L’Europe du basket

Pour ce dernier volet de l’année 2009, L’Europe du basket part à la découverte des révélations serbes de ce début de saison. Ensuite, la VTB United League – ligue construite par certains clubs des pays de l’est – vous sera présenté avant de faire un point sur le programme basket des fêtes de Noël. Et oui, quand les supporters font la fête, certains joueurs sont toujours sur les parquets, avec notamment le traditionnel Real-Barça du 27 décembre.

La Serbie a VRAIMENT de l’avenir

Cet été, on a pu découvrir la nouvelle génération serbes lors de l’EuroBasket polonais. Emmenés par le trident Teodosic – Tepic – Velickovic, les jeunes pousses de Dusan Ivkovic ont fait la loi et seuls les Espagnols ont su les stopper. Et en ce début de saison, la nouvelle génération serbe pointe déjà le bout de nez dans le sillage d’Aleksandar Maric.

Et à tout seigneur, tout honneur, on commence ce petit tour d’horizon avec Aleks Maric. Cet été, suite au départ de Novica Velickovic du Partizan, tout le monde s’attendit à voir le club encaisser lourdement le coup. et la plupart des orbesrvateurs se disait que l’heure de Jan Vesely avait sonné, que le géant tchèque serait la révélation de cette saison 2009-10. Cela, c’était avant qu’Aleksandar Maric ne vienne assommer le monde du basket. Passé sous les radars des scouts USA, le Serbe natif de Sydney se révèle sur le tard à 25 ans. Après avoir débuté le basket en Australie, Maric s’envole pour les États-Unis pour y poursuivre sa formation académique et sportive. Il rejoint le New-Jersey avant de s’engager à Nebraska. Il s’y impose comme un intérieur solide, finissant à deux reprises dans la Big-12 Second Team et tournant lors de sa Senior year à 18.3 ppg, 10 rpg, 1.3 spg, 2 bpg et 2 apg. Il ne se présente pas à la draft et rejoint la Liga ACB et Granada. Il y passe une saison calamiteuse dans l’ombre de Curtis Borchardt, jouant en moyenne 12 malheureuses minutes par match dans un club franchement moyen… Pas de quoi sauter au plafond donc.

Et c’est là qu’entre en jeu le nez de Dusko Vujosevic. Le coach du Partizan le recrute et, dès le début de la saison, lui fait preuve de sa confiance en le rentrant dans le cinq de base dès son deuxième match en Ligue Adriatique. Le pari est payant, Maric écrase les Slovènes de l’Helios Domzale de ses 18 points (6/9 à 2 points, 6/8 aux LF, 11 rebonds dont 4 offensifs et 7 fautes provoquées). C’est la révélation et le début de la cohabitation très complémentaire inside de Maric et Vesely, deux mecs de 2m10 que Vujosevic aligne bien souvent de front. Depuis, Maric a fait exploser toutes les raquettes d’Europe, sortant match de folie sur match de folie. On pensait que ses 20 points et 16 rebonds passés à Hemofarm était énorme jusqu’au moment où il enfila 23 points, 15 rebonds et 5 steals à l’Olympiacos (excusez du peu…). Et on croyait ce match grandiose jusqu’à ses 34 points, 16 rebonds et 10 fautes provoquées (49 d’évaluation, 8ème perf all-time!) face à l’Efes Pilsen. Dominateur en Euroleague (18 ppg, 9 rpg, 26.1 d’éval) et en Ligue Adriatique (13 ppg, 9.4 rpg, 20.3 d’éval), jouant avec la précision d’un horloger suisse (plus de 65% de moyenne à 2 points), on est vraiment en droit de se demander si pour lui, le ciel sera la limite…

Mais Maric n’est pas le seul serbe a déjà poussé dans le dos de la génération précédente. Un coup d’oeil au roster du BC FMP suffit pour comprendre le travail de fond effectué avec les jeunes dans le pays. Le petit frère de Belgrade, évoluant en Ligue Adriatique et EuroChallenge (bilan de 3-0 pour le moment) ne compte que des Serbes à l’exception du Macédonien Samardziski. Et le « plus vieux » (ou moins jeune, c’est selon) joueur du roster est justement Samardziski et ses… 23 ans. Le club, coaché par l’ancien mentor de Petrovic à Sibenik Vlado Djurovic, s’est orienté vers la formation au milieu des années 2000 quand le politicien Nebojsa Covic en pris les rênes. Et, le BC FMP a déjà sorti par le passé des Zoran Erceg, Dejan Milojevic, Bojan Popovic, Mile Ilic ou encore Milos Teodosic. Parmi les jeunes à suivre aujourd’hui, on retiendra en particulier Miroslav Raduljica, Nemanja Protic et Andreja Milutinovic. Tout cela en attendant Dejan Musli, l’un des plus grand espoir européen, déjà suivi par la NBA et MVP du dernier Nike International Tournament remporté l’an passé par le BC FMP.

Focus sur la toute nouvelle VTB United League

Après la Ligue Adriatique (NLB Liga) et la Ligue Baltique (SEB BBL), l’Europe a vu la naissance d’une troisième ligue transnationale en ce début de saison 2009-10. La VTB League a pris ses quartiers, rassemblant – pour le moment – 8 clubs issus de 5 pays:

  • Le CSKA Moscou, le BC Khimki et l’Unics Kazan – Russie,
  • Le BC Donetsk et l’Azovmash Mariupol – Ukraine,
  • Le Zalgiris Kaunas – Lituanie,
  • Le BC Kalev – Estonie,
  • Le VEF Riga – Lettonie.

Ces huit équipes sont divisées en deux poules composées de 4 équipes chacune: Khimki, Kazan, Donetsk et Riga composent la poule A tandis que le CSKA Moscou, l’Azovmash, le Zalgiris et le BC Kalev forment la poule B. Deux tours (aller et retour) sont au programme et les deux premiers de chaque poule se retrouveront fin janvier pour le Final 4 de la compétition. Cette formule improvisée apparait comme temporaire, le temps de mettre en place la compétition et de se faire connaitre. Après 4 journées, on note déjà quelques surprises. Les deux poules sont encore très disputées. Là où Kazan a déjà son billet pour le F4 (4 victoires, 0 défaite) grâce notamment à un très bon Marko Popovic (19.5 ppg), Khimki et Donetsk sont actuellement à égalité avec un bilan de 2-2. Et les deux équipes ont un programme presque similaire: Khimki se déplace à Riga et reçoit en dernière journée Kazan tandis que Donetsk se déplace à Kazan avant de recevoir Riga…

Dans la poule B, la situation est encore plus tendue, avec trois équipes à la lutte pour 2 spots pour le F4. Suite à sa victoire 67-63 face au CSKA (avec un gros duel entre Marcus Brown et Zoran Planinic, 26 points chacun), le Zalgiris et la Red Army se partage la première place avec 3 victoires pour 1 défaite. Juste en embuscade, on retrouve l’Azovmash Mariupol avec 2-2. Les Ukrainiens ont leur sort entre les mains, puisqu’ils iront pour ces deux dernières journées à Moscou et Kaunas. L’exploit semble difficile, et on semble s’acheminer vers un F4 explosif avec Kazan, Khimki, le Zalgiris et le CSKA…

C’est déjà sportivement intéressant. Mais les dirigeants de cette ligue voient plus loin. Ils comptent bien attirer 16 équipes issues des pays de l’est à l’horizon 2012 et développer un championnat en 30 journées. Mais les poins d’interrogation ne manquent pas sur les objectifs.

Tout d’abord, là où la Ligue Adriatique a vocation à recréer une sorte de « championnat yougoslave » (avec même un système de dispense pour la première phase du championnat national pour les participants), la Ligue Baltique de permettre aux clubs de ces petits pays d’affronter un challenge plus intéressant, la VTB League semble toujours s’interroger sur ses objectifs. Là où les dirigeants avancent la volonté de recréer un nouveau « championnat d’URSS ». Pourtant, l’Asseco Prokom Sopot (Gdynia depuis cette saison) a pris part à l’embryon de ligue initié l’an passé. Des clubs tchèques (CEZ Nymburk sans doute), bulgares (Levski Sofia et Lukoil Academic) et roumains sont annoncés. Certaines sources avancent que des invitations ont été lancées au Maccabi Tel-Aviv (vice-champion de la Ligue Adriatique en 2003) et au Panathinaikos.

Ensuite, on s’interrogera sur la cohabitation entre cette nouvelle VTB Ligue et la Ligue Baltique. Si les meilleurs équipes estoniennes, lettones et lituaniennes rejoignent la nouvelle ligue, la Ligue Baltique perdra une grande partie de son intérêt. Prenons un exemple: si cette nouvelle ligue atteint les 16 membres prévus et que le Zalgiris continuent à disputer 4 compétitions comme cette saison, les Lituaniens disputeront un minimum de 86 matchs, play-offs non compris (24 de championnat lituanien, 14 en Euroleague, 30 de VTB United League et 18 en Ligue Baltique). Un calendrier dantesque, intenable ou presque, qui obligera le club à quitter une compétition. Et la Ligue Baltique semble alors en premier ligne pour sauter… Et la même remarque vaut pour tous les clubs de la Baltique, Lietuvos Rytas, Ventspils, BC Kalev en tête.

A moins que l’objectif ne soit encore plus ambitieux que cela? A moins que la VTB United League n’aie comme objectif final de venir concurrencer l’Uleb en fondant une sorte d’Euroleague est-européenne rivale de l’Uleb majoritairement hispanico-méditerranéenne (le président de l’Uleb est Eduardo Portella et Jordi Bertolomeu est le boss de l’Euroleague…) ? En allant encore plus loin, ne peut-on imaginer des motifs politiques derrière la création de cette VTB League? L’un des objectifs soutenant de ces ligues transnationales reposent sur une volonté politique. La Ligue Baltique est un symbole de l’unité des trois petits pays baltes; la Ligue Adriatique a permis dès 2002 de restaurer une forme de dialogue dans une ex-Yougolsavie déchirée par 10 années de guerre. Ici, le principal sponsor, la banque russe VTB, est à 85% propriété de l’État russe. Cette initiative, intéressante sportivement, n’aura-t-elle comme motivation un retour de l’influence russe sur les anciennes pays du bloc de l’Est via le sport? Tout cela n’est que purement spéculatif, mais les questions soulevées par cette nouvelle venue sont franchement nombreuses.

Les programme des fêtes

En Europe non plus, fêtes de fin d’années ne riment pas non plus avec break pour les basketteurs. En plus des matchs prévus ce week-end et les 2 et 3 janvier, la Lige ACB, la Ligue Adriatique, la Pro A, la HEBA grecque, la Bundesliga et la TBL turc resteront actives durant ces deux semaines. Et le menu est appétissant, jugez-plutôt:

  • 23/12: BC FMP – Partizan Belgrade
  • 23/12: Zadar – Union Olimpija
  • 23/12: Aris – VAP Kolossos
  • 23/12: Olympiacos – Peristeri
  • 23/12: Turk Telekom – Fenerbahce
  • 23/12: Besiktas – Banvit
  • 26/12: Skyliners Frankfurt – Ludwigsburg
  • 26/12: Galatasaray – Turk Telekom
  • 27/12: Real Madrid – Regal Barcelona
  • 29/30: Estudiantes – Madrid – Real Madrid
  • 30/12: All-Star Game de Pro A
  • 30/12: Ludwigsburg – ALBA Berlin
  • 30/12: EWE Basket – Telekom Bonn