Le Barça champion d’Europe

Cocorico

Des visages qu'on retrouvera dans quelques années...

On commence ce dernier point sur l’Euroleague avec un gros cocorico. Les gars de l’INSEP ont réussi un exploit en remportant le Nike International Junior Tournament, visant à sacrer la meilleure équipe espoir d’Europe. A domicile, devant les travées clairsemées du Palais des Sports de Paris-Bercy, le centre fédéral de formation a détrôné le double champion en titre, le BC FMP. Les grands hommes de cette finale ont été Hugo Invernizzi (16 points, 3 rebonds, 3 assists), Jean-Charles Livio (15 points, 7 rebonds, 3 assists), les 15 points d’Ulysse Adjagba, les 7 rebonds de Yannis Morin, les 9 points-6 assists de Mathis Keita ou les 8 points-5 assists de John Benjamin. un collectif suffisamment huilé pour contrer des Serbes qui, à l’exception du talent de Nenad Miljenovic, auteur ce dimanche de 20 points, 7 rebonds et 5 assists, n’ont pas brillé.
Un succès historique, le premier sacre européen pour le basket français depuis la victoire de Nancy en Coupe Korac en 2002.

Le Partizan profite du séjour

CSKA Moscou 90-88 (OT) Partizan Belgrade 2 jours après la demi-finale à rallonge face à l’Olympiacos, les Serbes du Partizan ont de nouveau disputé une prolongation. Cette fois, c’est Bo McCalebb qui est parvenu à forcer la prolongation à l’issue d’un match très disputé.

Les Russes ont pris un meilleur départ, prenant rapidement jusqu’à 7 points d’avance. Mais dans un effort collectif tel que seul le Partizan peut en offrir (6 joueurs terminant le match en double-figure), les Serbes reviennent dans le coup juste avant la mi-temps.  L’écart ne dépassera plus alors les 3 points, dans un duel à couteaux tirés où les équipes se rendaient coup pour coup. Les Russes prendront 3 points d’avance à quelques secondes du buzzer, mais 2 lancers-francs de Bo McCalebb, suivi par un 1/2 de Khryapa sur la ligne, laisseront un dernier espoir au Partizan. Mené de 2 points, Bo McCalebb a pris ses reponsabilités, ramenant les deux équipes à égalité sur le buzzer et envoyant les deux équipes en extra-time.

Une prolongation durant laquelle les Serbes ont joué avec leur bonheur. Comme face à l’Olympiacos, les hommes de Vujosevic ont eu le match en main, menant 78-81 et plus tard 86-82. Mais comme face à l’Olympiacos, les petites erreurs individuelles ont couté cher. D’autant qu’au CSKA, les Khryapa (17 points, 6 rebonds), Langdon (32 points, 3 rebonds, 45 minutes jouées) et Holden (12 points, dont le tir à 3 points de la gagne) ont enfin donné la pleine mesure de leurs talents.

Côté serbe, on a encore eu droit à une belle leçon de collectif: Roberts termine meilleur scoreur avec 16 points (avec 8 rebonds et 2 steals), Bo McCalebb a cumulé 12 points et 4 rebonds. Les artilleurs Dusan Kecman et Aleks Rasic  ajoutaient respectivement 15 points, 5 rebonds et 3 steals et 10 points-3 rebonds. Et pour leur probable (?) dernier match européen sous le maillot du Partizan, Jan Vesely a compilé 12 points-6 rebonds et Aleks Maric y allait de ses 15 points-6 rebonds.

Désormais que la troisième place est dans la poche, le CSKA regarde l’avenir, et la Superleague russe.

Ramunas Siskauskas: C’était un match très fun. Les deux équipes voulaient gagner même si nous étions très fatigué. Maintenant, nous devons aller en SuperLeague pour remporter le titre. Le Final Four est terminé, nous pouvons maintenant pleinement nous concentrer sur les play-offs russes qui commenceront dans quelques jours.

Trajan Langdon: C’est important pour nous car nous avions besoin d’une victoire avant d’entamer les play-offs russes. C’était un test important pour nous. Nous avons joué une très bonne équipe du Partizan aujourd’hui. Toute la saison, il sont su poser des problèmes aux grandes équipes européennes. Ils étaient même à un dunk de Childress de la finale.

Chronique d’un sacre annoncé

Regal FC Barcelone 86 – 68 Olympiacos Le Barça était favori de ce Final Four. Et le Barça n’a pas failli à sa mission. Pour sa septième finale européenne, les Catalans n’ont pas fait dans le détail.

Tout semblait en place pour avoir une finale à suspense. 14-13 après 6 minutes de jeu, un Milos Teodosic en toute grande forme (7 points, 2 assists) face au collectif catalan emmené par un Rubio impérial (5 points, 3 rebonds). Mais le suspense n’a duré que 5 minutes. Le Barça durcit sa défense, à l’image des 3 blocks consécutifs de Fran Vazquez (4 blocks sur le seul premier quart-temps). Offensivement, un triple de Rubio, suivi d’un 2+1 de Mickael, de deux LF de Vazquez et un lay-up de Sada crée le premier écart du match suite à un 10-0. 24-13, l’écart est fait, l’Olympiacos ne reviendra plus face à un Barça qui se contentera de gérer tranquillement… Le match a bien failli être relancé en début de seconde mi-temps: l’Olympiacos a recollé à 5 points suite à deux turnovers de Rubio converties en contre-attaques. L’écart se stabilise aux environs de 5 points jusqu’à un nouveau rush du Barça: un 8-0 (3 points de Sada, 5 de Ndong) redonne 13 points d’avance à 60-47. A ce moment-là, le match est vraiment plié…

Mais l’Olympiacos n’a pas mal joué. C’est le Barça qui a fait exactement le match que l’on pouvait attendre d’eux. A savoir imposer une défense sans faille, tout en imposant son propre rythme en attaque. Défensivement, cela se traduit par la mise sous éteignoir des leaders de l’Olympiacos. Linas Kleiza limité à 13 points (3/8 à 2 pts, 1/1 à 3 pts, 4/7 aux LF, sorti pour 5 fautes lors du 4ème) et 4 TO. Milos Teodosic, en foul-trouble à la fin de la première mi-temps, tenu à 10 points – sa sortie correspondant au début de la série du Barça. En fait, seul un Josh Childress transparent en début de match (mais qui termine tout de même avec 15 points et 6 rebonds), Bourousis et ses 9 points et Theo Papaloukas (12 points à 6/6 à 2 pts) ont évolué à leur niveau.

Peu, trop peu face à un Regal Barcelone en pleine réussite et dont le match doit être montré dans toutes les écoles de basket. Défense impériale (cfr les 4 blocks de Vazquez lors du premier quart-temps), attaque intelligente faite de réussite (12/28 à 3 points), d’extra-passes pleine de lucidité (18 assists), collectif sans faille (7 joueurs ont scoré lors du premier QT) ont fait la loi à Paris. Emmené par un Juanca Navarro en pleine réussite (21 points, à 4/9 à 3 points et 5 rebonds), les hommes de Xavier Pascual ont pu compter sur un Pete Mickael toujours aussi agressif (14 points, 5 rebonds), une paire de PG complémentaire (9 points pour Rubio, bien suppléé par Sada – 7 points, 3 assists – quand le jeune génie perdait pied) et des intérieurs ultra-complémentaires (Lorbek, 8 points, 5 fautes provoquées dans son duel avec Kleiza; Terrence Morris et Fran Vazquez, 15 points et 6 blocks combinés; Boni Ndong, 7 points lors de moments cruciaux). Bref, un Barça au sommet de son art, contre lequel personne ne peut lutter… Et qui est à juste titre sacrée championne d’Europe, 7 ans après le précédent titre conquis.

Juanca Navarro (MVP du Final Four) Nous sommes montés sur le parquet prêts à disputer un match capital. Nous avons contrôlé le rythme durant 40 minutes et c’était là la clé du match. Mon premier titre Euroleague était spécial car c’était le premier pour le club. Mais être un joueur plus important cette saison, c’est aussi très spécial.

Linas Kleiza Ils se connaissent mieux et ont mieux fait tourner la balle que nous aujourd’hui. Nous sommes revenus après la pause à 5 points, mais ils ont su rentrer les shots importants et ça a été difficile de nous en remettre. Juan Carlos Navarro a joué un très grand match, mais le Barça a très bien joué collectivement en attaque. Ils sont bien plus qu’un seul grand joueur, et quand une équipe joue de la sorte contre vous, c’est très difficile de les battre.