Back to basics, après quelques mois pour relancer la machine, nous vous proposerons une à deux fois par mois un moment d’histoire, une biographie ou un dossier vintage, comme nous le faisions depuis le lancement du site. Pour partir sur des bases saines, en ce 7 décembre, jour de ses 53 ans, retraçons la carrière de Larry Bird.
Durant 13 saisons avec les Celtics, de 1979 à 1992, Larry Bird a personnifié la loyauté, la constance voire l’excellence dans tous les domaines du jeu, le scoring, la passe, le rebond, la défense, l’apport au collectif, et par dessus tout, le clutch play et le trash talk ! Bird avait une telle confiance en lui, qu’il pouvait se balader vers le banc adverse et annoncer qu’il allait planter 40 points. Il avait un tel shoot qu’à l’entraînement, il lui arrivait de s’exercer les yeux fermés. Il n’était certes pas meneur, mais parmi ses contemporains, seul Magic Johnson était considéré comme un meilleur passeur que lui.
Larry Bird, c’était le symbole même de la Celtics Pride. S’il en est arrivé là, c’est par le travail et l’exigeance. Une pointe de charisme également. Comme Bill Russell, John Havlicek et Dave Cowens, Bird attirait les spotlights mais savait qu’il avait besoin d’un vrai collectif à ses côtés. Ainsi, preuve qu’il faisait parti des tout meilleurs, il tirait aussi le meilleur des partenaires. Perfectioniste, Bird était l’idole des fans verts et des puristes.
Après le « coup de moins bien » des Celtics au milieu des années 70, Larry Bird fait partie des pierres angulaires de la reconstruction de la franchise. Ainsi, il a gagné 3 titres MVP, 10 titres de Division Atlantic et une collection de distinctions individuelles, MVP trois années de suite (le seul joueur non pivot à avoir réalisé cela), 12 fois All-Star, 2 fois MVP des finales, 9 fois membre de la All-NBA First Team.
La naissance d’une légende
La légende de Bird débute dans une petite ville, French Lick, — ce qui lui vaudra le surnom de The Hick From French Lick — 2059 habitants, où sa famille menait une existence pauvre. Dans cette petite ville, la distraction vient du lycée Springs Valley et des performances de ses équipes sportives, notamment au basket.
Suite à une saison sophomore raccourcie par une grave blessure à la cheville, Bird se révèle durant son année junior. Son équipe présente un bilan de 19-2, et le petit blondinet devient une grosse star. Il faut garder à l’esprit que l’Indiana est un Etat fou de basket et les jeunes des lycées sont très médiatisés. Durant son année Senior, il devient le meilleur scoreur all-time de son lycée et la légende dit que 4000 personnes ont assisté à son dernier match.
Son avenir s’annonce grandiose. Indiana University met le grappin sur le jeune Bird. Mais la transition est difficile. Bobby Knight, coach des Hoosiers, avait flairé le potentiel du garçon, mais trop éloigné de sa famille, il ne s’adapte pas. Il décide alors de partir pour la Northwood Institute avant de mettre le cap sur le campus, plus modeste, d’Indiana State, dont l’équipe de basket est nettement moins réputé que celle d’Indiana.
Par son seul talent, il va transformer une équipe de fond — milieu au mieux — de tableau en terreur de la Big 10 et candidat au titre. Pour sa première saison avec les Sycamores, il tourne à plus de 30 points et 10 rebonds et le basketball se transforme en « Larry Bird Ball ».
Dans son année senior, Bird et les Sycamores forment la meilleure équipe du pays. Indiana State sera invaincu… jusqu’à la finale nationale, la célébrissime finale entre ISU et Michigan State, mené par Magic Johnson. Le jeune meneur remportera le match, Larry Bird sera élu joueur de l’année NCAA.
En 3 années universitaires, il est devenu l’un des meilleurs scoreurs all-time NCAA et a guidé les Sycamores à un bilan de 81-13. Après son départ, Indiana State rendra la vedette à Indiana et n’évoluera plus jamais au même niveau.

Idole des Celtics.
Sélectionné en 1978, car il était éligible, par les Celtics, il débarque dans une équipe qui reste sur une saison à 29-53, et quelques bilans négatifs, les pires années depuis les fifties !
Mais le rookie a du coffre et va changer la face de sa franchise. 1979-80 : 61-21 !! Tout est dit. Les Celtics retrouvent la tête de la Division Atlantic, Bird joue les 82 matchs pour 21.3 points, 10.4 rebonds, 4.5 assists et 1.7 steals. Des moyennes juste incroyables pour un rookie qui en disent long sur son potentiel. Il est déjà All-Star, il est élu rookie de l’année… mais dans le même temps, son « ami-rival » Magic Johnson remporte le titre avec les Lakers.
Dans le plus beau deal de l’histoire NBA, les Celtics récupèrent Robert Parish et Kevin McHale durant l’été pour quasiment rien. Associés à Bird et Cedric Maxwell, ils vont aller chercher le titre en 1981, après une superbe finale de conférence contre les Sixers, où les Celtics, menés 3-1, vont inverser la tendance, avant de remporter les finales en 6 matchs, contre les Rockets de Moses Malone.
Partout où il passe, Bird fait salle comble. Evidemment, au Boston Garden, mais partout dans le pays, les fans veulent voir les Celtics. La rivalité avec les Lakers commence à monter, les comparaisons fusent entre les 2 monstres de polyvalence qui font gagner leur équipe, et la NBA revit, après des années 70, financièrement compliqué.
En 2 ans, tout le monde a compris à quoi s’attendre avec Bird : des actions d’éclat, des chiffres hallucinants, et des clutch plays ! Shooteur de génie — plus jeune il passait des heures à travailler son geste –, imperturbable en fin de match, Bird a conquis la planète basket.
En 1982, il intègre la All-Defensive Second Team, même s’il est relativement lent et pas le meilleur sur l’homme. Mais sa vision du jeu, son sens du jeu, et ses qualités d’anticipation, font de lui un bon team defender, très apprécié outre-atlantique. A l’époque, on disait de lui qu’il voyait le jeu avant qu’il était développé.
La même année, il est aussi second à l’élection du MVP, juste derrière le monstre Moses Malone. Mais Bird remportera tout de même un trophée de MVP, celui du All-Star Game, où il a scoré 19 points, dont 12 des 15 derniers de la conférence Est.
Pourtant, il faudra attendre 1984 pour revoir les Celtics en finale NBA. Cette année-là, il a remporté le premier de ses 3 titres de MVP consécutif, le troisième à accomplir cela après Russell et Chamberlain. Et l’événement : les retrouvailles avec Magic Johnson, leur premier affrontement en post-season depuis 1979. Le match 5 est resté dans les mémoires. Dans un Boston Garden où la température frisait les 40°, Bird a claqué 34 points pour une victoires 121-103. Lors du game 7, Bird a compilé 20 points et 12 rebonds. Avec des moyennes de 27.4 points et 14 rebonds, Bird est nommé MVP des finales.
En 1985, la moyenne de points de Larry Bird monte à 28.7 points, second scoreur de la league. Il réalisera un match à 60 points contre les Hawks. En playoffs, les Celtics se hissent jusqu’en finales et retrouvent les Lakers. Handicapé par des blessures au coude et au doigt, Bird ne peut empêcher la défaite en 6 matchs de son équipe. Néanmoins, il a remporté quelques semaines plus tôt le titre de MVP.
L’année suivante, les Celtics remportent leur 16e titre de champion et Bird atteint quasiment le statut de légende vivante. Il raffle tout sur son passage, MVP, MVP des Finals, vainqueur du Sporting News Man of the Year Award, et du Associated Press Male Athlete of the Year Award. Il mène la league au nombre de 3-points inscrits (82) et aux pourcentage des lancer francs (89.6), une perf inédite pour un ailier. Il remporte aussi le concours de tir à 3-points du All-Star Game. Les Celtics terminent la saison avec 67 victoires au compteur et remportent les finales contre les Rockets du jeune Olajuwon. Avec un triple double dans le match 6 décisif et des moyennes ahurissantes de 24 points, 9.7 rebonds et 9.5 assists, Bird est logiquement élu MVP des finales.
1987 est encore énorme. Il devient le premier joueur à tirer à plus de 50% dans le jeu (52.5%) et 90% sur la ligne de réparation (91.6%). Et il arrive à ajouter 9.2 rebonds et 7.6 assists ! Durant les finales de conférence, lors du G5, il réalise l’interception la plus célèbre de l’histoire, face à Isiah Thomas, en fin de match, puis lance Dennis Johnson dont le layup donne la victoire aux Celtics (107-106). Les Celtics vont remporter la série en 7 matchs, puis retrouver les Lakers pour une défaite en 6 matchs.

Larry Bird, désormais agé de 30 ans, commence à sentir le poids des ans et connait des blessures au pied et au dos. Toutefois, en 1988, il devient le premier Celtic à réaliser un 40-20 game, 42 points et 20 rebonds face aux Pacers. Il termine même la saison avec 29.9 points, sa meilleure moyenne. Il ne lui a manqué que 5 petits points pour atteindre la barre des 30 points par match. Il remporte au passage son troisième concours de shoot à 3-points consécutif.
En demi-finale de conférence, lors du G7, un autre moment fort de sa carrière va être livré. Opposé aux Hawks, il va se lutter contre Do Wilkins dans un quatrième quart-temps épique. Bird va planter 20 points et va mener son équipe à la victoire… malgré une pneumonie. En finale de conf, les Pistons vont venir à bout des Celtics.

Blessures et déclin.
Opéré du talon, Bird ne jouera que 6 matchs en 1988-89. L’année suivante, il rentre 71 lancers consécutifs mais les retraites successives ont affaibli l’équipe qui n’est plus un vrai candidat au titre, passé notamment derrière les Pistons. En 1991, il souffre du dos et manque 22 matchs. En playoffs, durant le match 5 face aux Pacers, il fait une mauvaise chute qui va probablement précipiter la fin de sa carrière. Il reviendra malgré tout pour aider son équipe à remporter le match 124-121.
L’année suivante sera la dernière. Il manquera 37 matchs à cause de son dos. Mais il livrera un match hallucinant à Portland, avec 16 points dans le quatrième quart-temps, dont les 9 derniers points et le tir au buzzer à 2 secondes du gong. Le match se terminera, après 2 prolongations, par la victoire des Celtics (152-148). Bird termine avec 49 points, 14 rebonds, 12 assists et 4 steals.
Clyde Drexler : Dès que vous avez Bird sur le terrain, tout peut arriver.
Mais le déclin est amorcé. En playoffs, face aux Cavs, il manquera un layup facile pour lui qui aurait égalisé lors du match 4 et donné le leadership aux Celtics en cas de victoire (2-2 au lieu de 3-1) Au final, les Celtics vont s’incliner en 7 matchs.
Néanmoins, il fait partie de la Dream Team de Barcelone, dernier grand tournoi de sa carrière.
Avant le début de la saison 1992-93, Bird annonce qu’il ne peut pas continuer sa carrière, à cause des blessures. Le 18 août 1992, il officialise sa retraite, après 897 matchs, 21 791 points inscrits (24.3ppg), gobé 8 974 rebonds (10rpg) et délivré 5 695 assists (6.3apg). Il a tiré à 49.6% dans le champ et 88.6% aux lancer-francs.
Lors de la cérémonie pour sa retraite, Magic Johnson, son ami et meilleur rival aura une très belle phrase pour Larry Legend.
Magic Johnson : Larry, tu ne m’as menti qu’une seule fois. Tu m’as dit qu’il y aura un autre Larry Bird. Larry, jamais, il n’y aura jamais un autre Larry Bird.
Reconversion.
Larry Bird sera alors nommé special assistant dans le front office des Celtics, il s’occupe notamment du scouting et de l’évaluation des joueurs. Du moins officiellement. Car en réalité, il va passer 5 ans en Floride à se reposer, tourner quelques pubs et jouer dans Space Jam.
La compétition va vite le rattraper. Il espérait devenir le Head Coach des Celtics mais la franchise va préférer Rick Pitino. Il décide alors de rompre son engagement. Le 12 mai 1997, il est nommé Head Coach des Pacers, et revient donc dans son Etat natal.
Donnie Walsh : Cet homme est le modèle de ce que j’ai essayé de faire ici. Quand j’ai commencé, je voulais voir les lycées, les universités et le monde professionnel travailler ensemble. Bird symbolise cela. Je crois vraiment qu’il va devenir un grand coach. Il rassemble les gens. Quand il parle, vous le rejoignez. C’est ce qu’un coach doit faire.
Larry Bird coachera 3 saisons et mènera les Pacers jusqu’aux finales 2000, perdues face aux Lakers. Beaucoup regrettent qu’il n’ait coaché que 3 ans, car il avait l’étoffe d’un grand coach, assurément. Il prendra ensuite place dans les bureaux, devenant GM et président des Pacers. Un poste qu’il occupe toujours.
Trash talk
Bird était aussi un gros parleur. L’adolescent timide qui n’a pu s’affirmer sur le campus d’Indiana a pris de l’assurance au fil de l’expérience accumulée.
Un joueur capable de dire au banc adverse et à Xavier McDaniel en particulier, d’où il prendra le tir de la gagne — et le rentrer — durant un temps mort, ou qui se pointe au concours de shoot à 3-points pour sortir « Je veux que vous sachiez tous que je vais gagner. Je viens juste voir qui est second » est forcément rempli d’une énorme confiance en lui. D’un peu d’arogance aussi !

Sa fiche
- Né le 12 juillet 1957 à West Baden, Ind.
- High School : Springs Valley (French lick, Ind)
- College : Indiana (où il n’a jamais joué) et Indiana State
- Drafté par les Boston Celtics en 6ème position lors de la draft ’77.
- Franchise: Boston 1979 à 1992
Palmarès
- 3 fois champion NBA (81, 84, 86)
- 3 fois MVP de la saison régulière (84, 85,86)
- 2 fois MVP des finale NBA (84, 86)
- 9 fois All-NBA First Team (1980-88)
- All-NBA Second Team (1990)
- All-Defensive Second Team (1982, ’83, ’84)
- Rookie de l’année 1980
- Champion olympique 1992
- Elu parmi les 50 meilleurs joueurs de l’histoire en ’96.
- Entré au hall of fame en 1998
Stats en carrière
- Points: 21791 soit 24.3 par match à 49.6% et 88.6% aux LF.
- Rebonds: 8974 soit 10 par match
- Assists: 5695 soit 5.6 par match
- Matchs: 897 (dont 870 comme titulaire), 164 en playoffs.


Un très bel hommage à un des 5 plus grands joueurs de l’histoire.
Je regrette un peu que la partie trash talk ne soit pas plus développé, même si la vidéo complète bien le petit paragraphe.
Moi ce gars qui ressemble à rien à la base (par rapport aux grands blacks musclés d’aujourd’hui), il me fait frissonner dès que je vois des highlights. C’était un génie balle en main !
Bird, je connais personne qui ne l’aime pas. on est peut-être trop jeune pour connaitre une possible face sombre du joueur, mais dans les highlights et le palmarès, c’est un surhomme !
il a été drafté en 77 mais rookie de l’année en 80. Il a fait quoi pendant 3 ans ? la navy comme robinson ?
Ouais j’ai jamais bien compris cette histoire autour de la draft de Bird. Il me semble qu’il a été drafté mais qu’il a continué à jouer à Indiana State pendant ce laps de temps non ? Jérôme ou un autre vous connaissez l’histoire exacte ??
Bird a été drafté en 1978 parce qu’il avait 22 ans et qu’il était éligible.
Il ne faut pas oublier qu’il aurait dû intégrer Indiana, et qu’il n’a intégré Indiana State qu à 20 ans, après son année redshirt.
Quand il a été drafté, il me semble que c’était clair qu’il continuerait une année de plus à Indiana State, parce qu’il voulait chercher un titre NCAA. Mais je n’ai pas trouvé de confirmation précise à ce sujet, d’où l’absence de vraie précision dans mon article.
En 1978-79, avec ses droits NBA détenus par les Celtics, il a continué une année de plus à Indiana State, où il est arrivé en finale contre MSU.
Et il a commencé en 1979, à 22 ans et demi (l’année de ses 23 ans), en NBA.
Les règles ont évolué depuis, je ne pense pas qu’aujourd’hui un étudiant choisirait de poursuivre en NCAA plutot que d’aller en NBA, avec ses droits acquis par une franchise. Mais il y a toujours l’exemple de Randolph Morris, qui s’était présenté en 2005, non drafté, puis revenu faire la saison NCAA avec Kentucky, puis signé en fin de saison par les Knicks.
Il y a aussi les européens, draftés, mais qui ne vont pas immédiatement en NBA.
Il n’y a aucune obligation à aller en NBA, même drafté. Il ne faut pas oublier que les rookies signent des contrats, et certains retardent leur entrée NBA parce qu’ils n’ont pas trouvé d’accord (Chris Mullin par exemple). L’échelle des salaires rend cela très peu probable aujourd’hui, mais un contrat se signe toujours à 2.