A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le premier volet est consacré au Maccabi Tel-Aviv de retour au F4 trois ans après la finale perdue de Madrid.
Un peu d’histoire
Poids lourd du championnat d’Israël depuis sa première édition — le club a remporté le premier titre mis en jeu en 1954 — , le Maccabi Tel-Aviv a remporté 47 titres de champion et 37 coupes. Pour mieux se rendre compte, il faut prendre les chiffres à l’envers, ses rivaux ont décroché, au total, 8 titres de champion.
Intégré aux compétitions européennes en 1958, le Maccabi Tel-Aviv remporte son premier titre en 1977. En demi-finale, les partenaires de Tal Brody et Mickey Berkowitz avaient éliminé le CSKA Moscou dans un match lourd en symboles, vu le contexte géopolitique de l’époque. Ce succès sera validé en finale par une victoire sur Varese (78-77). En 1981, le Maccabi ajoute une deuxième Euroleague à son palmarès (victoire sur Bologne 80-79). Le club perd deux autres finales, en 1980 et ’82.
La fin des années ’80 est marquée par trois finales d’Euroleague perdues (1987, ’88 et ’89) et les années ’90 sont plus compliquées. Le club revient au premier plan en remportant la Suproleague en 2001 et deux Euroleague (2004 et 2005). Pini Gershon coachait un véritable rouleau compresseur où cohabitait notamment Anthony Parker, Sarunas Jasikevicius, Nikola Vujcic et Maceo Baston.
Ces dernières années furent décevantes. Le Yellow Submarine a perdu deux finales d’Euroleague en 2006 et 2008 ainsi que deux championnat national, en 2008 (contre l’Hapoel Holon) et 2010 (Hapoel Galil Elyon).
Le parcours 2010-11
Pour relancer une machine un peu grippée, le Maccabi Elite Tel Aviv a mis les moyens pour se renforcer. Sur le banc, David Blatt a pris la place de Pini Gershon. Sur le parquet, Sofoklis Schortsanitis, Jeremy Pargo (champion en 2010 avec l’Hapoel Galil Elyon) et Richard Hendrix ont accepté le challenge, tout comme Lior Eliyahu et Tal Burstein qui revenaient au bercail.
David Blatt : Nous avions des buts très spécifiques durant l’été, une vision de ce que nous voulions, non seulement pour cette saison, mais aussi pour l’avenir. Cela a commencé par un désir de ramener de grands talents pour nous aider à réinstaller un équilibre local. Nous avons réussi à faire revenir Lior Eliyahu et Tal Burstein, et à conserver David Blu, Guy Pnini, Yaniv Green et Derrick Sharp. Deuxièmement, nous voulions un grand joueur, quelque chose qui manquait au Maccabi depuis quelques années, une force en tant que pivot qui devait nous aider à installer notre jeu des deux côtés du terrain. Nous avons recruté Sofoklis Schortsanitis, qui a eu un impact formidable, et nous avons aussi signé Richard Hendrix, qui a été une bonne recrue à l’équipe.
La première phase fut une formalité malgré une défaite lors du premier match à Vitoria. En fait, ce sera la seule. Le Maccabi va enchaîner par 9 victoires pour terminer largement en tête du groupe A. Chuck Eidson (10.7ppg-4.6apg-4.5rpg-3.1spg, 17.2 d’éval), qui fut le MVP du mois de novembre et Sofoklis Schortsanitis (13.6ppg-4.8rpg, 16.3 d’éval) avaient pris les commandes de l’équipe.

Sur le site de l’Euroleague, David Blatt a évoqué le jeu de Schortsanitis.
David Blatt : Un truc que les gens ne savent pas au niveau du jeu de Sofo est qu’il est très, très intelligent. Il a un QI Basket très élevé.
Lors du top 16, le Maccabi a, à nouveau, débuté par une défaite en Espagne, à Barcelone, avant de signer trois victoires de rang qui les qualifiaient quasiment. Barcelone viendra ensuite gagner à la Nokia Arena puis, dans un match sans enjeu, la Roma s’imposera sur son parquet. Le bilan final du sous-marin jaune est équilibré, 3-3.
Statistiquement, d’autres joueurs sortent du lot, les meneurs / arrières Doron Perkins (12ppg-6.3rpg-4.8apg, 17 d’éval) et Jeremy Pargo (14.5ppg-4.5rpg, 15.8 d’éval) ainsi que le revenant Lior Eliyahu (14.3ppg-4.5rpg, 16.3 d’éval).
Avant Noël, Milan Macvan a rejoint l’équipe avec un contrat de 5 saisons en poche. L’intérieur serbe a peu joué (8’57 de moyenne) et ses contributions sont restées anecdotiques. Mais pour l’avenir, ça reste une formidable signature.
En quart de finales, le Maccabi retrouvait le Caja Laboral. En cours de route, Doron Perkins s’est explosé le genou, ce qui va permettre à Jeremy Pargo (17.3ppg-4.3apg-4rpg-1.3spg; 19.5 d’éval) de considérablement élever son niveau de jeu. Il sera épaulé notamment par le très tonique Richard Hendrix (8pts-7.8rpg-2.5bpg, 13 d’éval) et le vétéran David Blu (14.5ppg-2.5rpg, 12.8 d’éval).

Le coach : David Blatt
Né à Boston, étudiant à Pinceton, David Blatt a effectué la majeure partie de sa carrière de joueur en Israël, notamment au Maccabi Haifa et à l’Hapoel Jerusalem. Victime de blessures, il prend sa retraite à 34 ans et s’installe sur le banc de l’Hapoel Galil Elyon. Ensuite, il deviendra l’assistant de Pini Gershon qu’il accompagnera au Maccabi Tel Aviv en 1999. Il devient Head Coach de l’équipe en 2001.
Ecarté en 2003, il entame un tour d’Europe qui l’a mené en Russie (Dynamo Saint Petersburg, avec qui il a remporté l’EuroCup, Dynamo Moscou et la sélection nationale qu’il a mené au titre européen en 2007), l’Italie (Benetton Trevise), la Turquie (Efes Pilsen) et la Grèce (Aris Salonique).
Coach rigoureux, il exige une forte défense pour obtenir un maximum de paniers faciles. Qui de mieux que l’intéressé pour expliquer les bases de son système.
David Blatt : Je voulais mettre en place un style de jeu qui nous permettrait de tirer avantage des joueurs que nous avions. Tout au long de l’année, nous avons pu jouer un bon basket up-temo, grâce, en défense, à une press et des trap pour gêner l’équipe adverse. Cette défense, ironiquement, nous a permis de devenir la meilleure attaque de l’Euroleague dans presque toutes les catégories, mais notre force principale était la défense.
Les clés pour passer le Real Madrid.
Tout au long de la saison, le Maccabi Tel-Aviv a montré qu’il disposait d’un roster profond, vraiment pas dépendant d’un joueur.
Face au Real Madrid, l’opposition de style au poste 5 peut faire la différence. Le surpuissant Sofo et le très longiligne Tomic n’ont rien en commun. La capacité de Schortsanitis à provoquer des fautes va être très précieuse. Sortir Tomic du match, c’est sortir la meilleure option offensive de l’équipe en face. D’Or Fischer et Mirza Begic sont davantage dans l’impact physique mais sont des scoreurs moins consistants.
Chuck Eidson a également une bonne carte à jouer. Les ailiers du Real ne sont pas franchement dominants alors qu’Eidson est capable de tout, d’organiser comme de jouer les finisseurs. C’est aussi le plus gros voleur de ballon de la compétition.
Enfin, à la mène, Jeremy Pargo peut prendre le dessus sur le vieillissant Pablo Prigioni et le trop irrégulier Sergio Rodriguez. Il termine la saison en boulet de canon. Et là encore, l’opposition de style avec Prigioni est saisissante.
Dernier point, l’expérience. Le Maccabi Tel-Aviv dispose de nombreux joueurs habitués à jouer les premiers rôles et d’un coach qui a déjà gagné des compétition européennes en club et en sélection. Le Real a une équipe très jeune, Tomic, Suarez, Velickovic et Rodriguez ont 24 ans, Llull a 23 ans et Mirotic 20 ans.
David Blatt : L’expérience est un facteur important au Final Four. Je suis heureux d’avoir des joueurs qui ont déjà été au Final Four et qui l’ont déjà gagné.
Le Real Madrid ne propose pas un jeu offensif flamboyant. C’est très académique, presque trop. Le Maccabi Tel-Aviv a les armes individuelles et collectives pour faire la différence. Les deux équipes défendent bien. Mais le sous-marin jaune dispose également d’une grosse force de frappe offensive. De quoi en faire le favori de cette demi-finale.
Bonus
L’Euroleague propose une vidéo des meilleures moments de matchs entre le Maccabi Tel-Aviv et le Real Madrid.
David Blatt : C’est magnifique pour le basket quand vous voyez un match avec l’histoire et la tradition derrière lui comme celui-là.
![[Final Four] Maccabi Tel-Aviv A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le...](http://www.passionbasket.fr/wp-content/uploads/2011/05/maccabi-f4-620x250.jpg)

Clairement depuis la qualif’ du Real, je vois le Maccabi s’imposer, genre 85-64, un écart important en tout cas.
Et au fait, pourquoi le surnom de submarine ??
Maillot jaune et référence à la chanson des Beatles, je pense.