[Final Four] Montepaschi Sienne

A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le...

A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le troisième volet est consacré à la Montepaschi Sienne, peut-être l’invité le plus surprenant de ce Final Four suite à une série épique contre l’Olympiacos.

Un peu d’histoire

Avant le passage à l’an 2000, Mens Sana Basket était un petit club italien qui ne faisait pas de vague. Loin derrière Milan, Varese, Cantu, Trévise ou Bologne, Sienne n’a commencé à disputer des compétitions européennes que dans les années 90 grâce à l’apport de quelques américains bien côtés (Darren Daye, John Turner, Gerard King…).

Néanmoins, la régularité n’est venue qu’avec le soutien financier de la Montepaschi, une grosse banque locale. Arrivée en 2000, elle va permettre au club de recruter de nombreux joueurs de qualité sur la durée (Roberto Chiacig, Vrbica Stefanov, Mindaugas Zukauskas, Michalis Kakiouzis…). Ces investissements portent rapidement leurs fruits avec une victoire en Coupe Saporta, en 2002, contre Valence (81-71).

Coach du club de 2001 à 2003, Ergin Ataman mènera le club italien à son premier Final Four Euroleague l’année suivante avant de quitter le club pour signer avec Ulkerspor. Sa succession est assurée par Carlo Recalcati, également coach de l’équipe nationale, qui va maintenir Sienne au plus haut niveau et garnir le palmarès du club avec un premier titre de champion national en 2004 et une nouvelle participation au F4 la même année.

Après deux saisons sans titre, Carlo Recalcati laisse son poste à son adjoint, Simone Pianigiani. L’impact est immédiat avec 4 titres de champion consécutif (de 2007 à 2010) et un bilan incroyable en championnat, 179-14. Il a aussi remporté les trois dernières coupe d’Italie (2009 à 2011). Sur la scène européenne, il ramène Sienne au F4 en 2008 et en fait une machine redoutée. Il ne manque plus que deux étapes à franchir, atteindre la finale de l’Euroleague, et la gagner.

Le parcours 2010-11

Durant l’été, Sienne a du procéder à un changement important. Terrell McIntyre, le meneur de l’équipe depuis l’arrivée de Pianigiani, a quitté l’Italie pour Malaga. Pour le remplacer, Bo McCalebb, la révélation du Partizan au printemps 2010, est engagé. Le pivot nigérian Benjamin Eze (au club depuis 6 ans) et l’ailier centrafriquain Romain Sato (présent depuis 4 ans) ont également quitté le club. Dans la case arrivée, Milovan Rakovic et Deji Akindele ont renforcé la raquette, et l’ex Spur Malik Hairston et David Moss ont étoffé les ailes. Enfin, Rimantas Kaukenas est revenu après son échec au Real Madrid.

Cette nouvelle escouade a parfaitement débuté l’Euroleague, étrillant notamment Cholet et s’imposant contre Barcelone. Après la phase aller, le bilan est excellent 4-1, tout juste entaché par un revers à Istanbul. La deuxième partie sera du même acabit avec une grosse revanche contre les turc (+29) et une petite défaite à Barcelone (73-72). Bilan final : 8-2, et la première place du groupe C. Bo McCalebb (15.5ppg-2.7apg-2.7rpg-2.4spg, 58.3% au tir, 18.1 d’éval) a parfaitement réussi son intégration, Ksystof Lavrinovic (12.8ppg-6rpg-1.3spg, 15.4 d’éval) reste un atout inestimable et Rimantas Kaukenas (12.9ppg-2.2apg-2.1rpg, 48.5% au tir, 11.3 d’éval) a réussi son retour.

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Ksystof Lavrinovic MVP de la semaine 6

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Bo McCalebb MVP de la semaine 9

Juste avant le début du Top 16, Sienne recrute Marko Jaric. Néanmoins, le club italien débute par deux défaites, sur le terrain de l’Efes Pilsen, puis à domicile contre le Real Madrid. Les hommes de Simone Pianigiani vont relever la tête dans la double confrontation contre le Partizan Belgrade (2W) puis en dominant l’Efes Pilsen et le Real Madrid. Parmi les joueurs performants, on retrouve Nikos Zisis (9.7ppg-3.5rpg-3.3apg, 12.3 d’éval), Rimantas Kaukenas (13ppg-2.2rpg-1.8apg-1.6spg, 11.2 d’éval) et Milovan Rakovic (9.5ppg-4.3rpg-2.7bpg, 61.3%, 10.2 d’éval).

En quart de finales, les italiens défient l’Olympiacos. La première manche tourne à l’humiliation. En première mi-temps, ils encaissent un irréaliste 47-9… Milovan Rakovic (0/6 au tir, 5 fautes) touche le fond avec une éval de -12 !! Les italiens n’avaient déjà pas les faveurs des pronostiques, ils semblent face à un mur infranchissable.

Simone Pianigiani : Durant cette série de playoffs, mon équipe a montré qu’elle avait du caractère et qu’elle était capable de réagir en période difficile et sous la pressions. Et qu’elle pouvait en plus jouer du bon basket.

L’incroyable s’est produit. Après cette rouste, Sienne va remporter les 3 matchs suivants. Pas à son avantage jusque là, Malik Hairston va exploser dans les matchs 2 (19pts-11rbs, 32 d’éval) et 4 (25ppg-7rpg, 31 d’éval). Dans le match 3, Marko Jaric (24pts-4rbs, 10/11 au tir, 27 d’éval) va assumer sa part de responsabilité.
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Le coach : Simone Pianigiani

Natif de Sienne, Simone Pianigiani n’a dirigé que ce club. D’abord entraîneur chez les jeunes, puis adjoint d’Ataman et Recalcati, il est le principal témoin de la croissance du club depuis l’arrivée de la Montepaschi.

Il a notamment disputé deux Final Four, un en tant qu’adjoint et un en tant que coach. Des expériences dont il a retiré des enseignements.

Simone Pianigiani : Mes expériences précédentes m’ont appris que tout est possible au Final Four. Tout peut arriver. Et, le plus important, est de ne pas se laisser distraire par l’ambiance autour de nous et de se concentrer uniquement sur le basket. Les équipes qui gardent leur identité, qui font ce qu’elles ont fait toute la saison, qui sont les plus constantes, auront le plus de chances de gagner.

Dans son interview avec le site de l’Euroleague, il évoque aussi le fait de construire une équipe compétitive au niveau européen dans une ville de 55 000 habitants.

Simone Pianigiani : Sienne est une petite ville qui, je pense, est un modèle important et un endroit spécial pour jouer au basket. C’est une raison d’être fier.

En parallèle, il a pris en main l’équipe nationale d’Italie. Pour sa première campagne de qualification, à l’été 2010, il termine avec un bilan de 3-3 avec une équipe faite de bric et de broc. Mais l’élargissement de l’EuroBasket à 24 pays lui permettra de disposer de toutes les ressources motivées en Lituanie.

Les clés pour battre le Panathinaikos

Depuis de nombreuses saisons, Simone Pianigiani a imposé une énorme défense que le coach peaufine chaque week-end dans un championnat pas au niveau de cet ogre. En Euroleague, cette saison, deux équipes ont réussi à inscrire plus de 80 points contre Sienne, le Fenerbahce Ulker (81pts) et l’Olympiacos (89pts, lors de ce fameux match 1). Les deux fois, Sienne s’est incliné. La clé pour Sienne, défendre, défendre et défendre.

Offensivement, seuls les deux lituaniens Rimantas Kaukenas (12.2ppg) et Ksystof Lavrinovic (11.8ppg) scorent en double figure. Bo McCalebb (12ppg) est dans le même cas mais il n’a inscrit qu’un point en 3 matchs en quart de finale. Son état physique, après une longue blessure, reste le principal point d’interrogation.

Simone Pianigiani : McCalebb est en phase de reprise après des mois d’inactivité et il a encore besoin de temps. La condition physique d’individualités comme lui doit être évalué sur le moment.

Avec McCalebb, Sienne a les moyens d’enflammer une rencontre tout en maintenant une grosse pression défensive. Le petit meneur US est un as de l’interception (2.4 lors de la première phase). Sans lui, Sienne doit absolument contrôler le tempo et défendre.

Bonus

Petite présentation en image des 2 équipes signée par l’Euroleague.
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