Équipe la plus performante des matchs amicaux (9-1), la France a préparé l’EuroBasket 2011 de la meilleure manière possible. Malgré les forfaits, les Bleus ont connu une montée en puissance intéressante et des signes de progression encourageants. Alors, qu’attendre de cette équipe ? La France peut-elle viser le titre ?
Défense d’entrée
62.2 points. En 10 matchs de préparation, c’est la moyenne de points encaissés par l’équipe de France. Aucune équipe n’a fait mieux durant sa préparation, selon un tableau publié par le site de l’ACB. A titre comparatif, la Serbie, l’Allemagne et l’Italie, principaux rivaux des Bleus dans le groupe B, encaissent entre 67 et 70 points de moyenne.
Les joueurs l’ont martelé : la défense est la marque de fabrique de l’équipe. Individuellement, il n’y a pas de peintre dans ce secteur. Vincent Collet a choisi quelques roles players (Kahudi, Albicy, Tchicamboud) pour faire face aux individualités gênantes. A l’intérieur, ce profil est absent, même si Florent Pietrus sera amené à prendre ce rôle.
Plus athlétique que la moyenne, la France parvient à combler son déficit de taille. A Londres, les Bleus ont plutôt bien géré le cas Tomic (4pts-4rbs, 2/8 en 18min) mais ont souffert face à des tiges plus attirés par le cercle comme Perovic (14pts-6rbs, 6/11, 5 rebonds offensifs) ou Barac (13pts-3rbs, 5/7). Ces deux matchs avaient été joués sans Ronny Turiaf.
Les chantiers réalisés par Barac et Perovic ont aussi montré quelques limites au niveau du rebond. Les croates avaient récupéré 12 rebonds offensifs, les serbes 17. Attention à ne pas laisser trop de secondes chances. Le rebond est une clé essentielle de notre efficacité.
S’appuyer sur le jeu rapide
Qui dit rebond sécurisé, dit contre-attaque. Là, les Bleus excellent. Tony Parker trouve ses flèches les yeux fermés, qu’il s’agisse de Nicolas Batum, Nando de Colo ou Mike Gelabale. Les joueurs sont conscients que ces paniers faciles permettent de creuser des écarts rapidement et ne gâchent rien.
La bonne lecture des lignes de passes a également permis aux Bleus, Tony Parker en particulier, de s’offrir quelques cavaliers seuls pour layup facile. Développer du jeu rapide peut sembler simple, mais l’intensité défensive ne doit jamais diminuer. Parmi les 7-8 joueurs de la rotation principale, tout le monde est capable de courir, de lancer ou finir une contre-attaque, même le pivot.

C’est dit et répété chaque année, la France doit développer au maximum les contre-attaques. La Serbie l’avait bien compris et coupé systématiquement la relance par une faute dans le premier quart-temps. Une fois dans la pénalité, ils avaient arrêté cette stratégie et avaient pris un écart.
Attaquer la zone
Vincent Collet : On commence à gagner en surface de jeu, on joue plus large. Malgré tout, c’est encore insuffisant et c’est là-dessus que nous devons encore travailler pendant les quelques entraînements qui restent.
Oui, mais… Hier soir, la Belgique n’a encaissé que 7 petits points dans le deuxième quart-temps. Bien sûr, Vincent Collet a fait tourner. Oui, l’écart était déjà conséquent. Mais 7 points et une impuissance criarde face à la défense de zone belge, ça fait désordre. Quand les tirs extérieurs ne rentrent pas, la défense se regroupe et empêche les intérieurs d’avoir un quelconque panier facile.
Sur la zone, je trouve Parker trop gourmand. Pour bouger une zone, il faut multiplier les passes et créer un décalage. Tony Parker dribble beaucoup et le reste de l’équipe devient alors statique. Il y a un lien de cause à effet. Si Parker lâchait la gonfle, le mouvement se créerait plus facilement.
Par contre, les Bleus ont trouvé une manière d’alimenter la marque sur une phase de jeu très anodine : les touches. Dans ses commentaires, Jacques Monclar le faisait remarquer trop régulièrement pour ne pas s’y attarder. Plus qu’un système, c’est la variété d’options qui sort du lot. Entre le alley oop Parker-Batum et les systèmes plus classiques pour obtenir une position sous le panier ou à mi-distance, tout le monde est impliqué et peut se retrouver en finisseur.
Armé pour le titre ?
Au niveau des ambitions, je trouve les déclarations de Nicolas Batum très saines. L’objectif, c’est les J.O. Pour obtenir le billet garanti, il faut aller en finale. Si on est en finale, autant la gagner.
Mais les bleus en ont-ils les moyens ? Pour rappel, Andrew Albicy, Charles Lombahé-Kahudi et Kévin Séraphin étaient sur la liste des réservistes en juin. Ali Traoré avait été écarté avant de remplacer Turiaf. Steed Tchicamboud était uniquement dans la pré-liste. Un tiers du groupe a évolué à cause des absences (Bokolo, Pietrus, Turiaf et Diot).
Pour autant, la France a réussi à dominer la Croatie et la Serbie, des équipes attendues dans le top 8 et n’a finalement semblé sans ressource que face à l’Espagne, en début de préparation. En évitant l’Espagne dans le tableau final, les Bleus se retrouveraient face à des équipes pas forcément supérieures. Bien sur, il faut se méfier de la Grèce, de la Slovénie ou de la Russie, mais, sur le papier, ils ne sont pas au-dessus.
La difficulté de cet EuroBasket reste l’enchaînement des matchs et la manière de le gérer. Le tournoi de Londres était donc un excellent moyen d’entrer dans le vif du sujet et le défi a été relevé. A mon sens, la France peut viser le dernier carré. Après, sur un match, on est capable de battre tout le monde. Même l’Espagne, souvenez vous du Mondial 2010 !
http://www.dailymotion.com/video/xkq9ia


Pas dégueu la préparation globalement.
Parker qui marche sur l’eau, Diaw enfin 4 à plein temps, Pietrus enfin limité question temps de jeu (il n’a objectivement plus vraiment le niveau), un poste 5 enfin à peu près à la hauteur physiquement.
Reste :
- Comme toujours le shooteur fiable longue distance… Batum peut tenir la route, comme Gelabale et De Colo mais ça reste comme toujours fragile. Pour l’attaque de zone je pense qu’on aurait intérêt à l’attaquer par l’intérieur (Noah, Seraphin, Traoré, Diaw sans être du Gasol c’est quand même pas indécent)
- La gestion d’un jour sans pour Parker. Il a été assez excellent sur la prépa, mais j’imagine qu’il aura des jours plus difficiles contre des équipes de haut niveau et bien préparées. Comment l’équipe réagira dans ce cas de figure ? Je suis honnêtement un peu inquiet.
- La gestion d’un jour sans pour Parker. Il a été assez excellent sur la prépa, mais j’imagine qu’il aura des jours plus difficiles contre des équipes de haut niveau et bien préparées. Comment l’équipe réagira dans ce cas de figure ? Je suis honnêtement un peu inquiet.
A Londres, Parker scorait 22ppg. Sur l’ensemble de la prépa, il doit tourner à ses eaux là. Ca en dit long sur sa production offensive et l’importance de son scoring.
Il y aura forcément un jour sans, et là, il devra avoir la lucidité de déléguer, de servir le poste 5 enfin au niveau, de responsabiliser Batum et Diaw.
Il y a du talent dans cette équipe, ce serait bien dommage de ne pas l’utiliser.
Sinon, l’itw du jour dans l’Equipe dont les extraits ont fleuri sur le net est assez surréaliste…