[Euroleague] Preview des quarts de finale (2/2)

Regal Barcelona – Panathinaikos Regal Barcelona: Invaincu en Euroleague depuis le 16 décembre, le Regal Barcelona est à nouveau en mode « ogre du basket ». Champions en titre, les Catalans étaient...

Regal Barcelona – Panathinaikos

Juanca Navarro

Juanca Navarro, l'âme du Barça

Regal Barcelona: Invaincu en Euroleague depuis le 16 décembre, le Regal Barcelona est à nouveau en mode « ogre du basket ». Champions en titre, les Catalans étaient pourtant rapidement tombés de leur strapontin en finale de la Liga ACB, se faisant sweeper par le Caja Laboral.

On aurait alors pu penser que la direction pousserait un grand coup de gueule et remettrait de l’ordre dans l’effectif. Que nenni… Du coup, le Barça version 2010-11 ressemble à deux gouttes d’eau au Barça 2009-10, vainqueur de l’Euroleague 2010. Seules additions: Kosta Perovic, l’intérieur serbe anciennement à Valence, et Alan Anderson, arrivé en décembre suite aux problèmes de genou de Pete Mickael. Deux arrivées qui, combinées à l’absence de départ, donnent encore plus de profondeur au roster du Barça. Disposant déjà du roster le plus complet et le plus polyvalent d’Europe, Xavi Pascual a encore plus d’armes pour frapper l’adversaire là où ça fait mal. Corollaire de cette richesse dans le roster, aucun joueur ne croque vraiment la feuille de match. Juanca Navarro reste la principale menace, tournant en moyenne à 14,8 ppg en étant presque aussi à l’aise depuis la ligne ds 3 points qu’en pénétration. Aux côtés de l’ancien Grizzly, on retrouve Ricky Rubio. Le PG, coiffé en début d’année par le Tchéque Jan Vesely pour le titre de meilleur espoir FIBA de l’année, continue de driver avec brio la formation catalane, scorant 6 ppg et collectant 3,4 rpg, 4,1 apg et 1,8 spg.

A ces deux métronomes, on rajoute un secteur intérieur en béton, avec Erazem Lorbek, Fran Vazquez, Boni Ndong et le nouveau-venu Kosta Perovic. Les 4 7-footers se succèdent ainsi sur le parquet, amenant chacun ses qualités. Erazem Lorbek reste une référence technique et un danger permanent inside. En 20 minutes de jeu en moyenne, il cumule 8,8 ppg, étant menaçant aussi bien depuis le low-post, à mi-distance ou même derrière la ligne à 3 points. Kosta Perovic, lui, sait parfaitement comment rentabiliser ses 2,17m. Expert dans l’art de se placer sous l’arceau, le longiligne serbe est bon pour 6,4 ppg (à 60% de réussite) et 3,4 rpg en 13 minutes. Fran Vazquez est pour sa part un pion central de la défense catalane. Le meilleur contreur de l’histoire de l’Euroleague moderne capte 4,2 rpg, blocke 1 shot par match et score 7,9 ppg. Enfin, dernier membre du carré magique, Boni Ndong, reste l’homme providentiel. Utilisé avec parcimonie (12 minutes par match), il est bien souvent l’étincelle mettant le feu aux poudres avec son énergie et sa « gniaque ».

Pour compléter le tableau, on rajoute un Alan Anderson parfaitement intégré et déjà MVP de la Copa del Rey. Arrivé avant le Top 16, l’US score 11,7 ppg et fait presque oublier Pete Mickael… On rajoute au portrait Jaka Lakovic, Victor Sada, Roger Grimau et l’Anglais Joe Ingles et le portrait de la Dream Team européenne est complet. Une Dream Team plus que surmotivée à l’idée de pouvoir jouer le Final 4 à la maison, au Palau Sant Jordi.

Mike Batiste

Mike Batiste, embrassant le trophée de l'Euroleague

Panathinaikos: La powerhouse grecque est en déclin. Les joyeux trentenaires d’Athènes (Batiste, 33, Diamantidis, 30, Sato, 30, Fotsis, 30, Nicholas, 29) sont toujours en lice pour retrouver le Final 4 qui leur avait échappé l’an passé. Statistiquement, ils doivent se qualifier car, à la manière des Spurs de la première moitié des années 2000, le Pana réussit une saison sur 2 au Final 4. 3ème en 2005, champion en 2007 et en 2009. Mais ont-ils les moyens de passer l’épouvantail du Barça?

Rien n’est moins sûr. Car le départ de Spanoulis pèse lourd et que l’explosif SG n’a pas vraiment été remplacé. Romain Sato est en fait la seule recrue à s’être fait son trou. Il tourne à 9,2 ppg et 4,1 rpg, profitant au passage de la longue absence d’Aleks Maric (qui a d’ailleurs rejoué 3 minutes ce week-end). L’autre nouveauté d’Obradovic, c’est la montée de Perperoglou dans le starting 5. Avec un succès relatif. Celui qui était attendu pour remplacer Spanoulis n’a pas l’impact offensif de son prédécesseur, avec seulement 8,3 ppg et 1,3 apg… C’est peu pour un mec qui, à sa signature au Pana en 2007, était attendu comme un top scorer, capable sans doute de s’imposer au niveau international.

Vu l’impact moyen des « remplaçants » de Spanoulis et de Maric (qui devrait revenir en forme dans les semaines à venir), Obradovic est donc obligé de faire sa cuisine dans ses vieilles casseroles. Et comme meneur d’hommes, qui de mieux que Dimitrios Diamantidis? Le PG grec, désormais débarrassé de Jasikevicius et Spanoulis, a désormais carte blanche. Et il ne s’en prive pas, livrant une saison qui pourrait lui valoir les honneurs du titre de MVP de l’Euroleague si le Pana passe l’obstacle catalan. Jugez plutôt: 11,3 ppg (60% à 2 pts, 36% à 3 pts, 89% aux FT), 4,2 rpg, 5,9 apg, 1,7 spg et une éval’ de 17,5, et le charisme et l’énergie ne sont pas exprimés dans ces stats. C’est bien simple: il n’y a que San Emeterio qui peut afficher une feuille de stats aussi bonne… Autour du Diamant, on retrouve aussi du très classique. Mike Batiste continue d’imposer sa masse inside, avec 12,9 ppg et 5,3 rpg. Antonis Fotsis, maître des PF fuyants, qui cumule 8,7 ppg (75% à 2 pts et 40% à 3 pts, shootant tout de même 2 fois plus de 3pts que de 2pts) et 4,9 rpg. Et enfin, Drew Nicholas ajoute 10 ppg. Milenko Tepic, Kostas Tstartsaris, Nick Calathes et autre Vougioukas ne réupèrent que les miettes lors des garbage time…

Les clés du match: Le duel Ricky Rubio (et Victor Sada)-Diamantidis. Je ne vois pas les PG espagnols prendre le dessus sur le Diamant grec. Mais si ils parviennent un tant soit peu à le garder sous contrôle – Sada en est capable, avec son énergie en sortie de banc, le Barça devrait marcher sur l’eau grâce à Navarro et son secteur intérieur.

Pronostic: Barça en 3 manches.

Real Madrid – Power Electronics Valencia

Sergio Llull

Le PG espagnol Sergio Llull s'est imposé comme le go-to-guy dans le désordre madrilène.

Real Madrid: Jérôme a eu l’occasion de vous sortir il y a de cela quelques semaines un article sur les problèmes du Real. Depuis lors, la situation ne s’est pas fondamentalement améliorée dans la capitale espagnole. Messina a été remplacé par son assistant, Emanuele Molin. Depuis la défaite face à Sienne et le départ du maestro italien, le Real reste sur un bilan de 3 victoires (Joventut, Lagun Aro et Alicante) pour 1 défaite (69-68, ce week-end face à Malaga).

Un constat ressort toutefois de ces rencontres: Molin utilise l’ensemble de la profondeur du roster castillan. Comme sous Messina, les joueurs utilisés alternent énormément et aucun joueur ne parvient à s’imposer comme star et meneur. Mitoric, Llull, Fischer, Prigioni, Tomic ou Reyes: tous sont capables de prendre les choses en main. Cela se traduit par une grande disparité des menaces. Depuis le début de l’Euroleague, seul Sergio Llull tourne en double-figures, avec 11,9 ppg. Le PG s’est d’ailleurs enfin imposé comme un PG de premier plan au niveau européen, prenant le dessus sur le vieillissant Pablo Prigioni. A ses côtés, une batterie de joueurs amènent entre 7 et 9 points par march: le PG Pablo Priogioni, les ailiers Carlos Suarez et Clay Tucker (blessé et évacué sur civière ce week-end face à Malaga) et les intérieurs Ante Tomic, D’Or Fischer, Nikola Mirotic et Felipe Reyes. Un gros collectif, une grosse profondeur de roster, mais l’absence de hiérarchie fait que le Real version 2010-11 est une équipe incontrôlable et imprévisible. A la différence du Barça avec Navarro ou du Panathinaikos de Diamantidis qui ont trusté les Euroleague ces dernières années.

Rafa Martinez

Rafa Martinez, l'une principale arme du Power Electric Valencia

Power Electronics Valencia: Face à ce Real en déconfiture, on retrouve les invités-surprises de ces quarts de finale. Le Power Electronics Valencia, qui ne doit sa qualification « que » à sa victoire en Eurocup 2010, s’est invité en remportant ses deux derniers duels face au Bahce et du Zalgiris pour arracher.

Cette qualification est d’autant plus exceptionnelle qu’elle a été acquise sans le meilleur joueur du club. Victor Claver, le prodige espagnol, s’est fracturé la jambe avant les deux duels décisifs. C’est donc collectivement que les hommes de Svtislav Pesic ont été chercher leur place. En premier lieu, ils ont pu s’appuyer depuis le début de la saison sur un très bon Nando De Colo. Le Français tourne en moyenne à 10,3 ppg. Et même si les pourcentages sont faibles (36% à 2 pts, 26% à 3 pts), il garde le soutien de Pesic qui l’utilise comme 6ème homme en sortie de banc. Il vient de la sorte en back-up du tandem Omar Cook (7,6 ppg, 5,3 apg) et Rafa Martinez (10 ppg). Et le trio est très difficile à contenir, entre la vision du jeu d’Omar Cook, l’explosivité de Nando De Colo et vista et le culot de Rafa Martinez. En l’absence de Victor Claver, ce seront ces 3 joueurs qui devront pousser Valence pour concrétiser les rêves de Final 4.
Pesic peut aussi compter sur quelques joueurs que l’on attendait pas à un tell niveau. Première révélation, le Serbe Dusko Savanovic. Il joue à 27 ans sa première saison en Euroleague, après des passages réussis à l’Unics Kazan et au Cajasol, qui lui ont notamment ouvertes les portes de l’équipe nationale. Mais débarquer en Euroleague et scorer en moyenne 11 ppg et prendre 4,4 rebonds par match est loin d’être commun. Surtout à 27 ans… Pour compléter le tour d’horizon des forces en présence, on se doit de mentionner la raquette très bodybuildée du Power Electronics. Car avec le géant lituanien Javtokas (8,8 ppg, 4,9 rpg) et le monstre ukrainien Lishchuk (6,3 ppg, 5,3 rpg), il y a beaucoup de poids. D’autant que l’on peut rajouter au dans le paysage des tours de contrôle un Flo Pietrus sur le déclin certes, mais toujours utile en energizer.

Un peu comme le Partizan en 2010, le Power Electronics semble un petit poucet prêt à être mangé. Mais comme le Partizan, il a des armes suffisamment intéressantes que pour ne pas les prendre de haut. Et avec le Real, ils ont sans doute l’adversaire le plus jouable vu la crise traversée par le club de Florentino Perez…

La clé du match: L’état d’esprit des Madrilènes. Le club est en crise, le nouveau coach cherche toujours un peu ses marques et il n’y a aucune garantie quant au potentiel actuel du Real. En face, le Power Electronics est à l’inverse sur son petit nuage, 3ème en Liga ACB et qualifié pour les quarts de finale de l’Euroleague. Et pour aussi, la perspective de jouer le Final 4 presque à domicile (Barcelone n’est qu’à 300 kms de Valece) peut jouer dans la balance…

Pronostic: Valence, en 3 manches.