement encouragé à le prendre, tu devais le prendre.

Puis, un soir, il a scoré environ 20 points, mais nous avions perdu. Cela l’a dérangé durant tout le trajet du retour. Il a réfléchi longuement à ça durant la nuit puis, il en est arrivé à la conclusion suivante. « Tout ce qu’il faut pour faire dérailler l’équilibre de cette magnifique machine qu’est la notre est qu’un homme empiète sur la spécialité d’un autre. Donc j’ai décidé cette nuit que c’était bien plus fort de dire que j’étais un membre des champions du monde que de dire que je tournais à 35 points par match. Une fois que j’ai réalisé ça, je ne me suis plus jamais occupé du scoring. »

Parlons d’une attitude de winner ! Satch symbolise la façon dont nous jouions à Boston.

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