La première journée des quarts de finale de cette Euroleague a tenu ses promesses. Entre un Barça-Real très intense, un Olympiacos en danger, un Partizan imprévisible et un CSKA seul sur le parquet, la soirée n’a pas manqué de charme. Tour d’horizon.
Duo gagnant.
Dans un Palau Blaugrana plein à craquer, le FC Barcelone et le Real Madrid ont livré un premier match de très haut niveau, dans une série qui va atteindre des sommets d’intensité. La première mi-temps était relativement équilibré, le Barça avait le contrôle du tempo mais n’a jamais eu plus de 6 points d’avance. A la pause, l’écart d’un point reflétait parfaitement cet écart. La fantaisie n’était pas au programme, seul un dunk énorme de Vasquez, en drive, est apparu comme un éclair de lumière.
La deuxième mi-temps est parti sur des bases différentes. Le Real réussira un 7-0 pour prendre un premier avantage significatif. Les locaux vont tenter de répondre par des paniers de loin mais la maladresse était chronique dans le domaine. Alors Pete Mickeal et Boniface N’Dong vont prendre les choses en main. Entourés des troisièmes rotations (Sada, Trias), ils vont passer un 7-0 à leur tour pour boucler le quart-temps à égalité (51-51).
Au début du quatrième quart-temps, le Real Madrid va prendre un léger ascendant et mener 57-60. Il reste 6 minutes à jouer. Le Real Madrid va alors sombrer et ne plus scorer jusqu’un lancer de Lavrinovic dans la dernière minute. Mais pour inverser la tendance, il faut aussi marquer des points. Pete Mickeal va s’en charger, deux paniers primés, un layup dans le trafic. Boniface N’Dong va prendre le relais en attaque, comme en défense (un gros block dans la dernière minute). Le FC Barcelone s’impose finalement 68-61.
L’ailier US (18pts-6rbs) et le pivot sénégalais (14pts-7rbs-2blks, 6/6) ont réalisé les top perfs du soir, et aux moments cruciaux. Dans la douleur du troisième quart-temps, c’est eux qui ont sorti la tête de l’eau au club catalan. Et dans le quatrième quart-temps, c’est encore eux qui ont mené la charge. Juan-Carlos Navarro ajoute 11 points, 9/10 aux lancer-francs et 0/6 à 3-points.
La ligne de stat de Navarro est assez révélatrice du match du Barça. Une panne d’adresse générale à 3-points, 5/25 ! Par contre, l’adresse aux lancer-francs était bien là, 17/23. A l’inverse, le Real n’a obtenu que 6 lancer-francs (4 réussis), malgré les 18 fautes commises par les barcelonais. Un signe fort de leur excellente défense. Peu de fautes bêtes pour ne pas se retrouver dans la pénalité, des positions gênées avant le tir (sur Garbajosa notamment, qui ne prend qu’un tir à 3-points), la recette est simple, efficace et tient 40 minutes.
Pete Mickeal : Nous avons réussi à gagner et c’est le plus important. Je ne pense pas que nous étions nerveux. Nous n’avons pas été bons au tir, on a manqué beaucoup de 3-points. Mais nous avons bien défendu dans le quatrième quart-temps et nous étions présents au rebond. Comme je l’ai dit, gagner est tout ce qui compte. Nous avons réussi ce soir.
Défense.
Plus tôt dans la soirée, le CSKA Moscou a écrasé Vitoria (86-63). On peut dire ce qu’on veut sur ce CSKA qui présente moins de talent que par le passé, mais l’état d’esprit défensif est toujours là. Je vous disais aussi que, pour moi, le Caja Laboral était un ton en dessous et que je ne les voyais pas passer cette marche. Cette première manche tend à le confirmer.
Le CSKA ne s’est pas forcé. Le scoring est plutôt équilibré, entre Andrey Vorontsevich (15pts-7rbs), Viktor Khryapa (14pts-4rbs), Ramunas Siskauskas (13pts-5rbs-5pds), Trajan Langdon (11pts) et Sasha Kaun (10pts). Dans un rôle moins voyant, Zoran Planinic cumule 6 points, 7 rebonds et 7 assists. Pour les basques, Teletovic et San Emeterio mènent la marque avec 11 points.
Evgeny Pashutin : C’est très important de gagner le premier match, car ça imprime le rythme pour toute la série. Nous aimerions transposer ce succès sur toute la série. Nous avons vraiment bien défendu pour stopper le jeu rapide du Caja Laboral.
Avantage
Le Partizan Belgrade est la seule équipe à avoir gagné en terrain ennemi (77-85). Pourtant, rien n’a été simple. Le Maccabi a pris le dessus dans le premier quart-temps (27-12) avant de se faire tranquillement remonter.
Mais le coup de boost est arrivé dans le quatrième quart-temps, remporté 27-11 par les serbes. Une tornade noire a tout emporté sur son passage. Entre Dusan Kecman dans le rôle du torpilleur (29pts, 7/9 à 3-pts), Aleks Maric dans celui du perforateur (10pts, 11 fautes provoquées) ou Bo McCalleb, plutôt polyvalent (12pts-10rbs-6pds), les jaunes ne savaient plus sur qui défendre.
Le Partizan était juste totalement libéré après avoir eu une vingtaine de points de retard. Doron Perkins (13pts-6pds-5rbs) n’a pas suffit.
Enfin, l’Olympiacos a lutté mais dominé Gdynia 83 à 79. Les polonais ont ouvert le bal par un 11-0 avant que les grecs ne reviennent dans le match, portés par Linas Kleiza (26pts-6rbs), Milos Teodosic (21pts-6pds) et Josh Childress (13pts-5rbs). Pour les polonais, Qyntel Woods (23pts-11rbs) a fait du gros boulot, Ronnie Burrell ajoute 14 points, Dan Ewing 13, Ratko Varda 12 et David Logan 11.

Coupes d’Europe
EuroCup. Un seul quart de finale s’est joué ce soir, il opposait les tchèques de Nymburk aux espagnols de Bilbao. Les tchèques, tenus à 32.6% et 15 tirs convertis, n’ont inscrit que 47 points (dont 17 pour le seul Ronald Lewis). Ainsi, les basques ont réussi à s’imposer avec une belle adresse intérieure (65.5%, pour un 3/22 à 3-points…), symbolisée par Jerome Moiso (11pts-6rbs), meilleur scoreur de Bilbao, vainqueur 47-59. Chris Warren et Marko Banic ajoutent 10 points.
EuroChallenge. La bonne nouvelle est venue de Roanne, large vainqueur des chypriotes de l’Apoel Nicosie (89-67). Ralph Mims a planté 19 points et délivré 7 assists, Uche Nsonwu compile 14 points, 7 rebonds et 3 assists, et David Noel inscrit 13 points.
Dans les autres matchs, Pesaro a dominé Anvers (92-76, 22 points d’Eric Williams), Gottingen a vaincu le FMP Belgrade (75-69, 24 points de Taylor Rochestie) et Samara a surpris le KK Zagreb (77-81, 21 points de JR Bremer, 16 points et 15 rebonds de Marcus Douthit).

J’ai aussi vu les matchs hier soir, et je partage globalement ce que tu dis. Barcelone et le CSKA m’ont réellement impressionné par leur intensité défensive. Le Real aussi d’ailleurs.
Content aussi pour Roanne en route pour le F4 de cet EuroChallenge. Ils peuvent viser le titre.
J’ai pu voir les 3/4 du match CSKA/CLB et effectivement, les moscovites ont l’air sur une autre planète quand ils jouent les espagnols: à l’intérieur, de loin, en transition etc…mention spéciale à Khryapa, toujours pas compris pourquoi les Bulls ne le faisaient pas jouer.
Les nerfs par contre je me suis endormi à la mi-temps barça/real
mais Mickeal était impressionnant tout comme la progression de Rubio que j’ai trouvé beaucoup moins égocentrique et risqué dans son jeu avec même une petite pointe d’adresse (il met 5 pts d’affilée dans le first quart). Quant au Real, sans adresse, c’est juste mort quand on a des Garbajosa sous le cercle.
La défense du Barça a vraiment empêché les tirs de loin du Real, la vitesse à laquelle ils sortaient était juste impressionnante. Et Garbajosa faisait vraiment figure de priorité, d’ailleurs il prend juste un tir à 3-points tout seul, et c’est sanction immédiate.
« Content aussi pour Roanne en route pour le F4 de cet EuroChallenge. Ils peuvent viser le titre. »
Juste un mot là dessus, parce que c’est tout à fait vrai. Roanne, ancienne équipe d’Euroleague, va lutter au Final Four (j’ose pas imaginer deux défaites contre Nicosie), Pesaro, avant dernier du championnat italien, Samara, 7e sur 9 en Russie, les deux clubs baltes ne sont pas au mieux. En fait le plus gros morceau serait Gottingen, dans le top 4 du championnat allemand.
Cholet est arrivé en finale avec un F4 bien plus relevé, Bologne et le Triumph !
Roanne, sur le papier, peut viser le titre.