L’Europe du basket – Preview EuroCup et EuroChallenge

L’Europe du basket – Preview EuroCup et EuroChallenge

En attendant le tirage au sort du Top 16 de l’Euroleague (lundi 18, 13h), on fait un petit tour du côté des deux petites coupes d’Europe, l’EuroCup et l’EuroChallenge. Les verdicts du premier tour sont là aussi tombés, et comme les groupes du Last 16 sont déjà connus, nous vous présentons une petite présentation des différents groupes. Attention, belle brique en perspective…

Preview du Last 16 de l’EuroCup

On vous proposait ce mercredi un retour sur la dernière journée du premier tour de l’EuroCup. Les poules du Last 16 étant déjà connues, nous vous proposons aujourd’hui une preview de ce Last 16. Les 16 équipes ont été réparties en 4 groupes de 4 équipes, et seuls les deux premiers de chaque groupe accéderont aux quarts de finale (le Final 8 turinois a été écarté cette année).

Groupe I
Alba Berlin / ALL / 5-1
Aris Salonique / GRE / 5-1
Le Mans / FRA / 3-3
DKV Joventut / ESP / 5-1

Ce groupe I a tout du groupe de la mort. Entre l’Alba Berlin, archi-dominateur en Allemagne, Le Mans, leader en Pro A et les valeurs sûres européennes que sont le Joventut et l’Aris Salonique, difficile de dégager deux favoris… D’autant que les équipes possèdent des styles de jeu radicalement opposés. L’Alba Berlin se repose sur une défense très solide, le recrutement du Slovène Golemac illustrant bien cette tendance. Offensivement, les Allemands se tourneront une nouvelle fois vers les combo-guards US Julius Jenkins et Immanuel McElroy pour assurer les scoring.

L’Aris se reposera de son côté sur sa réussite offensive. A l’image de Jeremy Richardson (14.7 ppg à 61% à 2 points et 53% à 3 pts) ou Michalis Kakiouzis (14 points à plus de 60%), les Grecs ne laissent que très peu de déchets dans leur jeu offensif. Juan Dixon était le parfait complément de ces deux lascars. Mais on s’interrogera sur la manière dont son départ pour Malaga et son remplacement par Ivan Paunic influera sur leur jeu. Attaque efficace mais aussi défense solide, avec notamment des Kakiouzis, Drew Betts ou les anciens du Pao, Dikoudis et surtout Hatzivrettas. Autre élément perturbateur à gérer côté grec, le départ tout récent du coach Fotsis Katsikaris…

Dans un Joventut en reconstruction suite aux départs de Rudy, de Ricky et de Jagla, le collectif fait maintenant la force. L’excellent PG letton Kristaps Valters a pris les rênes du club, claquant en moyenne 6 points et 6 assists par match. Seuls deux joueurs tournent en moyenne à plus de 10 ppg, Clay Tucker (14 points, mais les % sont ignobles) et l’ancien Manceau Luka Bogdanovic (11.8 ppg). Ce trio est efficacement complété par des role-players tels Antonio Bueno, Edu Hernandez-Sonseca, Alain Koffi ou Uros Tripkovic. Et qui dit Joventut dit prospect… On citera donc Henk Norel, Pere Tomas, Christian Eyenga et David Jelinek comme noms à retenir pour le futur.

Enfin, Le Mans devra compter sur son trio Salyers-Spencer-Batista pour espérer décrocher un pass pour les quarts de finale. La mission n’est pas impossible, mais la lutte s’annonce très serrée entre quatre équipes très proches sur le papier.

Groupe J
Valencia BC / ESP / 5-1
Unics Kazan / RUS / 5-1
Galatasaray / TUR / 3-3
Hapoel Jérusalem / ISR / 3-3

3 participants du Final 8 2009 et l’Hapoel Jérusalem, vainqueur de l’Uleb Cup 2004: rien à dire, ce groupe est aussi très costaud.

Valence fait quand même figure d’épouvantail dans ce groupe. Solidement ancré derrière le trio infernal espagnol (FCB, Real, TAU), les hommes de Neven Spahija semble bien armé pour rentrer dans la catégorie « favori à la victoire finale ». Avec 68 points concédés par match, les Valencians s’appuient sur une défense de fer. Par contre, offensivement, c’est un peu plus pénible. Avec seulement 70 points par match (dont une ignoble défaite 80-44 face au Mans), Valence est la plus mauvaise attaque des qualifiés pour ce Last 16. En fait, seuls Ventspils et Charleroi (0-6 pour les deux clubs) ont fait pire que les Ibères dans le domaine. Le potentiel offesnif est pourtant présent, avec 4 joueurs en double-figure sur le premier tour. Nando De Colo (12.8 ppg, 1.5 steal par match), Victor Claver (11.5 ppg, 5.7 rpg), Sergey Lishchuk (10.6 ppg) et Kosta Perovic (10 ppg, 1.5 block par match) se sont imposés comme les leaders offensifs de ce premier tour. Mais Spahja a de la ressource sur le banc. Entre la révélation ACB Rafa Martinez (13 ppg en ACB, seulement 9 en EuroCup), le centre Matt Nielsen (9 ppg, 4.6 rpg) ou Thomas Kelati (très bon à Mons, Turow et Malaga mais transparent cette saison), les hommes de Spahija en ont encore sous le pied. D’autant qu’il sera difficile de descendre plus bas offensivement, à l’image de l’horrible 38/143 rentré à 3 points, soit 26% lors du premier tour…

Autre gros contender pour la victoire finale, l’Unics Kazan. Le troisième club russe est désormais un habitué des tours finaux des compétitions européennes. Depuis l’an 2000, le club a toujours au moins atteint les 1/4 de finale, à l’exception des 8ème de finale de l’Uleb Cup 2006. 2 demi-finales (Saporta 2001 et Uleb 2008) et une FIBA Europe League en 2004 sont même venus s’ajouter au palmarès de cette valeur sûre du basket. La version 2010 de l’Unics Kazan repose sur un trio croata-US diabolique, sans doute un des plus redoutés de cet EuroCup. L’arrière Marko Popovic (20 ppg à 53% à 2 pts et 45% à 3 pts, 4.7 apg), l’intérieur Kresimir Loncar (15 ppg à 58%, 6.5 rpg) et le PG Terrell Lyday (14 ppg à 55% à 2 pts et 44% à 3 pts, 2.4 spg) ont fait la loi lors du premier tour… L’avenir de l’Unics repose sur ces trois hommes, qui devront encore faire de gros dégâts dans les défenses adverses.

Le Galatasaray lui monte en puissance. Suite aux problèmes administratifs connus par le club, l’entame de l’EuroCup a été pénible. Mais poussé par un quatuor infernal composé du guard Darius Washington (19.3 ppg, 4 rpg, 4.5 apg, 2 spg), du forward Simas Jasaitis (16.8 ppg, 7.5 rpg, 2.5 spg) et des intérieurs Mike Wilkinson (17 ppg, 6.5 rpg) et Radoslav Rancik (20 ppg) scorant 80% des points de l’équipe, le Galatasaray s’est repris pour terminer avec un bilan de 3-3 sur le premier tour, battant Teramo lors de la dernière journée pour aller se qualifier et rejoindre le Last 16…

A côté de ce trio infernal, l’Hapoel Jérusalem va simplement tenter d’exister. Mais Pooh Jeter (17 ppg), Dijon Thompson (12.8 ppg) et leurs coéquipiers ne devront, sans surprise, que servir de sparring partner pour les 3 concurrents…

Groupe K
Bilbao Basket / ESP / 6-0
Panellinios / GRE / 4-2
Benetton Trévise / ITA / 3-3
Brose Basket / ALL / 4-2

Seul invaincu du premier tour, Bilbao apparaît comme le favori légitime de ce groupe (malgré leur avant-dernière place en Liga ACB). Les Basques comptent de nombreux atouts dans leur jeu, à commencer par un collectif très dense, presque sans faille. Jugez plutôt par vous-même: à la mène, on retrouve l’organisateur Javi Salgado (5 shots tentés en 85 minutes sur le parquet…) et Janis Blums comme backup, Renaldas Seibutis comme SG, des ailes pléthoriques avec Mumbru, Hervelle, les US Conley et Warren, et les croates Markota et Banic et inside le seul Salva Guardia, bien épaulé toutefois par des ailiers très athlétiques. Vous l’aurez compris, à Bilbao, le danger peut venir de partout, tout le temps.

La présence du Panellinios est un peu la surprise de ce Last 16. Confronté à Gran Canaria, à Nancy et à Turow, on ne donnait pas cher de la peau des Grecs. Mais derrière Devin Smith (14 ppg), les petits Grecs ont réussi de jolies choses. A l’image de Kostas Charalampidis, pourtant scoring-machine reconnue en Grèce (5 saisons en D1 grecque à plus de 14 ppg en début de décennie), mais qui ne se révèle à l’échelon européen que cette saison, à 33 ans (13.2 ppg). Ou encore de Roderick Blakney, que l’on a vu en 2007-08 sous les couleurs de l’Olympiacos et qui revient sur le devant de la scène pour le moment, claquant 10.8 ppg et piquant 2.3 ballons par match. Ou encore le joker Joshua Davis, transparent lors des 5 premiers matchs mais bourreau du SLUC avec ses 28 points et ses 5 rebonds. Sans grand nom, le Panellinios a su se frayer un chemin jusqu’à ce Last 16. Et ce n’est peut être pas un hasard…

Recalé par Orléans en tour de qualification de l’Euroleague, le Benetton Trévise est toujours en course. Poussé par le quatuor Neal (20.8 ppg, 5.5 rpg, 2.5 apg et 2.5 apg) – Wallace (11.5 ppg, 7.7 rpg) – Kus (10 ppg) – Nicevic (13.3 ppg, 4 rpg), les Italiens se sont sortis difficilement d’un redoutable groupe comprenant le Dynamo Moscou, l’Etoile Rouge et Cholet. Ils viennent également de mettre la main sur deux nouveaux venus: Kelvin Rivers, sorti de Clemson en 2009 et l’intérieur Tyrone Grant.

Dernière équipe de ce groupe K, le Brose Basket est de retour sur le devant de la scène internationale. A la recherche d’un second souffle, l’ancien porte-drapeau du basket allemand est à la recherche d’un second souffle. Mené par l’expérimenté arrière Peja Suput (33 ans, 15 ppg, 3.3 rpg, 3.2 apg), les Allemands ont réalisé un bon premier tour, terminant invaincu à domicile et ne s’inclinant qu’à Nymburk et Biella. Outre Suput, on gardera un oeil sur le jeune centre Allemand Tibor Pleiss (20 ans) qui, avec ses 10.2 ppg et 5.2 rpg, s’impose comme la révélation allemande de la saison…

Groupe L
Etoile Rouge / SER / 5-1
CEZ Nymburk / CZE / 4-2
Turk Telekom / TUR / 3-3
Gran Canaria / ESP / 4-2

Le dernier groupe de ce Last 16 est sans doute le plus ouvert des 4. Avec comme figure de favori l’Etoile Rouge de Belgrade, de retour avec une politique axée sur les talents locaux. Avec comme leader le revenant et très propre guard Vuk Radivojevic (7.7 ppg mais à 75% à 2 pts et 43% à 3 pts, 3.7 rpg, 3.8 apg, 1.5 spg), les hommes de Trifunovic ont réussi un parcours presque parfait lors du premier tour, ne chutant qu’à Cholet mais écartant le Dynamo Moscou et le Benetton Trévise. Qui dit basket serbe dit force collective et talents locaux… Le jeune et frêle C bosniaque Elmedin Kikanovic alimente le scoring (21 ans, 13.3 ppg), bien soutenu par les deux physiques forwards Tadija Dragicevic (23 ans, 13.8 ppg) et Marko Keselj (21 ans, 10.4 ppg). On rajoute Nemanja Bjelica pour faire le dirty job inside (6.7 rpg) et le feu-follet Mike Taylor (24 points, 4 rebonds, 5 steals lors de la dernière journée) et l’Etoile Rouge est de retour sur le devant de la scène basket.

Le CEZ Nymburk est la surprise de chef. Sans vrai tête d’affiche, les Tchèques ont réussi à sortir premier de leur poule lors du premier tour. Un bilan de 4-2 qui, à défaut de faire d’eux des favoris, en fait une équipe dont il faut se méfier. Pourtant, à l’exception du coach Muli Katzurin (à la tête des Polonais cet été), pas de gros noms ne sont à signaler… Les Français se souviendront peut être de Lee Arthur (12.8 ppg cette saison) et Phil Ricci (10.2 ppg), les Belges retrouveront Ian Hanavan (6.3 ppg), Ron Lewis (12.2 ppg) et Mike Lenzly (5.2 ppg). Petr Benda, 10.2 ppg et 4 rpg, ne dira pas grand chose à la plupart d’entre nous… La magie du basket façon Katzurin: faire d’anonyme une force collective, capable de peut-être créer la surprise.

Le Turk Telekom est d’une certaine manière un anti-Nymburk: une belle collection de stars, mais une alchimie difficile à établir. Le potentiel est pourtant très présent, entre valeurs sûres du basket turc de la dernière décennie (Serkan Erdogan et Huseyin Besok, voire Bekir Yarangume) et quelques mercenaires US de bonne facture (Demond Mallet, Lawayne Wilson et Andre Owens). A cela on rajoute des anciens de la maison tel Erwin Dudley (présent depuis 2005), Kris Lang (depuis 2007) ou Tutku Acik (depuis 2004) et on obtient un joli tableau. Sauf que… Erdogan et Besok sont sur le déclin depuis quelques années… Sauf que Mallet et Yarangume sont deux spécialistes capable du meilleur (24 pts face aux Spirou pour Mallet) comme du pire (3 pts face à Bilbao à 1/6)… Sauf que Owens ne fait pas grand chose pour le moment… Du coup, l’équipe est portée Wilson (19.4 ppg) et Dudley (10.5 ppg, 7.2 rpg)

Dernière équipe de ce groupe L, Gran Canaria. Dans les Canaries, une page s’est tournée lors de l’été 2009. Quatre piliers de l’équipe étaient partis vers des grands clubs européens: Moncasi est retourné au Barça suite à son prêt, Carl English a rejoint le Caja Laboral tandis que Joel Freeland était en touche avec l’Unicaja Malaga et que Mario Fernandez filait au Joventut. Un véritable exil de 4 starters, 4 incontournables de l’équipe insulaire. Du coup, cette année est celle de la reconstruction autour de la raquette Will McDonald (12.5 ppg, 5.2 rpg) – James Augustine (10.8 ppg, 8.7 rpg). Une raquette qui compte aussi sur le soutien de Jaycee Carroll (12.7 ppg). A défaut de véritable génie offensif, cette équipe a su se forger une carapace défensive qui les a conduits à un brillant 4-2 lors du premier tour. A confirmer donc…

Le constat d’échec de la Fiba…

L’EuroChallenge a aussi rendu ses verdicts cette semaine. Voila donc les quatre groupes dans lesquels ont été répartis les 16 équipes restantes, dont deux équipes sortiront pour rejoindre les quarts de finale (entre parenthèses, le classement actuel de ces équipes dans leur championnat respectif).

Groupe I
BC Goettingen (ALL, 6ème du championnat)
EiffelTower Den Bosch (P-B, 4ème du championnat)
Krasne Krylia (RUS, 7ème du championnat)
Proteas EKA AEL (CHY, 3eme du championnat)

Groupe J
Belgacom Liège (BEL, 1er du championnat)
BC FMP Belgrade (SER , 13ème en Ligue Adriatique)
Artland Dragons (ALL, 8ème du championnat)
KK Zagreb (CRO, 7ème en Ligue Adriatique)

Groupe K
KK Buducnost (MON, 6ème en Ligue Adriatique)
Apoel Nicosie (CHY, 1er du championnat)
Scavolini Pesaro (ITA, 14ème du championnat)
Elan Chalon (FRA, 15ème du championnat)

Groupe L
Enisey Krasnoyarsk (RUS, 8ème du championnat)
Banvit (TUR, 4ème du championnat)
Antwerp Giants (BEL, 4ème du championnat)
Chorale de Roanne (FRA, 6ème du championnat)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’affiche n’est pas particulièrement sexy. On trouvera bien de l’intérêt à suivre les perfs du grand espoir croate Ante Tomic (21 ans, 17.5 ppg, 8.2 rpg). On gardera un oeil sur les perfs des clubs francophones, tant Roanne que Chalon, Liège et Anvers. Le BC FMP vaut lui aussi le coup d’oeil, tant sa politique de formation est efficace, avec de nombreux gros prospects dans le roster actuellement. Mais pour le reste, l’intérêt de cet EuroChallenge est très faible.

Pourtant, on pouvait imaginer du changements, lorsque Fiba et Uleb se sont mis d’accord pour des tours de qualification communs entre EuroCup et EuroChallenge – avec vainqueurs qualifiés pour l’EuroCup et vaincus en Challenge. Mais voila, en optant pour un système de rencontres en aller-retour avec point average, les chances d’avoir une surprise sont minimes. Parmi les gros noms en danger, on retiendra Valence, qui a eu besoin d’une prolongation pour battre les Belges de Mons-Hainaut ou encore les Italiens de Teramo, qualifiés d’un point au détriment des Chypriotes de l’APOEL. Mais le système est un échec global, avec un niveau de compétition qui n’a pas été globalement relevé.

On retrouve bien quelques jolies équipes, comme les ex-Yougos de Buducnost, de Zagreb voire du BC FMP. La Chorale de Roanne et les Artland Dragons sont des clubs qui se sont faits leur place en Europe ces dernières saisons. Mais cela n’est pas suffisant pour mettre en péril le monopole de l’Uleb sur les compétitions européennes… Il ne manque plus que la FIBA organise le Final 4 EuroChallenge à Krasnoyarsk, en pleine Sibérie russe, à quelques centaines de kilomètres de la frontière mongole. Ce ne serait là qu’une nouvelle balle que le pouvoir organisateur se tirerait dans le pied…

On en viendrait presque à se poser une question sur l’avenir du basket européen: et si la FIBA se retirait des compétitions de club et laissait l’Uleb tout gérer tout seul pour se concentrer sur ce qu’ils font le mieux: les compétitions internationales et le basket féminin? Là, la FIBA peut faire son boulot de promotion du basket sans être gêné et est efficace. Ce qui est loin d’être le cas de l’EuroChallenge.

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