Deux matchs, quelques impressions.

L’équipe de France a joué ses deux premiers matchs de l’été 2011. Sur le plan comptable, l’opération est bonne avec 2 succès. Sur le plan du jeu, il y a...

L’équipe de France a joué ses deux premiers matchs de l’été 2011. Sur le plan comptable, l’opération est bonne avec 2 succès. Sur le plan du jeu, il y a du lard et du cochon. Normal, en ce début de préparation.

Ne boudons pas notre plaisir. Si le Canada n’est pas un cador, n’a pas proposé son plus beau visage et déplorait quelques absents (Joel Anthony par exemple), la France a su se rendre le premier match facile et c’est déjà un point positif.

L’idée de base est simple : l’EDF dispose du plus beau potentiel athlétique d’Europe. Il faut savoir transformer ces capacités au-dessus de la moyenne en intensité défensive. Mardi soir, ce fut le cas durant 40 minutes. La pression défensive initiée par les Bleus a tué les canadiens dès les premières secondes. A partir de là, les paniers faciles se sont enchaînés et l’écart a gonflé. Vous ajoutez une efficacité maximum et vous obtenez un récital.

Face à des équipes plus talentueuses et mieux structurées, ce ne sera pas aussi facile. Ce qui s’est passé mardi soir était limite caricaturale. Le Canada n’était pas prêt à répondre à la motivation des Bleus et n’a oublié de lutter. Heureusement, le basketteur est orgueilleux. Hier, les canadiens ont proposé un autre visage.

Du travail sur demi-terrain

En proposant un jeu plus sérieux, le Canada a permis aux hommes de Vincent Collet de travailler davantage. Forcément, l’adresse insolente vue mardi soir était un peu moins au rendez-vous, les canadiens ont perdu moins de ballons et les français ont pu travailler un peu plus sur demi-terrain.

Le problème historique de cette équipe de France n’a pu être résolu en 10 jours et il faudra s’attendre, comme à chaque compétition, à voir nos adversaires sortir des zones pour nous gêner. Néanmoins, avec Parker, Diot, Diaw et de Colo à la création, la balle a plutôt bien circulé et l’alternance intérieure / extérieure chère à Vincent Collet a été plutôt bien respectée.

Toutefois, et on n’en revient à un autre problème historique, lors du match 2, les postes 5 ont souffert pour servir de point de fixation. Là, on attend Joakim Noah mais en son absence, il faut trouver d’autres alternatives. Dans ce registre, le plus convaincant a été Kevin Séraphin… dont le départ est quasi programmé au retour de Noah.

La question est légitime : faut-il conserver Kévin Séraphin ? Si oui, au détriment d’un autre pivot ? Ou en densifiant la raquette avec 4 pivots ? Je ne suis pas aux entraînements mais de ce que j’ai vu sur mon canapé, le Wizard mérite d’être revu. Son jeu est-il transposable face à des équipes moins physiques ? La question peut aussi se poser.

Bobo, un régal

J’en viens à un chiffre. 54. L’éval cumulée de Boris Diaw sur les deux matchs. Stratosphérique à Pau, il a encore régalé à Toulouse, alternant scoring (29pts à 9/10 en 2 matchs !) et passing (13pds) avec son élégance naturelle. J’espère que ces prestations donneront le ton de son été. Quand il évolue à ce niveau, il est un régal pour ses partenaires et pour les yeux.

Vincent Collet a décidé de le replacer au poste 4 — au détriment de Flo Pietrus — et d’utiliser au maximum son sens du jeu. L’avantage avec Bobo, c’est qu’il sait tout faire. Ces deux derniers jours, il a tout bien fait.

Une colonne vertébrale est établie avec un poste 5 physique (Turiaf en attendant Noah, Traoré en relais pour inscrire des points, Séraphin en dernier relais de luxe), un poste 4 plus technique (Diaw et Pietrus), Nicolas Batum replacé au poste 3 avec Mike Gelabale en soutien, et sur les lignes arrières, Nando de Colo — qui sortait du banc depuis 2009 –, Tony Parker et Antoine Diot.

Pour les minutes restantes, Andrew Albicy est privilégié, Abdou M’Baye, auteur du 100e point à Pau, et Charles Lombahe-Kahudi n’ont pas quitté le banc à Toulouse.

Au retour de Joakim Noah, espéré début août, on en saura plus sur la manière dont Vincent Collet va gérer ses pivots (à 3 ? à 4 ? avec des associations ?). En espérant tout de même que le choix ne soit pas fait par défaut suite à un forfait de Flo Pietrus par exemple, touché à la cheville à Toulouse. On y verra aussi plus clair sur le potentiel sur demi-terrain des Bleus. Est-il le point de fixation tant attendu ?

Pour conclure, la réaction de Vincent Collet après le match.
http://www.dailymotion.com/video/xk6ejr