France 81-61 Italie, le plus dur est fait.

A Pau, l’équipe de France avait l’occasion de faire un pas énorme vers l’Euro polonais. Une victoire nous assurait d’une finale contre le vainqueur de l’autre groupe, une défaite relançait totalement l’Italie. Les enjeux étaient donc clairs.

Départ canon.

Le cinq de départ est classique avec Parker, Batum, Diaw, Pietrus et Turiaf. Idem pour l’Italie avec Poeta, Belinelli, Mordente, Gigli et Bargnani.

La France a pris un départ canon. Flo Pietrus (8pts) et Tony Parker (7pts) mettent les bleus sur les bons rails, la défense tient le choc, et en 5 minutes 30, on mène 15-2. Symbole de la domination des deux joueurs, une passe dans le dos de Parker pour un dunk de Pietrus. Temps mort. La France impressionne par sa réussite offensive, sa grosse présence en défense et sa domination au rebond.

Les italiens reviennent avec une zone, mais Batum, d’un dunk rageur, ouvre le feu. Matteo Soragna répond à 3-points histoire de lancer le match des azzuri. Mais la France évolue sur un nuage et le collectif commence à prendre forme. Le ballon vit, sur une séquence, TP drive, décale Batum qui sert Diaw, il offre le ballon post-bas à Turiaf qui met un caviar à Flo Pietrus pour un dunk rageur !! Les cinq bleus ont touché le ballon pour une séquence magistrale, « la plus belle action depuis Sydney » selon Jacques Monclar.

A ce moment là, le seul défaut français est l’adresse à 3-points, 0/4.

Les rotations (Jeanneau, de Colo) ne diminuent pas l’intensité défensive française mais on y perd en fluidité offensive. Quelques coups de sifflet douteux ont permis aux italiens de rentrer quelques lancers et surtout, d’handicaper les français pour la suite.

19-7 après 10 minutes, Nicolas Batum (3rbs, 3stls) montre le chemin à suivre en défense et l’attaque nous a réservé de belles surprises.

L’Italie revient dans le match.

Afin de revenir dans le match, Marco Belinelli est de retour sur le parquet et Carlo Recalcati a opté pour une variation des défenses, tantôt zone, tantôt individuelle, histoire de perturber les français. Vincent Collet continue de faire tourner son groupe, Alain Koffi et Antoine Diot entrent en piste. Le second nommé jouera une petite minute, le temps de donner 3 fautes à Belinelli.

Andrea Bargnani trouve enfin l’accès au panier, profitant de largesses assez inhabituelles de Koffi. Mais le MVP de Pro A se rattrape sur le repli suivant, en coupant la ligne de passe. Les bleus maintiennent l’écart autour de 15 points.

La deuxième moitié du quart-temps est entamée, le jeu français est plus stéréotypé, les intérieurs écartent au maximum pour faire de la place aux pénétrations de Parker et aux cuts de Batum. Le résultat est mitigé, bien que l’écart reste autour de 15 points. Collet apprécie peu, qui insiste, sur le temps mort suivant, sur le jeu de passe et le mouvement.

A 2’30 de la mi-temps, le sélectionneur Bleu tente une association Jeanneau / Parker sans qu’on puisse en tirer de réels enseignements. Par contre, surprise, les lancers sont rentrés (10/13) et permettent de tenir l’écart. Belinelli commet sa troisième faute, et l’objectif est d’atteindre la pause avec 15 points d’avance. Collet veut un stop, il l’aura, mais une confusion sur la contre-attaque offrira deux lancers aux italiens, évidemment convertis de Mordente.

A la pause, 41-27. Encore une fois, la défense tient le choc, les lancers sont rentrés, et l’adresse inside compense le manque de réussite derrière l’arc. Belinelli et Bargnani ne sont pas encore dans le match, et si les italiens ne sont pas encore sous l’eau, c’est qu’il y a quelques tirs from downtown qui ont fait mouche.

Belinelli’s show.

A fin de la mi-temps, Vincent Collet donne ses dernières consignes, il veut du rythme face à la zone, et de la vitesse sur la montée de balle et les déplacements.

Un mot sur Boris Diaw, il ne score pas, mais son impact défensif et dans le jeu sont importants. Il nous sortira une passe exceptionnelle en backdoor à Turiaf, malgré une double pression italienne, ses feintes et son service dans le timing étaient juste énorme.

Mais Belinelli va commencer son show. Après un 7-0 et un écart gonflé à +21, le néo-scoreur des Raptors va planter deux bombes à 3-points puis un layup en contre-attaque. L’Italie revient à 13 points, 48-35 grâce à un 8-0 du seul Belinelli. Temps mort français, mais rien n’y fait, le scoreur italien claque 12 points sur 15 mais Tony Parker va calmer ses ardeurs avec deux 3-points, un dans le corner, puis un en tête de raquette. La France reprend ainsi 18 points de vacances (58-40).

Vincent Collet va alors lancer Yannick Bokolo qui va se sacrifier sur Belinelli avec brio. Il décide aussi d’offrir ses premières minutes à Ali Traoré, il inscrira de suite 2 points et montrera une énorme disponibilité offensive. Le troisième quart-temps est bouclé au buzzer par Tony Parker, d’un tir en extension ligne de fond à 5 mètres. Énorme! 62-46, il reste 10 minutes et tout semble bien parti.

Roue libre.

La France revient le couteau entre les dents, avec l’ambition de tuer cette équipe italienne. La défense est remarquable, les italiens sont paumés, en panne de solution. Les Bleus vont livrer une séquence monumentale en privant les italiens, sur les 24 secondes, de la moindre position de tir.

A 8 minutes de la fin, Bargnani revient en piste, mais, comme au match aller, il ne dominera jamais les débats. Collet tente de son côté une association Traoré / Turiaf, très physique et plutôt complémentaire avec quelques liaisons sympatoches.

Autre relation en vue, Bokolo / Batum, les deux anciens manceaux vont offrir 2 très belles séquences. La première avec un service de Bokolo pour Batum ligne de fond qui s’envole pour 2 points. La seconde, l’exacte inverse, Bokolo ne peut pas monter au cercle et ressort le ballon, mais la liaison est évidente.

L’Italie semble peu à peu lâcher prise, les deux stars NBA s’approprient le ballon avec peu de réussite. En défense, l’agressivité n’y est plus vraiment. En atteste, Turiaf, à 3 secondes du gong des 24, qui part post-haut vers le cercle pour planter un dunk rageur dans un boulevard. Les systèmes ne ressemblent plus vraiment à rien, un 3-points par ci, une pénétration par là, mais le collectif n’est plus là.

Les dernières minutes se passent donc bien, l’Italie restera à distance respectable, et Antoine Diot, de retour en fin de match, s’offre un petit plaisir, à 3-points, pour clôturer le score, 81-61.

Statistiques

  • Tony Parker : 23 points (7/8 à 2-pts, 2/7 à 3-pts, 3/3 aux LF), 5 assists.
  • Nicolas Batum : 18 points (8/13), 8 rebonds, 6 steals.
  • Ronny Turiaf : 14 points (5/8 et 4/6 aux LF), 5 rebonds.
  • Marco Belinelli : 19 points (3/9 à 2-pts, 3/4 à 3-pts, 4/5 aux LF), 3 rebonds, 2 assists, 2 steals.
  • Jacomo Giachetti : 13 points (3/4 à 3-pts).
  • Andrea Bargnani : 5 points (2/10), 5 rebonds.

Batum rappelé.

Les Blazers ont décidé de rappeler Nicolas Batum afin d’examiner son épaule. Un nouveau coup dur et surtout une décision inexplicable pour l’intéressé « Il faut peut-être leur montrer les images de ce soir » comme pour Flo Pietrus « Il a fait un match extraordinaire. S’il a joué comme ça, c’est probablement qu’il n’avait pas mal. » L’ailier des Blazers espère désormais « revenir le plus vite possible. »

Bosnie-Herzégovine 73-61 Portugal

Dans l’autre match, Nemanja Gordic (18pts) a mené la Bosnie à la victoire sur le Portugal. Jose Costa et Elvis Evora ont inscrit 15 points pour le Portugal.