L’arrivée de Larry Bird à Boston coïncide avec le passage à l’ère moderne. Exit le noir et blanc et les vieilles gloires aux records complètement hors du temps, et bonjour à la NBA des années 80. Mais, comme pour de nombreux autres joueurs, l’arrivée de Larry Bird fut extrêmement compliquée à concrétiser.
New York. 9 juin 1978. La NBA ouvre sa 32e draft avec quelques bons joueurs (Michael Ray Richardson, Reggie Theus, Mo Cheeks) et un ailier hors norme, Larry Bird. Éligible mais pas forcément tenté par une entrée immédiate en NBA, la vedette d’Indiana State inquiète les scouts.
Junior à 22 ans
Pourquoi Bird est éligible ? Il est né en 1956. Il a donc 22 ans, l’âge habituel de sortie d’université. Mais Larry Bird a eu un cursus universitaire tortueux. Recruté par Indiana, il sent rapidement qu’il n’est pas à sa place dans un campus surdimensionné et quitte la fac au bout de 24 jours.
En 1976, il intègre Indiana State. Il a donc deux ans de retard et son petit mois chez les Hoosiers fait de lui un sophomore. En deux ans, il place cette petite fac sur la carte du basket universitaire. Les scouts sont conscients de son talent et de son charisme. Tout le monde est persuadé qu’il peut révolutionner une équipe NBA. Encore faut-il qu’il franchisse le pas vers le monde pro.
A la draft 1978, les Pacers disposent du premier choix. Attirer le gamin de French Lick serait idéal. Mais, après la saison universitaire, Larry Bird est clair. Il est éligible, certes, mais ne souhaite pas quitter la NCAA immédiatement. Les Pacers décident alors de transférer ce pick (finalement utilisé pour le pivot des Bahamas Mychal Thompson) aux Blazers.
Le risque d’Auerbach
Quatre autres équipes (Kings, Pacers, Knicks et Warriors) décident de ne pas prendre le risque de sélectionner Bird. En effet, le risque est réel, si ce dernier n’est pas signé avant le jour de la draft ’79, il sera à nouveau éligible.
Red Auerbach, tombé sous le charme du leader des Sycamores, décide d’utiliser le 6e choix de la draft 1978 pour Larry Bird. Il n’a aucune garantie. Ni qu’il soit dans son effectif à la reprise, ni qu’il soit dans l’effectif un jour. Quelque soit la motivation première de Red Auerbach, son intuition ou le prestige des Celtics, il avait le sentiment que Larry Bird rejoindrait les Celtics au terme de la saison universitaire au lieu de se représenter à la draft.
En 1979, Larry Bird est récompensé de toute part, John R. Wooden Award, Naismith College Player of the Year, AP National Player of the Year, Oscar Robertson Trophy, Adolph Rupp Trophy et NABC Player of the Year. Individuellement, il ne laisse rien à son principal rival, Magic Johnson. Mais il échoue en finale du tournoi NCAA, dans un match resté dans la légende du sport universitaire.

L’arrivée de Larry Bird est officielle
Contrat record
En avril 1979, reçu par Red Auerbach en compagnie de son agent, Bob Woolf, le boss des Celtics lui annonce que les Celtics comptent conserver ses droits jusqu’au dernier moment (le jour de la draft) et trouver un accord avec lui. Peu avant la deadline, il signe un contrat de 5 ans d’une valeur totale de 3.25M$. A 650 000$ la première année, il devient le rookie le mieux payé de l’histoire. Le risque pris un an plus tôt est récompensé.
Dès l’été suivant, Red Auerbach appréciera son investissement au rookie camp de Marshfield. Shooting, passing, rebonds, mobilité, Larry Bird vaut chaque dollar misé sur sa tête.
Ces négociations très compliquées ont poussé la league à modifier les règles. Si le joueur n’est pas éligible pour signer immédiatement en NBA, il ne peut être retenu à la draft. La règle était appelée Bird Collegiate Rule.







L’histoire aurait été complètement modifié si cette règle avait été en place à ce moment là. Ca paraît incroyable maintenant qu’un joueur ait pu être sélectionné à la draft tout en restant en NCAA.
Le cas des joueurs « internationaux » ne sortant pas de la NCAA est-elle un exception à la « Bird Collegiate Rule », vu le principe de « droits » que les franchises acquièrent sur les joueurs? Ou le régime et les règles de la draft sont-elles fondamentalement différentes selon que le joueur soit issu de la NCAA ou d’ailleurs?
C’est très différent. Aujourd’hui, un joueur peut quitter la fac après un an ou se présenter à 19 ans (pour les joueurs internationaux ou Brandon Jennings)
Quand Valanciunas ne vient pas directement en NBA, c’est en accord avec toutes les parties. Le rachat de son contrat était trop cher, il le sera moins en 2012, il viendra aux Raptors en 2012.
Tandis que Bird était totalement libre de sa décision, c’est ça? Par exemple, si il avait été drafté par une franchise qui ne parvenait pas à le convaincre de venir chez elle, il pouvait dire « non, je reste un an de plus à la fac et je me représente à la draft »?
Je trouve la situation des joueurs « internationaux’ (évoluant dans un championnat non-américain, qu’ils soient étrangers ou US) assez confortables: une fois draftés, ils ont le choix entre soit passer en NBA ou rester en Europe tout en conservant un contact avec sa franchise NBA, à l’inverse des jeunes sortant de NCAA qui peuvent soit signer avec l’équipe qui les a drafté, soit devenir free agent. Scola (drafté en 2002, passé en NBA en 2007) et Splitter (qui a signé un contrat avec Vitoria juste après sa draft en 2007) ont d’ailleurs bien profité de cette situation…
Bird était éligible, donc oui, il avait le choix. Mais c’est du à son parcours universitaire non-linéaire. En 1978, il devait être senior, alors qu’il n’était que junior (avec une année freshman de moins d’un mois…)
La grosse différence avec les joueurs internationaux, s’ils ne viennent pas en NBA immédiatement, les droits sont conservés par la franchise. Ils ne se représentent plus.