L’échec de Rick Pitino

Au terme de la pire saison de l’histoire des Celtics (15-67, 18.3% de W), ML Carr est logiquement démis de ses fonctions. Les Celtics se tournent alors vers un homme...

Au terme de la pire saison de l’histoire des Celtics (15-67, 18.3% de W), ML Carr est logiquement démis de ses fonctions. Les Celtics se tournent alors vers un homme de l’extérieur, Rick Pitino, coach respecté en NCAA et ancien boss des Knicks, entre 1987 et 1989.

Longtemps assistant en NCAA (Hawaii, Syracuse) puis en NBA (New York Knicks), Rick Pitino obtient ses premiers postes à Boston University (1978-83, 91-51) et Providence (1985-87, 42-23) avant de diriger les Knicks entre 1987 et 1989 (90-74). Après 2 saisons, il choisit de revenir au College, à Kentucky où il restera 8 saisons (219-50).

La tentation Duncan

Au printemps ’97, il revient au basket professionnel en acceptant les pleins pouvoirs à Boston. Il devient Head Coach et président des Celtics. Son contrat porte sur 6 ans et 27M$. Une première polémique éclate car Red Auerbach, président des C’s depuis 25 ans et arrivé au club il y a près d’un demi-siècle, apprend son remplacement dans la presse. Il déclara que cette manière de faire était insultante et totalement indigne.

Rick Pitino avec Walker, Mercer et Billups

Rick Pitino pose avec ses vedette, Antoine Walker, Ron Mercer et Chauncey Billups

Parmi les arguments mis en avant pour attirer Pitino, les Celtics disposaient de 2 lottery picks pour la draft à venir. Formateur et batisseur, Rick Pitino pouvait reconstruire l’équipe avec de nouveaux profils. Son désir était simple : récupérer Tim Duncan. Beaucoup disent que s’il avait su qu’il n’obtiendrait pas Dream Tim, Pitino n’aurait pas quitté Kentucky. Autre argument majeur : la présence d’Antoine Walker, ancien protégé de Pitino à Kentucky.

À la draft, les Celtics sélectionnent Chauncey Billups (#3) et Ron Mercer (#6). Le premier sera envoyé aux Raptors 8 mois après avoir porté la casquette verte en échange de Kenny Anderson, que Pitino portait en haute estime depuis son passage universitaire à Georgia Tech. Le deuxième, ex-Wildcat, défendra le maillot vert durant 2 saisons.

En octobre ’97, Rick Pitino récupère un autre ancien étudiant de Kentucky, Walter McCarty en provenance des Knicks. Il offrira également sa seule expérience NBA à Reggie Hanson (8 matchs), étudiant à Kentucky entre 1987 et 1991. Dans la case départ, David Wesley, Dino Radja, Eric Williams et Rick Fox sont invités à s’en aller. Le grand ménage ne porte pas ses fruits, les Celtics terminent la saison à 36W-46L.

La sauce ne prend pas

Un an plus tard, à la draft ’98, Rick Pitino souhaite ardemment recruter Dirk Nowitzki qu’il a repéré lors du Nike Hoop Summit. Pour le boss des Greens, Nowitzki est le nouveau Larry Bird. Mais les Bucks coupent l’herbe sous le pied des Celtics en sélectionnant l’allemand en 9e position. Un choix plus tard, les Celtics récupèrent Paul Pierce. Un joli lot de consolation.

Mais la sauce ne prend pas. L’année du lockout est un désastre, 19-31. Le W% est inférieur à l’année précédente (38%) alors que Pitino avait façonné son groupe. Durant l’été ’99, il décide de transférer son protégé, Ron Mercer, pourtant performant (17ppg-3.8rpg-2.5apg pour son année sophomore), vers les Nuggets en échange de Danny Fortson, Eric Washington, Eric Williams (éjecté 2 ans plus tôt) et un premier tour de draft.

L’année 2000 ne marque pas une forte progression. Début mars, les Celtics connaissent 2 défaites marquantes. Une avance de 20 points remontée par les Mavs puis un buzzer beater de Vince Carter. La foule verte est désabusée, elle insulte l’équipe et Pitino. Sa réponse est cinglante.

Rick Pitino : Vous êtes tout le temps négatif. Et les fans aussi. Larry Bird ne va pas passer cette porte. Kevin McHale ne va pas passer cette porte. Robert Parish ne va pas passer cette porte. Et si vous vous attendiez à les voir, sachez qu’ils sont vieux et grisonnants. Ce que nous avons est jeune, excitant, travailleur, et nous allons progresser. Les gens ne réalisent pas ça, et tant qu’ils ne réaliseront pas que ces 3 gars ne passeront pas cette porte, ils n’accepteront pas que le meilleur pour cette ville sont ces jeunes joueurs dans ce vestiaire.
Je souhaiterais avoir 90M$ sous le cap. Je souhaiterais acheter le monde. Nous ne pouvons pas. Tout ce que nous pouvons faire, c’est bosser dur. Et toute cette négativité autour de nous, ça craint.
J’étais là quand Jim Rice était sifflé. J’étais là quand Yastrzemski était sifflé, et ça pue. Cela rend la plus belle ville au monde complètement nulle. Le seul truc qui pourrait changer serait d’être positif comme nous le sommes dans le vestiaire… Et si vous pensez que je vais accepter la négativité, vous vous trompez.

Image de prévisualisation YouTube

« Cela me brise le coeur. »

Contesté pour ses résultats, Rick Pitino rencontre Paul Gaston, le propriétaire, en novembre 2000. Ensemble, ils se mettent d’accord. Sans progrès, il promet de quitter l’équipe en fin de saison. La sélection de Jerome Moiso en 10e position de la draft est un énorme échec, 35 points en 135 minutes… En janvier 2001, avec un bilan de 12-22, Rick Pitino annonce sa démission. Son bilan global à la tête des Celtics est 102-146. Pas de playoffs. Pas de saison positive. Son départ fut juste un peu précipité.

Rick Pitino : Cela me brise le coeur.

Il laisse les Celtics avec un tandem fort, Paul Pierce – Antoine Walker. Les deux ailiers mangent le ballon depuis le départ de Ron Mercer en 1999. En 2000, seul Kenny Anderon passait la barre des 10 points. En 2001, le troisième scoreur était Bryant Stith, 9.7 points par match…

Mauvais choix, mauvaises drafts, mauvais trades. Les décisions de Rick Pitino n’ont jamais eu d’impact positif. En trois ans et demi, il n’a pas permis aux Celtics de progresser. Il passe la main à son adjoint, Jim O’Brien, qui terminera la saison sur un bilan équilibré (24-24). Red Auerbach en profite pour récupérer son poste de président.

La draft 2001 est un nouveau fiasco. Joe Johnson (#10) est transféré après 48 matchs. En retour les Celtics obtiennent Tony Delk — un ancien de Kentucky. Kedrick Brown (#11) ne fait guère mieux que Jerome Moiso lors de son année rookie, 69 points en 245 minutes… Sa carrière NBA durera 4 saisons et 143 matchs. Même si ça manque de classe, un oeil sur les joueurs encore disponibles (Troy Murphy, Richard Jefferson, Zach Randolph, Tony Parker) donnent encore plus de relief à ce fiasco. Je passerai rapidement sur le 21e choix, Joe Forte…

Malgré ça, à la surprise générale, les Celtics parviendront à se hisser en finales de conférence au printemps 2002.

Be Sociable, Share!