Interview : Jonas Jerebko

Interview : Jonas Jerebko

Fin février, Jonas Jerebko avait accepté de m’accorder une interview. Depuis, cet ailier suédois a vécu une superbe fin de saison à Biella (demi-finale du championnat italien) et a vu sa cote montée jusqu’à en faire un possible end first rounder.

Je vous propose de (re)découvrir cette interview… avec quelques questions supplémentaires auxquelles il a accepté de répondre avec sa gentillesse habituelle, entre deux avions.

La découverte du basket

Est-ce que le basket a toujours été ton sport favori ?
Non, j’ai pratiqué beaucoup d’autres sports. Dans mon enfance, je jouais au football, au golf et je faisais quelques camps de basket l’été. L’hiver, je jouais au hockey sur glace, au basket et au handball. Et j’ai également essayé d’autres sports.

Comment as tu commencé le basket ?
Ma mère jouait au basket quand j’étais jeune, et j’ai toujours accompagné son équipe. Mon père vient des USA et est venu en Suède pour jouer au basket et je regardais aussi ses matchs. Donc j’ai vécu dans un environnement basket toute ma vie.

Comment as tu réalisé que tu étais au dessus de la moyenne ? Tu as eu un moment clé dans ta jeunesse ?
Quand j’étais jeune, j’étais bon dans pas mal de sport. Mais en grandissant, le basket a pris de l’importance. Au lycée, j’ai arrêté les autres sports pour me concentrer sur le basket. J’ai failli changer pour le hockey sur glace. Mais j’aime le basket, c’est pourquoi je l’ai choisi.

A quel niveau as tu joué en Suède ?
Je jouais dans les catégories jeune mais toujours contre des gars plus vieux. Puis, à 15 ans, j’ai joué en 3e division suédoise. J’y ai joué pendant 2 ans, puis 2 ans en division 2. Puis, j’ai signé à Plannja pour la saison 2006. J’ai découvert la première division suédoise. Après, je suis allé à Biella.

Le développement à Biella.

Comment es tu arrivé en Italie ? Et pourquoi Biella ?
Mon agent pensait que c’était l’endroit idéal pour moi. Ils sont réputés pour le développement de jeunes joueurs, donc j’étais très heureux de pouvoir y aller. C’était parfait pour moi.

Tu as eu d’autres opportunités ? En NCAA par exemple?
Oui, j’ai eu d’autres offres de Bologne et du Real Madrid, plus jeune. Avant Biella, j’ai eu quelques offres mais mon agent, Doug Neustadt en sait plus sur tout ça. En NCAA, j’étais observé par Buffalo, Syracuse et West Virginia. J’ai eu d’autres possibilités mais ça ne m’intéressait pas.

Combien de temps as tu mis pour t’adapter à ce nouvel environnement ?
Ca m’a pris un petit peu de temps de devenir un joueur de basket professionnel dans un nouveau pays. Mais quand la saison a débuté, mes coéquipiers m’ont beaucoup aidé. J’adore l’Italie, c’est un super pays, et c’est un peu comme en Suède.

Quelles étaient tes principales qualités quand tu es arrivé, il y a 3 ans ?
J’étais très grand, et je savais un peu tout faire. Je pense que Biella a vu du potentiel et ils ont pensé pouvoir me faire progresser. Ils ont vu que j’avais de bons fondamentaux sur lesquels on pouvait travailler.

Depuis, quels sont les aspects de ton jeu que tu as le plus travailler ?
J’ai progressé partout. Physiquement, au tir, techniquement, ma conduite de balle… Tout… Je suis un bien meilleur basketteur aujourd’hui.

Désormais, tu joues 25.4 minutes par match, tu te considères comme un leader de l’équipe ?
Je ne sais pas si je peux dire « leader ». Mais j’essaye de me donner à 100% en espérant que mes coéquipiers me suivront. Donc, de ce point de vue, je suis un leader.

Défensivement, tu es un monstre. D’où te vient cette agressivité ?
C’est une partie de mon jeu où j’ai réellement progressé. Maintenant, je défend presque tout le temps sur le meilleur scoreur, ou le meilleur joueur de l’équipe en face. L’agressivité vient simplement du fait que je ne veux pas que mon joueur ne score. Je n’aime pas quand on plante sur moi. Et puis, j’aime bien défendre.

As tu encore un point faible majeur que tu travailles tous les jours ?
Quand je suis arrivé à Biella, c’était mon shoot. J’ai progressé, je suis 100 fois meilleur maintenant. Je continue à beaucoup travailler mon shoot ainsi que mon handling et je cherche à gagner de la puissance.

Tu as participé au Reebok Eurocamp de Trevise en 2008, peux tu nous parler de cette expérience ?
C’était mon premier Reebok Eurocamp donc c’était un honneur d’être invité. Je voulais briller dès que j’ai eu l’invitation. C’était sympa, il y avait tous les meilleurs jeunes d’Europe. Je pense que j’ai fait du bon boulot, et j’ai aussi beaucoup appris. C’était une bonne expérience.

D’un autre côté, tu n’as jamais participé au Nike Hoop Summit, une raison ?
Simplement parce que je n’ai pas été invité.

La NBA, c’est un objectif ? C’est un rêve d’aller aux USA ?
La NBA est le meilleur championnat du monde. Cela a toujours été un rêve de jouer là bas, aussi loin que je puisse me souvenir. Donc oui, jouer là-bas est un rêve. Je vais tout faire pour y arriver.

Tu auras bientôt 22 ans, as tu l’intention de t’inscrire à la draft 2009?
Oui, c’est mon année.

Tu as déjà été en contact avec des scouts américains ?
Les scouts sont là depuis que je suis arrivé à Biella, mais je n’ai jamais eu de contact direct avec eux. Mon agent s’occupe de ça.

Si tu es drafté, quel sera ton choix : intégrer un roster NBA ou rester quelques années en Europe, en Euroleague par exemple ?
Mon désire d’être drafté et de jouer en NBA, mais si cela n’est pas possible, ce serait bien d’intégrer une équipe d’Euroleague.

Tu es fan d’une équipe NBA ?
Pas vraiment d’équipe préférée. L’équipe qui m’appréciera ;-)

Tu as des joueurs références en Europe ou aux USA ?
J’ai toujours beaucoup apprécié la superstar russe Andrei Kirilenko. Il sait tout faire sur le terrain et je m’inspire beaucoup de lui. J’adore son jeu, et je pense que c’est un grand joueur.

L’équipe nationale suédoise.

La Suède n’est pas très connu pour son basket. Tu as déjà représenté ton pays en compétition international ?
L’année dernière, j’ai débuté avec l’équipe sénior, et nous avons gagné nos 4 matchs (NDLR: en Division B Européenne). J’ai déjà représenté la Suède à l’Euro des moins de 18 puis des moins de 20 ans.

Tu t’imagines mener ton pays à l’Eurobasket, comme Luol Deng l’a fait avec la Grande-Bretagne ? C’est un objectif ? Ou c’est secondaire ?
J’aimerais aider la Suède à grimper dans la hiérarchie européenne, car nous valons mieux que notre position actuelle. D’ailleurs vous verrez, à l’avenir, de plus en plus de joueurs suédois dans les clubs européens.

Sa fin de saison

Comment as tu vécu la fin de ton aventure à Biella ?
C’était triste et magnifique. J’étais attaché à l’équipe, aux fans, à la ville. Lors des playoffs, l’ambiance était formidable, et cela nous a permis de réaliser de grandes choses. On a sorti Rome, on n’est pas passé loin contre Milan. Ces playoffs, et cette aventure à Biella, resteront graver dans ma mémoire.

Tu es ensuite retourné au camp de Trévise, où tu as fait très bonne impression…
J’étais fatigué, je n’ai donc joué qu’une journée. Mon agent m’a dit que les échos étaient bons, moi j’ai juste essayé de donner ce qu’il me restait. Je suis arrivé en confiance, je suis parti avec encore plus de confiance.

Cap sur les Etats-Unis. Où as tu fait des workouts ?
J’ai quitté l’Italie le 9 juin, je suis ensuite passé par Washington, Detroit, Houston, Portland, San Antonio, Denver, San Antonio à nouveau, et là je suis à Phoenix.

Comment se passe un workout ?
En général, on est plusieurs joueurs, une grosse dizaine, les coachs organisent toute une série d’exercices pour nous tester, voir nos points forts, nos limites. L’aspect est surtout mis sur la technique, moins sur la défense. Ce n’est pas évident de se mettre en valeur car finalement, on est peu en situation de match. Mais les échos que je reçois des coachs ou des assistants sont bons.

Tu as reçu une promesse ?
Non. Mon agent ne m’a rien dit non plus.

Sur ESPN, Chad Ford écrivait que tu étais le sleeper de cette draft. Tu penses que le premier tour te tend les bras ?
Je ne pronostique rien. Mais je regarde les joueurs qui sont prévus au premier tour, je pense que je suis aussi bon qu’eux, tu ne crois pas ? (j’y crois puisque je l’ai mis au premier tour dans ma mockdraft avant qu’il me pose la question.) Je ne fais pas trop attention aux mockdrafts, ce n’est que l’avis d’une personne qui pense que ça se passera comme ça. Mais ceux qui disent que je serai au premier tour, j’espère qu’ils seront dans le vrai.

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