Jeudi soir, les finales NBA débuteront. Comme en 2008 et 10 autres fois par le passé, les Lakers vont retrouver leurs vieux rivaux de la côte Est, les Celtics. Depuis 2 ans, les Lakers ont une humiliante ardoise de 39 points à effacer et cette revanche a tendance à réjouir dans la Cité des Anges. De leur côté, les Celtics ont simplement honoré leur promesse. Ce groupe de vétéran jouait cette saison pour le titre, ils n’ont désormais plus qu’une marche à gravir.
Deux franchises de légende
Bref retour en arrière pour bien mesurer le poids de ces deux franchises dans le palmarès de la league. Les Lakers sont allés 31 fois en finales pour 15 victoires. Les Celtics ont disputé 21 finales pour 17 succès. Les deux franchises se sont retrouvés 11 fois en finale pour 9 victoires vertes, la dernière date évidemment de 2008.
Malgré ce lourd héritage, dont toute la presse se fait échos, les joueurs tentent de se détacher pour se concentrer sur les finales à venir. Ces deux franchises sont en grande partie responsable du sentiment d’ennui qui règne sur ces playoffs, à force d’écraser la concurrence, et tout laisse penser que ce ne sera pas la même musique durant ces finales.
Kobe Bryant : Le challenge est de gagner le titre. Les Celtics ont le même état d’esprit. Bien sûr, c’est une opposition très sexy. Beaucoup de gens pourront écrire et parler là dessus. Nous, nous sommes concentrés sur ce challenge. Au moment de l’entre-deux, nous serons prêts à nous battre. La dernière fois que nous les avons affronté, ce fut un excellent apprentissage. Ça nous a appris ce qu’il fallait faire pour être champion. Ils avaient joué avec une telle intensité défensive, une telle ténacité, nous avons appris de cela.
Depuis 2008, les groupes n’ont pas énormément évolué. Les Lakers ont recruté Ron Artest alors que les Celtics ont étoffé leur banc avec Rasheed Wallace. Ces deux recrues ont surtout un impact défensif. Rasheed Wallace est un redoutable défenseur post bas, à défaut d’être en réussite tous les soirs et Ron Artest fait partie des meilleurs chiens de garde de la league. Son rôle s’annonce simple : limiter Paul Pierce, MVP des finales 2008.
Enfin, pour terminer sur cette rivalité, une petite anecdote découverte dans le Los Angeles Times.
Phil Jackson : Après les playoffs l’année dernière, j’ai vu Paul Pierce dans le même quartier où vit ma fille à L.A. et je lui avait dit. ‘Revenez. Nous voulons faire revivre la rivalité’. Donc, nous en sommes là un an plus tard. Nous avons cette opportunité, tous les deux, de faire revivre cette rivalité.
L’avantage du terrain
Si les Lakers avaient affronté Cleveland ou Orlando, ils n’auraient pas eu l’avantage du terrain. Mais face à Boston, le bilan en saison régulière leur est favorable (57-25 contre 50-32). Est-ce un réel avantage ? A priori oui. Jouer sur son parquet, devant ses fans, ça aide. Débuter une série à domicile peut permettre d’engranger deux victoires et d’aborder les déplacements de la meilleure des manières.
Mais le format 2-3-2 des finales a tendance à favoriser une équipe qui gagnerait un des deux premiers matchs à l’extérieur. En étant solide chez soi, on peut boucler la série en 5 manches (4-1) ou, au moins, avoir un bel avantage (3-2) en revenant sur le parquet adverse. Néanmoins, depuis le Heat en 2006, c’est toujours l’équipe qui avait l’avantage du terrain qui s’est imposée.
Seulement, avec les Celtics, il ne faut jurer de rien. Contre Cleveland, ils ont gagné le match 2 à l’extérieur. Contre Orlando, ils ont fait encore mieux, en remportant les deux. Globalement, les C’s ont même tendance à être plus forts à l’extérieur que sur le parquet. En saison régulière, ils n’ont perdu que 15 matchs en déplacement, contre 17 à domicile, et en playoffs, ils ont remporté 5 de leurs 8 matchs à l’extérieur.
Paul Pierce : Nous avons la concentration, nous avons les vétérans, et je pense que quand vous jouez à l’extérieur, c’est ce que vous devez avoir. La plupart des équipes jeunes sont intimidés par les matchs à l’extérieur, et c’est pourquoi elles n’arrivent pas à s’imposer.
Dernier élément, si les Celtics se sont faits une spécialité de gagner à l’extérieur, ils ont bouclé toutes les séries au Garden.
Entre alchimie, blessures et suspension.
Doc Rivers ne manque pas de soucis à l’approche des finales. Rasheed Wallace souffre du dos, Marquis Daniels est forfait pour une durée indéterminée, Kendrick Perkins se prendra un match de suspension à sa prochaine technique…
Malgré tout, le Head Coach des Celtics ne manque pas de solution. Il l’a rappelé en sortant du placard Nate Robinson lors du dernier match face au Magic. Michael Finley ou Shelden Williams peuvent parfaitement endosser le rôle d’invité surprise sur un match ou une mi-temps.
Heureusement, le dos de Rajon Rondo se porte bien et Glen Davis a parfaitement récupéré de son mauvais choc avec Howard. Puis, ça n’a pas de prix, les vétérans Pierce, Garnett et Allen sont épargnés par les pépins.

Une série physique ?
Cela va permettre à Doc Rivers d’amener son groupe au top d’ici à jeudi. Contrairement à 90% des franchises NBA, les Celtics reposent sur un équilibre fort où chaque joueur a son importance. L’an dernier, l’absence de Kevin Garnett fut rédhibitoire. Si Paul Pierce, Ray Allen ou Rajon Rondo venaient à se blesser, la sanction serait immédiate. Aucun joueur ne dépasse les 20 points par match en playoffs, les quatre joueurs pré-cités tournent entre 14.9 et 19.1 points.
Cet équilibre, c’est la grosse réussite de Doc Rivers. Très critiqué lorsqu’il n’arrivait pas à mener une bande de jeunes en playoffs, il a su imposer une grosse discipline à des vétérans réceptifs.
Danny Ainge : Il connaît [ses joueurs]. Il connaît leur personnalité et c’est un grand avantage pour un coach. Vous ne pouvez pas obtenir cela en un an — en particulier quand nous avons autant de pression que cette année. C’est grâce à la personnalité de Doc et le leadership qu’il a acquis. C’est devenu sa plus grande force.
L’autre réussite de Rivers, c’est la défense. Bien épaulé par Tom Thibodeau, il a réussi à trouver la parade à Dwyane Wade, LeBron James puis au Magic. Désormais, c’est un nouveau problème qui se pose : Kobe Bryant.
En 2008, Kendrick Perkins s’était chargé de Pau Gasol et l’avait tenu à 14.6 points. Kevin Garnett avait passé sous l’éteignoir Lamar Odom et les autres venaient prêter main forte à Ray Allen sur Kobe Bryant. La star des Lakers n’avait alors que deux possibilités : donner le ballon et admirer les ratés de ses partenaires ou y aller tout seul face à deux ou trois joueurs. Dans les deux cas, ça ressemblait à aller au casse-pipe. L’apport de Posey était crucial pour tenir Bryant à 40.5% au tir sur toute la série.
Cette année, les Celtics n’ont croisé qu’une seule fois Kobe Bryant, puisqu’il était blessé lors du second rendez-vous. Les Lakers avaient remonté un déficit de 11 points pour s’imposer suite à un énorme tir de Bryant sur Allen à 7.3 secondes du gong. En playoffs, il a survolé les séries face au Jazz et aux Suns et le ramener sur terre ne sera pas facile. Ce sera le rôle des deux Allen, avec les aides de Rondo et Pierce.
Quid de Bynum ?
A Los Angeles, les inquiétudes sont centrées sur Andrew Bynum. Son genou droit le gêne et ses performances s’en ressentent. Hier, à El Segundo, l’attention était portée sur son traitement qui lui permet de jouer alors qu’une opération semblait inévitable en avril. Pourtant, son apport physique est indispensable afin de libérer Gasol du marquage de Perkins. Même sur de courtes séquences.

Andrew Bynum prêt au combat ?
La présence de Bynum permet aussi à Phil Jackson d’aligner une front-line très physique, avec Gasol en 4, Artest en 3 et Odom en sixième homme. Si Bynum sort du cinq, les Lakers se retrouvent dans une configuration similaire à 2008. Ce qui ne leur avait pas forcément réussi…
Mais la clé reste évidemment Kobe Bryant. Son agressivité, sa détermination, sa réussite au tir, ses passes à l’intérieur et ses clutch plays seront indispensables aux succès des Lakers. Véritable catalyseur collectif, il a presque droit de vie ou de mort sur le jeu des Lakers. Il devra à la fois scorer et créer pour les autres. Face aux Suns, il a parfaitement alterner les match à plus de 30 points (5 sur 6) et les matchs à plus de 9 assists (5 sur 6 là aussi). Il reste aussi sur 10 matchs sur 11 à plus de 30 points.
Son meilleur complément se situe dans la raquette, avec Pau Gasol. Moins en réussite face aux Suns — sans être désolant pour autant — l’espagnol avait détruit le Jazz et sa raquette plutôt fournie. Performant au rebond, très adroit, toujours prêt à délivrer quelques bons ballons, l’ancien Grizzly a développé une vraie complémentarité avec Bryant au fil des années de cohabitation.
Défensivement, Kobe Bryant devrait s’occuper du cas Rondo. Très bon on-ball defender, le #24 a toutes les qualités pour se battre avec Rondo, comme il avait su s’occuper du cas Westbrook il y a quelques semaines. Plus grand, plus puissant, il est capable de freiner le meneur des C’s. Derek Fisher se retrouverait alors sur Ray Allen, un matchup plus favorable puisque ce dernier bouge nettement moins que le virevoltant Rondo.
Ron Artest sera sur Pierce et devra le limiter comme il a su le faire face à Kevin Durant et Jason Richardson. Plus physique que P², Ron-Ron devra terminer de justifier le contrat signé l’été dernier. A l’époque, son objectif était simple : gagner le titre. Il n’a jamais été aussi proche d’une bague.
De son côté, Phil Jackson rappelle à quel point c’est difficile de perdre les finales. Il ne souhaite pas revivre cela, deux ans après l’échec de 2008.
Phil Jackson : Il n’y a rien de pire que de perdre les finales. Vous vous retrouvez au plus bas après avoir visé le plus haut, et dominé trois séries. J’aurais souhaité ne jamais avoir à vivre cette expérience, mais ça m’est arrivé deux fois, donc je sais à quel point l’été est difficile après cela.
L’avis de Ron Harper
Ancien arrière des Clippers et des Lakers, Ron Harper est un témoin privilégié du basket à Los Angeles. Devenu assistant puis analyste, le quintuple champion NBA (3 fois avec les Bulls, 2 fois avec les Lakers) a livré quelques clés au Los Angeles Times.
Ce sera une belle opposition. Ce sera comme les séries d’il y a deux ans. Si Andrew Bynum peut jouer à 50% de son potentiel, ça pourrait suffire aux Lakers. Lamar [Odom] a élevé son niveau de jeu de belle manière. S’il continue à jouer comme ça, ce sera une belle série. Il devra jouer face à KG et Ron Artest devrait être en mesure de faire du bon boulot sur Paul Pierce. Les Lakers doivent mettre le ballon à l’intérieur et voir si Pau [Gasol] peut scorer et si Lamar peut scorer. Pau va prendre des coups de la première à la dernière possession. Il devra jouer très dur.
Pronostique
Le format des finales devrait favoriser le suspense. Les Celtics sont en mesure de gagner un des deux premiers matchs à Los Angeles mais ne gagneront pas les trois matchs consécutifs au Garden. La série se terminera donc au Staples Center. Chez eux, les Lakers arriveront à boucler la série au 7e match. Un G7 qui nous fera oublier la pâleur de ces playoffs.


Je pense que les Lakers vont gagner cette finale.
J’adore les Celtics, je suis admiratif de leur parcours, mais les Lakers me semblent au-dessus malgré la blessure de Bynum. Bryant-Gasol sont au top, Artest va limiter Pierce et Fisher va bien nous sortir un tir assassin.
Puis y a cette revanche à prendre.
Trop de paramètres en faveur des Lakers.
Bon allez on va dire LA 4-2 avec une victoire des Lakers à Boston dans le G5. Mais comme tu le dis Jérôme en conclusion, ce qu’on veut avant tout c’est un peu de suspense!
le suspense c’est la seule chose qu’on peut espérer de cette série. Pour le beau jeu on repassera un autre jour. Mais bon si on est fan des coups de pute facon Celtics ou du Kobe-individualisme ca peut être une belle série :p
donc selon florian si kobe la joue collectif et si les celtics cassent pas ca sera la + belle finale du millénaire.
perso ma n°1 c’est rocket-knicks ! un autre temps. lol
C’est les deux raisons que j’ai trouvé de suite en fait.
Mais tu sais qu’on a changé de millénaire depuis le Rockets/Knicks :p
Depuis le début des années 2000 ya pas encore eu de vrai grosse finale mémorable … dommage
Mavs-Heat c’était pas mal. Wade formidable. le Heat à la rue et qui revient et renverse tout. c’est vrai que les autres finales n’ont pas été aussi spectaculaire.
La finale Spurs-Pistons était quand même de très haut niveau !
Après, c’est sur, Rockets-Knicks c’était une autre époque
La victoire des C’s serait une belle victoire pour le Basket. Sortir Wade, James, Howard et Bryant à la suite avec aucun joueur à plus de 20 pts de moyenne, ça serait un incroyable exploit de l’histoire de cette league.
Moi aussi j’ai un petit coup de coeur pour la finale Spurs-Pistons. Sinon dans le millénaire d’avant, les 3 dernières finales des Bulls c’était quand même pas mal…
Dans le millénaire d’avant moi j’ai un gros coup de coeur pour le parcours des Sixers 82/83. 12 victoires, 1 défaite en PO c’est plutot excellent.
Sinon la finale Bulls/Jazz de 98, avec Jordan partant à la retraite après c’était pas mal