Nouvel épisode sur la saison des Lakers, après une première entrée en matière marquée par le leadership de Bryant au scoring et les problèmes défensifs de l’équipe, nous allons voir que cet état de fait perdure mais qu’il doit être nuancé. De plus, la patte D’Antoni s’affirme de plus en plus sur le collectif et Steve Nash a permis le retour fracassant des californiens sur la scène NBA.
Pull over
Il est un secteur du jeu que les Lakers ne maîtrisent pas, c’est la défense. Bryant a beau jeu de dire qu’ils sont géniaux sur demi-terrain, ce n’est même pas une demi-vérité, par contre, il révèle par la même que le gros point noir est focalisé sur la défense en transition. C’est simple, dés que le rythme est trop élevé, que l’adversaire joue bien et collectif en faisant l’extra-pass, on peut être certain que la défaite est au bout du compte.
J’ai eu l’occasion de voir les matchs contre OKC et Utah à mi-décembre, c’était catastrophique. L’apathie défensive est tellement prégnante que les joueurs sont démoralisants à voir jouer. Encore une fois, l’excellent site Bballbreakdown a décortiqué un match des Lakers, la défaite contre Cleveland (107-116) du 13 décembre, en vidéo, une démonstration édifiante même pour les non-anglophones:
Dans le même temps, l’équipe continue de canaliser l’essentiel de son jeu sur les épaules de son jeu sur les épaules de Kobe Bryant. A 34 ans, il tourne à 29.9 pts par match avec le meilleur pourcentage au shoot de sa carrière, 47.5% (et 37% à 3pt avec 5.7 tentatives par match)!!! Il est sans surprise le shooteur le plus adroit parmi les joueurs tentant au moins 20 tirs par match – il en tente 21.6, seul Carmelo Anthony atteint le palier des 20 tirs (20.7) – sinon c’est Lebron James (54.5% avec 18.4 tentatives).
KB24 est le meilleur marqueur de la ligue également et c’est peut-être aussi ce qui lui est reproché car cette mise en avant se fait au détriment de ses coéquipiers, on pense par exemple à Dwight Howard. Le big men réalise sa pire saison statistique depuis 6 ans (17.7 pts, 10.9 tentatives par match, 11.9 rbds), il touche aujourd’hui autant le ballon que Jodie Meeks, Gasol ou Jordan Hill. Il profite néanmoins en décembre des tendinites de l’espagnol pour prendre un peu plus le jeu à son compte.
Le système D’Antoni
L’impression que laisse l’italien est pour le moins mitigé aujourd’hui. Pau Gasol a été clair: le coach veut un système avec 4 arrières shooteurs, autrement dit, sans lui. Il n’en fallait pas plus pour que tout l’internet et les journaux commencent à spéculer sur des propositions de trade qui incluraient Pau Gasol, vu que l’équipe manque cruellement de ces artilleurs.
C’est ainsi que le rôle d’un joueur comme Metta World Peace a considérablement changé. Autrefois connu pour ses talents défensifs et vilipendé pour son appétence à louper des tirs, voilà que la courbe a été totalement inversée. Feu Ron Artest est devenu un shooteur redoutable, plutôt complet et qui n’hésite plus à prendre des tirs ouverts qui font mouche. Les stats parlent d’elles-mêmes: il fait sa meilleure saison offensive à L.A avec 13.9 ppg (10.8 tentatives, 43%) et surtout 5.9 tirs tentés à 3pt pour une réussite globale de 38%, il est devenu LA troisième option offensive du coach.
Dans le même ordre d’idée, il est nécessaire de parler de Jodie Meeks. Après un début de saison calamiteux, où il a ciré le banc (9 mins/match en octobre, 12 mins/match en novembre), Mike D’Antoni a décidé de le relancer jusqu’à lui faire intégrer plusieurs fois le starting lineup de l’équipe. Dans un style de shooteur à 3pt sans vergogne, il excelle. Sur les dix derniers matchs, il tourne à 12.9 ppg avec près de 7 tentatives à 3pt par match (6.7) et une réussite de 36%.
Une mise au devant de la scène qui s’est faite au détriment d’Antawn Jamison, définitivement mis au rancart par le coach, mon avis étant qu’il ne rejouera pas de l’année et que son transfert lui serait bénéfique. Seul Jordan Hill a encore une participation sur certains matchs, en attendant, Morris/Ebanks/Meeks forment des ailiers rapides qu’apprécie D’Antoni.
Turning Point
Après 4 défaites, les Lakers, au fond du trou, se reprennent en affrontant notamment Washington et Charlotte. Des matchs qui ne resteront pas dans les annales, chacun emporté avec une marge de 5 points et moins, ce n’est vraiment pas glorieux. Cependant, le match du 22 décembre contre des Warriors très en forme et compétitifs comme nous l’a montré Jérôme, annonçait le retour de Steve Nash de blessure comme de Pau Gasol. L’effectif de Dream Team enfin au complet, c’était l’occasion d’un premier test grandeur nature.
Et les Lakers n’ont pas déçu car ce match marque très certainement un tournant dans leur saison, une victoire arrachée au terme d’un match âpre et disputé. Les Lakers ont réussi un tour de force en remontant un déficit de 14 points dans le quatrième quart-temps pour aller chercher la victoire en prolongation (118-115). Si la défense n’était pas au rendez-vous, c’est offensivement que l’équipe a brillé avec notamment MWP et Nash qui plantent des paniers longue distance décisifs dans une salle en ébullition:
Il réitèrera ce fait avec un petit fadeaway jumpshot dont il a le secret, en se jouant de Stephen Curry:
Une victoire qui a fait grand bruit, Steve Kerr à vif réagit:
Wow, ce Lakers/Warriors devient un de mes classiques! On sent que c’est un vrai changement pour L.A, bon retour Steve Nash
Les Lakers ont été capable de revenir sous les ailes d’un Bryant dans un soir hors norme. Il plante 34 pts, gobe 10 rebonds mais c’est son shooting qui interpelle: 16/41!!! Presque la moitié des paniers convertis de l’équipe et des tirs tentés par l’ensemble de ses partenaires. La dernière fois qu’il avait réalisé une performance de ce genre, c’était contre le Thunder en 2008 avec 44 tentatives. Le bas blesse encore une fois sur cet aspect quand le trio Howard-Gasol-Nash ne cumule que 27 tickets shoots….le fait est que la victoire est au bout, même si Bryant et Howard était en foul trouble en rentrant dans l’OverTime (5 fautes). Plus étonnant, D’Antoni continue de faire débuter MWP du banc en mettant Ebanks ou Morris en titulaire, la seconde unit est définitivement la sienne.
On se retrouve le 25 décembre pour célébrer la magie de Noël devant une affiche digne de ce nom: Lakers/Knicks. Les Angelinos doivent confirmer leurs quatres victoires consécutives mais l’important n’est pas là. C’est plus fort, plus grand, on parle ici de la rencontre des deux plus grands marchés des USA, on parle de Los Angeles, de New York, on parle de Mike D’Antoni honteusement démissionnaire après un passage calamiteux dans la grande pomme, on parle de mythe, de légendes. Ce fût l’occasion pour les Lakers d’atteindre la barre symbolique des 50% en saison (14-14), abandonnée depuis le 30 novembre dernier (8-8).
Et comme l’histoire se répète souvent, Steve Nash a donné un avantage décisif à son équipe avec un jumper dans le money time (96-91) tandis que Gasol crucifie dans les dernières secondes les derniers espoirs de remontée des Knicks avec une pénétration + dunk en éventrant tout du long ses adversaires:
Une prouesse en partie réalisable avec l’expulsion pour six fautes de Tyson Chandler à 2:22 du terme, alors que L.A perdait MWP pour les mêmes raisons à 1:58. Au final, les deux meilleurs scoreurs de la ligue ont fait le show, d’abord Kobe Bryant, replacé en SF dans le starting line-up (en attendant l’entrée de MWP) avec 34 pions (14/24), répondant à Melo (34 pts, 13/23). L’expulsion de Chandler et le fait qu’il n’y ait eu que JR Smith pour épauler offensivement (25 pts) a joué, MWP (20 pts à 3/6 de loin, 7 rbds) se révélant toujours aussi précieux, Gasol (13 pts, 8 rbds, 6 assists) et Howard (14 pts, 12 rbds) terminent le travail sans être les tours jumelles dominatrices qu’on attendait.
L.A est donc avec un bilan équilibré, ce qui rassure, cependant il va falloir se poser de véritables questions sur la place de chacun dans l’offense: aujourd’hui, Kobe Bryant est un scoreur unique, épaulé par des artilleurs (MWP, Nash) et les intérieurs font avec ce qu’ils ont c’est-à-dire environ une vingtaine de tickets shots à se répartir. Quelque chose cloche, à long-terme, sur la viabilité d’un tel schéma. Même chose défensivement mais là, cela semble assez désespéré et ce n’est sûrement pas Mike D’Antoni qui va y changer quelque chose, lui qui a pour modo de n’en avoir cure des dires et de se concentrer sur une chose: marquer un panier de plus que l’autre, tenter plus de shoots que son adversaire







J’ai eu l’occasion de matter le LAL-NYK du 25 décembre, et j’ai été assez impressionné par la perf’ de Gasol. Pour un gars qu’on disait sur le départ avant l’arrivée de D’Antoni, je l’ai trouvé très rassurant, très à son aise face à l’expérience des New-Yorkais. J’ai deux phases offensives précises en tête:
1. Un pick & roll en tête de raquette entre Gasol et Howard qui se termine par un alley-oop de l’ancien Magic (http://www.youtube.com/watch?v=M7VVOR1hVYw).
2. Le drive déterminant qui consolide la victoire des Angelinos (http://www.youtube.com/watch?v=4dQvPswom-g).
Est-ce que l’Espagnol ne pourrait pas trouver sa place dans le système D’Antoni? Ne pourrait-on pas imaginer 3 arrières (en l’état actuel: Nash-Meeks-Bryant pour entamer les matchs), Gasol en électron libre et Howard comme point de fixation inside? Je pense que ce serait dans ce registre que Gasol serait le plus efficace et dangereux: tantôt en low-post, tantôt en high-post, mais toujours dangereux vu sa palette technique, que ce soit dos ou face au panier.
Un truc qui m’a marqué hier, sur les 4-5 dernières possessions, Kobe Bryant ne voit pas le ballon. Même pas une question de tir, il ne reçoit même pas le ballon alors que c’est serré.
Etrange mine de rien…
Quiconque suit un temps soit peu le basket se rendrait compte de cette compatibilité Howard-Gasol, au premier coup d’oeil. Tout à fait d’accord avec ce que tu dis mais je n’y crois pas une seule seconde avec D’Antoni. Le but c’est de tirer le plus vite possible et de tenter plus de shoot que l’autre, point barre.
Donner de la confiture aux cochons…
Sur le match d’hier, toujours la même chose, mêmes causes et mêmes conséquences: quand on affronte une des meilleures attaque de la ligue notamment en transition et qu’on est pathétique en défense sur ce point, ça donne 126 pions dans la musette….Oh Kobe a marqué 40 points à 13/24 mais sinon…
Mike D’Antoni: « If I let Darius Morris shoot a 3, I’m certainly going to let Pau shoot a 3. He’s a better shooter. »
Le nouveau PG titulaire est tenu en haute estime…
Il n’est pas vraiment titulaire hein :p MWP est le titulaire du poste mais à l’instar de Jason Terry aux Mavs et d’autres dans le même registre, on met un joueur qui fera office de pis-aller dans le 5 majeur puis le véritable titulaire mènera la seconde escouade au scoring.
Dans la rotation il est même plutôt 2 Morris tandis que Bryant peut débuter 3. Et cela fluctue tout au long du match.