Mondial 2010 : deux premiers huitièmes de finale d’anthologie

Les huitièmes de finale ont démarré à 2000 à l’heure avec deux matchs fantastiques. La Serbie, la Croatie, l’Espagne et la Grèce nous ont proposé deux matchs de très, très haut niveau. Retour sur cette très belle soirée de basket.

La Serbie a souffert.

27-19. Après le premier quart-temps, Dusan Ivkovic a dû trouver les mots et la manière de remotiver ses joueurs. Absents en défense, très dépendant de Krstic en attaque, les serbes devaient durcir la défense. En 10 minutes, Bogdanovic (7pts), Ukic (7pts) et Banic (6pts) ont scoré plus que leurs adversaires.

Mais les serbes ont du basket dans les doigts et dans la tête. Ils reviennent sur le terrain avec une toute autre mentalité et égalisent à 29-29 (16e minute). Plus dur et plus défensif, le quart-temps est remporté 15-9 par la Serbie, qui revient finalement à 2 points à la pause (36-34).

Dans leur élan, les serbes vont finalement prendre l’ascendant sans jamais mettre KO le voisin croate. Les hommes d’Ivkovic pilonnent en-dessous. Nenad Krstic est très solide, et il reçoit le soutien de Velickovic, Perovic et Macvan. Les serbes jouent très justes, les priorités sont respectées, et les tirs extérieurs sont particulièrement bien choisis (2/4).

La dernière période débute par 2 minutes et demi de rude défense que seul Tomas réussira à percer. Mais la Serbie a de la ressource et enchaîne par un 7-2 pour se forger sa plus belle avance du match (+7, 61-54, 6’11 à jouer). L’électron libre Marko Popovic entre alors en piste. Parfois agaçant à manger le ballon, il va rentrer 2 paniers primés sur 3 tentatives puis 1 lancer. La Croatie est revenue à 4 points (65-61) à l’orée des deux dernières minutes.

Inside, Novica Velickovic redonne 6 points d’avance aux siens, mais Banic (2/2 aux LF, puis un tir) réduit l’écart à 2 points (67-65). La dernière minute peut commencer, Krstic laisse un lancer en route, Popovic en rentre 2, Rasic répond, Popovic reste imperturbable. 70-69. 15 secondes à jouer.

On en arrive à l’impensable, Rasic, si souvent précieux dans le money time, perd le ballon. Marko Popovic est de retour sur la ligne mais manque le premier. Il égalise sur le second, mais la Serbie a une possession et 10 secondes à jouer. Temps mort. Sur la remise, Rasic est étrangement seul et sanctionne. +2. Nouvelle faute, Popovic, 2/2. 72-72. Le dernier ballon est encore pour Rasic, qui tente une pénétration, manque son tir, mais obtient la faute (plutôt généreuse). Rasic rentre le premier (73-72), manque volontairement le second et envoie la Serbie en quart de finale.

Dans les chiffres, Nenad Krstic (16pts-3rbs), Aleks Rasic (15pts), Kosta Perovic (10pts-3rbs) et le précieux Milenko Tepic (2pts-7rbs-4pds) sortent du lot pour la Serbie. En face, Marko Popovic a claqué 21 points, mais les gros bras du premier quart-temps se sont éteints par la suite. Roko Ukic (11pts-4rbs-4pds) a pas mal forcé, Marko Banic score 10 points et Bojan Bogdanovic 9.

Avant la compétition, je ne croyais pas en la Croatie mais elle quitte la compétition la tête haute. Il a manqué un peu d’adresse à 3-points (20.8%) et un grand Tomas (6pts-6rbs, 3/12) ou un grand Tomic (6pts-8rbs).

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L’Espagne punit la Grèce.

Match encore plus attendu, Espagne-Grèce a tenu toutes ses promesses. L’intensité n’est jamais retombée et les écarts ont rarement dépassé les 7 points. L’apport du banc a longtemps permis aux ibériques de mener la danse et la gestion collective de Sergio Scariolo était proche du parfait.

A la pause, l’Espagne menait 37-31. Le premier quart-temps était marqué par l’adresse espagnole de loin (4/6) alors que les grecs pointaient à 0/3 en 20 minutes. Nikos Zisis fut le leader offensif inattendu. Par contre, le banc grec n’a inscrit que deux petits points, par Bourousis.

Le troisième quart-temps vire alors au splendide. La Grèce débute par un 7-0 et inscrit son premier panier primé, par Fotsis. Diamantidis, deux fois, et Fotsis, encore une fois, vont allumer les mèches du périmètre. La circulation de balle grecque laisse alors rêveur. 2’49 à jouer, Zisis score à 4 mètres et la Grèce mène alors 51-45.

Mais Sergio Scariolo ouvre à nouveau son banc. Reyes, Llull et Lopez entrent en jeu et suite à un panier primé de Rudy Fernandez, les deux meneurs iront chacun de leur panier pour rendre l’avantage à l’Espagne (52-51) à la fin du troisième quart-temps.

Le quatrième quart-temps débute sur les mêmes bases, Vasquez, Reyes puis Llull continuent à alimenter la marque alors que Diamantidis plante de loin, défend comme un monstre et impose sa patte au jeu grec. Sofoklis Schortsanitis bouge beaucoup dans la raquette mais Rudy Fernandez (3-pts) rend 4 points d’avance à l’Espagne (61-57, 5’30). Les grecs vont alors artiller de loin sans réussite. Peut-être une erreur alors que Sofo prenait l’avantage inside.

Le retour progressif des titulaires permet à l’Espagne de maintenir une grosses pression et elle n’encaisse aucun point durant 4 minutes. Les balles perdues s’accumulent (2 de suite dans la circulation de balle au périmètre) et suite à un rebond offensif de Felipe Reyes, l’Espagne prend 10 points (67-57) d’avance pour la première fois du match. Mais Spanoulis a toujours un 3-points dans sa botte ! La réponse de Navarro et d’autant plus sanglante.

L’Espagne ne gâche rien, Navarro rentre 2 lancers, puis Spanoulis se retrouve sur la ligne. L’arrière grec réussit le premier, manque le second, rebond de Schortsanitis qui remonte, score et obtient la faute ! Son lancer est manqué, Reyes est envoyé sur la ligne et le pivot du Real manque les 2 ! Spanoulis sanctionne et réduit l’écart à 4 points (72-68) à une minute du terme.

Dernière minute, la Grèce manque la possession décisive, Navarro rentre 2 nouveaux lancers, puis deux autres. Entre temps, Nick Calathes inscrit un point pour le banc grec alors que Diamantidis a manqué 2 lancers… Sergio Llull tue définitivement le match à 6 secondes du terme, 80-69. Le tir de Fotsis sur le buzzer n’y change rien (80-72).

La Grèce pourra nourrir quelques regrets. Tenir Marc Gasol à 4 points, 2/5 et 2 rebonds n’est pas donné à tout le monde. Mais Juanca Navarro (22pts) a frappé et Rudy Fernandez (14pts) avait la main chaude. Pour la Grèce, tout le cinq est en double figure, Zisis (16pts), Diamantidis (16pts-4rbs-2pds-2stls-2blks), Schortsanitis (13pts-4rbs), Fotsis (12pts-7rbs) et Spanoulis (12pts-3pds). Par contre, le banc apporte 3 misérables points. Il a manqué les points de Bourousis, ou un petit tir à 3-points de Perperoglou…

Autre stat ahurissante : 63.2%. C’est l’adresse aux lancer-francs de l’Espagne. Problème, la Grèce a fait encore pire, 43.8%.

La Grèce, trop calculatrice, quitte la compétition. Mais peut-on regretter d’avoir assisté à ce match ? Bien sûr, en demi-finale, ça aurait été plus marquant.

Ces deux matchs ont parfaitement lancé les huitièmes de finale. Il ne faudra pas s’attendre à voir 8 affiches de ce niveau. Mais de l’intensité, du suspense et de l’émotion, il y en aura encore.
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