Après les parenthèses Deguara et CSP, L’Europe du basket revient à une formule plus classique. On retrouve donc aujourd’hui deux focus. Tout d’abord à Bilbao, où le Bizkaia local souffle le chaud et le froid Liga ACB et en EuroCup. Ensuite à Naples, où le Martos Napoli coule à pic en laissant leur chance aux jeunes du cru.
Le Bizkaia Bilbao: une saison en noir et blanc
L’exploit du week-end passé, en Europe, a été la victoire surprise à l’extérieur du Bizkaia Bilbao sur le Real Madrid 80-87. Emmené par un Hervelle revanchard suite à son « exclusion » du Real par Messina et auteur de 16 points, 8 rebonds, 8 assists et 3 blocks, les Basques ont dominé le match, ne laissant que Llull (21 points) et Garbajosa (10 points) dépasser la barre des 10 points. Ce fait d’armes du 16ème de la Liga ACB (égalité avec le premier relégable) confirme bien que ce Bilbao est capable du meilleur, comme face au Real ou en EuroCup, comme du pire, à l’image de la Liga ACB.
Jusqu’à aujourd’hui, le bilan global toute compétition confondue de Bilbao est de 16victoires pour 15 défaites. Mais ce bilan positif est à relativiser: invaincu en EuroCup (9 victoires en 9 matchs, avec un écart moyen de 11 points), le club apparait à la dérive en Liga ACB avec un bilan de 7 victoires pour 15 défaites qui, à l’heure actuelle, pourrait valoir une relégation en fin de saison… Cette situation s’explique en grande partie par le rendement du roster très différent dans les deux compétitions.

Janis Blums symbolise bien la saison de Bilbao: impérial en EuroCup, l'arrière letton est à la peine en Liga ACB.
La fine gâchette lettone Janis Blums est la parfaite illustration de ce phénomène. Il est pour l’instant impérial en EuroCup où il plante en moyenne 12 ppg (près de 50% à 3 pts et 88% aux LF), prend 3 rebonds et distribue 2 assists et provoque 3 fautes par match; il est par contre presque transparent en Liga ACB, avec un temps de jeu toutefois inférieur de 4 minutes. Il doit se contenter de 7 ppg (40% à 3 pts, 80% aux FT), 1 rebond, 1,2 assists et 1,3 fautes provoquées par match. Faites le calcul, le rendement statistique de Blums est réduit de moitié entre EuroCup et Liga ACB.
Il n’est pas le seul dans le cas: la productivité des Chris Warren, Jérôme Moiso, Alex Mumbru ou Renaldas Seibutis varie aussi d’une compétition à l’autre. Ces joueurs, importants dans les succès collectés en EuroCup, passent bien souvent à travers une fois de retour en Espagne. Cela explique en grande partie la différence de rendement du club.
En fait, seuls les PF Marko Banic et Axel Hervelle parviennent à garder un niveau similaire sur les deux compétitions. Banic, au club depuis 2005, s’impose d’ailleurs cette saison comme un des tout meilleurs PF du championnat espagnol. 2,04m, très mobile, maîtrisant parfaitement l’art du pick & roll, possédant un toucher incroyable et une précision diabolique inside (16 ppg en Liga ACB, 15 en EuroCup, toujours à près de 70% de réussite et 90% aux LF), relativement bon rebondeur, Banic est devenu, année après année, un véritable symbole à Bilbao. C’est désormais sur lui, valeur sûre sortant gros match sur gros match, que repose le jeu des Basques. Ce n’est toutefois que quand ses partenaires sont aussi dans le coup que Bilbao est redoutable. Avec Blums, Hervelle, Mumbru et Moiso aux côtés du Croate, Bilbao forme un collectif redoutable à ne pas sous-estimer malgré le classement ACB actuel. Le Real en a fait les frais le week-end passé. Un bon avertissement pour le Caja Laboral, qui leur rendra visite ce vendredi en Coupe du Roi pour un gros derby basque…
Le naufrage du Martos Napoli

Damon Jones, notamment ex-Cav et Heat, symbolisait les espoirs du basket napolitain...
Cet été, le petit club italien de Rieti faisait peau neuve. Après 3 ans en Lega A, le successeur du club vainqueur de la Coupe Korac 1980 – avec dans leur rang un certain Joe Bryant, père de Kobe – déménageait : ciao Rieti, hello Napoli. Un départ qui avait pour but de redonner au club son lustre d’antan, sur une ville autrement plus attractive que la petite bourgade du Lazio. Ce déménagement était accompagné d’une belle campagne de recrutement. Armands Skele, Damon Jones, Travis Best, Robert Traylor, Dragisa Drobnjak ou Dimitrios Tsaldaris rejoignaient le club. Et emmené par Franco Marcellati, une des référence en terme de coaching en Italie (notamment champion en 91 avec Caserta, et finaliste de l’Euroleague en 89 également avec Caserta), l’ambition était sans doute de jouer les Play-off en fin de saison.
Mais le rêve a tourné court… Avant même le début de saison, le club se voit pénaliser de 4 points pour irrégularité dans la comptabilité de l’exercice précédent (la sanction sera encore alourdie de 4 points par la suite). Des problèmes financiers voient alors le jour… Conséquence de cette situation: les stars recrutées à l’intersaison quittent le navire. Skele, Traylor, Best et Jones prennent rapidement la poudre d’escampette… Symbole de la gravité de la crise: Marcellati, sorti d’une retraite de 9 ans pour rejoindre Naples, quitte le club après deux rencontres disputées et est remplacé par son assistant, toujours en poste aujourd’hui.
La déconfiture continue: chaque semaine voit un nouveau professionnel claquer la porte du club. C’est dans ce contexte qu’on en est arrivé au 3 janvier 2010. Ce jour-là, Biella se déplace à Naples et l’emporte sur le score presque irréel de 54-124. « Comment se fait-ce ? » me direz-vous? Coach Pasquini n’a aligné ce jour-là que des membres de l’équipe espoir (-19 ans) du club. Et cette tactique est toujours appliquée chaque semaine. A l’image d’une « ghost team », le Martos Napoli vole de fessée en déconvenue: 138-37 face à Rome, 37-128 face à Cantu, 49-143 face à Sienne ou encore 172-70 face à Avellino. Des scores dignes d’équipes d’âge qui ternissent quelque peu l’image du basket italien et de la Lega A.
Mais ces matchs, décevants collectivement, peuvent être une chance pour ces jeunes qui se retrouvent jeté de la sorte dans le grand bain professionnel. C’est comme cela que sont en train de se révéler les jeunes pousses locales que sont Matteo Giovanelli (17 ans) et Federico Fedeli (16 ans). Giovanelli, grand ailier de 2.02m, a particulièrement brillé face à Pesaro (19 points, à 8/14 à 2 pts et 5 rebonds) et face à Sienne (16 points à 5/8 à 2 pts et 6/6 aux LF et 6 rebonds). Fedeli, lui aussi originaire de Rieti, n’a pour l’instant participé qu’à un match. Mais face à Bologne, il a compilé 12 points (3/6 à 2 pts, 2/3 à 3 pts) en sortie de banc et s’imposer comme le principal danger offensif (en l’absence de Giovanelli).
La saison « pourrie » de Naples pourrait quand même donc avoir du bon. Des jeunes, qui n’auraient peut-être jamais eu leur chance en temps normal, se retrouvent propulsés dans le grand bain de la Lega A. Cela apparaît comme une véritable chance pour lancer leur carrière et pouvoir rêver à rester en Lega A la saison prochaine, avec un statut de professionnel cette fois.
Quelques news…
Mire Chatman, PG du Besiktas Cola Turka et ex-Palois, a été contrôlé positif au cannabinoïde. Ce produit dopant, que l’on trouve notamment dans le cannabis, a été détecté lors d’un contrôle réalisé fin janvier à la suite du match Besikats-Tofas. Le joueur a été suspendu provisoirement, en attendant une sanction définitive. Le club de Besiktas, 3ème du championnat national, est à la recherche d’un remplaçant.
Après Orléans et l’Union Olimpija, Marko Milic va découvrir cette saison un troisième club. Le forward slovène a signé au Vanoli Cremona, actuel avant-dernier (et rélélgble) de la Lega A.





Est-ce que vous avez des infos sur le départ et le retour de Moiso début janvier ?
Moiso avait été remercié en janvier lors de l’arrivée d’Hervelle. Quelques semaines plus tard, Bilbao changeait de coach (Katsikaris remplaçait Vidoretta) et le Grec faisait revenir le pivot français dans le roster au détriment de l’ailier Robert Conley (d’après ce que j’ai pu trouver).
J’étais entrain de chercher et j’ai trouvé à peu près la même chose. C’est le changement de coach qui a permis à Moiso de réintégrer le roster.