[Detroit Pistons - 1/4] 40 ans de galère

Cette semaine, PassionBasket vous propose de découvrir l’histoire des Detroit Pistons en 4 volets. De 1941 et la création de la franchise par Fred Zollner à 2010, nous passerons en revue les 70 ans d’histoire de la franchise. Une histoire marquée par des aller-retours entre les sommets et les bas-fonds, ponctuées par la présence de quelques uns des joueurs marquants de la NBA. Premier épisode ce lundi: la période allant de 1941 à la fin de années 70.

Entre Fort Wayne et Detroit…

La franchise est fondée en 1941 par le constructeur américain de pistons automobiles Fred Zollner, désireux de créer sa propre équipe de basket. Il implante son équipe dans sa ville de Fort Wayne, entre Indianapolis et Detroit, une ville en pleine croissance industrielle. Les Fort Wayne Zollner Pistons évoluait dans le North Side High School Gym de la ville. elle rejoignait les Akron Goodyear Wingfoots, les Chicago Bruins, les Indianapolis Kautskys, les Oshkosh All-Stars, les Sheboygans Redskins et les Toledo Jim White Chevrolet et devenait la septième équipe de NBL, une ligue de basket entre équipes du Mid-West.

Bobby McDermott, première star de l'histoire des Pistons

L’équipe ne tarde pas à devenir performante : ils atteignent les finales des playoffs dès leur première saison mais échouent face aux Oshkosh All-Stars 2 manches à 1. De 1943 à 1946, les Pistons possèdent chaque année le meilleur ratio de la ligue et décrochent 2 titres consécutifs en 1944 et 1945. Les deux dernières saisons de l’équipe en NBL sont de bonne facture, mais les Pistons s’effondrent par deux fois en playoffs.
La star de l’équipe est alors Bobby McDermott, la première star du basket américain capable de déplacer les foules. Il est également l’entraîneur de l’équipe. Son palmarès en dit long sur l’impact qu’il a pu avoir sur le basket: quatre fois MVP entre 1943 et 1946 et double Coach of the Year en 1944 et 1945.

Au début de la saison 1949-50, les deux ligues concurrentes – BAA (Basketball Association of America) et NBL (National Basketball League) – de basket fusionnent pour ne former qu’une : la NBA. Les Pistons se retrouvent versés dans la Central Division, la plus relevée de la ligue, accompagnés notamment des Minneapolis Lakers et des Rochester Royals. Durant les quatre premières saisons de la NBA, l’équipe se retrouve chaque année en playoffs mais baissent systématiquement rapidement pavillon.

Les Pistons atteignent les Finals en 1955. Ils retrouvent les Syracuse Nationals. Le duel est ultra-serré. Le septième et dernier match de la série sera un sommet de suspense et de rebondissements. Les Pistons dominent la première mi-temps, l’écart atteignant même les 17 points durant le deuxième quart-temps. Mais les Nats de Syracuse n’ont pas dit leur dernier mot et parviennent à revenir dans le match en seconde mi-temps. A ce moment, personne ne se doute que le premier tournant de l’histoire des Pistons est en train de se passer… Ils perdent le Game 7 des Finals 92-91, le bourreau des Pistons est George King, donnant dans les toutes dernières secondes l’avantage à Syracuse et interceptant la remise en jeu des Pistons qui aurait pu conduire le Pistons au titre…
La saison suivante, tout le monde placent les Pistons parmi les favoris de la saison mais ils tombent une nouvelle fois en Finals, cette fois face aux Philadelphia Warriors… Cette nouvelle finale perdue signe par la même occasion le début de la fin de la première époque de gloire de l’histoire du club et la disparition de l’équipe des sommets de la hiérarchie. Ils atteignent de nouveau les Finals la saison suivante, la dernière avant plus de 30 ans.

En 1957, les Fort Wayne Pistons migrent vers la ville de Detroit. Ce déménagement rime avec le début d’une période rocambolesque et négative pour les Pistons. Entre 1957 et 1961, les Pistons voyagent entre trois salles : l’Olympia Stadium, l’University of Detroit et la Grosse Pointe High School gym pour les matchs de playoffs. La ville de Detroit a du patienter durant douze longues années (et neuf coaches !) avant que l’équipe n’atteigne la barre des .500. Pourtant, les joueurs passant par Motown ne manquaient pas de talent. On retiendra George Yardley, qui, durant la saison 1957-58, atteignait 27.6 points de moyenne par match (ce record tiendra plus de 40 ans et ne sera battu que par Jerry Stackhouse en 2000-01) ou encore Billy Howell qui capta, en une mi-temps, 21 rebonds contre les LA Lakers le 25 novembre 1960.

La Cobo Arena, au bord du Fleming Channel.

Au début de la saison 1961-62, les Pistons de Detroit se fixent enfin dans une salle : la Cobo Arena, permettant à 12 191 personnes d’assister aux matchs des Pistons. Ils resteront dans cette salle durant 17 ans, entre 1961 et 1978. Lors de cette première saison à la Cobo Arena, les Pistons établissaient le 5 janvier 61 un record national en rentrant 48 lancers-francs en un match, lors de la victoire 138-135 face aux Nationals de Syracuse.
Lors de la Draft 62, les Pistons sélectionnent un futur mythe de la NBA: Dave DeBusschere. Il reste six ans dans le Michigan avant de rejoindre le club de la Big Apple où il écrira quelques unes des plus belles pages de l’histoire des Knicks. Durant son passage à Detroit, DeBusschere dominera le rebond dans la Motor City. Il sera également trois fois All Star. Une des pages les plus originale de l’histoire des Pistons a également été écrite par Big D: son interlude en tant que joueur-entraineur durant la saison 1964-65. A 24 ans, il est devenu le plus jeune coach de l’histoire de la NBA.

Dave Bing débarque dans le Michigan

Les Pistons accueillent en 1966, un nouveau futur Hall of Famer en la personne de Dave Bing. Cet arrière de 1,90m a reçu le titre de Rookie of the year lors de la saison 1966-67. Il est toujours actuellement le seul Pistons à avoir reçu cette distinction (avec Grant Hill vice-rookie de l’année 1995 avec Jason Kidd).
La saison suivante, l’équipe change de conférence en passant de la Western Conference dans laquelle ils ont toujours évolué à l’Eastern Conference dans laquelle ils évoluent encore aujourd’hui. Ils établissent également durant cette saison le record de franchise de la plus haute moyenne de points marqués en inscrivant 118,6 points par match. L’équipe était conduite par Dave Bing, meilleur marqueur de la ligue avec une moyenne de 27.1 points par match. Mais malgré les performances de Bing, les Pistons restaient très très loin des sommets de la hiérarchie NBA.

Bob Lanier, un des mythiques pivots de la NBA des 70's

L’élément qui manquait alors aux Pistons était un intérieur de poids pour renforcer la raquette. Ce joueur providentiel fut sélectionné en tant que premier pick lors de la draft 1970 : Bob Lanier, Centre de 2,08m issu de St. Bonaventure, Bob Lanier. Il rejoignait Dave Bing pour former un duo combinant un des meilleurs intérieurs et un des meilleurs guards de la Grande Ligue. Les résultats ne tardent pas à arriver. Dès la première saison du duo Lanier-Bing, les Pistons réussissent pour la première fois depuis qu’il sont à Detroit une saison au-dessus des .500 (en terminant avec un 45-37). Ils démarrent même la saison avec une impressionnante série de neuf victoires consécutives. Bing réussit la meilleure saison de sa carrière, terminant quatrième au classement du meilleur marqueur de la saison avec 27 pts/matchs (avec une pointe à 54 points contre les Bulls, battant par la même occasion, le record de Georges Yardley). Malgré leur ratio de 54% de victoires, les Pistons n’accrochent pas les Playoffs, terminant derrière les futurs champions de Milwaukee, les Chicago Bulls et les Phoenix Suns.

Les Pistons connaissent en 1974 leur premier et seul véritable changement de propriétaire: Fred Zollner, le propriétaire de toujours des Pistons, à la tête de l’équipe depuis 1941, vend la franchise à un groupe d’investisseurs dirigés par William Davidson, propriétaire de l’entreprise Guardian Industries Corp., spécialisée dans la construction de verre. Il rachète la franchise à Fred Zollner pour 8 millions de dollars. L’équipe est aujourd’hui estimée à environ 500 millions de dollars. William Davidson était aussi, jusqu’à son décès le 13 mars 2009, le propriétaire des Tampa Bay Lightning, champion 2004 de la Stanley Cup en NHL et des Detroit Shock, championnes WNBA en 2003 et 2006.
Le premier changement amené par William Davidson est un changement de salle. Les Pistons quittent la Cobo Arena pour une nouvelle salle: le Pontiac Silverdome, le monstrueux stade des Detroit Lions de NFL, capable d’accueillir plus de 80 000 personnes. Ils y évolueront jusqu’en 1988 et l’emménagement dans le Palace of Auburn Hills.

Les deux premières saisons des Pistons au Pontiac Silverdome ont été désastreuses: le départ de Dave Bing dans un premier temps et le nombre trop élevé de joueurs évoluant dans l’équipe (pas moins de 20 joueurs ont porté la vareuse des Pistons sur la saison 74-75 !). La seule lueur d’espoir résidait dans le Guard Kevin Porter qui distribuait une moyenne de 13,4 assistes par match, atteignant des pointes à 25 assists sur un match. Il formait un bon duo avec Bob Lanier, mais ce dernier manque 29 matchs de la saison dû à une blessure au genou. La saison suivante fut la pire de l’histoire des Pistons, ces derniers terminant la saison avec le désastreux ratio de 16-66… Cette saison catastrophique est principalement due au départ de Lanier pour les Milwaukee Bucks et de Porter aux Washington.