Dave DeBusschere, le col-bleu personnifié

Séquence souvenir aujourd’hui, avec un hommage à David Albert, dit Dave, DeBusschere. Décédé le 14 mai 2003, cet ancien ailier des Pistons et des Knicks a laissé une trace indélébile...

Séquence souvenir aujourd’hui, avec un hommage à David Albert, dit Dave, DeBusschere. Décédé le 14 mai 2003, cet ancien ailier des Pistons et des Knicks a laissé une trace indélébile dans la league pour avoir donné un sens au terme col-bleu. Talentueux, travailleur, dôté d’un grand sens du collectif, entraîneur-joueur à seulement 24 ans, il fait partie des 50 plus grands joueurs de l’histoire et, évidemment, du Hall of Fame.

Big D, D comme Defense, Dave DeBusschere était un défenseur acharné, tenace, dur sur l’homme, simplement un des plus grands de l’histoire. Il fut nommé dans les six premières All-Defensive First Team (à l’époque, le DPY n’existait pas). DeBusschere était également connu pour son éthique de travail et reste le symbole du col-bleu devenu star. Bill Bridges, ancien coach des Hawks, qui a souvent eu l’occasion de croisait sa route avait donné à Newsday une définition toute particulière de ce joueur. Elle vous permettra de mieux situer le jouer.

Bill Bridges : Il n’y a pas un autre joueur dans la league qui se donne à 100% comme DeBusschere le fait, chaque soir, à chaque match de la saison, des deux côtés du parquet

Mais le D aurait aussi pu vouloir dire Detroit ! Dave DeBusschere y est né, y a grandi, y a passé sa scolarité, il y a fait ses classes aussi bien au basket qu’au baseball et a remporté de nombreux titres d’Etat dans les deux sports.

Basketball ? Baseball ?

En 1958, il intégrait l’Université de Detroit, une fac qui n’a jamais été réputée pour ses programmes sportifs. Il joua au basket où il tournait à 24.8 points par match durant sa scolarité mais aussi au baseball où il évoluait au poste de lanceur. Il ne gagna aucun trophée à la fac mais acquis une solide réputation dans les deux sports. Diplômé en 1962, il doit alors faire un choix le basket ou le baseball, le second étant bien plus populaire que le premier aux Etats-Unis. DeBusschere fait alors un non-choix et décide de tenter sa chance dans les deux sports.

Dave DeBusschere aux Pistons

Dave DeBusschere aux Pistons

Il signe deux contrats, un de 75 000$ avec les Chicago White Sox, un autre de 15 000$ avec les Detroit Pistons qui l’avaient sélectionné via le feu territorial draft pick, une règle qui permettait à une franchise d’avoir la priorité sur un joueur d’une université locale.

DeBusschere joua durant quatre saisons au baseball où il était considéré comme très prometteur. Mais c’est au basket qu’il excellait, lors de la saison 1962-63, il tournait à 12.7 points et fut sélectionné dans la All-Rookie Team. Il avait du talent offensif, pourtant, il marquait la majorité de ses points sous le panier. Son shoot était travaillé mais il ne brillait pas par sa régularité. Sa technique balle en main était plutot bonne pour un joueur de sa taille, ce qui encourageait son coach de l’époque, Dick McGuire (ancien meneur des Knicks et des Pistons) à l’utiliser au poste 2 alors qu’il avoisinait les 2 mètres. DeBusschere montrait aussi une grosse maturité dans le jeu pour un rookie.

Dès sa saison rookie, DeBusschere découvre les playoffs où ses moyennes montent à 20 points par match face aux St-Louis Hawks. Les Pistons seront tout de même éliminés en 4 matchs. L’année suivante marque un gros coup d’arrêt dans sa carrière puisqu’il se brise la jambe après 15 matchs. Les Pistons n’en remporteront que 23 cette saison-là… En 1964, DeBusschere revient, les résultats non ! Fred Zollner, le mythique propriétaire des Pistons fera alors un changement pas forcément judicieux : il nomme Dave DeBusschere, 24 ans, comme entraineur-joueur de l’équipe. Il devient le plus jeune coach de l’histoire de la league.

Selon certaines rumeurs, si Zollner l’a nommé entraineur-joueur, c’est avant tout pour le détourner du baseball. Avec sa maturité, son charisme et son intelligence de jeu, il semblait avoir les capacités. Il jouera encore un an au baseball dans une ligue mineure mais refusa un call-up des White Sox, en 1965, privilégiant les training camp des Pistons. Il ne sera alors plus intégré au roster des White Sox. Son choix était fait : il se consacrera entièrement au basket-ball.

Galère à Detroit

Bien qu’il soit pleinement concentré sur le basket, son expérience en tant que coach ne sera pas une grande réussite. A part lui, le roster des Pistons n’était pas très fourni en talent, depuis le départ de Bailey Howell notamment. Il galéra durant trois ans à ce poste pour 73 victoires, 143 défaites et aucune apparition en playoffs. Malgré cela, DeBusschere dira souvent qu’il avait énormément appris de son expérience de coach en terme de jeu notamment. Il dira aussi qu’il n’avait pas la maturité nécessaire pour assumer ce role.

Les Pistons ne décollent pas et son talent attise l’apétit d’autres franchises, en particulier les Knicks. Chaque année, dans la Grosse Pomme, on rêve de DeBusschere, la pièce manquante du puzzle. Seulement les Pistons ne voulaient pas laisser partir le joyau local. La situation évolua lorsque Paul Seymour devint le coach de l’équipe. Il voulait changer les joueurs en place et DeBusschere était son joueur le plus côté. En décembre 1968, il est transféré à New York contre le pivot-star Walt Bellamy et le guard Howard Komives. Le coach des Knicks Red Holzman écrira dans son livre, « DeBusschere était notre Saint-Graal. »

Renaissances

Pour l’ancien ailier des Pistons, New York sera comme une renaissance. Bien que Detroit soit sa ville natale, les saisons négatives avaient fini par le démotiver. Il dira notamment, « quand le trade fut annoncé, j’étais heureux de devenir un winner. »

A New York, l’enthousiasme n’était pas moins grand. Les Knicks renaissent de leurs cendres sous l’impulsion de Willis Reed et Walt Frazier. Suite au deal, Willis Reed allait enfin pouvoir évoluer à son poste de pivot, DeBusschere renforçait le frontcourt, Bill Bradley prenait l’autre poste d’ailier, le sharp-shooter Cazzie Russell envoyait les banderilles longue distance et Walt Frazier drivait le tout. Son intégration est un succès, 16.8 points, une demi-finale de playoffs perdue contre les Celtics et une nomination dans la All-NBA Second Team.

Bien qu’il n’était toujours pas devenu un grand shooter, il avait le potentiel pour mettre 20 points tous les soirs. Son arme principal restait le jeu post-bas mais il a développé un bon shoot dans le corner. Comme Bradley, il excellait dans le shoot en sortie d’écran et surtout, il était devenu un rebondeur offensif tout simplement génial ! A New York, son rôle principal était de collecter les rebonds. Son autre boulot était de mettre sous l’éteignoir la principale menace offensive adverse, qu’il évolue au poste 2, 3 ou 4.

Richie Guerin, ancien arrière des Knicks, dira de lui qu’il était parmi « les 10 meilleurs ailiers que je n’ai jamais vu. » Red Holzman, son coach aux Knicks, ira même plus loin.

Red Holzman : Je n’ai jamais réalisé à quel point il était bon jusqu’à ce que je l’ai eu avec moi. J’ai toujours su que c’était un joueur extraordinaire mais à ce point ! C’est souvent le cas, je pense. Vous ne réalisez pas à quel point les joueurs sont bons tant que vous ne les voyez pas jouer tous les soirs.

Dave Debusschere en couverture de SI après le titre

Dave Debusschere en couverture de SI après le titre

Lors de la saison 1969-70, les Knicks vont retrouver la gloire nationale. Dans une ville aussi cruelle que New York, la personnalité des joueurs est importante. La capitale des médias US n’a jamais été tendre avec les Knicks. Alors quand l’équipe retrouve les sommets, la passion autour du groupe est multipliée.

Cette année-là, les Knicks enchanteront le Madison Square Garden, 60 victoires, 22 défaites. Durant les playoffs, ils sortiront les Baltimore Bullets en 7 matchs puis les Milwaukee Bucks en 5.

Dix-sept ans après, les Knicks retrouvent les finales NBA face aux Lakers, non plus de Minneapolis mais de Los Angeles. West, Baylor, Chamberlain, Hairston, l’opposition est relevée. Cette finale fut simplement extraordinaire; sept matchs, la blessure de Reed, la défense de DeBusschere sur Chamberlain lors du match 5 et celle sur Baylor lors du match 7 que notre homme finira avec 18 points, 17 rebonds et la bague !

Si Reed fut MVP des finales, DeBusschere s’est distingué par sa défense intransigeante, son apport offensif et son caractère.

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Par la suite, il s’imposera comme le top rebondeur et la seconde option offensive de l’équipe. En 1973, les Knicks gagnent un second titre de champion. DeBusschere sortira du lot en demi-finales face aux Celtics, d’abord en imposant un véritable défi à John Havlicek, puis en s’occupant du pivot Dave Cowens, MVP en titre !

Dans ses trois dernières saisons, il continua à scorer ses 15 points par match, il continua à être all-star (huit sélections) et a sa place réservée dans l’équipe défensive de l’année.

Retraite

Il prend sa retraite à 33 ans, en 1974, après 12 saisons professionnelles. Bill Bradley dit alors « vous ne remplacez pas un Dave DeBusschere ! » Il était visionnaire puisqu’en un an, les Knicks passeront de 49 à 40 victoires et les campagnes de playoffs se feront rare les cinq années suivantes.

Toutefois, il ne quitta pas le monde du basket. Il ne recoachera plus mais deviendra president et manager general des Nets alors en ABA. En 1982, il retourne aux Knicks et fait partie du staff qui choisira Pat Ewing en 1985.

DeBusschere sera élu au Hall of Fame en 1983 et nommé parmi les 50 plus grands joueurs de l’histoire en 1996. Son #22 n’a pas été retiré par les Pistons mais flotte au-dessus du MSG depuis le 24 mars 1981 !

Il nous a quitté le 14 mai 2003 des suites d’une crise cardiaque. Le jour de ses funérailles, Walt Frazier fit un discours émouvant, et ce sera notre conclusion,

Walt Frazier : Il a fait la différence. Il était la dernière pièce du puzzle. Dave était un col-bleu, le type de joueur qui montrait l’exemple par sa ténacité sur le parquet. Je me rappelerai toujours de lui, s’asseyant dans le coin du vestiaire après les matchs, épuisé, car il donnait toujours tout ce qu’il avait. Pour cela, les joueurs le respectaient immensément. J’ai perdu un ami mais j’ai la chance d’avoir des souvenirs incroyables de Dave que je n’oublierai jamais.

Sa fiche

  • Né le 16/10/1940 à Detroit, Michigan.
  • Poste : Ailier
  • Taille : 2.01m
  • Poids : 106kg
  • High School : Austin Catholic, Detroit
  • College : Detroit
  • Drafté par les Detroit Pistons en 4e position, lors de la draft ’62.

Franchises successives :

  • Detroit Pistons (1962-68)
  • New York Knicks (1968-74)

Palmarès

  • NBA Champion (1970, ’73)
  • 1 fois nommé dans la All-NBA Second Team (1969)
  • 6 fois nommé dans la All-NBA Defensive Team (1969 à ’74)
  • Nommé dans la All-Rookie Team (1963)
  • 8 fois All-Star (1966-68 et ’70-73)
  • Elu au Hall of Fame (1983)
  • Elu parmi les 50 Greatest Players in NBA History (1996)

Stats en carrière

  • Points : 14053 soit 16.1 par match.
  • Rebonds : 9618 soit 11.0 par match.
  • Assists : 2497 soit 2.9 par match.
  • Matchs : 875 de saison régulière, 96 en playoffs.
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