[Interview] Samuel Deguara – the next European basketball sensation.

Il y a des joueurs nés avec une cuillère en argent dans la bouche et programmés pour le succès. D’autres doivent attirer l’oeil des scouts grâce à une particularité exceptionnelle. C’est le cas de Samuel Deguara, né à Malte, actuellement au Benetton Trévise, et grand espoir du basket européen, car il possède une caractéristique rare. Il mesure 2.25m. Touché au genou, il a décidé, à 18 ans, de tirer une croix sur cette saison afin de garantir son avenir. C’est un jeune homme posé et ambitieux qui a accepté de répondre à nos questions.

L’été dernier, tu as joué et remporté le championnat d’Europe -18 ans, Division C. Tu en as été le MVP. Peux tu nous parler de cette expérience ?
La compétition était plus facile que prévue. Notre objectif était de la gagner, car nous avions un bon groupe. Mais je n’ai pas joué à 100%, car j’avais une douleur au genou qui a empiré au fil de la compétition. Au final, nous étions fiers d’avoir gagner ce tournoi devant nos fans.

Ton statut de MVP t’a permis d’être sélectionné au All Star Game U18 mais tu n’y avais pas participé. Pourquoi ?
Quand je suis rentré pour débuter la présaison avec l’équipe sénior de la Benetton, ils m’ont recommandé d’arrêter l’entraînement durant 15 jours afin de soigner mon genou. Une semaine avant le All-Star Game, j’ai reçu la convocation, mais 3 jours après, j’ai passé un scanner pour voir si mon genou allait mieux, mais la blessure persistait. C’est pourquoi je n’ai pas jouer avec mon coéquipier Andrea de Nicolao. Après un second scanner, mes médecins ont conclu que je devais me faire opérer du genou. Je souffrais d’une ostéochondrite [NDLR : une anomalie de la croissance de l'os et du cartilage] et ils m’ont conseillé de rester 8 à 10 mois sans jouer. En effet, si je continuais à jouer avec cette douleur, cela aurait empiré, et je risquais de prendre ma retraite.

Cette opération aura-t-elle des conséquences sur ton avenir ?
Ma rééducation se termine dans 3 mois. Les médecins sont très confiants sur ma totale guérison. Je pourrais débuter la prochaine saison.

As tu un avis sur d’autres bons intérieurs de ta génération ? Comme Kanter, Musli, Valanciunas, Neumann.
Je les connais tous, mais pas forcément très bien, car je ne suis pas allé au All-Star Game. J’ai joué contre Musli, qui est vraiment impressionnant, durant l’Euroleague Youth Tournament à Belgrade.

Malte champion d'Europe - Division C

Malte champion d'Europe - Division C

Tu es arrivé à Trévise en 2007. Comment cela s’est-il placé ?
J’ai commencé à jouer quand j’avais 14 ans. Un an après, j’ai commencé à recevoir de l’intérêt de quelques clubs européens. J’ai fait des essais avec le Real Madrid et le Benetton. Au final, j’ai décidé de choisir le Benetton Trevise car ils ont le meilleur centre de formation d’Europe.

Qu’est-ce que tu ressens quand une grande équipe, avec un énorme palmarès comme Trévise, te contacte ?
J’étais honoré qu’un aussi grand club que Trévise soit intéressé par moi. En plus, c’est arrivé alors que cela ne faisait qu’un an que je jouais au basket-ball. C’était génial de venir ici et de faire des essais, j’étais très heureux qu’ils me choisissent. Je n’ai jamais regretter mon choix.

Quelle est ta taille exacte ? On peut lire que tu mesures 2.23, 2.24, 2.25…
Je mesure 2.25m.

Tu es un géant, jouer au basket-ball était une évidence ?
Pas vraiment. Comme je te l’ai dit, j’ai débuté le basket-ball sur le tard. J’ai commencé à jouer à 14 ans.

Comment définirais tu ton style de jeu ?
J’aime jouer physique sous les paniers, mais je n’exclue jamais de prendre un tir extérieur. J’aspire à devenir polyvalent.

En général, les grands sont utilisés surtout en défense. Tu penses que tu peux être performant des deux côtés du terrain ?
Ici, je travaille beaucoup mon tir, dans toutes les positions. Donc, mon tir a réellement progressé et je suis capable de tirer non seulement près du cercle mais aussi à mi-distance et même derrière la ligne à 3-points.

J’ai lu que tu peux « devenir la prochaine sensation du basket européen » sur EuroBasket. Ça t’inspire quoi ?
Ça me rend fier, mais je ne suis qu’au début de ma carrière et ça me rajoute un peu de pression pour continuer à progresser en tant que joueur de basket.

Tu as un modèle ?
J’admire Yao Ming et Dwight Howard. J’espère que je pourrais suivre leurs pas.

Trévise met en avant l'évolution de ses jeunes

Trévise met en avant l'évolution de ses jeunes

A ma connaissance, tu n’as jamais joué en équipe sénior. Y-a-t-il un plan prévu pour ta progression ?
Cette saison devait être ma dernière dans les catégories jeunes. J’espère que l’an prochain je serai intégré à l’équipe senior.

Tu peux nous dire un mot sur ton coéquipier Donatas Motiejunas, un autre grand espoir ?
C’est un excellent joueur, il travaille très dur et je pense qu’il a toutes les qualités pour faire une belle carrière NBA.

Tu avais signé un contrat de 9 ans avec le Benetton Trevise. Comment tu vois ton avenir ?
Mon objectif est de commencer à jouer avec l’équipe senior du Benetton, et j’espère qu’avec l’aide de mes partenaires, nous pourrons remettre le club là où il doit être, dans les compétitions majeures du basket européen.

La NBA, tu y penses ?
Bien sûr, c’est mon but ultime, en tant que joueur de basket. Donc j’espère bien jouer avec le Benetton pour mériter une chance de jouer en NBA. Je suis très heureux avec le Benetton et j’ai un contrat sur le long terme. Mais oui, mon but et mon rêve, c’est d’aller un jour jouer en NBA.

Tu penses que tu pourras t’adapter au style de jeu NBA ?
Oui.

Comme tu vois ton avenir avec l’équipe de Malte ? Ce n’est pas un grand pays de basket. Tu penses que tu pourras aider l’équipe à progresser ? Ou ce n’est pas une priorité pour le moment ?
Je suis toujours fier de représenter mon pays. Malheureusement, cette année, je ne pourrais pas prendre au tournoi cet été, mais je souhaite revenir l’année prochaine et aider mes partenaires à monter en Division B.

Le mot de la fin ?
Pour le moment, je me concentre sur ma totale guérison et j’espère rejouer dès que possible, car ces moments sans jouer sont durs à vivre.