Ce week-end, Göttingen sera le théâtre du Final Four de l’EuroChallenge. Les participants ne font pas forcément rêver, entre les italiens de Pesaro, les russes de Samara et le club local, Göttingen. Cependant, comme l’an passé, un club français participera à la fête et on souhaite à Roanne un peu plus de réussite que Cholet, qui s’était incliné face à Bologne en finale l’année dernière. Ce numéro de l’Europe du Basket est donc dédié à Roanne, qui a de vraies chances de remporter le titre.
Le parcours.
Les participants de l’EuroChallenge sont rarement de gros clubs et les oppositions font rarement fantasmer les foules. Pour relever le niveau, un tour qualificatif avait été mis en place. Le vainqueur allait en EuroCup, le vaincu filait en EuroChallenge. Roanne est passé par ce tour et affrontait l’Hapoel Jerusalem, futur quart de finaliste de l’EuroCup. Vous l’aurez compris, les roannais se sont inclinés, malgré une victoire à l’aller (83-81, 26pts de David Noel). A Jerusalem, la Chorale fut battue 88-79, malgré un excellent Uche Nsonwu (21pts-4rbs).
Le club de la Loire se retrouve alors dans une poule avec des chypriotes (Keravnos Nicosie), des ukrainiens (BC Kiev) et des croates (KK Zagreb). Ces derniers faisaient figure d’ogre dans cette poule, puisqu’Ante Tomic était encore au club. La campagne a débuté par une victoire à Nicosie (77-89, 20pts de Ralph Mims), devant une centaine de spectateurs. Jean-Denys Choulet découvrait alors ce qui allait devenir son pain quotidien dans cette compétition.
Jean Denys Choulet : C’est étrange de jouer dans une salle vide. Nous avons l’habitude de jouer devant 3000, 3500 personnes chez nous. Je n’ai rien de plus à dire. Ce n’était pas du basket et je n’ai rien à dire sur le coach ou les joueurs de Keravnos.

David Noel, dominateur à Kiev
Roanne va ensuite prendre le meilleur sur Kiev (73-70, 21pts de Noel) et Zagreb (95-66, 19pts de Brower) devant, environ, 3200 personnes à chaque fois à La Halle André Vacheresse. Particularité du calendrier, Roanne a joué un troisième match de suite à domicile contre Nicosie et va assurer sa qualification (96-74, 14pts-9pds de Mouloukou Diabate). Malgré la qualif, Coach Choulet a regretté une première mi-temps totalement raté.
Jean Denys Choulet : Nous n’avons pas joué durant 20 minutes. Nous avons commencé à jouer au 3e quart-temps, avec le banc. Nous avions gagné facilement à Chypres, donc tout le monde pensait que ce serait facile aussi ici. Je l’ai dit aux joueurs que ce ne serait pas si facile, mais c’est dur de leur faire comprendre.
Le premier tour s’est terminé par une cinquième victoire de suite, à Kiev (devant 500 personnes…) et une défaite à Zagreb (à nouveau devant 500 personnes). Il se profile alors un second tour avec les russes de Krasnoyarsk, les surprenants turcs de Banvit, qui a fini 3e de TBL, et les belges d’Anvers.
Ce tour a débuté en Russie par une défaite (75-70). Uche Nsonwu (23pts-16rbs-3stls) fut énorme et élu joueur de la semaine, mais trop de blessures (Noel, Page…) ont empêché les roannais de réellement défendre leurs chances face aux partenaires de Kaspars Kambala (12pts-11rbs). Mais la Chorale va se reprendre dès le match suivant face à Banvit (76-53, 21pts-8rbs de Noel), une victoire qui a soulagé ce groupe.
David Noel : Tout le monde avait le sourire ce soir, et c’est ce dont nous avions besoin, prendre du plaisir, jouer au basket, jouer comme nous savons le faire. Nous devons défendre aussi bien à l’extérieur que ce soir. Nous sommes bons à domicile, nous devons le devenir à l’extérieur. C’est une victoire importante pour nous.

Uche Nsonwu, double joueur de la semaine
Message appliqué dès le match suivant, Roanne est allé gagné à Anvers (70-89, 22pts-8rbs de Nsonwu) avec un groupe enfin au complet. Dylan Page (16pts), blessé de longue date, a notamment fait beaucoup de bien. La Chorale va alors signer une nouvelle victoire sur Krasnoyarsk (103-87, 17pts-12rbs de Nsonwu, récompensé une seconde fois comme joueur de la semaine) et doit gagner un match sur deux pour aller en quart de finale. Ce ne fut pas le cas en Turquie, Banvit s’impose 95-83, malgré 19 points de Mims, mais la victoire de Krasnoyarsk contre Anvers permet à Roanne de valider son billet. Dans le dernier match, sans enjeu, Uche Nsonwu (22pts-6rbs) sort encore un gros match et a guidé son équipe au succès contre Anvers (68-66).
Jean Denys Choulet : Avec cette victoire, nous terminons en tête du groupe. C’est important. Nous sommes la seule équipe française encore présente dans le tournoi. Nous n’étions pas bons en attaque, nous étions misérables en fait, sans rythme. Nous savions que nous étions qualifiés et ce n’est jamais facile de jouer quand tu sais ça.
En quart de finale, Roanne a droit à un nouvel affrontement avec un club chypriote, l’Apoel Nicosie, qui avait notamment éliminé Strasbourg au premier tour et Chalon au second ! Jamais deux sans trois ? Surtout qu’il y a quelques joueurs connus ou réputés dans ce club, le franco-centrafricain Mickael Mokongo, le pivot US Rick Hughes, vu à Strasbourg et Hyeres-Toulon, l’arrière US Brandon Heath, passé à Orléans, ou encore le pivot slovène Aleks Radojevic (2.20m) passé par les Raptors, les Nuggets et le Jazz.
Ralph Mims (19pts-7pds-3rbs) a mené Roanne au succès lors du premier match (89-67), dominé de bout en bout par les hommes de Jean-Denys Choulet. Au retour, dans une nouvelle ambiance de mort (150 personnes…) Roanne va tirer son épingle du jeu (78-84) dans le sillage de Mims (25pts), Noel (17pts) et Page (16pts).
Jean Denys Choulet : C’était très difficile ce soir. Nous avons réalisé un grand match. Nous savions que ce serait difficile. Mais nous l’avons fait et maintenant, nous allons au Final Four.
La forme du moment.
Depuis cette qualification acquise fin mars, de l’eau a forcément coulé sous les ponts. Sportivement, les roannais ont gagné quatre matchs sur cinq. Pour une courte défaite à Poitiers (89-88), ils ont mis deux valises à Gravelines (101-73) et Rouen (113-82), et ont dominé Nancy (87-79) et Paris-Levallois (82-100).
Par contre, Roanne a perdu deux joueurs sur blessure. Ralph Mims (doigt cassé) et Marc-Antoine Pellin (ménisque, out jusqu’en fin de saison). Pour compenser en championnat, Mamoutou Diarra a été recruté. Mais il ne sera pas qualifié pour la coupe d’Europe. Ces pertes sont évidemment importantes, Pellin est le meneur historique de la franchise, depuis 2004, et Mims fut le MVP du mois de mars.
D’autres joueurs en ont profité pour se révéler, comme Dylan Page, digne successeur de Mike Bauer et Marc Salyers à son arrivée mais blessé jusqu’en février. Ce poste 4 polyvalent en attaque, capable de scorer de près comme de loin, est nominé pour le titre de meilleur joueur du mois d’avril.
Ce week-end, Roanne a détruit Rouen, le match était fini après 10 minutes. Physiquement, Choulet n’a pas eu à tirer sur la corde pour préparer au mieux ce Final Four.
Nick Lewis : Le Final Four sera difficile puisque nous allons jouer l’équipe locale, Gottingen. Mais en ce moment, nous jouons bien et nous réalisons de bons matchs à l’extérieur donc pourquoi pas ?
Sur leur chemin, les roannais retrouveront donc les allemands de Gottingen, qui avaient croisé le fer avec Gravelines au premier tour. Ils sont troisièmes du championnat allemand et menés par le meneur US Taylor Rochestie (13.9ppg-2.9rpg-2.4apg). Contre le FMP Belgrade en quart de finale, il a signé 24 et 25 points ! Un défi intéressant mais pas insurmontable pour la Chorale.
Pour info, ces matchs peuvent être suivis gratuitement sur FIBA TV. La demi-finale se jouera demain soir et les finales dimanche.


Comme toujours, difficile de pronostiquer le vainqueur de cette compétition… Les 4 clubs en lice se tiennent de près. Je pense que Gottingen devra être en mesure d’être sacré à domicile, mais Pesaro et Roanne sont de sérieux concurrents. Quant à Krasnoyarsk, ils sont sur le papier inférieurs, mais c’est russe et donc dangereux…
Mais le principal reproche que l’on peut faire à cette EuroChallenge, c’est l’absence d’Européens dans les rosters. Quand on regarde les rosters des finalistes, les principaux joueurs sont uniquement extra-Européens. C’est le cas, mais c’est encore bien plus marqué chez les Russes et encore plus chez les Allemands…
Par contre, le tour préliminaire EuroCup-Challenge a failli réserver une énorme surprise: Valence, futur vainqueur de l’EuroCup, a eu besoin d’une prolongation pour se sortir du tour préliminaire face à Mons-Hainaut. Un club qui s’est sortir dès le premier tour de l’EuroChallenge. Preuve que le niveau de la plus petite des compétitions européennes n’est pas si faible que ça…
Dommage pour la Chorale. Mais marquer seulement un point dans les six dernières minutes ca se paye cash.
Sinon, jouer à domicile un final four est quand même un avantage quand on voit que sur les 6 final four de l’eurochallenge, trois fois le club organisateur a gagné.
Même constat…
Pourtant à +6 à 6 minutes de la fin, je me disais que c’était gagné pour Roanne. De mémoire, en 4 minutes, ils scorent 15 ou 16 points et derrière plus rien. C’est proprement hallucinant.
Göttingen – Samara en finale… Je pense faire l’impasse
Pour info, Gottingen s’est impose 83-75 en finale apres un 4eme quart-temps de folie remporte 30-26 par les visiteurs. Mene de 14 points a l’issue des 10 derniers minutes, le Krasne est revenu a 3 points a 1 minute de buzzer. Avant de lacher de nouveau et de laisser Gottingen finalemt l’emporter.
Et dans le match pour la 3eme place, c’est la Chorale qui s’est impose. Emmene par 5 joueurs en double-figure (Page, 20 points; Lewis, 16 points et 6 rebonds; Diabate, 15 points et 8 assists; Noel avec 13 points et 8 rebonds et enfin Amagou avec 10 points et 6 assists), les Roannais ont bien maitrise des Italiens ou seuls Michael Hicks (27 points) et Marques Green (ancien Roannais, auteur ce soir de 9 pts, 6 rebonds et 5 assists) ont brille. Une belle 3eme place pour les Tricolores, mais une troisieme place qui a un petit gout de trop peu…