Clyde The Glide Drexler

Né à New Orleans, Clyde Drexler passa son enfance à Houston où il débuta le basket sur les playgrounds locaux. Logiquement, il s’inscrit à l’université locale où il fera équipe...

Né à New Orleans, Clyde Drexler passa son enfance à Houston où il débuta le basket sur les playgrounds locaux. Logiquement, il s’inscrit à l’université locale où il fera équipe avec un certain Hakeem Olajuwon. Pour l’anecdote, c’est un ancien adversaire de lycée, Michael Young, qui le recommanda au coach des Cougars, Guy Lewis.

Avec Clyde, Hakeem, Larry Micheaux et Benny Anders, les Cougars deviennent l’équipe la plus spectaculaire du pays. La « Phi Slama Jama », comme fut nommée cette association de dunkeurs fous furieux, faisait le spectacle aux 4 coins des Etats-Unis. En 1982, les Cougars participaient au Final Four mais tombaient en demi-finale contre UNC, emmené par Michael Jordan. Un an plus tard, dans une demi-finale de légende, Houston passait l’obstacle Louisville grâce à 22 dunks, une intensité et un show souvent cités lorsqu’on parle des classics NCAA. Malheureusement, en finale, NC State menée par Thurl Bailey et Sidney Lowe remporte le titre alors que Drexler manquait complètement sa finale (1/5 au shoot)

A l’issue de son année junior, il décide de quitter le monde universitaire avec des moyennes de 15.9 points (53.6%) 8.8 rebonds et 3.8 assists.

Un talent non récompensé

La draft ’83 ne fait pas partie des plus relevées, l’ultra-spectaculaire géant Ralph Sampson est choisi en numéro 1, Byron Scott, Thurl Bailey, Sidney Green et Dale Ellis sont les gros noms du top 10 et les Blazers sautent sur Drexler en 14e position! Avec le recul, c’est évidemment un énorme steal tant les all-stars furent peu nombreux dans cette cuvée. Pourtant, son année rookie est délicate, 17 minutes par match qu’il rentabilise avec 7.7 points. Dans la rotation, il passe derrière les expérimentés John Paxson et Calvin Natt ainsi que le sophomore Lafayette « Fat » Lever (la future star des Nuggets).

Cependant, cette première saison n’a rien à voir avec ce que la suite de sa carrière sera, puisque durant 10 saisons il fera partie des meilleurs scoreurs de la league. Pour son année sophomore, il devient titulaire et plante 17.2 points par match, en 1985-86, il devient all-star, tourne à 18.5 points, distille 8 assists par match (il joue arrière, je le rappelle) et vole 2.63 ballons par match (#3 de la league). En 1986-87, il fait partie des 3 joueurs (avec Bird et Magic) à tourner à plus de 21 points (21.7 ppg), 6 rebonds (6.3 rpg) et 6 assists (6.9 apg). Malgré cela, il n’est pas invité au All-Star Game. En playoffs, il élève son niveau de jeu (24ppg) mais les Blazers tombent au premier tour contre les Rockets d’Olajuwon.

La saison suivante fut une des meilleures de sa carrière. Il fut cinquième à l’élection du MVP avec des stats ultra-complètes 27 points, 6.6 rebonds, 5.8 assists et 2.51 steals. Il est nommé dans la All-NBA Second Team, pour son second All-Star Game, où il jouera 15 minutes pour 12 points et 5 rebonds. Mais pour la troisième saison consécutive, les Blazers chutent au premier tour des playoffs. Le Jazz lui prévoit un traitement particulier, Bob Hansen et John Stockton font tout pour le limiter et Drexler n’apportera que 22 points à 38.6%. Un an plus tard, malgré ses 27.2 points (record en carrière), 7.9 rebonds et 5.8 assists en saison, les Blazers ne progressent pas et passer le premier tour des playoffs semble utopique. Drexler fait partie de ses stars dont le talent est reconnu mais raillées car elles n’ont pas de résultat.

Portland décolle

Eté 1989, changement de cap, Rick Adelman va pouvoir mettre en place ses principes de jeu (il a pris la succession de Mike Schuler au cours de la saison précédente) il redistribue les cartes, Duckworth, Porter et Kersey élèvent leur niveau de jeu pour compenser le départ de Vandeweghe vers New York (arrière qui pesait tout de même 20.2 points par match) le vétéran Buck Williams débarque sous les panneaux et Drexler déclare avant le début de saison, «je pense qu’on a une équipe taillée pour le titre, et on ira le chercher.» Les menaces sont multiples, Drexler ne score plus 27 points par match mais reste un joueur ultra complet (23.3ppg-6.9rpg-5.9apg), devient triple all-star et est sélectionné dans la All-NBA Third Team. En playoffs, les Blazers sweepent les Mavs, sortent les Spurs en 7 matchs puis les Suns en 6. La montée en puissance de cette équipe est impressionnante et personne ne trouve rien à redire à leur place de finaliste.

En finale, les Pistons se dressent sur la route du Glide et de ses compagnons. Après avoir perdu le Game 1, Drexler prend les choses en main avec 33 points dont les 2 lancers de la victoire à la dernière seconde de la prolongation. A 1-1, la finale qu’on imaginait relancée tournera à l’avantage des bad boys malgré un exceptionnel Drexler qui apportait 26.4 points (54.3%) et 7.8 rebonds contre une défense qui avait su contenir Jordan au tour précédent. Les Blazers ne sont pas titrés mais Drexler a prouvé qu’il pouvait emmener son équipe au top et se surpasser au moment le plus intense de la saison.

En 1990-91, il retourne dans la All-NBA Second Team alors qu’il mène les Blazers au meilleur bilan de leur histoire (63V-19D). Mais cette fois-ci, les Lakers prendront l’ascendant en demi-finale de conférence. L’année suivante sera exceptionnelle pour Drexler. Cinquième scoreur de la league (25ppg), second joueur de l’histoire des Blazers à être honoré d’une sélection dans la All-NBA First Team (après Bill Walton en 1978) et second à l’élection du MVP. En fin de saison, on retrouve les Blazers en finale, face aux Bulls. Jordan livre un match 1 fantastique avec 35 points en première mi-temps et une déroute des joueurs de l’Oregon (122-89). Les Blazers reviendront, font jeu égal, ils sont menés 3-2 mais on les sent capable de remporter le match 6. Ce match, ils le mèneront 79-64 dans le dernier quart… mais le perdront! Comme les Pistons deux ans plus tôt, les Bulls remportent leur second titre consécutif contre les Blazers de Drexler!

Drexler était alors réputé pour sa rapidité, sa finesse technique, ses qualités de finisseurs que ce soit sous le cercle ou grâce à son jump shot. Il était aussi devenu un excellent post player. Ses qualités athlétiques lui permettaient d’être un excellent dunkeur. Mais avant tout, c’est sa polyvalence dont on se souviendra, peu de joueurs peuvent se vanter d’être classés dans toutes les catégories statistiques comme lui le fut. Il était même un bon contreur pour sa taille et reste le troisième shot-blocker all-time parmi les arrières!

Durant l’été ’92, il fera partie de la Dream Team où il se signalera avec un 3/3 à 3-points contre l’Espagne et quelques dunks ultra-spectaculaires dont il a le secret. Médaillé d’or olympique, il veut désormais un titre NBA.

Titre et blessures

Malheureusement, quelques blessures viendront l’handicaper et le Glide passe sous la barre des 20 points par match. Surtout, il perd de son influence et il comprend que Portland a laissé passer sa chance de titre. En milieu de saison 94-95, les Blazers acceptent de le transférer à Houston contre Otis Thorpe. Il quitte Portland en étant le leader all-time en nombre de matchs, minutes, points, shoots tentés, lancer-francs, rebonds et steals. Le trade permet à Drexler de retrouver Hakeem Olajuwon, son coéquipier à la fac. Les Rockets, champions en titre, n’ont pas dépassé les 50 victoires cette année-là, ils ne finiront que 6e de la conférence Ouest et Rudy Tomjanovich déclara son fameux «ne sous estimez pas le cœur du champion», repris à toutes les sauces depuis.

En 35 matchs avec les Rockets, il tourna à 21.4 points (50.6%) et 7 rebonds. Des moyennes qu’il maintiendra en playoffs. Contre le Jazz, en finale de conférence, Drexler et Olajuwon réaliseront une perf exceptionnelle, plus de 40 points chacun dans le Game 4, ils sont seulement le troisième duo à réaliser cela en playoffs. En finale, Houston affronte Orlando de Shaq et Penny qui a dominé les Bulls puis les Pacers. Ces grosses séries font des jeunes floridiens le favori mais Olajuwon montra toute sa classe à la planète basket humiliant O’Neal comme il l’a fait auparavant avec Robinson. Drexler se fend de perf très complète dont il est coutumier, 23 points, 11 rebonds, 7 passes décisives dans le match 1, 23 points, 5 rebonds, 5 assists dans le match 2 et les Rockets mènent 2-0 contre toute attente. Le match 3 est serré lorsque The Glide sort une action restée dans la légende dans le money time avec un rebond, il remonte le terrain, coast to coast et dunk magistral. Sa ligne de stats sur le troisième match est encore énorme: 25 points, 13 rebonds et 7 passes! Le match 4 sera plus compliqué pour Drexler qui rend un petit 4/13 au shoot mais compense avec 9 rebonds et 8 passes, Hakeem fait le ménage, Drexler tue le match sur la ligne des lancers, Orlando est sweepé, les Rockets sont champions!

Clyde Drexler, compétiteur dans l’âme, souvent finaliste (une finale NCAA, deux NBA) mais jamais gagnant (à part aux JO) remporte enfin le trophée qu’il a toujours convoité. Olajuwon, nommé MVP des finales, déclara après les finales: «Je suis tellement content d’avoir gagné aux côtés de Clyde. Ce titre, c’est pour lui et pour lui seul que je le voulais.»

Par la suite, il aura de nombreux problèmes physiques, notamment au genou et au tibia qui l’empêcheront de réaliser des saisons complètes. Le 24 novembre 1995, il devient le 24e joueur a passé la barre symbolique des 20000 points en carrière. En 1996, il fait partie des 50 plus grands joueurs de l’histoire. Mais ses blessures et l’arrivée de Charles Barkley auront un impact sur ses moyennes au scoring (18pts en 1997, la plus basse depuis 1985). Avant la saison 1997-98, il annonce que cette saison sera sa dernière. Il quitte la NBA avec plus de 20000 points, 6000 rebonds et 3000 assists au compteur, seuls Oscar Robertson et John Havlicek ont fait de même. La NBA a alors perdu un gentleman des parquets et un joueur aussi efficace que spectaculaire.

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Sa fiche

  • Né le 22/06/1962 à la Nouvelle Orleans, Louisianne.
  • Poste: Arrière/Ailier
  • Taille: 2.04m
  • Poids: 95kg
  • High School: Sterling, Houston
  • College: Houston
  • Drafté par les Portland TrailBlazers en 14e position, lors de la draft ’83.
  • Franchises successives:
    • Portland TrailBlazers (1983-95)
    • Houston Rockets (1995-98)

Palmarès

  • NBA Champion (1995)
  • 1 fois nommé dans la All-NBA First Team (1992)
  • 2 fois nommé dans la All-NBA Second Team (1988, ’91)
  • 2 fois nommé dans la All-NBA Third Team (1990, ’95)
  • 9 fois All-Star (1986, 88 à 94, et ’96) Egalement sélectionné en 1997 mais forfait sur blessure.
  • Elu au Hall of Fame (2004)
  • Elu parmi les 50 Greatest Players in NBA History (1996)

Stats en carrière

  • Points: 22195 soit 20.4 par match.
  • Rebonds: 6677 soit 6.1 par match.
  • Assists: 6125 soit 5.6 par match.
  • Matchs: 1086 de saison régulière, 145 en playoffs.