A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le deuxième volet est consacré au Real Madrid, qui n’avait plus atteint ce stade de la compétition depuis 15 ans !
Un peu d’histoire
Le Real Madrid est un paradoxe. Il est recordman du nombre de titres dans plusieurs compétitions mais n’a quasiment rien gagné lors de la dernière décennie. Le palmarès depuis le passage à l’an 2000 se résume à 3 titres de champion d’Espagne (2000, ’05,’07) et une Coupe ULEB (2007).
Les clubs français rêveraient de cumuler ces titres, mais pour le Real, recordman du nombre d’Euroleague (8, la dernière en 1995), du nombre de championnat d’Espagne (30), de Coupe du Roi (22), et de la défunte coupe des vainqueurs de coupe (4), c’est presque un affront. Le palmarès du Real compte aussi 1 Coupe Korac.
Le club a vu passer des légendes en nombre, dont 4 Hall of Famers (Drazen Dalipagic, Antonio Díaz-Miguel, Pedro Ferrándiz et Drazen Petrovic) ainsi qu’un futur Hall of Famer (Arvydas Sabonis). Le club a aussi retiré le numéro 10 de Fernando Martin. La liste des grands noms passés par ce club est trop longue à établir mais citons tout de même cinq français, Alain Digbeu, Mickael Gelabale, Jerome Moiso, Samuel Nadeau et Mouss Sonko.
Le parcours 2010-11
Arrivé à l’été 2009, Ettore Messina avait totalement remodelé le groupe. L’été suivant, il a surtout cherché à corriger le tir en recrutant quasiment un joueur par ligne, D’Or Fischer dans la raquette, Carlos Suarez et Clay Tucker à l’aile, et Sergio Rodriguez à la mène.
Mais comme l’année précédente, la mayonnaise n’a pas pris totalement. Lors de la phase aller, le Real s’est incliné sur le parquet de l’Olympiacos et de Charleroi, une humiliante défaite 67-49. Au retour, le Real a pris le dessus sur l’Olympiacos mais s’est incliné à Malaga et à Bamberg. Conséquence, les madrilènes jouaient encore leur position lors de la dernière journée où ils ont explosé Charleroi (94-45).
Ettore Messina fait énormément tourner son effectif et le leadership change à chaque match. Seulement deux joueurs apparaissent dans le top 50 à l’éval pour la saison régulière, le pivot D’Or Fischer (6.9ppg-7rpg-2bpg, 51.9% au tir, 13.5 d’éval) et l’arrière Sergio Llull (12.1ppg-3.2apg-2.2rpg, 11.7 d’éval).
Le top 16 réserve au Real Madrid le groupe de la mort, avec le Partizan Belgrade, la Montepaschi Sienne et l’Efes Pilsen. Le Real tire son épingle du jeu en remportant ses 5 premiers matchs. Mais la défaite contre Sienne, lors de la dernière journée, a cassé le ressort entre Ettore Messina et son groupe. Début mars, le coach italien quitte son poste.
Ce top 16 a aussi permis à Nikola Mirotic de se révéler. L’ailier monténégrin a tourné à 9.7 points (57.1% à 2-pts et à 3-pts), et 4.7 rebonds pour 13.5 d’éval. Il est le seul joueur du Real à intégrer le top 20 au ranking. Par ailleurs, début janvier, Mirza Begic a étoffé la raquette madrilène sans bénéficier d’un gros temps de jeu.
En quart de finale, le Real Madrid est la seule équipe à se qualifier avec l’avantage du terrain. Au bout de 5 matchs, ils remportent la bataille ibérique contre Valence. La clé pour prendre le dessus ?
Emanuele Molin : La clé, pour moi, était que l’équipe a compris que nous pouvions nous qualifier pour le Final Four même en ayant vécu de mauvais moments. En acceptant et en comprenant bien quelles étaient nos limites, avec cette situation mentale, nous avons affronté le dernier match avec une vraiment belle attitude. Je ne peux pas dire que c’était facile ou sans pression, mais nous avons joué en pensant toujours que si nous étions capables de faire deux ou trois bonnes choses bien, nous pouvions battre Valence. Et nous l’avons fait.
Le coach : Emanuele Molin
Eternel adjoint, Emanuele Molin est promu pour la première fois technicien en chef après la démission d’Ettore Messina. Avant cela, il fut l’assistant de Mike d’Antoni et Zeljko Obradovic à Trevise puis d’Ettore Messina, pendant 10 ans, à Bologne, Trévise, Moscou et Madrid.
Sur le site de l’Euroleague, il a admis que d’un point de vue basket, sa nomination n’avait pas changé grand chose.
Emanuele Molin : Après avoir travaillé 10 ans avec Ettore, nos idées sur le basket sont similaires. Nous avons beaucoup partage durant cette période et nous avons vécu des moments magnifiques ensemble. Ensuite, je n’avais pas le temps pour faire des ajustements. Quand il est parti, nous avions 10 jours avant le début des playoffs et nous avons joué beaucoup de matchs. J’ai essayé d’amener ma personnalité à l’équipe et d’avoir une relation différente avec l’équipe et les joueurs. Mais au niveau du basket, non seulement je suis complètement d’accord avec ce qu’a fait Ettore mais en plus, je n’avais pas assez de temps.
Il admet aussi ne pas avoir cherché être en première ligne.
Emanuele Molin : Le fait que je sois Head Coach est seulement le résultat d’une situation où j’ai reçu une opportunité. Je conduis une voiture créée par Ettore. Quand il est parti, j’ai reçu l’opportunité. Cela m’a donné la chance de diriger le club et de coacher cette équipe. Tout est nouveau pour l’équipe.
Les clés pour passer le Maccabi Tel-Aviv.
La chance du Real Madrid se situe en défense. Collectivement, la défense madrilène forme un ensemble cohérent, qui est notamment #1 de la compétition au rebond. Face aux intérieur du Maccabi, qui ne sont pas des géants, ça peut peser.
Par contre, offensivement, le Real est la moins bonne équipe des formations présentes au F4. Dans les chiffres, comme sur le parquet. A trop jouer sur demi-terrain, les madrilènes proposent un basket lent et stéréotypé. Pas sûr que ça passe face à la grosse pression des hommes de David Blatt.
Force ou faiblesse, aucun joueur ne s’impose comme un leader offensif. Sergio Llull (11.5ppg en 27min) est le seul à scorer en double figure. Il bénéficie aussi du plus gros temps de jeu. Un joueur comme Ante Tomic (9.7ppg) n’a pas totalement confirmé après 6 premiers mois intéressants. Sa tendance à fuir le cercle agace. Nikola Mirotic, du haut de ses 20 ans, est-il l’homme providentiel ? Pour inquiéter le Maccabi, la profondeur ne suffira pas. Il faudra que certains joueurs assument leurs responsabilités.
L’avis d’Emanuele Molin :
Emanuele Molin : Pour nous, tout est nouveau. Le Maccabi est une équipe historique mais ils ont une nouvelle équipe dans ce type d’événement. Ils ont aussi des joueurs qui ont déjà joué et gagné le Final Four. Pour différentes raisons, je pense que nous et le Maccabi sommes similaires. Nous portons tous les deux un uniforme important, et par conséquent, nous devons obtenir des résultats. Ce qui fera la différence, pour nous, je ne sais pas. Je pense, cependant, que le plus important pour nous est de montrer sur le terrain notre personnalité, même si nous sommes jeunes et inexpérimentés. Tout le monde l’est, à l’exception de Pablo Prigioni et Felipe Reyes. Je pense qu’il faut montrer notre personnalité dans l’ambiance du Final Four, face à une équipe importante comme ce Maccabi. Si nous pouvons faire cela, je pense que nous avons une chance de gagner. Dans le cas contraire, ce sera difficile.
Même le coach ne déborde pas d’optimisme…
Bonus
L’Euroleague propose un top 10 consacré au Real Madrid et au Maccabi Tel-Aviv.

![[Final Four] Real Madrid A la fin de la semaine, Barcelone accueillera le Final Four de l’Euroleague. A cette occasion, nous vous proposons une présentation des quatre équipes en lice pour le titre. Le...](http://www.passionbasket.fr/wp-content/uploads/2011/05/real_madrid-620x250.jpg)

Oui en effet même le coach ne déborde pas d’optimisme.
Finalement, ça rejoint mon prono sur l’article consacré au Maccabi.
Et Molin, comme toi Jérôme, admet de facon asser clair que ce Real manque de personnalité….mais ça au Real, c’est pas nouveau.
Parc que franchement, depuis l’êpoque Sabonis, j’ais vachement de mal avec le Real.
Il y a depuis un manque d’âme dans ce club je trouve.
Max me contredira peut-être mais je trouve que Reyes et Llull, ça n’est pas assez pour apporter ce supplément d’âme. Au Barça, tu as Navarro, Grimau, Sada, quelques étrangers présents de longue date (Lakovic, Basile).
Au Real, Messina donne l’impression d’avoir surtout fait un assemblage d’individualité, en éjectant quelques historiques sans ménagement (Bullock et Hervelle notamment).
J’arrive pas à adhérer à cette équipe.