La France prend une fessée

Un quart-temps. C’est le temps qu’il a fallu à Coach K pour jauger l’équipe de France. Sans proposer un jeu transcendant, Team USA a nettement dominé une fois le round...

Un quart-temps. C’est le temps qu’il a fallu à Coach K pour jauger l’équipe de France. Sans proposer un jeu transcendant, Team USA a nettement dominé une fois le round d’observation passé.

Plus physique, plus athlétique…

Les américains ont déjà répondu à une question : non, ils n’auraient pas été capable de battre la dream team. Le talent individuel, c’est sympa, mais le jeu de passe fait terriblement défaut. En première mi-temps, ce n’était pas loin du dramatique, en deuxième, ça allait un petit peu mieux, notamment grâce à LeBron James (9pts-8pds), très altruiste.

La France n’avait pas à rougir contre cette équipe-là. Plus physique et plus athlétique, les américains ont, malgré tout, fait déjouer nos représentants en provoquant des balles perdues (18) et en dominant le rebond (+16). Deux clés du jeu américain.

A cela, il faut ajouter, l’absence totale de réussite de loin (2/22…), beaucoup de lancer-francs gaspillés en début de match et la disparition de Tony Parker (10pts, 4/11; 1pd, 4TOs), totalement étouffé par les rotations à la mène. Il faut aussi ajouter la facilité de Kevin Durant. Il est injouable tant il semble décontracté.

Plus inquiétant, Tyson Chandler a dominé par ses centimètres. Il rend 8 points et 9 rebonds… en 10 minutes. Il est présent au rebond offensif et opportuniste sur les alley-oops. Ça sufflit amplement à justifier sa place dans le cinq. Derrière lui, et dans un style totalement différent, Kevin Love claque 14 points.

Ali Traoré propose autre chose

Curieusement, chez nous, le poste 5 cache le top scoreur, Ali Traoré, 12 unités… en 13 minutes. Que le top scoreur ne dispute que 13 minutes, ça pose quelques questions. Kevin Seraphin était inefficace et a peu joué, Ronny Turiaf était crédible (7pts-9rbs) mais quel bonheur de voir un pivot enfin attaquer le cercle sur un pick and roll.

J’ai toujours eu ce problème-là avec Turiaf en équipe de France. Quand il joue, il donne le sentiment de ne jouer que pour Parker. Il ne cherche que Parker, il ne pose des écrans qu’à Parker. Ali Traoré a proposé totalement autre chose et score 12 points. Une manière idéale de lancer ses J.O.

Avec Boris Diaw (9pts-6rbs) ou Tony Parker à 1 seule passe décisive, aucun ailier à plus de 7 points, et comme dit précédemment, un effroyable 2/22 à 3-points, il était impossible de gagner. Avec un top scoreur à 12 points, c’est très compliqué de rattraper une équipe qui termine à 98 points.

Le vrai regret, finalement, c’est d’avoir bien géré le jeu de transition US et de ne pas avoir, malgré cela, pu rester dans le rythme des américains. Il y a évidemment eu des contre-attaques — les dunks de Durant en début de match –, mais on n’a pas pris l’eau dans ce registre. Les USA n’ont pas vraiment réussi à imposer leur rythme. Et sur jeu placé, ça reste tout de même assez stéréotypé. Chris Paul n’a pas le même charisme que Kidd ou Billups.

Ce match passé, la France doit simplement se rappeler qu’une défaite contre les américains n’hypothèque en rien les chances de qualif. L’Argentine, c’est dans 2 jours.

Un peu plus tôt…

Les J.O avaient commencé par une victoire du Nigéria sur la Tunisie. Malgré ses joueurs habitués au jeu US, le Nigéria a manqué considérablement de clutch en fin de match. Notamment le Hornet Al-Faruq Aminu, effroyable en fin de match par ses balles perdues. Mais ils s’en sont sortis contre un champion d’Afrique très hasardeux.

Ensuite, dans un match d’un tout autre niveau, le Brésil a pris le meilleur sur l’Australie. Là encore, les Brésiliens ont souffert après avoir eu une forte avance. L’Australie est revenue à 2 points à 29 secondes du gong mais l’impeccable Marcelinho Huertas (15pts-10pds) n’a pas craqué pour tuer le match sur la ligne des lancer-francs.

Un peu plus tard…

L’Espagne est à son tour entré timidement dans les J.O. La Chine a tenu 15 minutes, dans le sillage de Yi Jianlian (30pts-12rbs) toujours aussi fort quand il porte le maillot rouge. Mais les espagnols ont appuyé là où ça fait mal, dans la raquette, par Pau Gasol (21pts-11rbs-4pds) et Serge Ibaka (17pts-5rbs, 8/11).

Même avec Juanca Navarro économisé, Rudy Fernandez et Marc Gasol pas dans un grand jour et un adversaire plutôt adroit, l’Espagne gagne sans se faire trop peur. Mardi, ce sera l’Australie et une toute autre chanson.

La Russie, menée par Andrei Kirilenko (35pts, 14/17) et Alexey Shved (16pts-13pds, 6/11) a écrasé la Grande-Bretagne et donné le sourire à Rick Adelman.

David Blatt : Si je suis les Minnesota Timberwolves, j’ai probablement un gros sourire sur mon visage.

Les britaniques ont dominé le rebond mais manqué d’adresse, à l’image de Luol Deng, meilleur scoreur (26pts) mais à 8/27.

Se coltiner Scola

En fin de soirée, l’Argentine et la Lituanie avaient lancé un match qui s’annonçait vraiment passionnant. Beaucoup de rythme, de courses, un peu de déchet aussi (6TOs lituaniennes dès le QT1)… Puis, l’Argentine a commencé à pilonner de loin.

Elle avait commencé à 2/9 derrière la ligne puis Carlos Delfino (6/9) a fait un carnage. Manu Ginobili (21pts-10rbs-6pds) a aussi beaucoup shooté mais avec nettement moins d’adresse.

Et puis, il y a Luis Scola (32pts-5rbs-4pds, 12/19 au tir), très régulier tout le match. Il s’est régalé, en tête de raquette, ligne de fond, à la verticale, à l’horizontale, il a tout fait, tout tenté, tout rentré. Ce mec est un régal absolu. Par contre, il faudra se le coltiner mardi, ce qui est nettement plus inquiétant.

La Lituanie, de son côté, a implosé en route. La faute aux balles perdues, trop nombreuses, à une défense trop permissive et au manque de variété dans le jeu. La défense argentine s’est rapidement adaptée au jeu rapide et aux pick and roll. Derrière, les baltes n’avaient pas grand chose à proposer, à l’exception d’un bon Kleiza (20pts-7rbs).

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