La France se qualifie pour le second tour

Si l’équipe de France affichait une certaine sérénité ce soir, elle nous a bien fait peur tout au long de la rencontre. Une victoire au finish La première mi-temps est...

Si l’équipe de France affichait une certaine sérénité ce soir, elle nous a bien fait peur tout au long de la rencontre.

Une victoire au finish

La première mi-temps est une véritable catastrophe : aucun shoot rentré à 3 points, 48 points encaissés face à des italiens en grande réussite longue distance, et ce malgré notre outrageuse domination au rebond (21-9), comme en témoignent les deux paniers un mètre derrière la ligne de Marco Belinelli ce soir, avant la pause.  Les français sont dans les cordes, menés 48-41 et la défense n’est pas au beau fixe, pour ne pas dire absente.

Comme souvent, les matchs contre l’Italie sont à couteaux tirés et cette fois-ci c’est un étrange concours de circonstance qui va réveiller les bleus : la blessure de Tony Parker. Sans réussite (3/11), le meneur des bleus s’est planté de nombreuses fois en s’empalant dans la défense. Après un QT3 équilibré, T.P est benché par Vincent Collet qui ne veut prendre aucun risque. Les bleus vont alors mettre la machine en marche à partir de 67-60 et Boris Diaw (13 de ses 21 points en seconde mi-temps) va prendre les choses en main en attaque en compagnie de Nico Batum (20 pts), jusque-là uniquement impliqué dans des alley-oop ou des passages erratiques en attaque en one-on-one.

C’est un 31-17 que les bleus passent aux italiens, qui ne répondent pas, sonnés sous l’arc de cercle car dominés de bout en bout (38-19) dans la peinture. On notera, outre l’apport offensifs des deux NBAers, le gros passage de Steed Tchicamboud à la mène qui a débuté notre come-back avec un 3pts mais surtout le retour sur le parquet de Mickael Gelabale, qui a manqué toute la première mi-temps pour des soucis dorsaux.  Il termine avec 8 pts, (2/2 à 3pt) et 6 rebonds! Si Danilo Gallinari continue de répondre de loin, l’Italie ne s’envole pas et il y aura 9-10 égalités d’affilée.

La France prend finalement l’avantage à 5.18 mins de la fin (77-74) sur un shoot de Gelabale, les dernières minutes voyant Boris Diaw enchainer les feintes poste bas, les petits lay-up facile dans la peinture et surtout les italiens ne plus retrouver leur adresse extraordinaire. A 83-82, Bargnani manque un panier en tête de raquette alors que la dernière minute du match commence, Diaw, lui, manoeuvre Mancinelli et donne 3 points d’avance à 36 secondes du terme (85-82). Gallinari prendra encore un shoot casse-croûte à 3pt qui ne rentre pas, s’en est fini.

Les italiens n’ont pu compter sur Belinelli (15 de ses 19 pts en première mi-temps), Bargnani s’est progressivement éteint (22 pts à 9/15) et Gallinari finit avec 18 unités. Côté français, Boris Diaw (21 pts, 4 rbds, 4 assists), Nico Batum (20 pts, 5 rbds, 4 steals) ont donné la victoire aux français, sans oublier les apports d’un Ali Traoré opportuniste en attaque (11 pts, 4/6), de la défense de Noah (10 pts, 7 rbds) et naturellement, de Gelabale et Tchicamboud.

Quid de T.P?

Alors finalement, il y a bien une équipe de France sans Tony Parker. Comme souvent (depuis 2003), on s’aperçoit que derrière Parker il y a un collectif et une équipe avec des joueurs qui n’attendent que des opportunités de se mettre en valeur. Ce soir l’a encore prouvé, Diaw servi, Batum responsable, Gelabale en de bonnes conditions et la France peut prétendre à un jeu plus intérieur et beaucoup plus efficace que les sempiternelles pénétrations. En réalité, c’est l’attentisme de ces mêmes joueurs qui me sidère dans les autres matchs. Plutôt que de regarder le n°9 faire son show jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, ils devraient montrer qu’ils ont fort à faire et qu’ils sont des options plus que viables pour l’offense. Même Flo Pietrus se remet dans le bain depuis deux matchs pour apporter de la consistance en défense, signe que le collectif va mieux.

Cozette aura beau crier que la France n’a pas de banc (une redoutable connerie, une parmi tant d’autres qu’il profère à longueur de match me direz-vous….), il est bien présent, il n’est juste pas assez impliqué. Je suis content d’avoir pu compté sur des joueurs avec ce mental.

Vincent Collet est quand même drôle :

« Pour la première fois depuis le début du tournoi, on a su bien jouer sans Tony, enchaîne Vincent Collet. On a respecté nos formes de jeu et cherché les points forts qui restaient sur le terrain : Boris Diaw au poste bas, Gelabale dans les positions de tirs et Batum sur les sorties d’écran. C’est un point positif pour l’avenir. »

Pour la première fois? Il a fallu les mettre devant le fait accompli que T.P ne marquerait pas 30 points et ils se sont réveillés. La 1ère mi-temps a encore été un désastre défensif : rotation défensive ridicules, des pauvres écrans qui nous martyrisent de loin…depuis 2003, cette équipe ne change pas de profil et au final, ça reste inquiétant pour la suite.

Rendez-vous demain pour le match contre la Serbie.