La France atteint son but

Le rêve est devenu réalité. Cette finale contre l’Espagne, on l’envisageait, on l’imaginait. Pourtant, ça restait un fantasme. Dimanche, ce sera une réalité. Ce match contre la Russie, la France...

Le rêve est devenu réalité. Cette finale contre l’Espagne, on l’envisageait, on l’imaginait. Pourtant, ça restait un fantasme. Dimanche, ce sera une réalité.

Ce match contre la Russie, la France l’a attaqué par le bon bout. La première mi-temps était plutôt serrée, rythmée par des changements de leaders et un jeu par moment aéré. Les Bleus ont pris un premier ascendant, 8 points à 39 secondes de la pause, +5 à la mi-temps.

Le troisième quart-temps est parti sur les mêmes bases, un 5-0 russe pour recoller, des égalités (45-45, 3’32 à jouer) et un 8-0 français. Ce run est au final décisif. Jamais les russes ne sont revenus à notre hauteur. L’écart n’a pas réellement gonflé pour autant, ce qui a donné une fin de match tendu.

La France a tenu sa qualification tout le match. Elle n’a pas dominé la Russie, mais dans le même temps, jamais la Russie n’a pris les commandes du match. Ça sentait bon tout le match, et les russes n’ont pas réussi à faire douter cette équipe de France.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

L’élégance de Batum

La régularité de Nicolas Batum est un élément essentiel de ce match. D’une part, il y a sa ligne de stat : 19 points (6/8 au tir, dont 3/5 à 3-pts), 7 rebonds, 4 assists, 2 blocks et 1 interception. D’autre part, il y a son impact.

Le gentil soldat Batum est le seul à avoir alimenté la marque tout au long du match, sans baisser le pied. Toujours un dunk, un tir à 3-points ou une passe pour amener de la fluidité dans le jeu français. Nico joue juste. Tout ce qu’il fait semble facile et élégant. Ce soir, il était également particulièrement efficace.

David Blatt: C’est surtout [Nicolas Batum] l’homme du match. Pour Parker, c’était assez normal pour lui comme rencontre. Bien sur il a fait de bonnes choses et a mis de gros shoots, en particulier dans le dernier quart temps au buzzer. Mais Batum a fait de très bonnes actions au bon moment.

L’efficacité n’a pas été le maître mot des autres leaders. Tony Parker a connu un gros trou d’air après ses 9 points du QT1, Boris Diaw (6pts, 3/9, 4TOs) a eu beaucoup de déchet et Joakim Noah (7pts, 2/5) a souffert dans la peinture.

Le banc, toujours précieux

Vous savez à quel point j’aime voir la balle passer à l’intérieur. Mais par dessus tout, j’aime l’efficacité et la fluidité. Quand Joakim Noah recevait la balle, il semblait forcé. Comme si aller vers le cercle était une obligation… A l’inverse, Ali Traoré (8pts, 4/6 en 10min) a eu un excellent passage en deuxième mi-temps après avoir eu les mains glissantes en première.

Le retour au premier plan de Nando de Colo est aussi un élément important. Son match contre la Lituanie lui a rendu toute sa confiance. Il rend 9 points (3/5) et assume la mène à chaque passage sur le parquet. Il libère Parker de l’organisation pour qu’il se concentre sur la finition. Une alternance profitable à l’EDF. La preuve, aussi, que le banc est précieux.

Collectivement, la France shoote à 53.6%, dont un coquet 7/12 à 3-pts. Le rebond est dominé (35-21), ce qui permet de compenser le four de balles perdues (19).

Sans passer à côté de leur sujet, les russes n’ont pas livré un grand match. Andrei Kirilenko (21pts, 8/11) a scoré plus qu’à l’accoutumée, Timofey Mozgov (12pts-4rbs) a eu quelques bons passages, notamment en début de deuxième mi-temps et Viktor Khryapa (9pts-5pds-3rbs) remplit les cases discrètement.

Navarro sur un nuage

Dans l’autre demi-finale, l’Espagne a sorti logiquement la Macédoine. Le match n’a pas été simple, les coéquipiers de Bo McCalebb (25pts-5pds) étaient même devant à la pause. Mais Juanca Navarro était sur un nuage. Ses 36 points, dont 19 dans le QT3, sont archi décisifs. Il a tout fait, tout tenté, et tout réussi.
Image de prévisualisation YouTube

L’autre différence, c’est le rebond. 19 rebonds offensifs pour 22 points en deuxième chance, c’est trop. Les Gasol n’étaient pas adroits (12/31) mais cumulent 33 points et 27 rebonds. Les Antic ou Samardziski n’ont pas démérité en-dessous, mais contrôler les frères Gasol, puis Ibaka (11pts-4rbs, 5/7) était un challenge trop important.

Une semaine après le choix des français — choix payant, quoique les philosophes du sport en pensent — , la France et l’Espagne vont se retrouver. Un match où il ne sera plus question de jeux olympiques. Simplement du titre de champion d’Europe.