Avant le break de noël, on vous avait préparé un petit menu des bons petits matchs à suivre. Aujourd’hui, on revient et fait le bilan de ce Christmas break qui aura souri à certaines équipes (Ryats, le Galatasaray), pendant que d’autres ont quelque peu sombré (le Real et le Turk Telekom). Enfin, on reviendra en France avec le ASG et le duel au sommet entre Cholet et Le Mans.
Espagne: Le Real Madrid passe à deux doigts de la crise

Marko Jaric, le sauveur du Real?
Il y a un mois, le Real Madrid était toujours invaincu en Liga ACB et jouait les yeux dans les yeux avec le Barça. Depuis, les hommes d’Ettore Messina ont coulé à pic, subissant quatre défaites consécutives avant de se reprendre face à Fuenlabrada. Le premier revers a été concédé chez les néo-promu du Xacobeo Blu:Sens. Le Real faisait à Saint-Jacques de Compostelle un véritable non-match durant lequel seul Louis Bullock (27 points) semblait à son niveau. Les Madrilènes étaient défaits 78-68 après prolongation, concédant un terrible 15-5 lors des 5 minutes additionnelles. Une semaine plus tard, les Madrilènes avaient un gros morceau sur la table avec un difficile déplacement à Vitoria, au Caja Laboral. Mais une entame de match calamiteuse (24-16 après 10 minutes) et un 3ème quart-temps plus que pénible (27-16) ont tués les hommes de Messina, finalement défait 80-62.
Le chemin de croix n’est pas encore terminé… Dans ces conditions, le Classico du 27 décembre face au Barça est un quitte-ou-double pour le Real. A domicile au Palacia Vistalegre, les Madrilènes ont l’occasion de se relancer et de reprendre la tête avec les visiteurs du soir. Les 13.000 supporters attendaient des leurs une réaction d’orgueil. Ils auront eu leur naufrage. Une entame de match pitoyable, un 25-43 à la mi-temps, le match est plié, le Real est en crise. Le bourreau? Ricky Rubio, 24 points et 7 assists pour son premier Classico. Conséquence directe ou indirecte de cette mauvaise passe: Messina chamboule son roster. Axel Hervelle est définitivement écarté du groupe (il a été prêté Bilbao cette semaine), Marko Jaric est de retour en Europe après 447 matchs en NBA. Le retour ne sera pourtant pas gagnant. Le 29 décembre, face au petit frère de l’Estudiantes Madrid, le Real perd encore des plumes en s’inclinant 82-80. L’hémorragie sera finalement arrêtée le week-end passé. Emmené par le trident Jaric (14 points, 5 rebonds, 6 assists, 4 steals) – Prigioni (13 points, 7 assists) – Velickovic (18 points), le Real a surclassé Fuenlabrada 88-72.
Pour un contender avoué à une couronne européenne, cette série de 4 défaites consécutives fait tâche et soulève des questions. Comme explication, Ettore Messina pourra se retrancher derrière les blessures: Reyes et Van den Spiegel deviennent des habitués des infirmières du Real. Mais on peut aussi mettre en avant un autre argument. Il manquait en ce début de saison un vrai meneur d’homme au Real. Un mec pour jouer le relai du coach sur le terrain comme pouvait le faire Papaloukas ou Rigaudeau dans les précédents grand succès européen de Messina. Un mec capable sonner la charge quand les choses tournent mal. Un job que, malgré leur talent, Lavrinovic, Prigioni, Bullock ou Velickovic, ne savent pas remplir… Le recrutement de Marko Jaric s’inscrit sans doute dans ce cadre. Faire du Serbe le relais de Messina sur le terrain, capable de se transcender pour réveiller ses équipiers.
Turquie: Un Noël agité…
Pas de break de Noël en Turquie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fin 2009-début 2010 ont été agité au pays d’Ataturk. Énormément de mouvements ont été enregistrés.
A commencer du côté du Turk Telekom, dont le programme était particulièrement copieux. Deux déplacements à Banvit (bien dans le sub-top national) et au Galatasaray plus les réceptions du Fenerbahce et de Karsiyaka étaient au programme des hommes de Murat Oyzer. Costaud, mais a priori à portée du Turk Telekom… Sauf que ça s’est vraiment mal passé, se terminant avec une seule malheureuse victoire et un changement de coach. En chutant à Banvit, les signaux sont passés à l’orange. Les deux clubs étaient à égalité à la quatrième place de la Ligue derrière le trio Pilsen – Bahce – Besiktas. Turk Telekom devait donc s’imposer pour assurer la quatrième place, objectif minimum du club. Mais un 24-12 concédé dans les 10 dernières minutes sera fatal au Turk Telekom qui s’inclinera finalement de 3 points (76-73). C’est dans ces conditions que le Fenerbahce se présente à Ataturk, salle du club d’Ankara. Le match sera serré, mais le Turk Telekom chutera une nouvelle fois sur le fil, 68-70… Le club fera naufrage le 27 décembre en déplacement au Galatasaray, s’inclinant 87-71 et perdant l’ensemble des 4 quart-temps. De ce match, côté Turk Telekom, on ne retiendra que Demond Mallet, auteur de 20 points. Le reste du roster est passé à côté de ce match… 3 défaites consécutives, et le management dit « bye bye » au coach Murat Oyzer. Hasard ou coincidence, le club a remporté son dernier match face à Karsiyaka pour repasser au-dessus des .500 et remonter à la 6ème place du classement.
La dernière fois où l’on a évoqué le Galatasaray, le club était à la dérive. Depuis, le club a repris du poil de la bête en enchainant 5 victoires consécutives. Darussafaka, Antalya, Mersin, Turk Telekom et Besiktas ont tous été défait par les hommes de Cem Akdag, coach nouvellement appointé. Emmené par un quatuor Jasaitis – Washington – Wilkinson – Rancik (55 points par match au total pour le quatuor), le Galatasaray lutte toujours pour son maintien. Ils ont un bilan de 6-7. Mais la pénalité de 5 points subies font qu’ils sont toujours derniers, à 7 points (et donc 7 victoires) du dernier non-descendants. Il reste encore 17 matchs pour faire le retard et sauver un Galatasaray qui aurait, sans la « connerie » de présaison, sans joué le titre…
Ligue Baltique: le Lietuvos s’applique pour les fêtes

Martynas Gecevicius, l'un des moteur du Lietuvos Rytas
Du côté de la Baltic League, les fêtes de fin d’année ont permis au Lietuvos Rytas de jouer les matchs préalablement reportés. Au programme des champions en titre, quatre matchs en 7 jours. Un programme dense, malgré des adversaires assez légers sur le papier. Dans l’ordre, Rytas se déplaçait au Ventspils (Lettonie) le 22/12, au Liepajas Lauvas (Lituanie) le 23/12, au Tartu Rock (Estonie) le 28/12 et au BK Valmiera (Lettonie) le 29/12. Et dans le sillage d’un superbe Arturas Jomantas (11.2 ppg, 7.7 rpg et 5.5 apg sur les 4 matchs), les hommes de Kurtinaitis se sont montré appliqués pour rentrer un 4-0 et rester invaincus.
Ça aurait pourtant pu mal tourner… Face à Ventspils, les deux équipes étaient à égalité à 8 minutes du buzzer à 55 partout. C’est le moment choisi par les Lituaniens pour accélérer, serrer la défense, bloquer les rebonds, claquer un 8-27 et l’emporter facilement. Le deuxième match face au Liepajas Lauvas aura été plus simple à gérer. Un petit coup de gaz durant le deuxième quart-temps (28-12) et le match était déjà plié. Martynas Gecevicius en profite pour se signaler en terminant meilleur scoreur avec 14 points.
Pour le deuxième volet, le Lietuvos n’a pas fait dans la dentelle face au Tartu Rock. Martynas Gecevicius prenait les rênes de l’attaque en plantant 24 points à 100% (4/4 à 2 pts, 4/4 à 3 pts, 4/4 aux LF) et c’est un déluge de points qui s’abat sur les Estoniens dans les 15 dernières minutes. 15 minutes de jeu et un 20-38 de rentré, le match est conclu à 74-96, la 9ème victoire de rang en Ligue Baltique est dans la poche. Le dernier match de 2009 devait en principe être le plus simple. Sur le papier, Valmiera n’est que modeste 8ème du championnat. Mais après 3 matchs en 6 jours et un rallye joué la veille, la donne est différente. Les starters passent à côté de leur match (Jomantas et Gecevicius patine avec respectivement de 8 et 9 points, Bjellica quitte le match après 2 minutes de jeu), c’est du banc que viendra la solution. Steponas Babrauskas (18 points) et Dejan Borovnak (15 points) et Lukas Brazdauskis montent aux barricades, prennent leurs responsabilités et évitent l’énorme upset en claquant un 11-4 en entame du quatrième quart-temps et assurer la victoire.
Le Lietuvos termine donc l’année au sommet de la Baltic League avec un record de 10-0 et des moyennes offensives hallucinantes (101 points scorés par matchs à domicile, 86 à l’extérieur), se plaçant comme l’équipe à battre de la ligue.
France: Le All Star Game et le choc des Géants
Pour les fêtes, la Pro A avait préparé de bons petits plats. A commencer par le traditionnel All-Star Game, tenu cette année le 30 décembre. Dans un Palais Omnisports de Paris-Bercy rempli, le show à l’américaine a une nouvelle été assuré durant toute la soirée, et les résultats des différents événements ont été assez surprenants.
La grosse surprise du chef aura été le sacré d’un joueur de Pro B au concours de tir à 3 points. Le joueur de Boulazac Thomas Andrieux, 32 ans et ex-ASVEL, Roanne, Chalon et Reims, parvenait à arracher le titre au néo-international Edwin Jackson en finale. En demi-finale, les deux Bleus avaient écartés lors du premier tour les deux US Chamberlain Oguchi et Cedric Banks, tenant du titre. La finale en vidéo:
http://www.dailymotion.com/video/xbp6bnLe concours de dunk a offert un vrai show de high-flyer. En finale, Kevin « Golden Child » Kemp battait le tenant du titre Guy « Easy Jumper » Dupuis. Qui dit Slam Dunk Contest dit spectacle. Et qui dit spectacle dit vidéo obligatoire…
http://www.dailymotion.com/video/xboyj5Moins spectaculaire, Kareem Reid empochait le NikeID Challenge, concours de PG sur le modèle de ce qui se fait en NBA. En finale, le meneur de Vichy battait Thomas Heurtel 2 manches à 1 pour succéder à Tony Skinn.
Enfin, last but not least, le traditionnel Match des Etoiles mettait aux prises la crème de la Pro A, Français VS Étrangers. Et à défaut d’avoir eu un grand Slam Dunk Contest sauce NBA, un beau suspense a plané sur l’ensemble de la rencontre. Les Français avaient pourtant bien entamé la rencontre, comptant 12 points d’avance après les 10 minutes initiales (24-12). Les Etrangers revenaient toutefois dans le match sous l’impulsion conjuguée de Sean Marshall et Daniel Angel Vassalo. Ils passaient même pour la première fois du match devant à 55-54. C’est alors qu’Antoine Diot et Steed Tchicamboud mettaient un coup d’accélérateur et passaient un 12-4 en entrée de dernier quart-temps pour donner 10 points d’avance aux Français. Dewarrick Spencer claquait alors deux bombes longue distance pour ramener les siens à 2 points. Et c’est sur la ligne des LF que s’est terminé le match. Antoine Diot obtenait une faute à 0.8 secondes de la fin alors que les deux équipes étaient à égalité. Il rentrait le premier et ratait le second pour assurer la victoire finale des Français, pour la deuxième année consécutive.
Après Laurent Sciarra l’an passé, c’est Steed Tchicamboud qui décroche les honneurs du titre de MVP en signant une ligne de stats avec 18 points, 7 rebonds et 4 assists.
Après le fun du ASG, la Pro A a repris ses droits avec un duel au sommet entre Cholet et Le Mans. A La Meilleraie, les locaux choletais ont fait déjouer des Manceaux pourtant invaincus depuis 8 matchs. Dans un match très fermé et serré, les Choletais ont dominé la raquette. Une statistique symbolise cette domination: les aspirateurs à rebonds Randal Flaker (17 prises) et Kevin Serpahin (8 rebonds) ont pris à eux deux autant de rebonds que l’ensemble du collectif manceaux! Ce travail de sape inside, complété par le gros match de Samuel Meija (27 points) a pourtant failli ne pas suffire. La faute au tandem Dewarrick Spencer (21 points, 7 rebonds, 3 steals)-Antoine Diot (17 points, 3 steals), qui ont toujours permis au Mans de recoller à l’image du troisième quart-temps remporté 21-9… Mais avec Marc Salyers et Joao Paulo Batista dans un jour sans, Le Mans a tout simplement été court, contraint de s’incliner 68-66 et de laisser les adversaires les rejoindre au classement.
