Dino Radja (ou Rada selon les traductions) était un intérieur de la formidable génération yougoslave de la fin des années 80. Il débute le basket dans sa ville natale au BC Dalvin où il écrase tout dans les catégories jeunes. Sa taille et ses bonnes mains attirent l’oeil du grand club local, le BC Split. Il fera alors ses classes avec un certain Toni Kukoc sous les ordres de Bozidar Maljkovic. En 1988, Split devenu le Jugosplastika Split (nom du sponsor) retrouve le titre de champion de Yougoslavie après 11 ans de disette. Ce titre marque le début d’une formidable aventure.
Split avait une équipe exceptionnelle, Kukoc bien sur, mais aussi Zoran Savic, Petar Naumoski, Duško Ivanovic (qui était plutôt en fin de carrière alors que les autres débutaient) ou encore Velimir Perasovic. Ensemble, ils remporteront le Final Four ’89 à Munich face au Maccabi Tel-Aviv (75-69) puis celui de ’90 à Saragosse contre Barcelone (72-67). Seulement, le début des années 90, c’est aussi la fin du communisme et, par extension, l’ouverture des frontières. C’est également le début de la guerre de Yougoslavie ce qui incita Radja à quitter son pays alors que Split regnait en maitre sur l’Europe. Ainsi il part pour Rome et ne participe pas au three-peat européen de Split.
Dans le même temps, il participe à de nombreuses campagnes internationales. Finale des Jeux Olympiques ’88 perdue face aux Soviétiques d’Arvydas Sabonis, puis championnat d’Europe ’89, à domicile, remporté face aux Grecs. Les médailles d’or s’enchainent, en Argentine, en ’90, les yougoslaves dominent l’URSS, avant de remporter l’Euro ’91 face à l’Italie, pays organisateur. En quatre ans, c’est une véritable razzia, et le tandem qu’il forme sous les panneaux avec Vlade Divac est craint dans le monde entier.
Cap sur l’Italie
Après avoir tout gagné dans son pays natal, il signe au Virtus Roma (devenu Il Messaggero Roma du nom du journal sponsorisant le club) où il côtoiera notamment Michael Cooper venu finir sa carrière en Europe après avoir tout gagné aux Lakers, ainsi que Danny Ferry et Brian Shaw qui venaient eux pour lancer leurs carrières. Mais Radja met de suite les choses au clair, il n’est pas US mais domine son sujet, en atteste ses 18.1 points par match. Les journalistes font de lui le second meilleur joueur d’Europe derrière Toni Kukoc. Ses productions ne cessent alors d’augmenter, 20.2 points en 1992 et 21.5 points en 1993, il devient simplement injouable grâce à un jeu post-bas parfaitement maitrisé. S’il ne remporte pas de championnat, il ira tout de même chercher une Coupe Korac face à Pesaro en 1992.
1992, c’est aussi les Jeux Olympiques de Barcelone. Sous la bannière croate, il aura le redoutable honneur de défier à deux reprises la dream team. D’abord en poule, où ils prendront 33 points puis en finale où ils tiendront une bonne mi-temps malgré la défaite 117-85. Autour de Petrovic, Kukoc, Radja, Vrankovic et autres Tabak, ces croates auront le mérite d’avoir opposé une vraie résistance à la dream team.
En 1993, il part pour les Boston Celtics qui avaient ses droits depuis la draft ’89. Il arrive dans une équipe absolument dévastée qui, en deux ans, a perdu Bird, McHale et le regretté Reggie Lewis. Au côté d’un Parish en fin de carrière, il s’impose comme la seconde option offensive de l’équipe avec 15.1 points par match tout en gobant 7.2 rebonds en seulement 28.8 minutes par match. Son intégration individuelle est un succès (surtout pour l’époque) mais les résultats ne suivent pas, les Celtics ne remportant que 32 matchs.
Renforcé par Do Wilkins et avec un Radja qui prend de plus en plus d’importance (17.2ppg-8.7rpg), les Celtics remontent la pente, le bilan reste négatif (35 victoires…) mais les playoffs sont au rendez-vous. Pour sa découverte de la post-season, il aura droit à Shaquille O’Neal et Horace Grant… Il tiendra tout de même son rang avec 15 points et 7 rebonds de moyenne. Les saisons se suivent et se ressemblent, Radja monte en puissance (19.7ppg-9.8rpg en 96) mais Boston ne décolle pas. Les blessures commencent aussi à l’handicaper, il ne jouera ainsi que 25 matchs en 1997. Ces blessures pousseront les Celtics à le transférer vers Philadelphie, franchise dont il ne portera jamais le maillot. Il préfère rentrer en Europe.
Malgré les longues saisons américaines, il n’abandonnera jamais la sélection croate avec qui il remportera trois médailles de bronze aux championnats d’Europe ’93 et ’95 et aux Championnats du Monde ’94. Malheureusement, la revanche que tout le monde attendait entre les USA et la Croatie n’aure pas lieu puisqu’en demi-finale, les croates tomberont face à la Russie. Après 1995, il ne remportera plus aucune médaille avec la Croatie qui n’a jamais vraiment pu se relever du décès de Drazen Petrovic en 1993.
Retour en Europe
Pour son retour en Europe, il signe un bon contrat au Panathinaikos Athènes où il restera deux ans et gagnera 2 titres de champion. Cependant, il ne remporte pas une nouvelle Euroleague. En 1999, il choisit de rentrer en Croatie, à Zadar où il remporte une coupe de Croatie. Il ira également en demi-finale de la Coupe Saporta mais Zadar sera sorti par l’AEK Athènes malgré 25 points de Radja. L’été suivant, il se lance un nouveau challenge, en signant à l’Olympiakos mais ne parvient pas à remporter de nouveaux trophées. Il termine alors sa carrière sur deux titres de champion, avec le Cibonia Zagreb puis le KK Split où il boucle la boucle.
En 2005, une rumeur annonce son retour au Real Madrid où Bozidar Maljkovic souhaitait son expérience mais il déclina la proposition.

