Game 4 : Au bout de l’enfer

Autant le dire d’emblée, l’insupportable duo Vaution/Eddy commence à être gonflant par son support inconditionnel et subjectif pour le Magic. Le roi du jeu de mot étant natif de la région c’est compréhensible mais s’il vous plaît, épargnez nos oreilles. Les Lakers ont fait le boulot au final pour les faire taire.

Boooooriiiiing !

Les hostilités débutent par un panier de Kobe sur la tête de Lee, as usual pourrait-on dire. Le Magic joue pourtant bien en ce début de match, Lee manque les deux premiers tirs seuls avec extra-passe mais ne manque pas le troisième. On assiste à un bel affrontement des deux côtés, notamment défensivement où une interception de Kobe succède un contre de Dwight Howard. Orlando fait magnifiquement tourner le ballon, le collectif est au Top, le ballon est constamment en mouvement en attaque.

Andrew Bynum se prend vite ses deux fautes, après 4 petites minutes de jeu et d’inefficacité. Odom entre. On assiste à un Kobe Show à l’image du Game 3, le n°24 tente beaucoup en ce début de match et répond au collectif floridien qui fait un travaille du tonnerre. Une chose ne change pas : Howard est bien pris sous les panneaux, Gasol fait un travail énorme sur lui au niveau physique et personne ne le laisse prendre le moindre tir facile. Comme au dernier match, Rafer Alston (11 pts) s’enflamme et prend les choses en main pour tenir le match (12-8).

Une stat’ s’affiche : 8 rebonds à 3 pour le Magic, c’est définitivement le secteur qui leur bénéficie. Brouillons offensivement les Lakers balancent des briques et Alston derrière conclut bien. 4/15 pour L.A, la défense des bleus et blancs paye. Plus fort encore, Gasol prend sa deuxième faute au milieu du quart et Jackson est obligé de rentrer Dj Mbenga. Ariza arrose, il manque tout ce qu’il entreprend et Orlando, sous la houlette de son géant Dwight Howard prend le large, 20-15. Dwight est déjà à 14 rebonds en cette fin de quart-temps ! Odom prend sa deuxième faute, Farmar et Walton font leur entrée…Le problème que l’on va retrouver durant tout ce match au Magic : les ballons perdus. 5 balles perdues qui empêchent de prendre le large malgré la maladresse des Lakers où seul Kobe s’en sort, numéro de soliste (13 pts). Attention, inédit : la raquette Powell/Mbenga fait ses débuts…de manière absolument pitoyable, comme prévu. Orlando, porté par Turkoglu et Alston termine le premier quart en tête (24-20).

L’entrée de Jameer Nelson va encore faire du bien, mettre un panier sur la tête du pauvre Farmar n’est pas un souci. Idem pour Redick sur l’apathique et léthargique Vujacic, ce dernier manque vite deux shoots ouverts avant de dégager du terrain. Redick, lui, plante un beau panier et donne de l’avance à son équipe (28-22). Bloqués par les fautes, les leaders habituels à L.A sont absents, Gasol marque ses deux premiers points. C’est le moment que va choisir Hedo Turkoglu pour mettre panier sur panier, sans aucun souci dans une défense adverse malmenée de bout en bout, le collectif du Magic fait un travail de passe et de systèmes complets. Rashard Lewis, fantomatique jusque là, s’en va même planter de loin et donner dix longueurs d’avance à son équipe (37-27). Les statistiques parlent d’elles-mêmes : en nettoyant bien le cercle, Orlando a gobé deux fois plus de rebonds (16 à 8). Cet aspect se perd lorsque Gortat entre sur le terrain. Le polonais, frustre en attaque, se trouve débordé en défense par Gasol et Bynum qui lui marchent dessus.

Turkoglu est pourtant toujours présent, il provoque la troisième faute d’Odom et plante son 13ème point (4/5). L.A est dans la nasse face à cette belle équipe floridienne (42-31), Ariza s’en va même offrir une remise en jeu dans les bras d’Howard ! Frustrés, les Lakers le sont et le banc va même se prendre une technique. Seul, toujours, Kobe Bryant ramène son équipe (42-35). Petit fait de jeu, Alston fait un marché énorme mais une troisième faute est sifflée contre Bynum plutôt. Cela n’empêche pas le Magic de continuer de perdre des ballons (9 TO) alors qu’ils plantent à 53% au shoot contre 35% aux californiens, le score reste serré. Même Howard s’y met avec deux Hook sur la tête de Gasol, les Lakers n’y sont plus.

Mi-temps : 49-37 pour le Magic, 33.3% de réussite pour L.A dont 1/10 de loin et une domination au rebond du Magic avec un Howard gargantuesque (6 pts 14 rbds 5 blocks), exceptées les balles perdues.

Come-back Baby

La seconde mi-temps commence comme la première, Bynum ne sait pas défendre sur un simple pick and roll ou des passes et va…mais Orlando perd des ballons, deux d’affilée et les Lakers reviennent (51-41). 11 balles perdues à 4 et Kobe s’y remet, de loin ! Michael Pietrus est déjà prêt pour revenir défendre sur lui. La machine va s’enrailler au Magic à cause d’un homme : Trevor Ariza. 0 points en première mi-temps, l’ailier va se mettre à rentrer deux paniers longues distances plus des pénétrations cinglantes. 7 points déjà pour lui dans ce quart, il ramène son équipe dans le match et inflige un 12-5 aux bleus. Il s’en va provoquer la troisième faute de Turkoglu et après une énième perte de balle du Magic, rentrer un panier longue distance de tout premier plan (54-53), l’avance a fondu comme neige au soleil.

Le Magic est à côté de la plaque, Bynum provoque la deuxième d’Howard et les Lakers prennent l’avantage derrière (55-54), ils viennent de passer un 9-0 en deux petites minutes. Incompréhensible, cette baisse du Magic est l’objet d’une gabegie offensive et d’un relâchement défensif coupable. Et comme toutes les équipes en réussite, les Lakers vont se mettre à récupérer tous les ballons, même si Bynum prend vite sa quatrième faute. 20-7 dans ce quart pour L.A. Il faut noter à quel point Rashard Lewis brille par son absence, totalement transparent et fantomatique, l’ailier passe totalement à côté de son match (1/6) et ses coéquipiers ont déjà perdu 12 ballons pour seulement 10 assists. Statistique plus incroyable : le Magic a marqué 9 points en 9 minutes ! 61-58 pour L.A après un panier de loin d’Odom, les contre-attaque sont assassines, Redick égalise.

Moment fort du match, Kobe est chaud, il arrache un ballon des mains d’Howard pour une belle interception, ce dernier l’agrippe et les deux hommes en viennent légèrement aux mains, mais plus aux mots doux et chaleureux de véritables ennemis. Loin des grands sourires des premiers matchs, les regards sont tendus, intenses et les visages fermés. KB24 met son 22ème point dans ce match. Mais le Magic continue de se tirer une balle dans le pied : 14 balles perdues ! Sur le buzzer, Kobe plante un panier en déséquilibre ce qui porte le score du quart-temps à 30-14 pour L.A, +16, quel retournement de situation après une première mi-temps affligeante face à un Magic en réussite.

It’s the final count-down

La dernière ligne droite commence par un alley-oop de Kobe pour Odom ! 69-63 pour L.A. Dwight Howard ne s’en sort plus, il prend sa quatrième faute et ne fait que bousculer violemment Gasol pour essayer de se débarrasser de la défense hargneuse de l’ibérique. Odom prend sa cinquième derrière. La statistique qui tue : 48% de réussite contre 30% en faveur des Lakers, l’exact inverse des chiffres de la première période. Howard s’en va encore perdre un ballon, son septième ballon perdu à lui seul, autant que les Lakers.

75-70 pour L.A, c’est le moment que choisit le français Michael Pietrus pour devenir le facteur X qu’il sait être. Il tient son équipe dans le match, score déjà son 12ème point en seconde mi-temps alors que Lewis et Turkoglu se font à présent invisibles. Il va même provoquer la cinquième faute de Bynum, importante action. On assiste à un chassé-croisé entre les deux équipes à 5 minutes de la fin du match. Mike Pietrus provoque encore une faute pour égaliser (75-75), il en est déjà à 8 points rien que dans le quatrième quart-temps.

Malheureusement, un fait gâche la partie : les fautes. Les arbitres ne sifflent que dans un sens. Là où leur médiocrité touchait les deux équipes à égales, cette fois-ci ce sont les californiens qui sont lésés. Tous les coups de sifflets visent les Lakers alors que le Magic ne ferait apparemment « aucune faute ». Même Kobe Bryant dans le traffic, se faisant arraché le bras, n’obtient rien. Heureusement pour les Lakers, Dwight Howard puis Hedo Turkoglu vont manquer beaucoup de lancers. 9/14 aux lancers contre 0/0 pour l’instant, la salle est enchantée et se mue en cocon réchauffant et bruyant. La rentrée de Nelson va permettre à Howard de mettre quelques dunks spectaculaires (82-79) et de prendre l’avantage.

Le saint-sauveur Fisher : Acte I

Trevor Ariza, décidemment décisif (16 pts 9 rbds et 3 sur 4 de loin) égalise mais Turkoglu a la main chaude (85-82) et a surtout une adresse étonnante (20 pts à 8/10 pour l’instant). Il en profite pour donner cinq longueurs d’avance à son club, 87-82. Kobe Bryant aussi se met à manquer comme Gasol…il reste une minute à jouer.

Frustré, Kobe fonce en attaque et sert Gasol pour le dunk, 87-84, 30 secondes à jouer, l’espoir est mince pour L.A. L’action suivante, Howard reçoit le ballon et se prend un véritable « ippon » de Kobe pour le mettre à terre et l’envoyer sur la ligne de lancers-francs. Avec 11.1 secondes à jouer, il n’a qu’à en rentrer un et c’est pratiquement fini pour L.A. Le premier est manqué…et…le second aussi !!! 10.4 secondes à jouer, deux lancers qui valent de l’or viennent d’être gâché par un Howard maladroit dans cet exercice (6/14). C’est maintenant que la magie opère. Les Lakers ont la possession, passent à Kobe qui subit une prise à deux très haute par Turkoglu et Pietrus, il se débarrasse du ballon sur Ariza qui volleye la balle sur Fisher qui ne se POSE AUCUNE QUESTION et prend un shoot de loin…qui fait mouche !!!! 87-87 !

Avec 4.6 secondes à jouer, tout est encore possible. Leurrant par une fausse remise en jeu les Lakers, le Magic va finalement s’en remettre à Pietrus qui ne trouve pas de solution et lâche une brique.

Le saint-sauveur Fisher : Acte II

Nous avons donc droit à une prolongation et celle-ci ne sera finalement que l’acte 2 de l’opération sauvetage en haute-mer débutée par Derek Fisher. L’OT commence avec un shoot primé de Rashard Lewis, atone jusque là. Kobe Bryant continue de prendre les choses en main quitte à croquer à outrance. Il plante tout de même des paniers « jordanesques » impossibles sur la tête de Pietrus tandis que Lewis perd encore un ballon derrière ça, on avait presque oublié l’opération balle dans le pied du Magic.

La défense sur Dwight Howard est monstrueuse d’efficacité, Pau Gasol est toujours à la lutte physique avec lui et lui oppose une résistance inattendue. Par contre, l’attaque se résume à du tout-Kobe là où le Magic cherche des réponses constructives et collectives. Niveau faute, Gasol se fait défoncer mais ne reçoit rien, le Magic égalise (91-91). Kobe continue son numéro de soliste, ne partage pas la gonfle, malgré ses échecs répétés (11/31 au final !) et pourtant Gasol/Odom sont souvent seuls.

La lutte est intense, Nelson commet une faute sur Gasol. Sur la remise en jeu, avec une petite minute à jouer, Kobe Bryant travaille au poste et lorsque la prise à deux fait son apparition, ressort le ballon sur Fisher qui NE SE POSE PAS DE QUESTION et balance une mine en tête de raquette pour donner une avance inespérée. 94-91 avec 31.3 secondes à jouer, on a vu pire. Imitant Kobe, c’est Hedo Turkoglu qui va faire un numéro personnel, balance une prière qu’il va manquer par orgueil. Sur le rebond, Lewis dégage la balle dans son camp, c’est Gasol d’un sprint Ussainboltien qui va la récupérer et aller dunker tout seul 96-91. Le Magic est à 1/6 au shoot dans cette prolongation contre 4/8 pour L.A. Turkoglu, sur la remise en jeu, tente encore un panier, le manque…les Lakers font tourner jusqu’à Gasol qui se trouve sous le panier et qui termine d’une claquette qui va voir arriver dans son dos Michael Pietrus, frustré, qui va faire une faute antisportive de dépit, de dégoût et de « mauvais perdant » au final, réchauffant les esprits sur le parquet. 99-91, c’est le score final. George Eddy est dégoûté, Pietrus aussi apparemment…

Au final, Dwight Howard aura fait un match monstrueux (16 pts 21 rbds 9 blocks mais 7 balles perdues) tout comme Turkoglu (25 pts à 8/13) et Pietrus (15 pts). Mais ils n’ont pu bloquer totalement Kobe Bryant, auteur de 32 pts (11/31) 7 rbds 8 assists, du duo Gasol (16 pts 10 rbds)/Ariza (16 pts 9 rbds) derrière et surtout, surtout, d’un grand bonhomme, un vétéran qui a fait de ce match une rencontre dont on se souviendra : Derek Fisher, auteur de 12 points et d’un 2/7 à 3pt. Chiffre consternant de fin de match : Dwight Howard a perdu autant de ballons que tous les Lakers réunis !De plus, l’expérience ayant fait son chemin, le Magic s’est coupé l’autre jambe en réalisant un piètre 59.5% aux lancer-francs (22/37). Le Magic perd 17 ballons contre 7 aux californiens, 91 tirs tentés contre 74 en faveur des Lakers c’est-à-dire des possessions qui ont permis aux Lakers de rester au contact et de ne pas être décrochés, pour au final revenir sur une situation, deux situations, miraculeuses.