Italie – France, c’est déjà demain.

A force de parler de ce 5 août, de son côté primordial pour l’avenir du basket français et de ce match à Cagliari contre l’Italie, on en oublierait presque que le tournoi de qualification regroupe 6 équipes, qu’une victoire en Sardaigne ne nous enverra pas en Pologne, et qu’une défaite ne nous éliminera pas. Alors faisons le point sur notre groupe, sur l’Italie et sur les autres équipes du tournoi.

France : une préparation loin d’être tranquille.

Entre les affaires Noah et Parker, les forfaits de Gomis et Diarra sur blessure, les appels de renfort et la formation d’un noyau de 13 joueurs (en comptant Parker), la préparation menée par Vincent Collet n’a pas manqué d’embûches. Pourtant, le groupe France a remporté ses 4 matchs de préparation — dont un dans la douleur contre la Hongrie — et a montré quelques facettes de son potentiel.

La clé d’une qualification sera évidemment la défense. En proposant une défense agressive, homogène et constante, on peut se dire que la France fera 60% du chemin. On l’a vu à Strasbourg, les interceptions amènent les paniers faciles. On a les joueurs pour ce plan de jeu. La shooting machine tant rêvée n’est pas encore là (à moins que Jackson…) alors ce sera athlétiquement qu’il faudra faire la différence. Là, la France a un vrai potentiel et reste supérieure à l’Italie.

Sur jeu placé, il faudra trouver des solutions. L’alternance intérieure / extérieure voulue par Collet devrait aider, avec Petro et Turiaf prêts au combat inside et un Flo Pietrus définitivement sur une autre planète dès qu’il porte le maillot bleu. A l’extérieur, Batum et Diaw ont montré qu’ils savaient assumer des responsabilités. Reste à trouver un équilibre dans les rotations, principale faille vue contre la Hongrie.

Il faudra également trouver des solutions à ces satanés lancer-francs. On ne peut pas se satisfaire de tourner à 50% quand on aborde une période aussi cruciale. Laisser 15 ou 20 points sur la ligne de réparation serait catastrophique. L’adresse à 3-points est moins inquiétante, si ce fut dégueulasse contre la Hongrie (1/17), ce fut plus confortable à Strasbourg, avec des Batum, de Colo et Diaw plutôt à leur avantage.

Enfin, il y aura l’absence de Tony Parker. Il avait tout fait à l’Italie lors de l’Euro 2007, en scorant 36 points en poule. En son absence, Vincent Collet a décidé de changer son fusil d’épaule avec un organisateur pur et dur (Jeanneau) et un gros espoir (Diot). La cohésion passera par eux. Au micro de RMC, Flo Pietrus a écarté tout défaitisme, malgré cette absence.

En 2006, Tony n’était pas là et on a quand même gagné des matches. On a terminé 5e. [...] On a prouvé qu’on pouvait jouer sans lui, même si Tony est évidemment un joueur très important dans notre groupe. A nous de faire le job sur le terrain pour faire un bon résultat.

Quel est le niveau de l’Italie ?

Depuis fin septembre, l’Italie est vue comme le principal rival de l’équipe de France. Troisième d’un groupe comprenant la Serbie, la Bulgarie, la Finlande et la Hongrie, elle s’était surtout signalée par un départ catastrophique (4 défaites sur les 5 premiers matchs). Si la France n’a pas été capable de gagner en Ukraine, l’Italie s’est inclinée en Hongrie, ce qui n’est pas beaucoup plus flatteur. Sans joueur NBA, elle s’était surtout signalée par son absence de leader.

Demain, ce sera une autre histoire, car Andrea Bargnani et Marco Belinelli seront en tenue. Mais derrière les deux vedettes NBA, de quoi est composé ce groupe italien ?

Hier, Carlo Recalcati a annoncé sa liste de 12 joueurs, sans Daniel Hackett ni Andrea Crosariol (touché au poignet). Le sélectionneur a décidé de s’appuyer sur le réservoir de Milan (3 joueurs) et Rome (3 joueurs également).

Le sélectionneur italien pourra compter sur des arrières d’expérience comme Mordente et Soragna et des intérieurs qui s’écartent (Vitali, Gigli) avec deux gros bémols : la mène et le centre.

A la mène, il a convoqué Giuseppe Poeta et Jacopo Giachetti, deux joueurs peu habitués au plus haut niveau. Le premier, joueur de club par excellence, a le désavantage d’évoluer à Teramo, qui ne dispute pas de compétition européenne relevée. Le second évolue à la Roma, mais n’a joué que 12 minutes de moyenne aux côtés de Jaaber et Jennings.

Dans la raquette, le constat est encore plus désastreux. Si Bargnani sait un peu tout faire, il n’est pas le joueur le plus rugueux d’Europe. Alors, Recalcati s’est mis en quête d’un arracheur de bras et a trouvé son bonheur en… deuxième division, avec Marco Cusin, 2.11m sous la toise, 112 kgs sur la balance. Il est, avec Bargnani, le seul joueur de plus de 2.10m de ce groupe.

En préparation, l’Italie a remporté 7 matchs sur 8, face à des adversaires aussi peu révélateurs que la République Tchèque (une victoire, une défaite), la Suède, le Sénégal, le Canada, la Nouvelle Zélande et le Portugal. Ca vaut ce que ça vaut. Marco Belinelli, 19.1 points par match, a endossé le costume de leader alors que Bargnani est apparu nettement moins affûté.

L’Italie est donc dans une situation peut-être encore moins enviable que la notre. Les incertitudes sont là, les forfaits plus nombreux (Stonerook malgré sa naturalisation, Bulleri, Basile) et elle ne donne absolument pas un sentiment de sérénité absolue ou de toute puissance.

Et les autres ?

La Finlande est le troisième membre du groupe B. Contrairement aux autres, sa mène est stable avec l’expérimenté Teemu Rannikko et l’espoir déjà mur Petteri Koponen. Shawn Huff est un bon scoreur extérieur mais la raquette est plutôt pâle. A tel point qu’Hanno Motola est sorti de sa retraite pour donner un coup de main.

Portugal.Dans le groupe A, à priori plus faible, il est compliqué de détacher un favori entre la Bosnie-Herzégovine, la Belgique et le Portugal.

La Bosnie Herzégovine n’a joué que deux matchs amicaux, contre le Monténégro, pour une défaite (58-73) puis une victoire (76-70). Avec Teletovic, Varda et Bavcic, la frontline ne manque pas de taille ni d’atout mais les lignes arrières sont plus faiblardes.

La Belgique a évolué depuis Strasbourg. DJ MBenga a renforcé la raquette, mais elle n’a gagné qu’un match sur 4, face à la Nouvelle Zélande. Elle s’est ensuite inclinée face aux Tall Blacks puis a disputé deux matchs contre la Bulgarie (qualifiée pour l’Euro), pour une défaite de 25 points et… un match nul. Sam Van Rossom, Roel Moors à l’arrière, et DJ MBenga en dessous, sont les principales armes de nos voisins d’outre-Quiévrain.

Enfin, le Portugal et ses shooteurs vont tenter de revenir à l’Euro, après un passage surprenant en 2007 (ils avaient atteint le second tour). Les plus grands intérieurs font 2.05m, la plupart évolue au pays, dans un championnat sans grande envergure mais ça ne les a pas empêché de faire douter l’Italie à Trento il y a quelques jours.

Le programme.

    Le 5 août.

  • Portugal – Bosnie Herzégovine
  • Italie – France
    Le 8 août.

  • Bosnie Herzégovine – Belgique
  • France – Finlande
    Le 11 août.

  • Belgique – Portugal
  • Finlande – Italie
    Le 14 août.

  • Bosnie Herzégovine – Portugal
  • France – Italie
    Le 17 août.

  • Belgique – Bosnie Herzégovine
  • Finlande – France
    Le 20 août.

  • Belgique – Portugal
  • Italie – Finlande

Les premiers de chaque groupe s’affronteront en match aller-retour les 27 et 30 août. Le qualifié intégrera le groupe B, en compagnie de la Russie, de l’Allemagne et de la Lettonie.