Les Pistons dominaient le basket à la fin des années 80. Mais les années 90 seront une autre paire de manches… Malgré la présence de superstars dans le roster (Grant Hill, Allan Houston, Jerry Stackhouse), les Pistons ne parviennent pas à retrouver leur lustre d’antan. La franchise de la Motown retombe dans l’anonymat et retrouve le milieu des classements.

Dennis Rodman, le roi du rebond à Motown
La saison 91-92 confirme la baisse de vitesse des Pistons : ils terminent avec 48 victoires pour 34 défaites, ce qui les placent seulement en 3ème position de la Central Division et sont rapidement sortir des playoffs dès le premier tour par les Knicks de Pat Ewing. Une première depuis six saisons… Cette saison permet à Rodman d’atteindre le sommet de son art, explosant tous les records de franchise concernant le rebond, avec une moyenne de 18.7 rebonds par match (pour un total de 1530 rebonds, 523 offensifs et 1007 défensifs), avec une pointe à 34 rebonds en un match contre Indiana le 4 mars (battant le record de franchise de Lanier d’un rebond) ou une autre énorme perf’ avec 22 rebonds défensifs contre Sacramento le 14 mars… Tout simplement fantastique pour un gars qui dépasse à peine le double-mètre. Un autre record tombe, celui des points inscrits pour la franchise: les 15488 points de Bob Lanier sont battu par Isiah Thomas. Le dernier événement frappant le Palace of Auburn Hills cette saison – et sans doute le plus important pour le futur – est sans conteste le départ, après 538 victoires et un ratio de 63.2% de victoires, du mythique coach des Bad Boys, Chuck Daly vers les Nets. C’est ce départ qui porte le coup de grâce signifiant la fin de la grande période de gloire des Pistons.
Retour sous les .500
Le nouveau coach, Ron Rothstein, conduit l’équipe à de médiocres résultats, loin de ceux obtenus par Coach Daly. Pour la première fois depuis 10 ans, les Pistons ne dépassent pas la barre des 50% de victoires (40-44) et loupent les playoffs 1993. Les seules « réjouissances » dans le Michigan sont les records de franchise battus par les héros des années de gloire de la franchise : Dumars établit le record de 3 points inscrits en un match (7, contre New York, le 26 février) et Laimbeer passe la barre des 10.000 rebonds pris, devenant le 19ème joueur de la NBA à avoir cumulé 10.000 rebonds et 10.000 points. Il devient aussi lors de cette saison le meilleur rebondeur de l’histoire de la franchise.
A la fin de la saison, Ron Rothstein est remplacé par Don Chaney, Coach of the Year en 1991 avec les Houston Rockets. La dislocation de l’équipe double championne continue lors de l’intersaison 93: Rodman est envoyé à San Antonio en échange de Sean Elliott (qui sera de nouveau renvoyé aux Spurs 12 mois plus tard…) et Laimbeer est contraint de partir à la retraite après les 11 premiers matchs de la saison. Seuls Joe Dumars et Isiah Thomas sont encore présent… Thomas profite de cette saison pour rentrer dans le club très fermé des 9000 passes décisives, rejoignant les seuls Magic Jonhson, John Stockton et Oscar Robertson. Pourtant, avec le recrutement de Lindsey Hunter et d’Allan Houston, l’avenir semblait radieux… Mais malgré le talent de ces deux rookies et des deux valeurs sûres restantes (Thomas et Dumars), les Pistons pêchaient par leur manque de poids dans la raquette. Ils signent une des plus mauvaises saisons de leur histoire, finissant avec 24% de victoires, soit 20 victoires pour 62 défaites. Une honte pour une équipe qui, il y a moins de 5 ans, était encore championne… Cependant, une telle saison offre un avantage: un des premiers choix de Draft de la saison suivante. Les Pistons choisissaient au troisième choix l’ailier de Duke University, Grant Hill, un des symboles de l’équipe durant les années 90.
La saison 94-95 aurait pu être celle de la renaissance mais les blessures venaient encore une nouvelle fois empêcher les Pistons de décoller du fin fond des classements. Les blessures ont touché 10 joueurs différents, obligeant Don Chaney, à devoir aligner 25 cinq de base différents sur la saison! Cependant, l’espoir revenait dans la Motown, au vu des performances du Sophomore Allan Houston et du Rookie Grant Hill. Grant Hill devenait même le premier rookie à récolter le plus de voix pour le All Star Game. Cerise sur le gateau, il est élu Rookie of the Year conjointement avec Jason Kidd, des Dallas Mavericks.
Les espoirs entraperçus lors de l’exercice précédent se confirment la saison suivante sous la direction de Doug Collins. Les jeunes Allan Houston et Grant Hill, épaulés des vétérans Joe Dumars et Otis Thorpe, emmènent les Pistons en playoffs mais se font sortir dès le premier tour par des Magics de Shaq O’Neal et Penny Hardaway. Les statistiques de Grant Hill sur la saison (20.2 points, 9.8 rebonds et 6.9 assists) prouvent que ce joueur possède un énorme potentiel et une polyvalence rare. Le public américain est complètement sous le charme de ce joueur, lui offrant pour la deuxième fois consécutive le plus de fois pour aller au All Star Game, recevant même plus de voix qu’un certain Michael Jordan, sorti de sa retraite…
Le départ en tant que Free agent d’Allan Houston vers le Madison Square Garden de New York durant l’intersaison est un vrai choc pour l’équipe. Cela aurait pu devenir le coup d’arrêt du retour aux avant-postes des Pistons, mais il n’en fut rien… La progression de Grant Hill et la force collective de l’équipe permet à celle-ci de rester compétitive. L’équipe, emmenée par Grant Hill, Lindsey Hunter, Joe Dumars, Otis Thorpe et Terry Mills, parvient à décrocher 54 victoires, se qualifier pour les playoffs, avant de – une nouvelle fois – se faire éliminer au premier tour, des œuvres des Hawks de Dikembe Mutombo…
La saison 97-98 est celle du changement pour les Pistons: le principal changement fut l’arrivée de Jerry Stackhouse (avec Erik Montross dans ses bagages) en provenance de Philadelphie dans un trade envoyant Theo Ratliff et Aaron McKie à Philly. Le deuxième gros mouvement est l’arrivée du pivot Brian Williams, amenant du poids dans la raquette avec ses 16.2 points par match et 8.9 rebonds. Cela ne suffit cependant pas et, après un début de saison moyen (21 victoires-24 défaites), Doug Collins, le coach du renouveau des Pistons est remplacé par Alvin Gentry, ce dernier conduisant l’équipe à un bilan de 37 victoires pour 45 défaites, insuffisants pour décrocher les playoffs.

Jerry Stackhouse, le bras droit de Grant Hill
La fin d’une époque…
La saison 98-99 est surtout marquée par les adieux de Joe Dumars au public de Detroit.
Le dernier joueur à avoir connu la gloire d’un titre NBA sous le maillot des Pistons s’en allait après la défaite des siens et l’élimination de l’équipe par les Hawks d’Atlanta au premier tour des playoffs. Après 14 ans au service des seuls Pistons, Dumars s’en allait avec des stats – et un palmarès – de folie :
16.1 points de moyenne sur sa carrière, quatre fois nommé dans la NBA All-Defensive First Team, le record de points marqués pour Detroit (16.401), de matchs joués (1.018) et un titre de MVP des Finals en 1989. Cependant, son histoire d’amour avec les Pistons était loin d’être finie puisqu’il rejoignait le staff de l’équipe.
Le 6 juin 2000, Joe Dumars était nommé President of Basketball Operations de l’équipe. Le trophée du Sportsmanship Award, récompensant le joueur ayant le comportement le plus exemplaire sur et en-dehors des parquets, est renommé en son honneur, lui qui, en 1996, en fut son premier lauréat. Sportivement, les Pistons font une honnête saison 2000-01, finissant avec 44 victoires pour 40 défaites et se qualifiant pour la quatrième fois en cinq ans pour les playoffs. Cependant, ils chutent de nouveau dès le premier tour face aux Heat de Zo Mourning par 3 manches à 0. Le moteur de l’équipe était bien entendu le duo Hill-Stackhouse, le deuxième plus productif de la saison après le duo magique des futurs champions Lakers O’Neal-Bryant. A eux deux, le duo des Pistons marquaient 49.4 points par match (23.6 pour Stackhouse et 25.8 pour Hill, son record de carrière). Jerry Stackhouse était par la même occasion nommé Most Improved Player of the Year.
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