Les Bleus résistent à l’ouragan Blums

L’équipe de France a réussi son entrée dans la compétition. L’essentiel est assuré, avec une victoire au terme d’un match pas franchement rassurant. Vincent Collet avait indiqué que la Lettonie...

L’équipe de France a réussi son entrée dans la compétition. L’essentiel est assuré, avec une victoire au terme d’un match pas franchement rassurant. Vincent Collet avait indiqué que la Lettonie ressemblait à la Bosnie-Herzégovine et qu’il fallait s’attendre à voir des pistoleros en action. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’a pas été déçu.

Blums sur un nuage

Le dénommé Janis Blums s’est révélé aux yeux de l’Europe. Shooteur intenable, il a porté la Lettonie durant 40 minutes. En début de match, c’est lui qui place son équipe en tête et il n’a jamais baissé de régime. Son shoot est fiable, sa confiance en lui détonante.

Son activité a mis en difficulté la défense française. Vincent Collet a multiplié les gardes du corps sans réellement trouvé la solution. Heureusement, sans frais. Je me demandais si Kahudi ne pouvait pas le limiter, finalement, c’est l’entrée de Tchicamboud qui l’a (un peu) calmé.

Face à cet adversaire sur un nuage, la France a proposé un visage uni. Les Bleus n’ont pas réellement connu de temps faible et ont réussi à diminuer l’adresse longue distance en deuxième mi-temps. Néanmoins, il y a eu un vrai problème défensif sur ce match. Les lettons ont profité d’un manque flagrant d’agressivité française pour obtenir d’excellentes positions de shoot.

Le symbole de cette défense très moyenne est certainement Flo Pietrus, totalement à côté de ses pompes. Dans l’agressivité et le combat, il n’y était pas.

A l’inverse, offensivement, la copie est plutôt positive. Les chiffres sont flatteurs (65.9% à 2-points, 31.6% à 3-pts, 17/21 aux LF, 14 assists) mais l’attaque de la zone pas parfaite.

Lâcher le cuir

J’en reviens à ce que je disais ce week-end avant la compétition. Face à une zone, le ballon doit vivre, bouger. En renversant le jeu, les Bleus ont obtenu des positions ouvertes, notamment pour Batum et Gelabale. On a une autre option très intéressante avec Diaw en tête de raquette.

Il n’y a pas que Tony Parker dans cette équipe et j’ai toujours le sentiment qu’il porte trop le ballon. Je tranche un peu avec le concert de louange qu’obtient le meneur des Spurs, auteur de 31 points (11/18) et 7 assists, car je pense qu’il devrait lâcher davantage le cuir. Les pénétrations casse-gueule, ça passera pas à tous les coups. Et dribbler éternellement face à une zone ne sert à rien !

Ce qui me fait peur, finalement, ce n’est pas le jour sans de Parker, mais le jour sans où il shootera contre vents et marées… J’étais abasourdi par les commentaires de David Cozette se plaignant du manque de soutien. Mine de rien, 4 autres joueurs sont en double figure sans que ce soit le fruit du hasard.

Après avoir joué l’adversaire le plus faible du groupe, il n’y a pas de quoi pavoiser. La France a gagné, elle est tombée sur un joueur en feu mais a résisté — souvenez vous du Liban, de la Nouvelle-Zélande. C’est le minimum syndical.
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Dans les autres matchs du groupe B, la Serbie a fait le job contre l’Italie. Milan Macvan a scoré 10 points dans le QT2 pour replacer son équipe en tête. Andrea Bargnani (22pts-9rbs) a tout tenté en 2e mi-temps mais l’adresse serbe a fait la différence. De son côté, l’Allemagne a dominé Israël grâce à son duo Nowitzki (25pts) – Kaman (18pts-10rbs).

Les 3 favoris légitimes du groupe débutent donc par un succès.

Dans les autres groupes…

La compétition a débuté par une Espagne mise en difficulté par la Pologne. Dominatrice en première mi-temps, l’équipe de Sergio Scariolo l’a joué un peu trop facile et s’est offerte une fin de match à suspense (80-78 à 17sec du gong).

La Lituanie a souffert contre la Grande-Bretagne de Luol Deng (25pts-10rbs-4pds). Les locaux ont encaissé un 5-18 dans le QT3 avant de s’imposer (80-69). Par contre, la Turquie n’a pas laissé le doute s’installer contre le Portugal (79-56).

Dans le groupe C, rien n’a été facile. Vladimir Dasic (20pts-16rbs) a permis au Monténégro de vaincre la Macédoine en prolongation. C’est lui qui tue le match à 1’18 du gong d’un layup. La Macédoine doit beaucoup à Bo McCalebb (17pts-4rbs-4pds) et son expulsion a changé le match.

La Grèce a également souffert contre une Bosnie-Herzégovine pourtant maladroite de loin (6/28, 0/9 pour le seul Teletovic). Les jeunes grecs (Calathes, Koufos, Bramos, Papnikolaou) ont relevé le défi. Dans le dernier match, la Croatie a bien failli se faire surprendre par la Finlande. Devant à la mi-temps et dans le match jusqu’au bout, les finlandais ont prouvé que la Croatie n’est absolument pas candidate au titre.

Enfin, dans le groupe D, la Géorgie a écrasé une Belgique orpheline d’Hervelle (81-59). Ce fut bien plus compliqué pour la Slovénie, qui s’est débarrassé de la Bulgarie grâce à un 11-0 en fin de match. Erazem Lorbek (18pts-9rbs) est parfaitement entré dans la compétition.

Souffrance aussi pour la Russie, qui n’a pris le dessus sur l’Ukraine que dans le dernier quart-temps. Toute la soirée, la Russie a manqué d’adresse, à l’image d’Andrei Kirileno (20pts-11rbs, 7/19).

Pas de surprise à noter, mais peu de matchs faciles. De nombreux prétendants au quart de finale ont souffert pour tirer leur épingle du jeu contre un adversaire plus faible. Le scénario du match des Bleus est donc loin du cas isolé.