A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le dernier volet est consacré au Panathinaikos, gros bras européen avéré depuis 15 ans.
Un peu d’histoire
Avant tout, le Panathinaikos est un géant du basket grec. Avec 31 titres de champion national, ils écrasent l’ESAKE et dominent outrageusement le palmarès local. L’Aris Salonique (10 titres, surtout dans les années 80), l’Olympiacos (9 titres), et l’AEK Athènes (8) sont bien bien loin de présenter la même armoire de trophée.
Pourtant, si le Pana a dominé la scène locale depuis des lustres (premier titre en 1946), il n’a remporté sa première Euroleague qu’en 1996. Avant, ils n’avaient jamais joué une finale. Coachés par Boza Malijkovic et avec Dominique Wilkins (qui avait inscrit 35pts en finale), Panagiotis Giannakis, Stojan Vrankovic et Fragiskos Alvertis sur le parquet, les grecs s’imposent au terme d’une finale épique contre Barcelone avec le fameux block de Vrankovic à 4 secondes du buzzer.

Propriétaire du club depuis 1987, les frères Giannakopoulos vont mettre des moyens considérables pour maintenir le club au plus haut niveau. En 1998, Slobodan Subotic permet au Pana de remporter le championnat de Grèce, qui lui échappait depuis 1984. A partir de là, et jusqu’à aujourd’hui, ils ont juste laissé échapper celui de 2002. Zeljko Obradovic reprend l’équipe en 1999 avec qui il fut immédiatement champion de Grèce et vainqueur de l’Euroleague. Cette première année réussie lui a permis de coacher dans la sérénité par la suite.
Zeljko Obradovic : Je pense que le plus important est que lors de notre première année, nous avions réussi à gagner l’Euroleague et le championnat de Grèce. Cela a eu un effet calmant sur tout ce qui s’est passé après. J’ai pu travailler comme je l’ai voulu et il y avait une confiance réciproque avec les frères Giannakopoulos. Par la suite, j’ai pu avoir le staff que j’ai voulu, mes adjoints, mes préparateurs physiques et tout ceux qui ont formé ce staff. Un autre facteur est la reconnaissance des fans, qui ont eu du respect pour ce que j’ai fait pour leur club.
La méthode Obradovic a parfaitement réussi au Pana puisqu’il a remporté 10 titres de champion, 6 coupes et 4 Euroleague (2000, 2002, 2007 et 2009). Il a eu sous ses ordres des joueurs exceptionnels, profitant surtout des connexions avec l’ex-Yousgoslavie. Parmi les stars, on peut citer Bodiroga, Rebraca, Fotsis, Tsartsaris, Lakovic, Hatzivrettas, Diamantidis, Batiste, Dikoudis, Spanoulis, Jasikevicius, Becirovic, etc, etc… La liste est trop longue pour être complète.
Le parcours 2010-11
Après une élimination prématurée de l’Euroleague 2010, le Pana a vu partir Nikola Pekovic, Vassilis Spanoulis et Sarunas Jasikevicius. Comme d’habitude, les remplaçants sont à la hauteur, Aleks Maric et Ian Vougioukas à l’intérieur, Kostas Kaimakoglou et Romain Sato sur les ailes. Par contre, le poste de meneur n’a pas vu de renfort, Nick Calathes devant prendre du volume et des responsabilités. Cet ensemble donne un parfait mix de jeunes et d’anciens.
Zeljko Obradovic : La moitié de mon équipe n’a jamais été au Final Four ou n’a pas gagné l’Euroleague, et je pense que vous vous attendiez à ce qu’ils aient faim pour l’atteindre. En même temps, avec Dimitris Diamantidis, Mike Batiste, Antonis Fotsis, Stratos Perperoglou et Kostas Tsartsaris, nous avons des gars qui ont gagné l’Euroleague auparavant et qui ont toujours faim, et qui continuent à travailler pour obtenir un autre trophée.
Le Panathinaikos débute l’Euroleague avec 4 victoires en 5 matchs, s’inclinant uniquement d’un petit point à Ljubljana. Cette bonne phase aller, et les résultats très hétérogènes des autres matchs, vont permettre aux Greens de rapidement assurer leur qualification malgré une défaite à domicile contre Valence lors de la sixième journée. Ils vont tout à tour enterrer le CSKA Moscou puis venir à bout de l’Union Olimpija pour accéder au top 16. Lors des deux dernières journées, le Pana va s’incliner d’un point à l’Efes Pilsen puis exploser Milan.
Fidèle à ses idées, Coach Obradovic s’est appuyé sur toutes ses ressources, encadrées par des leaders comme Dimitris Diamantidis (12.8ppg-6.2apg-3.8rpg-2.1spg, 19.3 d’éval) et Mike Batiste (12ppg-6rpg, 13.1 d’éval). Parmi les bonnes surprises, Romain Sato (10.8ppg-4rpg, 12.4 d’éval) s’est parfaitement intégré.

Le top 16 débute bien pour le Pana, avec 3 victoires sur les 4 premiers matchs. Seul le Caja Laboral, à domicile, a surpris le rouleau compresseur grec. La cinquième journée va accoucher d’une surprise, avec une défaite à domicile contre le Lietuvos Rytas. Il a donc fallu assurer la qualification en Espagne, à Malaga. Chose faite.
Lors de cette deuxième phase, les vétérans avaient le pouvoir, notamment Dimitris Diamantidis (8.7ppg-6.3apg-1spg, 15.5 d’éval), Mike Batiste (14.5ppg-4.3rpg-1.2bpg, 15 d’éval) et Antonis Fotsis (10ppg-4.8rpg-1.5spg, 14.2 d’éval).

Cette première place laissée échapper va offrir au Pana un cadeau empoisonné, Barcelone. Et sans l’avantage du terrain. Tous les matchs seront archi disputés, dans une atmosphère de combat.
Zeljko Obradovic : Nous parlons d’une très belle équipe. Dès mon premier discours sur Barcelone, j’ai que nous avions notre chance et que nous devons croire en elle. Ce fut particulièrement vrai après le premier match que nous avions perdu d’un point à Barcelone. Quand je suis rentré au vestiaire, je leur ai dit: ‘Maintenant, vous voyez que nous avons une chance et la qualité pour lutter contre eux, pour les surprendre et gagner’. Nous devions encore gagner trois matchs, et ça restait très, très dur. Les matchs étaient très intenses avec deux équipes préparées dans les moindres détails. Nous devions jouer chaque seconde pour gagner, et grâce au travail de mes joueurs, nous avons réussi. Mais ça ne pouvait pas être plus difficile.
Les hommes clés de ces playoffs ? Dimitris Diamantidis (18ppg-4.8apg-3.3rpg, 7.8 fautes provoquées, 18.8 d’éval), Mike Batiste (12.3ppg-5.5rpg-1.3apg, 14.5 d’éval) et Antonis Fotsis (6.5ppg-6rpg-1.3apg, 11.8 d’éval) évidemment.
Le coach : Zeljko Obradovic
Formé au KK Borac Cacak, Zeljko Obradovic a réalisé la majeure partie de sa carrière au Partizan Belgrade. Poste 2 travailleur, il a fait partie de l’équipe de Yougoslavie médaillée d’argent aux JO ’88 et championne du monde ’90.
En 1991, à 31 ans, il s’installe sur le banc du Partizan Belgrade et mène le club à la victoire en Euroleague dès sa première saison, face à Badalone (71-70). En 1993, il s’installe sur le banc de la Joventut avec qui il remporte l’Euroleague en 1994. Au bout d’un an, il part au Real Madrid et rebelote, il remporte l’Euroleague (1995) puis la Coupe Saporta (1997). Après une escapade à Trévise (1997-99) et une nouvelle Coupe Saporta (1999), il débarque au Panathinaikos. Au total, il a remporté 7 Euroleagues (sur 8 finales disputées !!), 2 coupes Saporta et 11 championnats nationaux !
En 1996, il prend également les commandes de la sélection de Yougoslavie avec qui il a remporté la médaille d’Argent aux JO d’Atlanta (’96), un Euro (’97) et un Mondial (’98). Il a quitté son poste en 2000. Il reviendra en 2004 pour le plus gros échec de sa carrière, avec les JO d’Athènes (11e) puis l’Euro disputé en Serbie (9e).
Sa recette ? L’amour du basket.
Zeljko Obradovic : Ma motivation est toujours la même : j’aime mon travail et j’aime le basket. Je suis heureux chaque jour à l’entraînement. C’est le plus important pour moi, j’aime mon travail. C’est la première motivation et ma principale motivation
Les clés pour battre Sienne
Zeljko Obradovic dispose d’un roster très profond mais a su tirer une épine dorsale Diamantidis – Fotsis – Batiste. Ultra expérimentés, les trois joueurs sont à la fois des leaders techniques, tactiques et symboliques.
La force de ce Panathinaikos réside dans son expérience (Nicholas, Perperoglou, Tsartsaris, Kaimakoglou). Les jeunes (Calathes, Tepic, Vougioukas, Bogris) sont parfaitement encadrés et guidés par des joueurs durs et habitués à tout gagner. Puis, comme on l’a vu, Zeljko Obradovic n’est pas le premier venu non plus.
Zeljko Obradovic : Je ne pense pas avoir un avantage. Je ne pense pas que ce soit si important. L’expérience aide toujours, bien sûr, mais je pense que les joueurs décident de cela. Donc, j’essaierai de les préparer. Ils doivent jouer et se concentrer.
Après avoir fait tomber Barcelone, le Pana a rappelé qu’il était capable de battre n’importe qui, de conclure des matchs serrés et de transformer chaque match en combat permanent.
Puis, le Pana est prévenu. En élimant l’Olympiacos, la Montepaschi a alerté Obradovic.
Zeljko Obradovic : Avant tout, la manière dont ils ont perdu contre l’Olympiacos lors du premier match était impressionnante, mais, ensuite, ils ont montré du caractère pour non seulement gagner les trois matchs suivants, mais aussi les dominer. Ils jouent avec un rythme élevé et montrent de l’agressivité en attaque et en défense. Ils ont un coach de qualité qui est là depuis quelques années. Ils ont changé des joueurs par rapport mais ils ont réussi à garder une très bonne équipe. Ils sont très dangereux, offensivement et défensivement.
Sur le papier, le Panathinaikos part favori. Mais l’homogénéité de Sienne pourrait bien bousculer l’ordre établi.
Bonus
Comme pour l’autre série, l’Euroleague a préparé un top 10 consacré au Pana et à Sienne.

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Alors là, c’est le meilleur des 4 papiers !
Vraiment je me suis régaler de bout en bout, et Obradovic…quelle intense vérité dans tous ses discours, et putain comme ça transpire la passion, on le ressent vraiment…magnifique.
C’est drole, je me rappel, après le match 1 du 1/4 contre le Barca, avoir dis d’Obradovic qu’il mourirait sur une sideline, tant son intensité, match après match, année aprés année, ne se dément pas.
Et puis, quelle contraste avec Molin du Real, et c’est même là que tu te dit que c’est pour ça, (même si pas seulement), que Madrid n’a qu’une infime chance de remporter cette Euroligue, et le Pana de bonnes.
Je ne pourrais voir que la final, alors ne soit pas surpris si je te demande tes impréssions vendredi soir sur les 2 matchs.^^
L’an dernier, je me demandais si Obradovic ne devait pas laisser sa place pour lancer un nouveau cycle. Mais c’est vrai que quand tu l’écoutes, ou quand tu le lis, c’est pas étonnant qu’il arrive à convaincre ses patrons de le garder.
Ce mec respire le basket.
Absolument.
Et je comprend aussi mieux pourquoi tant de stars on choisi, ou choisisent le Pana, plutôt qu’un autre gros club européen ou ils seraient aussi bien rémunéré, et avec tout autant d’ambition, voir même gagner encore plus en allant en NBA.
Rigaudeau doit être un des rares à avoir résité à ses sirénes.
@ dreams et les fans d’Euroleague
Sienne vient de passer à coté de son match.
En réalité, le + incroyable, c’est qu’ils aient perdu.
Le Pana a réalisé un gros match, dans son style de rouleau compresseur. Ils ont fait un match sérieux, dur, défensif, l’épine dorsale Diamantidis – Fotsis – Batiste a dirigé les débats et Calathes fait le match de sa vie.
Mais vraiment, j’ai l’impression que Sienne a perdu ce match + que le Pana ne l’a gagné. En début de match, ils ont dominé les débats en dessous, mais les fautes les ont tué. A l’extérieur, ils ont manqué un paquet de tirs ouverts, notamment Jaric, Zisis et Moss. Puis les balles perdues…
Hairston score 12, tous en 2e MT.
Au passage, j’ai redécouvert Stonerook. Je le savais énergique et bon défenseur, mais je n’avais jamais remarqué qu’il était aussi précieux en attaque. Comme les autres, il n’était pas top au tir extérieur mais quel passeur. Il traine beaucoup en périphérie et a une vraie qualité de passeur.
Franchement, en première mi-temps, je trouvais Sienne + fort, mais sans raquette, la 2e mi-temps a forcément été plus compliqué.
Probéme de connexion, je viens seulement de voir les résultats, et tes commentaires à droite sur les dernières news.
Et Merci pour ce résumé détaillé.
Les joueurs de Sienne n’on pas du dormir de la nuit, et là ils doivent bien se les bouffer…
Comme attendu, le Maccabi s’est ballader, il y aurra donc la finale logique.
Pour le Maccabi-Real, je me suis endormi à la mi temps de la redif de sport + (faut dire quand on connait le résultat…), et je n’ai pas vu le Maccabi faire son écart.
Ce que j’aime chez le Maccabi, c’est leur alternance entre course et recherche du pivot. On pourrait croire que Sofo ralentit le jeu, mais pas du tout, il est capable de piquer quelques sprints. Après, bien sur, c’est pas un marathonien.
L’opposition entre Tomic et Sofo a bien eu lieu, j’ai trouvé les arbitres très gentils avec le croate en début de match. Avec le trio du match précédent, il serait sorti au bout de 2 minutes avec 3 fautes.
Le plus épatant, c’est que le grand (Tomic) joue beaucoup loin du cercle, il y avait une stat sortie par HH je crois, qui disait qu’il n’avait inscrit que 7 dunks cette année (et ça les dégoutait). C’est sur qu’il a un jeu plus proche de Nowitzki que de Chandler mais s’il veut découvrir la NBA, il faudra qu’il évolue un petit peu.
Pour Sienne, je pense que les joueurs peuvent vraiment s’en vouloir, le match, ils le tenaient, il leur fallait juste rentrer quelques tirs ouverts de plus. Le Pana n’a jamais accéléré mais n’a jamais vraiment eu de temps faible non plus. Ils ont fait un match d’une régularité assez exemplaire.
Et un mot aussi sur Dimantidis, il aurait du signer au Jazz il y a 10 ans pour prendre la releve de Stockton, pcq son exécution du pick and roll est juste parfaite.
« une stat sortie par HH »
HH ??
HoopsHype.