Milan, le grand retour sur la carte basket ?

Club le plus titré d’Italie, l’Olimpia Milano est entrain de batir une équipe de grande qualité. Le but est assumé : détroner Sienne et garnir à nouveau l’amoire à trophées....

Club le plus titré d’Italie, l’Olimpia Milano est entrain de batir une équipe de grande qualité. Le but est assumé : détroner Sienne et garnir à nouveau l’amoire à trophées.

Un peu d’histoire

Fondé en 1936, l’Olimpia Milano a dominé l’Italie avant la deuxième guerre mondiale (champion de 1936 à ’39) puis des années 50 à la fin des années 80. Au total, le club compte 25 titres de champions, le dernier en 1996, et a glané quelques coupes d’Europe, 3 Euroleagues en 1966, ’87 et ’88, 3 coupes des coupes (1971, ’72 et ’76) et 2 coupes Korac (1985 et ’93). Le palmarès est bien garni.

Durant toutes ces années, les stars n’ont pas manqué, qu’elles soient locales (Dino Meneghin, Roberto Premier, Greg Fucka), européennes (Sasha Djordjevic, Zan Tabak, Dejan Bodiroga) ou américaines (Bill Bradley dans les années 60, Mike d’Antoni durant 13 ans, Antoine Carr, JB Carroll, Darryl Dawkins, Bob AcAdoo dans les années 80, Antonio Davis, Rolando Blackman, Warren Kidd dans les années 90).

Néanmoins, Milan ne gagne plus. Depuis le doublé coupe-championnat de ’96, aucun trophée n’est venu garnir le Mediolanum Forum. En 2004, le club est racheté par un groupe d’investisseur dont font partie Kobe Bryant, Adriano Galliani (l’administrateur du Milan AC), Massimo Moratti (le président de l’Inter) et le styliste Giorgio Armani. Le club est alors renommé Armani Jeans Milan. Mais ce nouveau nom ne rime pas avec trophée, comme avaient pu l’être Simmenthal (1955–73) ou Tracer (1986–88).

Un club en reconstruction

Depuis 2004, l’Armani Jeans Milano fait partie des bonnes équipes italiennes. Quelques bons joueurs ont défendu les couleurs rouges du club, comme Dante Calabria, Preston Shumpert, David Hawkins, Marijonas Petravicius ou la petite perle formée au club, Danilo Gallinari. Bon an, mal an, l’équipe se qualifie en Euroleague, profitant des résultats de la locomotive Sienne. Seulement, malgré trois finales (2005, 2009 et 2010), l’équipe ne réussit pas à conquérir le titre national.

Stefano Mancinelli, au club depuis 2009

Stefano Mancinelli, au club depuis 2009

Toutefois, petit à petit, un groupe intéressant se forme. Quelques internationaux italiens (Mason Rocca, Stefano Mancinelli, Marco Mordente) et de bons joueurs européens (Marijonas Petravicius, Jonas Maciulis, Ibrahim Jaaber, Oleksiy Pecherov) s’engagent sur la durée. Le petit meneur US Morris Finley pourrait presque entrer dans la catégorie précédente puisqu’il évolue en Europe depuis 2004 et à Milan depuis 2009. Idem pour l’autre américain, David Hawkins, grand habitué du championnat italien depuis 2004 et revenu à Milan en 2010. Mais il manquait un petit quelque chose…

Ce petit quelque chose sera amené le 9 juin. Alors que l’équipe a connu 2 entraineurs durant la saison — Dan Peterson est sorti de sa retraite en janvier pour donner un coup de main — le club annonce l’arrivée de Sergio Scariolo comme nouvel entraîneur. Bien qu’il ait surtout coaché en Espagne (TAU Vitoria, Real Madrid, Unicaja Malaga, actuel sélectionneur de l’Espagne), Scariolo est italien et a déjà connu le succès avec Pesaro et la Fortitudo Bologne dans les années ’90. A part Messina, Milan pouvait difficilement trouver un coach plus charismatique sur le marché.

Un recrutement clinquant.

Sergio Scariolo dispose d’un groupe en place de qualité mais qui ne peut se battre dans la même cours que Sienne. En Euroleague, l’Armani Jeans Milano n’est pas taillé pour sortir de la première phase. Alors, après avoir récupéré la licence de la Roma (non qualifiée pour les playoffs au printemps dernier), Scariolo a ciblé ses recrues.

Le premier nom est déjà intéressant : Benjamin Eze. Le pivot originaire du Nigéria a défendu durant 6 ans les couleurs de Sienne (2004-10) avant de s’exiler une saison au Khimki Moscou. Pivot bien taillé (2.08m, 111kgs), il est un bon complément au plus technique Marijonas Petravicius.

Le recrutement s’est accéléré la semaine dernière. Tout d’abord, Omar Cook signe pour 2 saisons. Ancien Raptor et strasbourgeois, il a explosé en Espagne depuis 2008, à Malaga puis Valence. Avec 5.5 assists par match, il était le troisième passeur de la dernière Euroleague.

Enfin, Antonis Fotsis, pourtant annoncé à Barcelone, a également choisi la Lombardie. Il se dit que Sergio Scariolo l’a appelé pour lui présenter son projet et que l’intérieur grec a été séduit. Vainqueur de l’Euroleague l’an dernier, il fallait trouver les arguments pour l’attirer. L’atout est formidable pour épauler Pecherov au poste 4.

L’été n’est pas terminé, mais le groupe milanais actuel semble en mesure de venir chatouiller Sienne et de viser le top 16 Euroleague. Une évidence pour une telle ville de basket. Ces stars seront peut-être épaulés, à moyen terme, par les nouvelles pépites locales (Andrea Picarelli ? Jacopo Bristot ?), puisque l’équipe U15 vient de gagner le titre champion d’Italie de sa catégorie.