Le bilan des jeux olympiques

Après 2 semaines de basket intensif, l’heure est au bilan. Finalement, ces jeux olympiques, c’était comment ? Une nouvelle hiérarchie mondiale s’est-elle dessinée ? Quel pourrait être le meilleur 5...

Après 2 semaines de basket intensif, l’heure est au bilan. Finalement, ces jeux olympiques, c’était comment ? Une nouvelle hiérarchie mondiale s’est-elle dessinée ? Quel pourrait être le meilleur 5 du tournoi ? Et la France ne méritait-elle pas un autre destin ?

L’or américain

Team USA a rempli son contrat. Tout autre résultat qu’une médaille d’or aurait été vécu comme un affront terrible par le public américain. Jerry Colangelo peut souffer, ses hommes ont fait le job avec autorité. Meilleure attaque du tournoi (115.5ppg), des victoires nettes et sans bavure (32.125 points de marge), et deux grosses batailles remportées aux forceps, contre la Lituanie et l’Espagne, ainsi pourrait être résumé le parcours de Team USA.

Mike Krzyzewski a rapidement trouvé son axe fort, avec Kevin Durant (19.5ppg, meilleur scoreur US sur une olympiade) et LeBron James en leaders, rejoints par Carmelo Anthony, sixième homme de luxe puis par Kobe Bryant, le temps qu’il active le Mamba. Soit, à partir du quatrième quart-temps du quart de finale contre l’Australie.

Autour, ce fut plus irrégulier. Sans faire trop de bruit, Kevin Love (11.6ppg-7.6rpg) a rentabilisé son temps de jeu, et comme au Mondial 2010, a gagné des minutes. Les meneurs ne m’ont pas toujours convaincu et dès le départ, je disais qu’il manquait un Jason Kidd ou un Chauncey Billups pour cadrer un peu le jeu. Athlétiquement, cette équipe était au-dessus du lot et a su mettre cette supériorité au service de la défense et du jeu rapide.

Trop souvent comparé à la Dream Team, cette équipe n’en avait probablement pas la carrure. Mais sur cette compétition, le talent des uns, la profondeur qu’apportait les autres, ont fait de cette équipe la meilleure du tournoi.

Tableau d’honneur

L’Espagne était certainement plus prenable que par le passé. La France et la Russie ne sont pas passées loin de priver Pau Gasol d’une cinquième finale FIBA consécutive (ou 6e, si on compte le Mondial 2006 où il était blessé). Mais l’Espagne, avec de l’expérience, du vice et du talent, est allée s’offrir une revanche contre les USA.

Entre la blessure de Navarro, l’irrégularité des uns et des autres (Rudy, Calderon, Llull), le jeu espagnol a rapidement penché à l’intérieur, où Pau Gasol termine meilleur scoreur, rebondeur et passeur de l’équipe. Les frères Gasol n’ont pas déçu alors que Serge Ibaka a parfois été en difficulté. Je ne serais pas surpris qu’à l’avenir il soit mis en concurrence avec Nikola Mirotic.

Médaillée de bronze la Russie a un profil assez similaire à la France, dans le sens où elle n’avait de marge sur personne. Capable de battre l’Espagne ou de perdre contre l’Australie, la Russie a su gagner les matchs qu’il fallait pour se hisser à ce niveau. La demi-finale leur laissera même sûrement quelques regrets. Le match pour la 3e place a aussi rappelé à quel point cette équipe est clutch, avec un nouveau 3-points de Shved. Vitaly Fridzon (4pts dans la dernière minute dans ce match) a aussi marqué les esprits face au Brésil.
http://www.dailymotion.com/video/xskv0g

Habitué du jeu rapide et du basket champagne avec le Maccabi Tel-Aviv, David Blatt a rangé tout ça au vestiaire, malgré quelques éclairs de Shved. Cette Russie est avant tout défensive (72.1ppg encaissé, meilleure défense du dernier carré). Il a aussi su utiliser toutes ses armes et ne pas rester dépendant de Kirilenko.

Des regrets bleus

Et la France dans tout ça ? N’avait-elle pas sa place sur le podium ? Sans refaire l’histoire, elle avait battu l’Argentine, finalement 4e, elle avait battu la Russie en demi-finale de l’Euro 2011 et n’a pas été loin de l’Espagne. Mais pas loin ne signifie pas battre.

La France a fait un bon tournoi. Terminer la première phase à 4-1 était un objectif compliqué. La sortie contre l’Espagne n’est pas ridicule, contrairement aux 20 pions encaissés en Pologne. Le cinq majeur a montré de la complémentarité, et il a peut-être manqué un peu de constance au niveau du banc (de Colo, Seraphin, Pietrus blessé).

Parmi les 8 dernières équipes en lice, la France pouvait battre 7 d’entre elles. Cela peut paraitre présomptueux de dire qu’on aurait pu battre l’Espagne, mais on a fait jeu égal pendant 38 minutes. Sauf que, comme dit en préambule, on ne refera pas l’histoire.

Un basket à 3 vitesses

Si les Etats-Unis sont au-dessus du lot, que l’Espagne est un poil au dessus d’un deuxième niveau très homogène, l’impression dominante de ces jeux restent que les nations sud-américaines et européennes présentes évoluent actuellement au même niveau.

Russie, Argentine, Brésil, France, Australie et Lituanie auraient tous pu prétendre au podium. La Lituanie était toutefois un poil en-dessous. Le groupe B était très homogène. La Grande-Bretagne n’a pas passé le premier tour mais a signé de grands matchs. Cette équipe très cosmopolite s’est faite violence.

Par contre, l’Asie et l’Afrique n’ont pas brillé. Le Nigéria a gagné un match, mais c’était contre la Tunisie, et a pris la plus grosse rouste du tournoi contre les américains. La Tunisie et la Chine ont aussi montré leurs limites à ce niveau. Il existe encore un énorme fossé entre ces nations et le reste du monde.

All-Olympic Team

  • C: Pau Gasol
  • F: LeBron James
  • F: Kevin Durant
  • G: Manu Ginobili
  • G: Patty Mills

Je pense que les 4 premiers sont assez incontestables. Les 2 US et l’espagnol ont survolé la compétition et l’argentin est le troisième scoreur du tournoi avec 19.4 points par match. Andrei Kirilenko, Luis Scola ou Carmelo Anthony rappellent que les meilleurs joueurs du tournoi se situaient sur les postes 3 à 5.

Patty Mills est un choix plus discutable. Je l’ai mis pour trois raisons : aucun meneur n’a vraiment été exceptionnel (Shved franchement irrégulier), il termine meilleur scoreur du tournoi (21.2ppg) et il a marqué les esprits à 2 reprises, ses 39 points contre la GB avec une deuxième mi-temps parfaite, et son shoot à 3-points décisif contre la Russie. En quart de finale, il plante aussi 26 points contre les USA.

Be Sociable, Share!