Synonyme de folie, de déception, de blessures en série, d’absence de défense, de manque de cohérence, d’argent gaspillé, d’individualisme, Golden State est une losing place depuis tellement longtemps que les rares éclaircies sont oubliées aussi vite que les intentions de mieux défendre. Tout ceci pour que le train-train des défaites reprennent son rythme.
La révolution est arrivée par Mark Jackson. L’ancien meneur de jeu des Knicks et Pacers puis analyste TV souhaitait prendre en main une équipe depuis quelques étés. Après de nombreux échecs, les Warriors lui ont fait confiance il y a 18 mois et il a imposé immédiatement sa patte. Comme tous les coachs, surtout à Golden State depuis Don Nelson, il est arrivé avec des idéaux défensifs et une volonté de progresser sur demi-terrain.
Les Warriors sont plus équilibrés
Là où les autres ont échoué dans l’association Stephen Curry et Monta Ellis, Mark Jackson a accepté le départ du deuxième pour récupérer un joueur plus en adéquation avec sa philosophie, Andrew Bogut. Arrivé blessé, l’australien n’a pas encore donné sa pleine mesure en Californie (4 matchs joués, 18’11 en moyenne). Pour le remplacer, Andris Biedrins n’est pas sorti du placard, le coach a choisi Festus Ezeli, un ours drafté en 30e position en juin dernier et qui a le mérite de shooter à 48% et d’apporter 3.7 rebonds et 1 contre en 16 minutes quand il est titulaire.
Sans Monta Ellis, les Warriors sont plus équilibrés. Monta a ses qualités, notamment de finisseur, mais se goinfre en ballons. Il est amusant de noter qu’actuellement, les Warriors n’ont que Ezeli comme recrue impliquée dans ce trade et ils sont meilleurs qu’avec les 20 et quelques points apportés par le néo-Buck. Klay Thompson et ses qualités de shooteur font un bien fou dans le cinq majeur.
Les productions actuelles de Stephen Curry amènent un vrai boost. Trop souvent blessé, il a réalisé une série de 8 matchs à plus de 20 points arrêtée face au Heat. Durant cette série, il a planté à chaque fois plus de 2 tirs primés et a réalisé une autre série de 4 matchs à plus de 10 passes. Il est en confiance comme rarement. Reste que ses chevilles faisaient encore débat durant la présaison.
« C’est le même David Lee mais il gagne »
David Lee est également en nette progression. Habitué des 20-10, All-Star en 2010, et véritable machine à rebond défensif, il n’a pourtant jamais joué les playoffs en 7 saisons. Il a, à l’heure actuelle, le meilleur différentiel cumulé des Warriors (+71) et amène de la dureté à ses stats. La victoire amène la confiance et l’envie de se dépouiller encore davantage.
Stephen Curry : Il est précieux en fin de match par son jeu de l’ombre, ses rebonds, ses tirs importants. Il était vu probablement comme un stat-stuffer. L’an dernier et l’année d’avant, vous regardiez ses stats, 28 points, 15 rebonds, et il se passait quoi ? On perdait. Cela donne de l’importance à ce qu’il fait quand il est productif dans les victoires.
Critiqué pour son contrat de 80M$ sur 6 ans signé en 2010, David Lee n’est pas devenu un énorme défenseur ou un joueur vraiment dominant le temps d’un été. Mais il a joué les yeux dans les yeux avec Blake Griffin, Kevin Love, Josh Smith, David West ou Greg Monroe, avec des victoires à chaque fois. Mark Jackson résume le tout.
Mark Jackson : Je pense que c’est le même David Lee mais il gagne.
Le banc est aussi construit intelligemment. Carl Landry (12.9ppg-6.7rpg, 55.3%) a rapidement trouvé sa place et, fait pas évidemment avant le début de saison, il est complémentaire de Lee. Jarrett Jack (10.5ppg-4.6apg, 47.6%) a scoré plus de 15 points lors de 6 des 10 derniers matchs. Et Draymond Green s’est offert son moment de gloire.
Un mot sur Draymond Green. Je le disais sur Twitter hier, il était annoncé comme un steal du second tour. Ce n’est pas un flashy player, un grand shooteur ou un monstre athlétique, mais il défend, il est toujours bien placé, et il aide l’équipe, tout simplement. Un role player adapté à la nouvelle philosophie de Mark Jackson.
Dwyane Wade : « Coach Jackson a fait un boulot incroyable »
Enfin, le coaching staff fait un boulot remarquable. J’en reviens à Mark Jackson, il insiste sur des choses simples, comme la combativité au rebond offensif, le 1 contre 1, les coupes à l’opposé, le pick and roll entre Curry et Lee, ou entre Jack et Landry, et les joueurs adhèrent.
Puis, vraie révolution, le coaching staff ne se planque pas derrière les blessures. En d’autres temps, les pertes de Bogut ou Rush auraient été vécues comme des drames, puis des excuses à une nouvelle mauvaise saison. Seulement, ces Warriors sont appliqués, se basent sur des principes simples, et les changements ne rendent pas l’équipe moins forte.
Avant le match Heat-Warriors, Dwyane Wade n’était pas avare en compliment envers ses futurs adversaires.
Dwyane Wade : C’est une très, très bonne équipe. Coach Jackson a fait un boulot incroyable avec l’équipe. Ils ont un bon groupe de joueurs. Ce sera un match compliqué.
Depuis l’arrivée de Jackson, un autre changement majeur est à noter, les Warriors gagnent à l’extérieur. De 8-33 en 2009 et 2010 et 10-31 en 2011, les Warriors ont progressé à 11-22 l’an passé et présentent un bilan positif (9-4) aujourd’hui ! En plein road trip à l’Est, ils restent sur 5 victoires à Detroit, Brooklyn, Washington, Charlotte et Miami. A part les Spurs (11-1), personne ne fait mieux loin de ses bases.
Cette équipe a même encore une marge de progression. Andrew Bogut et Richard Jefferson sont à l’infirmerie, Harrison Barnes (9.1ppg en 26’47) n’est pas encore adapté à la NBA et, peut-être qu’un départ d’Andris Biedrins peut amener un joueur intéressant. Mais le chateau de carte peut aussi s’effondrer, si les chevilles de Curry grincent à nouveau ou si les bonnes résolutions de 2012 tombent aux oubliettes en 2013.







L’une des clés c’est vraiment le départ d’Ellis, un backcourt de nains est un problème quasi insoluble en défense.
Thompson sans être un génie de la défense a au moins un corps de SG, ça aide…