Le premier tour de l’EuroBasket est à présent terminé. Parce qu’on aime bien être positif, nous vous proposons un petit tour des satisfactions de ces trois premiers jours. Au sommaire, la défense des bleus, Sofoklis Schortsanitis, Ender Arslan, Nenad Krstic, la Pologne et la surprenante équipe d’Allemagne.
Des bleus… victorieux.
Depuis le début de l’été, Vincent Collet et ses leaders martèlent que de bonnes prestations à l’Euro passeraient par la défense. Aujourd’hui, si on n’est pas les plus brillants, on est au moins parmi les plus solides, comme l’a rappelé Vincent Collet en conférence de presse, qui fait le bilan.
Sur le premier tour, on est premiers aux points encaissés [60ppg] et au pourcentage concédé [38,8%]. C’est pour l’instant ce qu’on a fait de mieux. On peut encore améliorer des petites choses mais il faut au moins maintenir ça tout en progressant dans le domaine offensif, en allant dans la direction d’hier [contre la Russie] et en affinant encore. Ce qui me fait fait peur surtout… je ne suis pas dupe : le fait que l’on ait été nettement mieux hier par rapport à mardi, ça peut retourner dans l’autre sens. On sent bien que ce n’est pas stabilisé. Ca vient plus de la volonté des joueurs, de la volonté de partager la balle mais pour l’instant, ce n’est pas stabilisé. Il faut qu’on ait de la constance.>
Le bilan est fait. Y-a-t-il besoin de s’attarder sur l’indigence offensive française ? Il ne faudra certainement pas s’attendre à du basket champagne durant cet Euro. Seulement, la France pourrait s’appuyer davantage sur ses capacités athlétiques et sa grosse défense pour mettre de la vitesse dans le jeu, et s’assurer davantage de panier facile. Et espérer que Tony Parker continue à se montrer intransigeant en fin de match…
Big Sofo is back.
Trois victoire, meilleure attaque, troisième défense, collectif doré, la Grèce a fait forte impression lors de ce premier tour. Mais on ne pouvait pas, ne pas s’arrêter sur le retour en grâce du gréco-camerounais Sofoklis Schortsanitis. Depuis 3 ans, il navigue entre cure d’amaigrissement et apparitions avec l’Olympiacos. Mais cet été, il apparait en grande forme.
Coach Kazlauskas a relancé le bulldozer qui le lui rend bien. En 14.3 minutes de moyenne, il a scoré 10.3 points (troisième scoreur de l’équipe), 10/13 au tir et bémol, 11/21 aux lancers. Mais il a une telle capacité à provoquer des fautes que son pourcentage est presque pardonnable. Son efficacité offensive n’a d’égal que la lenteur de son replacement.
Au sein d’une raquette extrêmement fournie, il s’est fait sa place et a même plus de temps de jeu qu’attendu — dans sa moyenne haute en quelque sorte. Sur la durée de la compétition, Big Sofo pourrait encore faire très mal à pas mal d’équipes… et on attend son affrontement face à Turiaf, à qui on souhaite bien du courage.
Ender Arslan : le métronome turc.
On attendait Ilyasova (17ppg-7rpg) et Turkoglu (13.2ppg-4.2rpg), ils répondent présents. Mais l’épouvantail turc à un autre leader dans ses rangs : Erdan Arslan.
Le meneur supersonique de l’Efes Pilsen a rendu 3 fiches impeccables avec une adresse terrifiante : 14.3 points par match, 5/7 à 2-pts, 8/11 à 3-pts, et 9/10 aux lancers francs. C’est juste énorme en terme d’adresse. A cela, il ajoute 2 assists et 1 balle piquée. Contre la Lituanie, il s’est même montré clutch avec 7 de ses 16 points dans le money time, histoire de distancer les baltes.
Au sein de cette équipe ambitieuse, Arslan joue les poisons. Plus connu pour son drive, il se montre excellent à 3-points et dans la création. Il a prouvé contre la Pologne notamment, qu’il savait s’effacer au profit du collectif, lorsqu’Asic a pris les choses en main par exemple, il s’est évertué à le servir. Définitivement un gage de solidité.
Captain Krstic
Dans ce collectif serbe, pas facile de sortir une individualité. Pourtant, le leadership, lors des deux victoires, est revenu à Nenad Krstic, pivot plutôt réputé soft en NBA.
Mais en équipe nationale, Krstic, c’est l’ancien et le capitaine. Contre l’Espagne, il a joué yeux dans les yeux avec les frères Gasol, compilant 17 points et 6 rebonds. Sa régularité et son talent offensif ont permis à cette jeune équipe serbe de dominer le champion du monde, vice-champion d’Europe et vice-champion olympique en titre. Puis, contre la Grande-Bretagne, il score 6 points dans la série décisive pour la gagne (un 17-6). Du grand Krstic.
Pivot offensif talentueux, il tourne à 12 points (53.8%) et 4 rebonds par match, avec un match sans contre la Slovénie… hasard ou non, la seule défaite serbe. Et en défense, il met toute l’intensité nécessaire pour se faire respecter en Serbie.
La Pologne fait face.
Troisième attaque (81.7ppg), cinquième pourcentage au tir (50%), et quatrième au rebond (36rpg), la Pologne a fait un très gros premier tour, avec, en point d’orgue, la victoire sur la Lituanie. Un match que Maciej Lampe a considéré comme une référence.
C’est notre meilleur match depuis que nous avons formé cette équipe. Nous avons dominé en attaque et bien défendu. Nous avons sorti la Lituanie de sa zone de confort et nous avons bien appliqué notre tactique.
Cette équipe a aussi la particularité de placer trois joueurs dans le top 10 des meilleurs scoreurs, avec les très attendus Lampe (17.7ppg), Gortat (17.3ppg) et Logan (16ppg).
Puis, il y a la révélation, Michal Ignerski, habituel pensionnaire du Cajasol Séville, il a trouvé sa place entre les stars cités ci-dessus. avec 14.6 points par match, 16/33 au tir. Ce grand ailier de 2.07m, qu’on attendait plus comme un ailier physique, capable de se décaler en PF, se signale finalement comme un SF qui tire de loin et ne se mouille pas tant que ça inside (2 rebonds par match).
L’inattendue Allemagne.
« C’est la plus belle défaite de ma carrière » Dirk Bauermann n’a pas manié la langue de bois après la défaite contre la Lettonie, après avoir déclaré en début de compétition que chaque victoire serait un exploit. Il est vrai qu’en début d’Euro, on ne savait pas trop où situer l’Allemagne sans Dirk Nowitzki, et qu’on n’en attendait pas grand chose. Pourtant, elle est au second tour.
Le talent n’y est pas vraiment, on l’a vu contre l’équipe de France, mais cette équipe joue avec un esprit collectif franchement intéressant. Un bon jeu de passe, beaucoup de mouvements, un jeu bien étiré auquel la France n’a pas su s’adapter, et un pivot, Jan-Hendrick Jagla qui peut artiller de partout.
Toutefois, on a pu découvrir une nouvelle génération de joueurs avec le polyvalent Robin Benzing, le puissant Elias Harris et l’arrière Lucca Staiger. Dirk Bauermann se réjouit de cette relève, et avoue être conciliant avec eux, pour qu’ils apprennent le métier. Il l’avait confié avant le début du tournoi (et s’y tient depuis)
Les plus jeunes jouerons. J’essaierai de les soutenir autant que possible et de ne pas les sortir après des erreurs. Ils doivent apprendre en faisant des erreurs sans ressentir la pression des gens.
Au final, les allemands sont au second tour, avec une nouvelle génération pas si désastreuse que ça, même si les vétérans (Femerling, Jagla, Schultze, Hamann) gardent un rôle prépondérant.

ouais c’est positif tt ça. Je connaissais pas Arslan, et j’ai pas encore vu la Turquie jouer mais ses %%%% sont hallucinants!!!
Je reviens un peu sur le cas Schorsanitis. En fait, malgré ses gros problèmes de poids et de cures, son style de jeu n’a pas changé d’un iota. Depuis le début de sa carrière, ce mec est un poison offensivement. Il est intenable parce qu’il met tout son poids dans la lutte dans la raquette, se retrouve juste en dessous de l’anneau, est servi inside et se jette littéralement dans les bras de l’adversaire pour provoquer la faute…
Dans le style de Krstic, on pourrait aussi citer le Slovène Brezec qui justifie presque son retour en NBA après une saison très moyenne à Rome. Dans le roster très dense des Slovènes, il a réussi à trouver sa place en remplacement de Smodis. Et à bien faire le boulot, à un niveau un cran au-dessus de ce qu’on pouvait attendre.
Les autres équipes reprises dans l’article (France, Turquie, Allemagne et Pologne), je ne les ai pas encore vu jouer. Je ne sais donc rien en dire, si ce n’est que l’erreur sera corrigée dès aujourd’hui
Brezec a fait une super première mi-temps contre l’Espagne, et fait un Euro plutot convaincant. Mais il n’a pas le même rôle que Krstic, pas le même leadership, pas les mêmes responsabilités, pas la même régularité non plus.
Là, j’ai été sidéré par Krstic, décisif deux fois. Par contre, il n’a pas vu le jour contre la Slovénie… de Brezec