En juin dernier, les insiders s’inquiétaient du niveau de cette draft. Pire cuvée de l’histoire pour certains, des joueurs de complément au mieux pour d’autres, les futurs pros n’ont pas été épargnés par les analystes. Finalement, malgré la blessure du #1 de la draft, les rookies n’ont eu de cesse de nous étonner. Ce week-end, nous vous proposons donc un retour, équipe par équipe, sur leurs premiers pas dans la league.
Atlanta Hawks
Après une présaison tonitruante, Jeff Teague était très attendu alors qu’il n’était que le 19e choix de la draft. Ce fut finalement un pétard mouillé… 3.2 points (39.7%) et 1.7 assists en 10 minutes. En réalité, il fut la principale victime de l’énorme saison de Jamal Crawford. Son heure de gloire fut lors de la dernière journée, 24 points (11/19), 15 assists et 5 rebonds. Heureusement pour lui, il ne s’est pas manqué pour ce test.
Boston Celtics
Les Celtics n’ont mis qu’un rookie sur le parquet, Lester Hudson. Drafté en 58e position, il a joué 16 matchs pour 1.4 points et 0.5 passe décisive avant d’être coupé pour des raisons budgétaires. Petit, vif et rapide, ses qualités ont convaincu les Grizzlies où il a terminé la saison.
Charlotte Bobcats
Malgré un lottery pick, Larry Brown a peu utilisé ses rookies cette saison. Gerald Henderson semblait être un bon choix mais n’a disputé que 43 matchs et 8 minutes en moyenne. Noyé derrière Wallace et Jackson, il a dépassé à deux reprises la barre des 10 points cette année, le 25 novembre contre Toronto (15pts) et le 12 avril contre New Jersey (14pts). Il fait partie des grosses déceptions de la cuvée.
Même Derrick Brown a eu droit à plus de temps de jeu (57 matchs, 9 minutes de moyenne) alors qu’il fut choisi au second tour. Larry Brown avait loué l’engagement et la volonté de l’ancien étudiant de Xavier et a su le récompenser en début de saison. Après le All-Star Game, il a peu à peu disparu de la rotation.

Taj Gibson face au Shaq en playoffs
Chicago Bulls
Avec deux first picks, les Bulls avaient recruté un ailier (James Johnson) et un intérieur (Taj Gibson). Sur le papier, il s’agissait de deux bons choix. Mais finalement, seul l’ancien d’USC a confirmé. Gros travailleur, bon rebondeur, il est devenu le complément de Joakim Noah au sein de la raquette des Bulls. En mars, quand le bateau a tangué, il réussissait ses meilleurs perfs (10.5ppg-8.5rpg, 51.2%) et a ainsi contribué à la qualif des Bulls en playoffs où il gobait 7 rebonds en 28 minutes contre les Cavs.
Le 16e choix fut moins à la fête. Pourtant annoncé NBA Ready, James Johnson n’a jamais réellement convaincu Vinny Del Negro de lui faire confiance. Même quand les blessures s’accumulaient, son temps de jeu avait du mal à décoller. Il a tout de même cumulé 20 points (8/11) et 6 rebonds en 42 minutes lors d’une défaite à Miami. Son principal fait d’arme.
Cleveland Cavaliers
Dur dur de se faire une place chez un gros bras. Danny Green en a fait l’expérience et a surtout connu la DLeague. L’ancien d’UNC a cumulé 2 points et 0.9 rebond en un peu plus de 5 minutes, en 20 matchs disputés.
Detroit Pistons
Les Pistons avaient surpris en choisissant trois ailiers lors de la dernière draft. Encore plus surprenant, c’est le dernier choisi, Jonas Jerebko qui a été la principale satisfaction de la saison totalement manquée des hommes de John Kuester. L’ailier suédois a débuté 73 des 80 matchs auxquels il a pris part — il a simplement manqué les deux premiers par choix de l’entraîneur. D’abord remplaçant de Tayshun Prince, il évolua ensuite à ses côtés pour former une frontline atypique, peu physique mais agressive.
Surtout utilisé dans un registre défensif, Jerebko a signé 3 mois à plus de 10 points, décembre (10.9ppg, 49.6%), février (10.2ppg, 56.4%) et mars (10.9ppg, 43%) et fut élu rookie du mois en février. Il termine sa saison avec 9.3 points et 6 rebonds de moyenne.
Ce fut moins glorieux pour le skinny Austin Daye (5.1ppg-2.5rpg, 46.4% en 13min) et le plus physique DaJuan Summers (3.1ppg-1rpg en 9min). Le premier cité a tout de même réussi à profiter des minutes accordées en avril pour élever ses moyennes à 7.8 points et 4.5 rebonds.
Indiana Pacers
Très attendu à l’échelon professionnel, Tyler Hansbrough a alterné le bon et le moins bon. Blessé au tibia en début de saison, il manque la première semaine de compétition. Il sera ensuite utilisé avec parcimonie, environ 20 minutes par match, afin de ne pas risquer une nouvelle blessure. Il livrera alors six bonnes semaines de compétition, 10.8 points et 5.7 rebonds en décembre. Seul bémol, son adresse, 38% en novembre et 35.8% en décembre. En 22 minutes en décembre, il prenait tout de même 9.8 tirs.
La suite de sa saison sera un long calvaire à cause d’une infection de l’oreille interne. Il revient pour 4 matchs mi-janvier avant que son absence pour une durée indéterminée ne soit annoncée. Ceci équivaudra à toute la saison. Le joueur universitaire de l’année 2008 reste une énigme. Agressif et impliqué sur temps de jeu court, il n’a jamais évolué à 100%. A revoir l’année prochaine.
Autre rookie à Indianapolis, A.J. Price a profité des griefs de Jim O’Brien contre TJ Ford pour grignoter du temps de jeu. En janvier, il a ainsi pu scorer 9.9 points à 43% en 20 minutes, puis, en avril, il a assuré 9.7 points à 48% en 20 minutes. Il signe sa meilleure perf le 9 janvier face au Thunder, 23 points. Meneur plutôt scoreur, le 52e choix de la dernière draft a dépassé les attentes.
Miami Heat
Le Heat a intégré Kenny Hasbrouck en mars mais n’est jamais entré en jeu. Les floridiens avaient aussi choisi Marcus Thornton, immédiatement envoyé aux Hornets, et ont récupéré les droits de Patrick Beverley (Olympiacos) et Robert Dozier (VAP Kolossos), qui ont évolué en Grèce cette saison. Les deux joueurs disputeront les Summer League avec le Heat en juillet.
Milwaukee Bucks
Avec le 10e choix, les Bucks ont réussi un des excellents coups de la draft. Brandon Jennings a épaté la galerie le 14 novembre en plantant 55 points, 21/34 dont 7/8 à 3-points, aux Warriors ! Après le mois de novembre (22.1ppg-5.6apg-3.8rpg, 49.3% à 3-pts), il semblait partie pour le titre de rookie de l’année. Seulement, il va prendre le rookie wall et ses productions vont commencer à sérieusement décliner.
Le meneur – scoreur à qui tout réussissait en début de saison continue à prendre des risques, mais ils ne paient plus. En février, l’ancien romain touche le fond, 10.7 points à 30.7% et 5.6 assists de moyenne. Luke Ridnour ne prendra jamais sa place dans le cinq de base mais son temps de jeu augmente au fil des mauvaises prestations de Jennings.
Début, mars, il claque 25 points aux Cavs puis 35 aux Kings afin de marquer à nouveau les esprits. Mieux, les Bucks enchaînent les succès et décrochent leur place en playoffs. L’arrivée de John Salmons le libère du costume de leader, un poil trop grand pour lui. En playoffs, il débute par un match à 34 points et brille lors des deux victoires à domicile, 23 points et 6 assists, puis 25 points.
Bien qu’irrégulière, la saison de Jennings est globalement une réussite. Scott Skiles ne lui a jamais retiré sa confiance et a accepté de lui laisser faire des erreurs, tout en restant compétitif. Avec la perf de l’année pour un rookie et les playoffs, il pouvait difficilement mieux débuter.

Les Bucks disposaient aussi des droits de Jodie Meeks, auteur de 4.1 points en moyenne, en 41 matchs avant de filer à Philadelphie.
New Jersey Nets
Les Nets n’avaient qu’un rookie dans leur roster cette année, le très polyvalent Terrence Williams. Au fil de la saison, son temps de jeu a fluctué du simple au double. Dans les petits papiers de Lawrence Frank (9.9ppg-5.3rpg-2.1apg en novembre), il fut ensuite mis au placard par Kiki Vandeweghe. Il n’aura droit qu’à une quinzaine de minutes par match de décembre à février.
Il fit son retour en grâce en mars (14.1ppg-6.7rpg-4.9apg en 29’53) et avril (14.3ppg-7.1rpg-6.3apg en 34’12), signant même un triple double (27pts-13rbs-10pds) face aux Bulls le 9 avril.
L’ancien étudiant de Washington a le profil parfait du point forward. Scoreur honnête, avec une sélection de tirs en constante amélioration (35.9% en novembre, 45.5% en avril), excellent rebondeur et bon défenseur, Williams a gagné sa place dans le plan à long terme des Nets.
New York Knicks
Titulaires du 8e choix, les Knicks ont longtemps rêvé à Stephen Curry. Mais les Warriors leur ont coupé l’herbe sous le pied et Donnie Walsh s’est alors rabattu sur Jordan Hill. L’intérieur délié issu d’Arizona n’aura jamais réellement sa chance et sa relation avec Mike d’Antoni fut particulièrement houleuse. Au lendemain de son transfert, Hill n’avait d’ailleurs pas hésité à régler ses comptes avec son ancien coach, affirmant que l’italo-américain n’aimait pas faire confiance aux rookies.
Heureusement pour Walsh, sa première draft new-yorkaise a aussi vu une satisfaction, Toney Douglas. Acheté aux Lakers, le meneur scoreur a débuté 12 matchs et a terminé la saison en trombe (12.7ppg-3.6apg-3.1rpg-1.2spg, 46.4% en mars). Gros shooteur à 3-points, il a appliqué les consignes de Mike d’Antoni et s’est attiré sa sympathie en ne refusant aucune position ouverte.
Orlando Magic
Le Magic ne disposait plus de ses picks et n’a pas intégré de rookie durant la saison.
Philadelphie 76ers
En recrutant Jrue Holiday, les Sixers ont misé sur le talent plutôt que l’aide immédiate. Remplaçant de Lou Williams, il intègre le cinq de base le 25 novembre à la blessure de celui-ci. Seulement, à son tour, il se blesse à l’épaule et ne parvient donc pas à s’imposer.
Les résultats des Sixers (12 défaites de rang entre le 20 novembre et 11 décembre) et l’arrivée d’Allen Iverson ne vont pas inciter Eddie Jordan à lui faire davantage confiance.
Il retrouve le cinq de départ mi-janvier, d’abord au côté d’Allen Iverson puis à sa place, lorsqu’il a quitté l’équipe. Il ne lâchera plus son spot de titulaire et sortira du lot à l’ocassion, 23 points (9/13 dt 5/6 à 3-pts) face au Magic, 21 points (8/12) face aux Raptors ou 13 points, 12 assists et 7 steals face aux Hawks.
Meneur encore brut, le successeur de Westbrook à UCLA n’est clairement pas encore prêt à driver une équipe NBA. S’il a montré des signes de progression, notamment au niveau de l’adresse (50% en mars – avril) et à la distribution (7.4apg en avril), il s’est aussi montré très dispendieux en ballon (3.4 TOs en mars – avril).
Les Sixers ont également récupéré en cours de saison Jodie Meeks, en provenance des Bucks. Il aurait pu être une solution aux manques d’adresse extérieure… mais Jordan en a décidé autrement. Il fut surtout en vue au mois d’avril, 19 points contre les Pistons ou 21 face au Heat. Sur l’ensemble du mois, il a tenté en moyenne 5 tirs à 3-points par match, et en a rentré la moitié, pour 13.5 points en moyenne.
Toronto Raptors
Présenté comme un spécimen athlétique, il était intéressant de voir de quelle manière DeMar DeRozan allait s’adapter à la league. Jay Triano l’a laissé dans son cinq de départ 85% de la saison, jusqu’au 26 mars, avec un temps de jeu moyen de 22 minutes.
Bon scoreur en pénétration, scoreur plutôt efficace (51.1% en janvier, 54.8% en mars, 60% en avril), il est encore trop unidimensionnel pour prétendre à plus de responsabilités. Il est par exemple inexistant derrière l’arc, ne tentant que 4 tirs (tous manqués) en 2010 !

Washington Wizards
Les Wizards n’avaient pas de rookie cette saison. Le pick #5 fut envoyé à Minnesota pour des joueurs établis (Miller et Foye).

super article vivement la suite!! demain? merci bon continuation
Que pensez-vous de James Johnson des Bulls?
Perso, je crois en lui. Il a un énorme talent et un gros physique. Il me semble qu’il peut être une surprise l’an prochain… si Lebron ne signe pas.
Oui la suite demain
Pour James Johnson, son faible temps de jeu est une vraie surprise, même si derrière Deng, c’était pas forcément facile de s’imposer. A la blessure de l’anglais, il aurait pu prouver sa valeur, il l’a pas fait.
Il fera partie des joueurs à suivre en SL, et en cas de bonnes perfs, il peut effectivement être une bonne surprise l’an prochain.