Jeremy Lin, la nouvelle coqueluche du Madison Square Garden

Si les Knicks ont fait parler d’eux de piteuse manière ces derniers temps (rumeurs insistantes de limogeage du coach, petites phrases de Stoudemire etc…), depuis trois matchs, le Madison Square...

Si les Knicks ont fait parler d’eux de piteuse manière ces derniers temps (rumeurs insistantes de limogeage du coach, petites phrases de Stoudemire etc…), depuis trois matchs, le Madison Square Garden (MSG) a retrouvé de l’entrain et s’enthousiasme pour un jeune joueur qui fait des étincelles: Jeremy Lin. Je vous propose de découvrir son parcours et de savoir pourquoi une hype telle l’entoure.

Discret mais moqué

Il y a moins d’une semaine, Jeremy Lin était un parfait inconnu dans le roster New Yorkais. A peine mentionnait-on qu’il était meneur, son seul fait d’arme étant d’être le premier joueur Taïwanais décent en NBA, ou encore d’avoir jouer à Harvard. Pis, outre les chants scandés « Fire D’Antoni » pour embaucher « Phil Jackson », ou les rumeurs d’une venue de Nash, l’avenir semblait sombre pour ce joueur.

On rappellera qu’il entre dans sa seconde année NBA après un passage très peu remarqué aux Warriors l’année dernière. Avec 29 matchs joués (0 débutés), 9.8 minutes par matchs et un petit détour par la D-League, il n’a pas fait long feu. Golden State a trouvé une occasion de faire du cap space à ce moment-là et il a été un des dommages direct de cette décision. Cherchant un contrat à la fin du lockout, les Rockets se positionnent sur lui, il annonce même dans un tweet être heureux d’aller jouer à Houston mais les choses capotent, Houston le vire pour signer Samuel Dalembert. New York, privé de Baron Davis puis Iman Shumpert, sans espoir, le signe.

Personne n’est dupe, les analystes voient dans le contrat non-garanti de Lin qu’il sera présent deux à quatre semaines, le temps que Shumpert revienne prendre son poste, surtout que le 6 février le contrat devient obligatoirement garanti. Après huit matchs avec les Knicks, le même sort qu’à Golden State lui est prédit. Il joue 7 minutes en moyenne avec une seule pointe à 20 minutes où il est correct (9 pts, 3/9, 6 assists) mais le staff veut l’envoyer en D-League en compagnie de Jerome Jordan notamment, aux Erie Bayhawks. Il est envoyé le 17 janvier et ne jouera qu’un seul match au cours duquel il va faire un triple-double: 28 pts, 11 rbds, 12 assists. Il empoche alors son ticket de retour.

Si le staff veut ou doit, par l’absence de vrai meneur, lui donner sa chance, les fans sont beaucoup plus sceptiques. Sur cette grande fresque fourre-tout qu’est Youtube, on retrouve alors plusieurs vidéos des « gaffes » du Gaston Taïwanais. Petit florilège:

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Linsanity

Moqué, dans une situation contractuelle précaire, son sort était tout sauf envié. Mais en trois rencontres, Jeremy Lin a complètement renversé la situation et a réussi à devenir une véritable mascotte au sein des fans des Knicks, qui ont, pour leur peine, peu de consolation avec leur équipe cette saison.

Lin rend trois copies impressionnantes:

  • 25 pts (10/19), 5 rbds, 7 assists en 36 mins contre les Nets (Victoire)
  • 28 pts (10/17), 8 assists, 8 TOs en 48 mins contre le Jazz (Victoire)
  • 23 pts (9/14), 4 rbds, 10 assists en 36 mins contre les Wizards (Victoire)

Si les résumés de ses performances (liens ci-dessus) montrent vraiment de quoi il est capable, la NBA nous offre un petit résumé de son parcours fort intéressant:

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Grand, rapide, très agressif face aux défenses, n’hésitant pas à prendre le jumpshot en première intension ou à passer dans la raquette (Chandler se régale), il fait jouer tous ses atouts dans le jeu D’Antoni. Et peut-être finalement, qu’il sauvera le coach d’un licenciement inévitable car, on le disait depuis longtemps: dans le système up-tempo D’Antoni, il faut un PG qui puisse driver l’équipe, attaquer, distribuer le jeu. Ses collègues au même poste ayant failli, il ne s’en retrouve que plus dégourdi le jeune Lin. Il rappelle – toute proportion gardée – Steve Nash dans le même genre, même si c’est encore très prématuré de comparer Lin à qui que ce soit.

L’appui de la diaspora asiatique

Les fans du MSG ne s’y sont pas trompés: l’homme qui a amené la première série de victoires de la saison est bien Jeremy Lin. Son nom résonne dans les travers de l’enceinte mythique, les gens applaudissent, tapent du pied et font l’éloge de cet inconnu devenu « star » en l’espace de trois matchs par sa propre volonté. Avec les réseaux sociaux, le phénomène est devenu presque culturel puisque Jeremy Lin, fervent croyant catholique, étudiant studieux d’Harvard et qui ne néglige pas ses origines taïwanaises, a tout pour plaire au pays du God Bless America.

Même son explosion résulte d’un climat totalement délétère: les Knicks sont désespérés au poste 1, l’attaque ne fonctionne pas, Carmelo Anthony est blessé, Amaré Stoudemire perd son frère….les Knicks avaient besoin d’une chose et Lin a joué ce rôle christique. Ce sauvetage et cette mise en lumière ont fait de Lin un symbole de la communauté asiatique dans son ensemble qui à présent, emplit les salles aux furieux cris de « Jeremy Lin MVP ». Dans un pays où les communautés ethniques et religieuses ont un poids très fort, Lin est devenu un véritable porte-drapeau.

Il rappelle en ce sens énormément un joueur de NFL, Quaterback des Denver Broncos , Tim Tebow. Un QB qui a réussi à renverser les momentums des matchs malgré ses piètres qualités à son poste. Fervent chrétien, il a nourri un buzz absolument hallucinant toute la saison durant en NFL et à chacun de ses exploits, le genou plié et la tête baissé sur sa croix, les mythes et croyances resplendissaient de plus belle. Lin reste réservé sur toute cette hype:

Une partie de moi est inquiète de cette comparaison avec Tebow. J’espère que les médias ne vont pas faire quelque chose avec ça pour nous comparer…

Mais son coach n’est pas de son avis et surtout, réitère sa confiance:

Je pense qu’il montre ce dont il est vraiment capable et qu’il peut répéter cela tous les soirs

En effet, D’Antoni doit prier pour que ce soit vrai, lui qui a évité de peu la guillotine. Seul le temps nous dira si finalement ce joueur est un épiphénomène ou une véritable révélation. En tout cas, il a des qualités offensives très intéressantes et il se donne beaucoup de mal pour assumer son rang, même lors des vidéos sensées montrer ses gaffes, il donne tout ce qu’il a sur le terrain et rien que ça, c’est quelque chose.

Outre ses qualités basketballistiques, il se met aussi à la comédie sur son compte Youtube. Bien sûr, si c’était Blake Griffin, toute la fanitude à deux balles se confondrait en louanges mais Lin n’a pas à rougir, il semble humble et a le sens de la dérision:

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Et comme l’écrivait Jorge Sierra (HoopsHype) sur Twitter :

si les gars de Harvard commencent à dominer le sport également, il nous restera quoi pour vivre?